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    Le Microbe Du Professeur Bakermann

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    Fiche du livre :

    Type : livre

    Auteur : Charles EPHEYRE

    Parution : 1892

    Thème : épidémies


    Sur l'auteur :

    Pseudonyme de Charles RICHET.(1850-1935) Physiologiste français. Prix Nobel de médecine (1913) Président de la Société française d'eugénisme (supériorité de la race blanche). Rédacteur en chef de la "Revue Scientifique" Littérateur, philosophe, sociologue, psychologue, passionné par l'étude des phénomènes paranormaux.


    Préambule :

    le Microbe du professeur Bakermann par Charles Ephèyre, in " La Science Illustrée " N°257 du 29 octobre 1892 au N°260 du 19 novembre 1892, nouvelle d’expression française inédite
    1ère  parution : 1892
    épidémies


    Synopsis :

    Le professeur Bakermann, savant passionné par les microbes, les collectionne, les étiquète, les bichonne, les élève. Ses ambitions – hormis le fait de boire des bocks avec ses amis  Rodolphe Muller, César Pück et Valérian Grossgold -  est de créer une race de microbes résistants et invulnérables. Après d’acharnées recherches, il atteint son but en transformant le microbe du beurre rance en un petit monstre. Il le baptise du nom de " Morti-fulgurans ". Lui-même est immunisé, mithridatisé, résistant à tous les microbes connus et inconnus, y compris le Morti-fulgurans.
    Ce n’est pas le cas de Mme Joséphine Bakermann épouse aigre, mégère non apprivoisée et jalouse de surcroît. Soupçonnant M. Bakermann de quelque liaison avec une ancienne servante, elle fouille son laboratoire pour y découvrir des preuves de sa trahison sans se douter qu’elle s’infecte avec le nouveau microbe pendant que M. Bakermann vide des bocks. Elle meurt au bout de trois heures des résultats d’une contamination foudroyante.
    M. Bakermann, atterré, y reconnaît l’activité du Morti- fulgurans. Par acquis de conscience il fait appeler le Dr.Rothbein qui prétend que la mort est causée par l’influence pernicieuse d’un microbe du Dahomey, le "koussmi-koussmi ".
    " Il examina quelques instants la malade et secoua la tête d’un air navré. -  Eh bien ? —Ah ! mon pauvre ami, du courage, du courage ! - Mais quelle est cette affreuse maladie ?  osa dire Bakermann. Rothbein réfléchit un instant ; puis, après un nouvel examen minutieux : Ca, dit-il, c’est une maladie extrêmement rare, qui ne se voit presque jamais en Europe : c’est le koussmi-koussmi du Dahomey. -Vraiment ! " dit Bakermann. "
    L’infection se répand comme une traînée de poudre,  d’abord dans la bonne ville de Brunnwald, puis de proche en proche, jusqu’à Berlin, Munich, et de là à travers le monde :
    «La rapidité avec laquelle se développait ce microbe maudit empêchait toute mesure préventive. Point de quarantaine possible. Plus d’entraves aux frontières. En douze heures, avec les chemins de fer à vapeur surchauffée, on va de Cadix à Saint-Pétersbourg. Ce n’est plus comme au XIXème siècle où l’on faisait péniblement 60 kilomètres à l’heure. Aussi en une nuit, l’Europe entière fut-elle empoisonnée. La ville de Brunnwald, à moitié anéantie, Berlin, Vienne et Munich comptant déjà quelques cas de mort et probablement infectées en tous les points ; Paris, Londres, Rome, Saint-Pétersbourg envahis, sans qu’on puisse arrêter l’invasion, et en quarante-huit heures l’humanité anéantie, tel était le bilan de l’heure présente. (…)  
    La désolation régnait. Chacun se répétait que la fin du monde vivant était venue. Un grand nombre d’individus, préférant une mort rapide aux angoisses d’une douloureuse et invincible maladie, s’étaient tués pour échapper à la mort. Toutes les affaires étaient suspendues. Plus de chemin de fer, plus de bateaux, plus de police, plus d’administration. Quelques crimes furent constatés. C’étaient des gens, ordinairement pacifiques, qui, affolés, reçurent à coups de revolver des fournisseurs qui essayaient de pénétrer chez eux. La sauvagerie humaine, latente en nous tous, avait repris le dessus. Le monde civilisé, si fier de sa civilisation, était redevenu barbare comme aux premiers temps de l’humanité. On reculait à l’époque de la pierre polie, même au delà. "

    Le professeur Bakermann se sent responsable du désastre. Ira–t-il se dénoncer ? A quoi cela servirait-il, surtout s’il reste le dernier être humain vivant sur terre ? Etant le seul à être immunisé contre son microbe, il se met au travail pour trouver une parade. Et il la trouve. Il suffisait de mettre le corps infecté en contact avec de "l’énergie électrique positive" pour que Morti- fulgurans (alias koussmi-koussmi) soit tué. En expérimentant son procédé sur ses amis buveurs et menacés, il prouve au monde son éclatante réussite. L’humanité reconnaissante lui élève des statues. Bakermann comblé, riche et libéré de son épouse savoure de nouvelles bières et sa victoire sans nuages.
    Une petite nouvelle injustement oubliée  pleine d’ironie et d’un humour noir qui n’est pas sans entretenir quelques rapports avec celui des dadaïstes.


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