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    711 livres

    1. Type: Livre Thème: épidémies Auteur: Max Brooks Parution: 2009
      Préparez-vous à découvrir un livre, que dis-je, une encyclopédie sur les zombies, les techniques pour lutter contre eux et bien d'autres éléments nécessaires à la survie d'un wastelander !
    2. Type: Livre Thème: Adam et Eve revisités, menaces cosmiques, sociétés post-cataclysmiques 1 Auteur: Pierre LHANDE Parution: 1926
      Le Père de Mourville, astronome euskarien (basque) distingué prédit avant tout le monde l’arrivée d’une étoile inopportune qui viendra balayer la terre :
      " Mais, là, sur ce point du ciel blessé, - comme sur une plaie apparue tout à coup sur une poitrine nue, - une lueur large et lente venait de se montrer… Elle demeura suspendue sur le firmament, mystérieuse larme de la nuit. Elle était d’un violet ardent… Alors un cri surhumain déchira l’espace :
      -La Nuova ! La Nuova ! clamait Jumillac. -La Nouvelle Etoile ! répondirent cent voix frissonnantes de terreur. "
      Les prémisses sont fragiles parce que l’étoile est encore loin; peu de gens ont foi dans le prêtre. Le lecteur en profite pour faire connaissance avec les principaux protagonistes du roman, soit Uranga, un pianiste basque, Monseigneur d’Urbieta qui s’est retiré là-haut sur la montagne en son monastère, Batichta Tokiana, concierge du Père de Mourville et guide de la grotte qui contient le site de Bilbilis, Urbain IX, un pape très catholique, et surtout Martin Amezaga, le richissime mécène basque,  sans qui rien n’aurait été possible.
      Pendant que l’étoile errante se rapproche de la terre, peu de personnes sont conscientes du danger mortel qu’elle représente. Les métèques, étrangers de couleur, rastaquouères de tout acabit ne pensent qu’à s’amuser en des jeux ineptes et décadents :
      " Blotti au fond de son compartiment de troisième classe, le Père de Mourville comparait cette paix souveraine des paysans basques à la fièvre des plaisirs qui, la veille, avait agité, là-bas, à Illiberri, tous ces jouisseurs et tous ces rastas. (…) Il comprenait surtout la stoïque fidélité de ce peuple dans son labeur quotidien avec l’affolement des fêtards d’hier sous la menace livide de la Nouvelle Etoile. "
      Le Père de Mourville conçoit un immense projet : convaincre Amezaga le bienfaiteur, de mettre sa fortune à sauver le peuple euskarien dans sa pureté en aménageant les grottes d’Oyarzun à l’intérieur desquelles un gigantesque lac naturel rendra possible la construction du site de Bilbilis, du nom de cette antique cité qui avait existé jadis sur les bords du lac :
      " Il savait aussi qu’au jugement de quelques historiens allemands, cette fabuleuse cité de la Bilbilis du Nord dont le nom revient dans les plus anciens documents de l’histoire d’Espagne et dont nul aujourd’hui ne retrouve la trace, cette  Bilbilis " reine du fer " pouvait bien être une cité souterraine maintenant rendue inaccessible par les mouvements du sol ou bien disparue sous la montée de l’Océan. "
      Amezaga, convaincu par Xavier, son fils, de la véracité des dires du Père de Mourville, entreprend de réaliser sa fortune en achetant les éléments d’infrastructure, la nourriture, les moyens de défense, les objets culturels qui permettront aux Euskariens de survivre à la catastrophe. Il est aussi soutenu par les religieux qui battent la campagne à fin de sensibiliser le peuple basque au grand projet pour qu’il se tienne prêt au moment décisif :
      " Mes chers Basques, s’écriait le Père Elizondo, demeurez prêts pour le grand appel qui ne tardera pas. Que toute haine tombe ! que toute rivalité s’éteigne ! Voici venir le moment où il n’y aura plus parmi vous, du moins pour longtemps, pauvres ni riches, propriétaires ni fermiers ! Cette égalité, qui fut la grande utopie de notre siècle, va régner un moment parmi vous, non comme le rêvait un socialisme creux ou un communisme criminel, mais comme l’avait réalisé l’Eglise dans les sociétés des premiers chrétiens. (…) Maintenant plus d’ " etxoko yaun " (propriétaire) ni d’ " emüts " (salarié) ; plus de mien et de tien ! Seulement le bien sacré de l’Eglise, c’est-à-dire le patrimoine de tous les pauvres que vous êtes ! La vie est à ce prix ! "
      Arrive l’heure du grand rassemblement. De tous côtés affluent, avec leurs caractéristiques particulières, toutes les peuplades basques de France et d’Espagne. Il était plus que temps. D’abord, parce que la terre commence à se dessécher et à flétrir, ensuite parce que les gens des villes, les communistes, s’apprêtent à envahir l’abri salvateur :
      " Sous la morsure, en effet, des premières flèches de feu, dans l’étouffement des premières ondes chaudes, tous ceux qui ricanaient, ou s’esbaudissaient ou blasphémaient la veille, se ruaient maintenant vers les grottes où un peu de fraîcheur demeure : les lits de torrents, les excavations, les abîmes, les cavernes. Des villes où la subtile chaleur avait bientôt envahi caves et souterrains, les habitants fuyaient vers les montagnes. Les grottes fameuses du monde, catacombes, cryptes, mines, carrières, stations préhistoriques avaient vu soudain leurs sombres retraites envahies par des foules hurlantes, sans outillage, sans aménagement, presque sans vivres. Déjà s’entassaient les premières victimes de ces piétinements, bientôt momifiées par la torride atmosphère. Et c’étaient des luttes sauvages pour défendre un précaire abri, élever une frêle muraille, emporter un accès, protéger une source, sauver une femme, des enfants… "
      Amezaga fit enlever Urbain IX pour l’emmener dans son abri malgré la volonté de celui-ci de mourir au-dehors. Dans l’action, son fils Xavier sera abattu. La mort dans l’âme, le bienfaiteur commanda de fermer l’abri dorénavant inaccessible, sous de tonnes de terre. Les Basques se trouvent isolés du monde :
      " A l’intérieur du mont Aya régnait un ordre rigoureux. Dès le premier jour, le " Biltzar " général avait imposé un règlement strict, depuis longtemps élaboré. Après les messes matinales, célébrées sur tous les points de la vaste catacombe, c’était la distribution du travail. Tandis que les cuisines et les fours électriques préparaient des repas sobres et sains pour toute la population, les hommes étaient répartis aux diverses besognes d’entretien, d’aménagement et de surveillance; au soin des bêtes parquées dans les sous-sols, à la voirie; les femmes, rassemblées par villages, préparaient les monceaux de légumes qu’emportaient bientôt les wagonnets des cuisines, entretenaient la lingerie; les enfants, réunis par les prêtres et les régents, apprenaient le catéchisme, l’arithmétique, l’art du ménage ou celui des métiers paysans ; les séminaires étaient ouverts où se préparait le sacerdoce de l’humanité future. "
      La vie s’organisait sous terre dans l’inquiétude pendant que la surface du globe était ravagé par le feu destructeur de l’étoile vagabonde. L’angoisse augmenta à un point tel,  que les Basques, se divisant en factions opposées, pensaient à en venir aux mains. Grâce à l’habileté d’Uranga et surtout de Maritchu, véritablement inspirée par Dieu, qui entonnèrent l’hymne euskarien, le pire put être évité. Un jour, le lac se vida montrant par là que le danger extérieur était en passe de disparaître. Amezaga fit desceller les entrées et le peuple survivant put apercevoir un spectacle hallucinant : sur le fond du lac mis à sec les tracés de l’ancienne ville de Bilbilis émergée des eaux et, au-delà des entrées du refuge, une étendue morne de terre brûlée, le vieux fond marin atlantique mis à jour. Plus rien ne subsistait au-dehors qui ne présentait un spectacle de mort et de désolation : les forêts grillées, le rocher pelé, les villes abattues et en ruine.
      Après une action de grâce durant laquelle Uranga et Maritchu furent liés par les liens du mariage, après que le pape eut désigné son successeur en la personne de Monseigneur d’Urbieto sous le nom de Pierre II, le Saint Père s’éteignit, la face tournée vers l’ancienne ville de Rome. L’œuvre de rénovation des Basques allait être immense puisqu’ils devaient à eux seuls, assurer le renouvellement d’une humanité disparue. Mais le fait  d’être réduit à une seule race (blanche), avec des valeurs communes et animé de la foi ardente d’un christianisme rénové allait leur faciliter les choses.
      " Bilbilis ", dont l’écriture est de type épique, énonce l’histoire d’un peuple en gestation, enfin rendu à sa pureté originale. L’inclination idéologique est sans équivoque : seule la pureté de la race celtique débarrassée des scories latines, le retour aux racines primitives de la foi et aux valeurs traditionnelles de la famille (selon les trois " K ", " Kinder " - enfant - , " Kirche " – Eglise - " Küche " – cuisine-) pourront sauver un monde voué aux actions mercantiles des rastaquouères latins et juifs. Un roman profondément réactionnaire mais formellement réussi, une angoisse annonciatrice du deuxième  conflit mondial.

    3. Type: Livre Thème: épidémies Auteur: Arnould GALOPIN Parution: 1928
      Procas est un homme bleu. Non pas un Targui, mais un authentique malade congénital. Souffrant d’insuffisance artérielle chronique à cause d’un coeur rétréci, la moindre contrariété accentue chez lui la propension à la couleur bleue de la peau.  Or, des contrariétés, il en a beaucoup. Comme savant bactériologiste, sa seule ambition est de servir l’humanité. Il fait des communications magistrales à l’Académie des Sciences. Il est reconnu, adulé, poursuivi par les femmes. Sa maladie se fait toute discrète. En épousant Meg, une de ses plus ferventes "groupies", la déception n’en est que plus vive, quand il apprend, quelque temps après, qu’elle le trompe. Il en conçoit un choc si terrible que, de la tête au pied, la couleur bleue gagne, le coeur se rétrécissant. De crise d’épilepsie en crise d’épilepsie, atteint par un froid cadavérique, il devient objet de répulsion pour le reste de la société.
      " Qu’était cet être douloureux? D’où venait-il? Pourquoi, à son approche, détournait-on brusquement les yeux? Il fallait donc qu’il eût quelque chose d’effrayant, d’épouvantable ?... Oui... Il était laid, atrocement laid, d’une laideur qui dépassait tout ce que l’on peut imaginer, non point que sa figure fût ravagée de quelque lupus, labourée par un chancre répugnant ou couturée de plaies immondes...
      Elle n’avait subi aucune déformation, nul accident n’en avait bouleversé les lignes, mais ce qui la rendait ignoble, monstrueuse, c’était sa seule couleur... Elle était bleue, entièrement bleue, non point d’un bleu apoplectique tirant sur le violet lie-de-vin, mais de ce bleu cru, violent, presque éclatant, qui tient le lieu entre le bleu de Prusse et l’outremer. "
      Il lui faut dire adieu à sa vie scientifique, à renoncer à sa femme, à renoncer au monde, en déménageant dans un autre quartier de Paris, pour ne pas être reconnu. Son seul ami, le professeur Viardot meurt trop vite, le laissant seul sur terre.  Ses sorties nocturnes, à visage serré et recouvert pour s’approvisionner, éveillent l’animosité de la foule contre lui. Au départ on le conspue à cause de son apparence. Puis, un crime s’étant commis dans le quartier, l’hostilité se transforme en haine, attisée par trois sombres imbéciles qui jouent aux justiciers: Bézombes, Nestor le Boucher et Barouillet le politicien au petit pied.
      Sa vie est infernale. Constamment suivi, dénoncé -en dépit du fait que la police ne trouve rien chez lui-, il doit se procurer des vivres de plus en plus loin ou rester des journées entières cloîtré dans sa maison en proie à des crises à répétition. Il songe à se suicider. Mais, pour l’amour de la science, il continue ses travaux avec le modeste appareillage qu’il a pu sauver du désastre.  Il accueille un chien errant, le seul être qui lui fait confiance. Las, celui-ci est tué par le gros Nestor. Un soir,  en rentrant chez lui, il aperçoit son chien gisant dans le ruisseau, le crâne défoncé. C’en est trop pour cet être persécuté. Il en conçoit une haine terrible pour l’humanité et concocte par égard pour son ami canin une vengeance post-mortem.
      Grâce à la moelle du chien qui servira de support nourricier, il recherche le Bacillus murinus, le bacille du rat, qu’il avait déjà réussi à isoler dans ses recherches antérieures. Ce microbe, rare à l’état naturel, provoque la mort foudroyante du rat. Pourquoi pas des humains ? Il se met à la recherche de rats, en trouve, les utilise comme cobayes, isole le bacille et, par transvasement de cultures, en fait un engin de mort terrifiant qui délivre la mort en trois heures:
      " Quelle ne fut pas la joie de Procas lorsqu’il reconnut sur les rats qu’il venait de trouver morts, des lésions tout à fait semblables à celles qu’il avait observées dans l’Inde. Il fit sur ces bêtes divers prélèvements de sang, et, vingt-quatre heures après, il pouvait observer sur la gélose une strie blanchâtre avec des ramifications latérales très caractéristiques. Le doute n’était plus possible : il tenait enfin son Bacillus murinus ! Alors il prit une lamelle de verre, y déposa une goutte de culture, l’étala avec l’extrémité d’une pipette, colora la préparation avec une substance préparée par lui, et l’examina ensuite au microscope. Sur le champ de l’appareil il constata la présence de bacilles minces et courts... "
      Il prépare ainsi trois litres de ce bouillon mortel qu’il est décidé à verser dans le réservoir d’eau de Montsouris, déclenchant une épidémie sur l’ensemble de Paris :  
      " Procas attendait toujours. Il ne se souciait plus de la foule qui grondait sur son passage. Une idée l’obsédait: ce bacille sur lequel il avait compté, dont la nocivité lui avait paru évidente, aurait-il perdu de ses propriétés quand il s’était trouvé en contact avec une immense étendue d’eau? Le réservoir, il le savait, contenait, avec sa réserve, environ deux cent mille mètres cubes. Est-ce que cette masse ne renfermait pas un élément qu’il n’avait point prévu?
      Non, pourtant, son bacille devait anéantir tous les autres, car les expériences qu’il avaient faites sur cinq ou dix litres d’eau lui avaient suffisamment prouvé la virulence et la combativité de ses "colonies". Elles devaient être en train de se développer, mais n’étaient pas encore parvenues dans les canalisations. "
      Mais, ironie du sort, à peine eût-il lâché ses vilaines bêtes que le gros Nestor et Barouillet, ainsi que les habitants du quartier vinrent faire amende honorable en s’excusant pour s’être trompés: l’assassin du petit Claude vient d’être arrêté! Le savant ne put en entendre plus: il s’effondrera, terrassé, à leurs pieds tandis que des sirènes d’ambulance retentissaient un peu partout dans Paris.
      Un récit à intrigue linéaire, à trame plate, écrit en un  style qui se lit facilement, l’outrance étant dans le personnage et non dans la forme. Un personnage intéressant par ailleurs, entre le monstre de Frankenstein et Elephant Man. Les notations scientifiques précises de la préparation du Bacille déterminent l’effet de vraisemblance. Un humour s’y reflète constamment en filigrane: les coupables seront épargnés, les innocents frappés. Il est curieux de constater, au-delà des années et des pays, à quel point l’ouvrage de Galopin ressemble à celui de Frank Herbert avec "la Mort blanche": même haine de l’humanité, même démarche de persécuté, même résultat final. Un roman oublié qui ne le mérite pas.

    4. Type: Livre Thème: l'apocalypse réalisée Auteur: Max Brooks Parution: 2009
      L'histoire n'est pas directement racontée par le narrateur qui se contente de poser une question à un personnage différent à chaque fois (ethnie, pays, sexe) pour avoir son avis personnel sur la guerre contre les zombies et ainsi le fil conducteur n'est jamais perdu, même si c'est parfois difficile de passer d'un personnage à l'autre comme ça !
    5. Type: Livre Thème: fins du monde fins de l'humanité Auteur: Théo "Izual" Dezalay Parution: Décembre 2016
      - Topic de discussion :
       
      - Interview de l'auteur :
       
    6. Type: livre Thème: guerres futures 2, menaces et guerres nucléaires, l'apocalypse réalisée Auteur: ANTOINE Parution: 1965
      Une vision hallucinée de l’apocalypse moderne dont rêve les sociétés occidentales. Le monde entier en sera affecté. La guerre froide, la surveillance aérienne constante multiplient les risques :
      « la bombe est prête à sauter
      Le bouton à s’enfoncer
      Des avions tournent sans cesse »
      Le « futur inquiétant » appelle les réactions populaires. Les émeutes, les révoltes se multiplient,  attisées par le racisme, la haine et le désir de vivre sans contraintes. En réponse,
      « on arrache les forêts
      pour y planter des armées. »
      Les hommes politiques eux-mêmes n’ont de cesse d’alimenter les fureurs guerrières avec des rodomontades et des assassinats ou « des chaussures qui frappent à l’ONU » (allusion à la célèbre intervention de Khroutchev). Dès que le peuple croit avoir trouvé la paix sociale ou la stabilité économique
      « on nous annonce
      que quelque nation lointaine
      s’est réveillée dans la haine ».
      Par le jeu infernal des alliances, l’ensemble du globe se trouvera concerné,  permettant à la guerre de s’étendre. Lorsque
      « les alliances se reforment

    7. Type: livre Thème: archéologie du futur Auteur: Jean GIONO Parution: 1932
      L’auteur, de passage à Paris, est consterné d’observer ces vies sans but,  « cette pâte phosphorescente d’autos qui tourne sur la place de la Concorde ». A l’homme qui court, son journal à la main, dans ce désert artificiel et mécanique, il oppose la vérité d’une nature vierge qui, un jour, devra se réinstaller dans ses droits:
      " Suis-moi. Il n’y aura de bonheur pour toi, homme que le jour où tu seras dans le soleil debout à côté de moi. Viens, dis la bonne nouvelle autour de toi. Viens, venez tous ; il n’y aura de bonheur pour vous que le jour où les grands arbres crèveront les rues, où le poids des lianes fera crouler l’obélisque et courber la tour Eiffel ; où devant les guichets du Louvre on n’entendra plus que le léger bruit des cosses mûres qui s’ouvrent et des graines sauvages qui tombent ; le jour où, des cavernes du métro, des sangliers éblouis sortiront en tremblant de la queue. "
      Une petite rêverie écologique avec, au centre, la chute et la transformation de la ville tant rêvées depuis les romantiques

    8. Type: livre Thème: menaces cosmiques Auteur: Robert JEAN-BOULAN Parution: 1950
      La terre est condamnée. Menacée par une grosse pluie d’aérolithes, elle volera bientôt en éclats. Le professeur Vaubert initie donc le projet de transporter environ six cents êtres humains choisis (l’on ne saura pas comment) à bord de ballons gonflables (eh !oui) sur la planète Mars,  où les hommes pourront se perpétuer en toute quiétude. Menée par le vieux savant Jean Denouart, l’expédition prend son envol. Alors que la terre disparaît dans un déluge de feu, nos chanceux aéronautes atterrissent sains et saufs sur Mars où, avant de s’implanter définitivement, ils aideront les autochtones de la planète rouge en forme de champignons, à combattre leurs ennemis.
      Un petit récit dont les invraisemblances scientifiques contribuent au charme suranné de la naïveté des années cinquante.

    9. Type: livre Thème: Adam et Eve revisités, la nouvelle glaciation Auteur: Gilles FONTAINE Parution: 1994
      Vol.01 : la Survivante, Magnard éd., 2003, coll. "Magnard jeunesse ", 1 vol. broché,  in-octavo, 153pp ;   couverture illustrée  par Jaouen Salaün. roman d’expression française
      1 ère  parution : 2003
      Lisa  se réveille dans sa  maison familiale à Commentray, petite ville située entre Tours et Orléans. Ce matin-là est exceptionnel. Ses parents, ses amis, ainsi que tous les habitant de la petite ville ont disparu. Lisa est seule, terriblement seule :
      " Il n’y avait dehors aucune trace de violence, pas d’immeubles éventrés par des bombes, ni de voitures incendiées. Pas de rues inondées ; pas de maisons en flammes ; pas de fissures dans la chaussée comme on en voit après les tremblements de terre ; pas de cadavres dans les rues, pas de blessés, pas même de traces de sang. "
      Après un moment d’affolement, elle explore les environs, et  s’organise pour repérer les lieux privilégiés de survie. A bicyclette, elle se rend à l’hôpital pour s’y aménager une retraite sûre, en se nourrissant des produits du supermarché local. Elle se rendra vite compte qu’il lui faudra prendre des précautions car si aucun humain ne se manifeste, elle partage le pouvoir de la vie avec les animaux du zoo proche, l’éléphant ou le tigre, qu’il s’agira d’éviter. Au fur et à mesure que passent les jours, l’environnement urbain se dégrade, les rues étant rendues à la sauvagerie de la vie végétale :
      " Un mois avait passé. Personne n’était réapparu, et la radio restait muette. Dans certains quartiers, l’air devenait difficilement respirable, à cause des ordures qui n’avaient pas été ramassées le matin de la Disparition. Les jardins publics, n’étant plus entretenus, étaient envahis par les herbes folles. "
      Reste sa rencontre avec Elias, l’adolescent mystérieux, l’orphelin des ateliers souterrains (" les Souts "), relégué au rang d’esclave, obligé de travailler pour les besoins de l’hôpital. La " Disparition " l’a, lui aussi, épargné. Avisé, mais inculte, habile mais sauvage, c’est lui qui décide de sa rencontre avec Lisa, considérée comme provenant d’un autre monde. Les deux adolescents organisent leur survie en réservant pour plus tard l’exploration lointaine, car divers signes (un billet dans une bouteille pêchée dans la rivière proche) montrent que d’autres personnes ont pu survivre. C’est ainsi que Lisa fait connaissance avec la bande des "Faucheux ", un groupe d’adolescents qui compte envahir Commentray pour y prendre le pouvoir et obliger tous les survivants à travailler pour eux.
      C’était sans compter sur le petit groupe de " Manu ", une ancienne copine de Lisa, devenue, elle aussi, chef de bande et qui espère reconstruire la ville d’avant. Ceci ne plaît pas à Elias et ses deux amis Guillaume et Betty, eux aussi anciens orphelins-esclaves. Considérant la Disparition des adultes comme une seconde chance donnée à la vie, qui les a ainsi débarrassés de leurs tortionnaires, ils prêchent le retour à la nature en incendiant les quartiers nord de Commentray :
      " On peut chercher ailleurs, si tu veux, continua l’adolescente. Figure-toi que je connaissais… -Tu ne comprends pas, Lisa ! On est débarrassés de cette saleté d’humains, et toi tu voudrais recommencer comme avant, reconstruire les maisons, rétablir l’électricité, retrouver les autres survivants… Tu dois te soumettre à l’eau, au feu, à la terre, Lisa ! (…) C’est la nature qui commande. Les hommes nous ont emprisonnés et la nature nous a libérés. Nous avons choisi notre camp ! ".
      Lisa, coincée avec son jeune ami Pierre entre toutes ces volontés contradictoires, n’a d’autre alternative que de fuir pour s’installer dans le quartier sud de la ville, momentanément épargné. Le répit sera de courte durée, puisque les Faucheux, avec à leur tête le " Seigneur ", leur chef, se heurtent au groupe de Manu. Lisa devra la vie sauve à Elias et à sa parfaite connaissance des souterrains de la ville  inondée. Quant aux Faucheux et leurs adversaires, ils ne survivront pas très longtemps, une main mystérieuse les ayant enfermé dans une maison en y mettant le feu : ils mourront tous, carbonisés. Lisa, Elias et Pierre sont dorénavant prêts  à affronter l’extérieur, autant pour échapper au mystérieux incendiaire que pour s’assurer de l’existence d’autres êtres humains.
      Un thème ancien et exploité (cf. " L’Heure " de Lewino). Ici, les survivants sont des adolescents puisque le livre est destiné à cette tranche d’âge. L’auteur se tire bien de la situation à travers le souci du détail, de la vraisemblance psychologique, et l’attention  au décor. L’action ainsi que l’intrigue évolue lentement, formant une assise solide pour une histoire dont le présent volume ne constitue que le premier tome.
      Vol.02 : le Dôme, Magnard éd., 2004, coll. " Magnard jeunesse ", 1 vol. broché,  in-octavo, 141pp ; couverture illustrée par Jaouen Salaün. roman d’expression française
      1 ère  parution : 2004
      Lisa, Elias et Pierre sur la route. Près du Château de Vals (un haras), ils sauvent de la noyade des chevaux menacés par la montée des eaux consécutive à un barrage en cours de rupture. Mais une ombre s’attache à leurs pas, celle qui a provoqué l’incendie de la maison et qui est prête à nouveau à tuer. Elias sent qu’on les suit. Se mettant à l’affût sur une branche d’arbre, il n’aperçoit pas l’ombre mais une bande de " bikers " qui campent dans une clairière. Découvert à son tour, il est attaché à un tronc et abandonné là. Il sera sauvé de justesse, le matin, par Lisa et Pierre partis à sa recherche,  car il a contracté une pneumonie qui est prête à l’emporter. Le laissant se reposer, les deux adolescents pensent lui rapporter des médicaments de la ville voisine. Ils y découvrent en effet une pharmacie mais aussi les bikers qui ont investi les lieux, et leur prisonnier adulte, Sam, appelé "Doc ".
      En le libérant, ils apprennent qu’il est originaire du " Dôme",  d’où il s’est enfui, une sorte d’abri en verre, ancien camp de vacances pour jeunes, où vit encore une société d’adolescents.
      Lisa a la même idée que les bikers: il importe de situer le Dôme, appelé encore " les Nouveaux Territoires ". En attendant, il faut sauver Elias. Ils arrivent juste à temps pour neutraliser " l’ombre ", " le fou " qui envisageait de tuer leur ami. Stupeur ! Le fou est François, le frère que Lisa croyait disparu. A sa vue, il retrouve la mémoire et s’intègre au petit groupe.Le Dôme, trouvé facilement, est régi par Kito, un jeune dictateur qui hait les " Ads " (adultes) qu’il rend responsable de la Disparition. Il en garde pourtant quelques-uns en prison pour qu’ils l’aident de leurs connaissances. Elias s’entend bien avec Kito qu’il croit issu des " Souts " et dont il partage les valeurs. L’avenir est cependant gros de menaces. Le chef des bikers qui a un compte à régler avec Kito a, lui aussi, découvert l’entrée du Dôme. Entre-temps est survenu l’hiver, avec sa neige qui s’accumule sur la verrière menaçant de la faire s’écrouler. Alors que la place est investi par les bikers, et grâce à Pierre qui se sacrifiera, Elias, Lisa et François quittent le Dôme en train de s’effondrer, par le moyen d’une montgolfière. Kito sera fait prisonnier, puis relâché. Nos amis s’agrègeront au reste des bikers et à leur chef Marc.
      Vol.03 : la Dernière tempête, Magnard éd., 2004, coll. "Magnard jeunesse ", 1 vol. broché,  in-octavo, 175pp ;  couverture illustrée par Jaouen Salaün. roman d’expression française
      1 ère  parution : 2004
      Lisa et ses amis, réfugiés au haras après la chute du Dôme, envisagent de reprendre leur route vers le sud devant la menace effrayante d’une immense tempête de glace et de neige, prémisse d’une sorte de typhon glaciaire. Alors que François, resté en arrière, retrouve Luna, sauvée par Sam, en un couloir souterrain, Marc, Lisa, ainsi que les autres suivent la voie désormais enneigée et difficile, le long de l’ancienne autoroute du sud de la France. Elias est capturé par deux jumeaux qui l’emmènent auprès de " l’homme-montagne ", un énorme obèse qui les tient sous sa coupe psychologique. Il utilisera de la même manière Elias pour qu’il lui rapporte de la nourriture.
      En cours de route, Marc, Loup et Marie feront sécession. S’emparant de la voiture qui leur avait permis d’avancer plus vite, ils abandonnent le reste du groupe. Lisa et les autres, à bout de force, seront sauvés par des adolescents qui ont établi leur base dans un aéroport désaffecté jouxtant l’autoroute. Logeant dans les immenses gros porteurs, ils ont à leur disposition, nourriture, boisson et énergie. Se sentant parfaitement à l’abri, ils sous-estiment le danger que représente la tempête. Lisa n’est pas tranquille. Après quelques jours, avec son noyau de fidèles, elle repart avec François, Luna et Elias, délivré de son tuteur, qui l’a rejointe.  Arrivés au bord de la mer, ils découvrent un impressionnant village de tentes où, d’une façon très libre, il leur est permis de s’installer. A un détail près : la nourriture leur est rapportée en bateau par des étrangers adultes, habitants d’une île voisine. En contrepartie, ceux-ci exigent des enfants que certains leur servent d’esclaves. Lisa en fera partie. Elle découvre  dans l’île que les adultes, en possession du bateau de pêche, ont à leur disposition de nombreux enfants qui veillent à toutes leurs charges. La tempête approche, inexorable. Sur la plage, François prend toutes les précautions pour s’enterrer dans le sable, afin de donner moins de prise au vent :
      " Protégeant son visage d’un revers de sa chemise, François les rejoignit. Il les aida à se relever, leur fit comprendre qu’ils devaient se retourner, dos à la tempête. Quelques mètres plus loin, Elias se rendit compte qu’il grelottait. Des grêlons jonchaient maintenant le sable. –Vite, il faut faire un trou ! hurla François en dépit des rafales qui couvraient sa voix…. Assez grand pour nous quatre ! –On ne va pas s’enterrer ? protesta Luna. –C’est notre seule chance ! "Il n’était plus temps de discuter. Ils se jetèrent à genoux et commencèrent à creuser. (…) Ils descendirent dans leur abri, tendirent la toile de tente au-dessus de leur tête pour fermer hermétiquement le trou, fixèrent les lanières de la tente à leurs poignets pour qu’elle ne s’envole pas.
      De son côté, Lisa, profitant de ce que les adultes sont partis pêcher, referme solidement la porte, s’enfermant avec les autres enfants dans le baraquement. Lorsque la tempête s’évacue enfin, laissant derrière elle un paysage d’apocalypse, toutes les menaces auront été balayées : la mer, ayant gelé instantanément, a broyé le bateau des esclavagistes. Les deux groupes se ressoudent, celui du continent rejoignant l’île en marchant sur le bras de mer gelé. Les adolescents s’installeront définitivement là, constituant un ultime noyau d’humanité plus solidaire et plus respectueux de la nature :
      " Je crois que tu avais raison, Elias dit enfin Luna . Depuis le début. Le garçon hocha la tête. " La Terre a remis les compteurs à zéro, reprit Luna. La Disparition pour les humains, la tempête pour tout ce qu’ils avaient édifié. Plus de maisons, plus de machines, plus d’énergie. Tout à reconstruire. Et surtout plus d’adultes. Ou à peine quelques-uns pour nous aider à redémarrer. "
      La " Dernière tempête " clôt la série du " Nouveau monde ". Les personnages y ont gagné en densité et en maturité, vaincu l’horreur et la mort pour survivre dans une plus grande fraternité affective et relationnelle. Un très beau cycle pour adolescents.

    10. Type: livre Thème: l’apocalypse réalisée, guerres futures 1 Auteur: Stephanie BENSON Parution: 1975
      Vol. 01 : Cavalier seul, l’Atalante éd., 2001, 1 vol. broché in-8 ème , 283 pp. couverture illustrée (Jérôme Bosch) roman d’expression française.
      1ère parution: 2001
      Deux groupes hors du commun s’opposent. Celui de Katz, le policier « angélique » qui, avec ses subordonnés et amis, Iris, l’hypersensible, Günther et Stefan, traque les violeurs meurtriers d’enfants et psychopathes notoires. Actuellement ils recherchent la jeune Annelie Reuter enlevé par un dénommé Thomas Geist. De l’autre côté, une secte néfaste, celle du « Millenium de l’Aube Radieuse », et ses aficionados. D’abord Ulro, le maître de Tirzah, une jeune femme amorale, sans culture, parfois morbide,  mais intuitive , page vierge sur laquelle le Maître a décidé d’écrire :
      « Nouvelle source de contrariété : le bébé. Elle avait pensé qu’ils allaient juste lui donner le bébé, et qu’elle le soignerait (mais elle ne le mangerait pas, c’était promis), sauf qu’à présent, c’était elle qui devait leur fabriquer leur foutu bébé, et elle n’avait pas la moindre idée de par où commencer. Pour être tout à fait honnête, elle ne savait même pas comme c’était fait, un bébé. Elle n’avait jamais eu l’occasion d’en ouvrir un pour regarder dedans. »
      Puis Los, son comparse, un nouveau messie cynique  et répugnant, dominant un groupe de disciples moutonniers. Ulro et Los cherchent à promouvoir « l’Untergott » qui réduira en poussière le monde tel qu’il est.  Etablissant la jonction entre ces deux groupes, héros véritable du récit, Milton le diabolique, à la personnalité exceptionnelle dans le mal. Milton le maudit, psychopathe redoutable pour qui la souffrance et la mort d’autrui sont les piments de sa propre jouissance. Génie de l’informatique, il a crée un site crypté, « Paradise Burial Services »,  réservés aux seuls pervers payants pour lesquels il programme en « life » la mise à mort de tendres enfants innocents, enlevés et séquestrés. Or, Annelie Reuter est l’une de ceux-là et Thomas Geist s’appelle en réalité Milton.
      La rencontre maléfique de Milton avec Ulro a lieu pendant que le groupe de Katz cherche à saisir la mentalité particulière de ce psychopathe. Ulro espère se servir de Milton dont il a reconnu le génie pour activer le programme spécial que lui ont imposé ses commanditaires. Car la secte est une couverture qui permettrait à une poignée internationale de riches industriels de gagner le pouvoir définitif en ce monde :
      « Le capitalisme n’a jamais cherché à instaurer un équilibre, mais, au contraire, à pousser le déséquilibre presque – mais jamais tout à fait- jusqu’au point de rupture. Le déséquilibre psychique –de l’individu - et politique –des collectivités – que nous tentons d’instaurer aujourd’hui en Europe est la condition sine qua non du plein épanouissement du modèle néo-capitaliste. Afin de profiter du déclin déjà amorcé de l’Empire nord-américain, nous devons aller encore plus vite que lui. Les Etats-Unis sont sur le point d’imploser, l’Europe est en pleine décadence mais, de ce fait, peut prendre la place ainsi libérée. Reste à savoir de quel type d’Europe nous avons envie. » (…)
      « Vous ne voyez pas que c’est déjà la fin du monde et que le cavalier de la guerre tend son épée sur la planète ? Regardez autour de vous, pauvres vers de terre obnubilés par votre nombril, et voyez ! Ces enfants palestiniens qui fabriquent leurs lance-pierres et s’entraînent au nom du dieu Intifada. Les mêmes enfants russes  déguisés en soldats dans les rues de Grozny ou cachés dans les caves de Téhéran. Regardez encore, vous les verrez partout : Rwuanda, Tibet, Sierra Leone, Afghanistan, quel est l’antonyme de guerre, espèces de connards ? Où voyez-vous la paix dans ce monde foutu ? En Europe ? Où les chômeurs sont réprimés à coups de matraques et de gaz lacrymogène ? En Amérique, où ces mêmes enfants sont assassinés pour le bien de la communauté en toute légalité ?  Qu’est-ce qui suit le cheval roux de la guerre ? La famine ? Demandez aux bénévoles des Restaus du cœur si tout le monde mange à sa faim, même ici, dans l’eldorado postindustriel de la bonne vieille Europe ! »
      S’apprêtant à susciter le Satan prôné par la bible, ils espèrent déstabiliser l’espèce humaine en réalisant scientifiquement les prophéties de l’Apocalypse :
      « Ils étaient sept à table ; représentants des sept pays les plus industrialisés, les rois du monde mercantile, les détenteurs de dollars, de yens et d’euros, et ils s’étaient permis de rêver. Que nous manque-t-il, à nous qui avons tout ? L’un d’entre eux, il ne se souvenait pas exactement qui, avait dit : - le pouvoir ultime ; celui de détruire le monde. Celui d’ouvrir le livre, de déclencher le cataclysme, l’avènement de l’Apocalypse. Il y avait eu un court silence, puis quelqu’un d’autre avait applaudi. C’était l’Allemand, ça, il s’en souvenait, qui avait dit quelque chose dans le genre : -C’est faisable, vous savez. Il suffit de l’organiser. »
      Pour que cet être extraordinaire soit crée, ils font appel au docteur Allen St.Jones qui, par le jeu de mutations génétiques dirigés, implante ses embryons dans un mère porteuse. Encore faut-il mettre tous les atouts ensemble. Un géniteur exceptionnel comme Milton et une mère docile comme Tirzah feraient parfaitement l’affaire. Milton, que ce projet enchante, feint d’accepter la direction d’Ulro, qui n’a pas conscience de l’extrême danger que court la secte avec ce personnage.
      Katz, dont les ennuis matrimoniaux lui font apprécier d’autant plus la fragile beauté d’Iris, enquête, d’abord à Strasbourg, puis à Berlin, où il découvre dans une planque vingt-quatre petits cadavres en décomposition. Serrant de plus en plus près le meurtrier, ayant décrypté l’accès à son site informatique, il utilise le photographe Mortimer Blakeman (appelé Mort), fasciné  par la mort, pour faire sortir Milton de son trou, Pendant ce temps, Milton joue l’étalon obligé auprès de Tirzah  dont les excentricités –comme de dormir auprès d’un cadavre - met Ulro mal à l’aise :
      « Ulro se détourna pour cacher son malaise et commença à monter l’escalier de bois, avide de respirer de l’air pur. Comment Milton savait-il tout cela ? Il n’avait rencontré Alamandra que la veille, et elle, de toute façon, ne savait rien. Il fronça les sourcils, le dos tourné. Se rendit compte que tourner le dos à Milton n’était peut-être pas une bonne idée. S’arrêta. Se retourna. Milton faillit lui rentrer dedans.
      -La prophétie du Jugement dernier, dit Ulro d’une voix légèrement voilée. Tu vas nous aider à précipiter la fin du monde. Milton sourit. – On commence quand ? »
      Ulro devient conscient du danger représenté par Milton et cherche à l’éliminer non sans avoir pris langue au préalable avec le groupe de « l’Apocalypse ». Tirzah bien qu’elle aussi soit fascinée par Milton pense à fuir. Elle veut se rendre en Mauritanie, sa patrie d’origine, et se cacher auprès de grand-mère Mariem, une guérisseuse. Milton s’aperçoit qu’on a visité son site. Il remonte à Mortimer, dont il fait son esclave inconditionnel. Puis il fait le ménage dans la secte. Tue Los. Prend le contrôle du « Millenium de l’Aube Radieuse », déclenchant une apocalypse immédiate lorsqu’il propose aux disciples de lui amener leurs enfants morts.
      A Strasbourg, Katz a fait le rapprochement  de l’événement avec ses propres recherches et l’immeuble de la secte est investi. Alors que Tirzah, pour protéger son bébé - ses bébés?- implanté en son ventre prend la fuite en direction de la Méditerranée, Milton, pris dans la rafle, sera blessé mais s’échappera finalement grâce à Mort.
      La troisième guerre mondiale éclate :
      « (…) Des bribes de conversation décousue :
      La Chine a lancé un missile
      Thermonucléaire.
      Contre Washington.
      Je croyais qu’ils devaient attaquer l’Inde.
      Ca, c’est la Turquie.
      Mais non, c’est l’Inde qui a envoyé le missile.
      Bombe à neutrons.
      C’est vrai qu’ils ont la bombe.
      Des milliers de morts.
      Des cinglés, ils ont tué des gosses.(…)
      Pékin vient d’exploser.
      Riposte.
      Une secte en implosion a souvent recours au suicide.
      Collectif.(…)
      Ils ont égorgé leurs propres mômes, putain. »
      Vol. 02 : Cheval de guerre, l’Atalante éd., 2003, 1 vol. broché in-8 ème , 284 pp. couverture illustrée (Jérôme Bosch). roman d’expression française
      1ère parution: 2003
      Phil et Bruno rencontrent Tirzah en fuite et l’accompagnent dans son périple vers les « hommes de poussière », en Mauritanie. Tirzah, enceinte des œuvres de Milton, attend des bébés qui devront sauver le monde en proie à un complot généralisé d’un groupe d’individus richissimes et puissants (« le Cercle »), de toutes nationalités, qui désirent déclencher l’apocalypse par une guerre étendue aux divers continents dans le but d’instaurer un ordre nouveau :
      « Et maintenant Abaddon leur avait trouvé une fonction dans la vie, un but à atteindre au-delà de leur épanouissement personnel, une véritable raison d’être : participer à la fin du monde. Prendre en charge l’une des sept têtes de la Bête afin que le faux prophète puisse faire dégringoler de leur trône les rois du néolibéralisme et de la conscience éclatée. Détruire un tiers de l’humanité et rebâtir avec du sang neuf un monde meilleur. Se trouver aux premières loges de la révolution mondiale. Putain, le pied. »
      Ils se sont servis de Milton qui, sous différents noms, Abbadon, Altman, etc, se donne pour l’incarnation de l’Antéchrist, vicieux, pervers, pédophile, meurtrier mais informaticien génial qui a conçu le site web « Paradise  Burial» pour partager avec les pervers du monde entier ses «snuffs movies », soit la mort en direct d’enfants torturés :
      « Il alluma l’ordinateur portable, se connecta à l’Internet et tapa l’adresse du site Paradise Burial Services. Un tombeau (granite), une inscription (en latin), le dernier mot (mori) et bienvenue au premier niveau de l’enfer. Amateurs de mort lente et douloureuse (celle des autres), sortez vos cartes bleues et venez rejoindre les enfants de l’Apocalypse. »
      Milton, lui aussi à la recherche de Tirzah, est traqué par Katz, incarnation de l’ « ange Gabriel », mais policier malheureux et séparé de sa femme. Il est secondé avec brio par l’énigmatique Iris, une femme-fleur-flic dont il tombe éperdument amoureux, et des équipiers solides, comme Gunther ou Toussaint, qui ne reviendra pas de l’aventure.
      Katz est depuis longtemps sur les traces de Milton, ayant défait la secte qui l’abritait, mise en place par Ulro et Urizen, deux commanditaires internationaux des « Maîtres du monde ». Celle-ci affichait deux objectifs : servir de retraite à Tirzah fécondée avec le sperme de Milton (à son corps défendant) et couvrir les activités du pédophile informaticien. Mais Milton échappe à leur contrôle poursuivant un seul but, le sien, qui est d’universaliser le mal et le crime. Pour échapper à Katz, il se servira de Mort Blakeman, photographe homosexuel fasciné par le meurtre. Littéralement envoûté par Milton, Mort le conduira jusqu’en Afrique. Blakeman semble être le produit d’une transformation génétique puisque, abandonné par Milton, il demandera l’assistance des rats dont il prendra peu à peu la forme, pour « retrouver le Maître ». Lorsqu’ils se revoient, Milton, ravi par sa métamorphose qu’il considère comme «un summum de l’esthétique du mal » signe le tableau en tuant le photographe.
      Tirzah affiche une personnalité complexe. Après avoir vécu en toute innocence au sein de la secte où elle servit d’objet sexuel à Ulro, inculte et vierge, au sens fort du mot, elle reste « branchée » sur des visions intérieures et répond à une éthique élevée qui est de sauver le monde de l’Antéchrist. Contrairement aux prévisions des conjurés du Cercle, les enfants ont été conçus en ce but. Après leur naissance, au nombre de quatre, ces clones aux yeux noirs, grandiront très vite, chacun étant spécialisé de par sa sensibilité propre à percevoir le mal. Pour l’instant, Tirzah en fuite a besoin de Bruno et de Phil, deux protecteurs qui la conduiront vers Grand-Mère Mariem, une devineresse maure installée près de Nouakchott.
      Cependant, Urizen, le maillon français des responsables du Cercle croit encore pouvoir diriger Milton grâce, notamment, à un groupe de généticiens chinois qui ont réalisé une immense chimère, « un Dragon cracheur de feu». Milton, entré en contact avec le groupe de Chinois au Tchad est passionné par le Dragon, cet être étrange qui prend progressivement conscience de lui-même à un point tel qu’il se débarrasse d’Urizen, le rôtissant proprement.
      L’explication finale aura lieu en bord de mer lorsque Tirzah s’apprête à fuir une nouvelle fois. Le Dragon ratera son but et sera tué par Mariem (un coup de lance dans son œil gauche). Milton apprenant la venue de Katz et de ses «katzmen » dans la région, reprend sa quête du mal. Philippe prend les enfants sous sa protection, avant qu’ils ne se séparent, chacun voyageant sur un continent différent. Mais la guerre généralisée brûle déjà un monde voué à la destruction… :
      « La guerre allait curieusement aussi bien qu’il l’avait espéré. De bombe nucléaire en arme bactériologique, sans oublier tout un arsenal de petites bébêtes électroniques plus ou moins perfectionnées, la population des Etats-Unis avait diminué de douze pour cent en trois semaines. Encore plus fort que Verdun. L’Inde avait perdu un peu plus, près de treize et demi pour cent, mais pouvait se le permettre sans que cela se remarque trop. Quant à la Chine, elle avoisinait les quinze pour cent de pertes sans effet notable sur les flots de soldats qui continuaient de se déverser sur le continent américain. Les Américains avaient peut-être fait preuve d’une précipitation irréfléchie en envoyant tant de troupes en Europe. De toute façon, personne apparemment ne s’intéressait à l’Europe. En dehors des premières bombes sur Londres destinées à calmer les ardeurs d’alliance de la perfide Albion, il n’y avait même pas eu d’alerte au nuage toxique pour faire les choux gras des médias. »
      Vol. 3 : Moros, l’Atalante éd., 2004, 1 vol. broché, in-octavo, 270 pp. couverture illustrée (Jérôme Bosch). roman d’expression française
      1ère parution: 2004
      Tirzah a atteint le village de grand’mère Mariem et mis au monde non un seul enfant, mais quatre clones qu’elle prénommera : Barachiel, Jehudiel, Uriel et Séatiel. Enfants issus du sperme de Milton mais, par une curieuse inversion, se situant dans le camp du Bien. L’aventure deviendra planétaire lorsque les enfants – qui grandissent prodigieusement vite- quittent leur mère et se partagent leur terrain d’investigation, chacun, accompagné d’un membre de la tribu de Tirzah, se dirigeant vers un autre continent, tout en restant en communication télépathique les uns avec les autres. Ils lutteront seuls ou en accord avec la police locale contre le mal qui se répand à cause de l’influence de Milton.
      Jehudiel, à Mexico, est sur les traces d’un meurtrier en série. Barachiel, à Londres, enquête sur des enfants disparus. Seatiel, au Sénégal, s’abandonne à des visions qui lui montrent le Japon rayé de la carte du monde et cherche à percer les états d’âme d’Aboucabar Fall, autre meurtrier d’enfants et créature de Milton. Katz et Iris suivent la piste des ascendants de Milton qui les amène en Ecosse à découvrir  la grand’mère de ce dernier, laquelle leur dévoile le véritable nom de Milton, soit An Mac Mallachtan, c’est-à-dire « le Diable ». Milton, toujours aussi riche et connecté à « Paradise Burial », caché dans une de ses nombreuses planques européennes, suit l’évolution de la situation planétaire qui se dessiné au Japon :
      « Si ces calculs étaient justes, un bon tiers de la population tokyoïte serait effacée en quelques secondes, les bâtiments ne subiraient que de légers dégâts, et les survivants disposeraient d’un tiers de place supplémentaire. On circulerait en ville, la pollution chuterait sous la barre de l’acceptable, les écoles ne seraient plus saturées, le métro, n’en parlons pas. Bref, Thel transformerait sa propre folie en une œuvre de salubrité publique. »
      A son arrivé à Tokyo, il rencontre Nozdi, l’infirmière perverse qui euthanasie ses malades,  et fait connaissance avec le pervers délirant Katho Sathoshi-Shan, cannibale et sadique, pour qui les autres sont possédés par les «Modulons»,  des extraterrestres, ce qui le plonge dans le ravissement total :
      « Kato Satoshi-Shan mange les petites filles qu’il aime. Au petit-déjeuner, au dîner, pour le goûter, à l’occasion. Les nouvelles marionnettes de Milton sont branchées poupées.  Dans ce monde, en complète décadence, la préadolescence est à la mode. Bientôt les mecs vont se branler sur des images de nourrissons. Tiens, voilà ce qui manque à ma famille élargie ; un assassin de bébés, une sage-femme sanguinaire, une obstétricienne ogresse. Kato Sathoshi-San n’est pas assez horrible, déjà en deçà du superlatif  dans l’univers du toujours plus. »
      Enfin le « Cercle », confrérie internationale de tueurs de haut vol, s’est réuni en France pour affiner une intervention militaire en Europe, soit des avions décollant d’une base suisse et qui placeraient des bombes thermonucléaires sur les principales capitales. Mais Thel, comme son collègue Tharmas,  deux parmi les plus anciens du Cercle comptent éliminer leurs confrères et garder pour eux les fruits de la victoire. Leur machination mise en place, ils partent aussi pour le Japon. Juste à temps pour entendre Milton à la télévision – sous les oripeaux de l’éminent professeur Kimgasa dont il s’est débarrassé -,  prêcher la violence et le meurtre seuls fondements d’une liberté absolue de l’individu:
      « Le monde de l’avenir sera un vaste plateau de cinéma sur lequel évolueront des acteurs, amateurs et professionnels, unis dans une débauche de sexe et de sang. Derrière la caméra : Milton himself. Filmer, regarder, imaginer, mettre en scène, manipuler, diriger. Le reste ne l’intéresse pas. L’argent ne l’intéresse pas. C’est facile, il en a. Dans le monde l’avenir, l’argent ne vaudra pas plus que des cacahuètes. La seule valeur sera ce qui fait plaisir à Milton. Le monde entier n’existera que pour faire plaisir à Milton. »
      Kato ne reconnaît pas Milton : il est convaincu que le professeur Kimgasa est une incarnation de Modulon et se prépare à le tuer. Milton, cependant, n’a pas perdu de vue le danger que représente Katz. Pour s’en éloigner définitivement, il capture les enfants de ce dernier dont il apprend l’existence par une indiscrétion. Savourant sa vengeance, il les emprisonne sous les caméras de « Paradise Burial » dans un hangar de la région strasbourgeoise pour les laisser mourir de faim. Dans le but de contrer Milton et libérer les enfants, tous les membres du clan du Bien se retrouvent, Tirzah et Katz, Iris et Barachiel, en liaison télépathique constante avec ses frères. Tharmas, qui s’était également enfui à Tokyo assiste de loin à la destruction de treize villes européennes. Alors que Milton, lui aussi de retour au Japon, prend une flèche dans le bras de la part de Katho, Katz, qui a réussi à libérer ses enfants, s’oppose à Milton sur le terrain des médias. D’abord, Il fustige l’attitude de ses semblables :
      « Dans une maison ordinaire, dans la banlieue de cette ville, un homme a enfermé deux enfants, commença Phil sans attendre la première question. Il les a enlevés pour les tuer. Il veut le faire. Il croit qu’il en a le droit. Il le croit d’autant plus qu’il y a quelques jours, il a montré au monde entier des images de torture, de souffrance et de mort, et le monde n’a rien dit. Je n’ai rien dit. Vous n’avez rien dit. Et parce que nous n’avons rien dit deux enfants seront torturés et tués. Chaque fois que nous ne disons rien, le domaine des ténèbres s’étend. Chaque fois que nous ne nous croyons pas concernés, le domaine des ténèbres s’approche un peu plus de notre porte. Et le jour où cet homme viendra chez vous, il ne restera sans doute plus personne pour lui dire quoi que ce soit. Alors, ce soir, je vous le dis. La violence n’est pas un choix de société acceptable. Je ne parle pas de petits voleurs mais de violence d’Etat, tolérée, orchestrée. La pauvreté n’est pas un mal nécessaire. Le chômage n’est pas une fatalité économique. Les pays du tiers-monde n’ont aucune dette envers les pays riches, au contraire. Qui a exploité qui pendant des décennies ? L’argent investi en bourse ne produit pas d’emplois. L’accumulation ne bénéficie à personne. Nous pouvons tous vivre sans piscine privée, mais nous ne pouvons pas vivre sans la conscience du bien et du mal. Merci de m’avoir écouté. Merci de bien vouloir y réfléchir. »
      Ensuite, à l’aide des préceptes paradoxaux et mystérieux du livre prophétique que conserva le clan de Tirzah en Mauritanie selon une tradition immémoriale. Car pour Katz, il est maintenant évident que tout se rejoint : les enlèvements en série et les meurtres d’enfants, la guerre européenne, les menées du « Cercle » et l’instigation au mal par le diabolique Milton. L’enquête avance par l’appui décisif qu’apportent les enfants de Tirzah. A Tokyo Tharmas est appréhendé et interrogé sur son rôle  et celui du Cercle dans le conflit mondial. S’ensuit une vague d’arrestations, notamment celle de Thel à l’aéroport de Tokyo. Milton, piégé dans sa planque par Barachiel, est tué d’une balle en pleine tête tandis que Katz, grièvement blessé, est transporté de toute urgence à l’hôpital. Tirzah, piégé dans un monde intermédiaire semblable au coma, ne reviendra jamais de ses aventures. Katho est exécuté. L’aventure se clôt sur une Europe dévastée, terrassée par le mal.
      « Al Teatro », comme son nom l’indique,  est un théâtre de la cruauté, l’enfer du « Jardin des délices » de Jérôme Bosch retraduit de manière littéraire. Fresque touffue, énorme, inclassable (dont le résumé ne donne qu’une vague idée), elle brasse des personnages d’exception, dans le Mal (Milton, dont le nom est tout un programme) et dans le Bien (Katz, l’avisé); s’appuie sur la théorie du complot généralisé, les agissements occultes des sectes et des partis, mêle le fantastique noir à l’enquête policière, le tout dans un décor où l’Europe se délite dans une guerre totale. La force de ce roman  - pléthore de personnages, de lieux, de situations, discours incisifs, emploi de phrases verbales – est aussi cause de sa faiblesse, qui oblige le lecteur à un va et vient conceptuel pour renouer constamment le fil du récit. Une oeuvre baroque et foisonnante, unique en son genre, à lire de toute urgence.

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