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    711 livres

    1. Type: Livre Thème: épidémies Auteur: Max Brooks Parution: 2009
      Préparez-vous à découvrir un livre, que dis-je, une encyclopédie sur les zombies, les techniques pour lutter contre eux et bien d'autres éléments nécessaires à la survie d'un wastelander !
    2. Type: Livre Thème: l'apocalypse réalisée Auteur: Max Brooks Parution: 2009
      L'histoire n'est pas directement racontée par le narrateur qui se contente de poser une question à un personnage différent à chaque fois (ethnie, pays, sexe) pour avoir son avis personnel sur la guerre contre les zombies et ainsi le fil conducteur n'est jamais perdu, même si c'est parfois difficile de passer d'un personnage à l'autre comme ça !
    3. Type: Livre Thème: fins du monde fins de l'humanité Auteur: Théo "Izual" Dezalay Parution: Décembre 2016
      - Topic de discussion :
       
      - Interview de l'auteur :
       
    4. Type: Livre Thème: épidémies Auteur: Arnould GALOPIN Parution: 1928
      Procas est un homme bleu. Non pas un Targui, mais un authentique malade congénital. Souffrant d’insuffisance artérielle chronique à cause d’un coeur rétréci, la moindre contrariété accentue chez lui la propension à la couleur bleue de la peau.  Or, des contrariétés, il en a beaucoup. Comme savant bactériologiste, sa seule ambition est de servir l’humanité. Il fait des communications magistrales à l’Académie des Sciences. Il est reconnu, adulé, poursuivi par les femmes. Sa maladie se fait toute discrète. En épousant Meg, une de ses plus ferventes "groupies", la déception n’en est que plus vive, quand il apprend, quelque temps après, qu’elle le trompe. Il en conçoit un choc si terrible que, de la tête au pied, la couleur bleue gagne, le coeur se rétrécissant. De crise d’épilepsie en crise d’épilepsie, atteint par un froid cadavérique, il devient objet de répulsion pour le reste de la société.
      " Qu’était cet être douloureux? D’où venait-il? Pourquoi, à son approche, détournait-on brusquement les yeux? Il fallait donc qu’il eût quelque chose d’effrayant, d’épouvantable ?... Oui... Il était laid, atrocement laid, d’une laideur qui dépassait tout ce que l’on peut imaginer, non point que sa figure fût ravagée de quelque lupus, labourée par un chancre répugnant ou couturée de plaies immondes...
      Elle n’avait subi aucune déformation, nul accident n’en avait bouleversé les lignes, mais ce qui la rendait ignoble, monstrueuse, c’était sa seule couleur... Elle était bleue, entièrement bleue, non point d’un bleu apoplectique tirant sur le violet lie-de-vin, mais de ce bleu cru, violent, presque éclatant, qui tient le lieu entre le bleu de Prusse et l’outremer. "
      Il lui faut dire adieu à sa vie scientifique, à renoncer à sa femme, à renoncer au monde, en déménageant dans un autre quartier de Paris, pour ne pas être reconnu. Son seul ami, le professeur Viardot meurt trop vite, le laissant seul sur terre.  Ses sorties nocturnes, à visage serré et recouvert pour s’approvisionner, éveillent l’animosité de la foule contre lui. Au départ on le conspue à cause de son apparence. Puis, un crime s’étant commis dans le quartier, l’hostilité se transforme en haine, attisée par trois sombres imbéciles qui jouent aux justiciers: Bézombes, Nestor le Boucher et Barouillet le politicien au petit pied.
      Sa vie est infernale. Constamment suivi, dénoncé -en dépit du fait que la police ne trouve rien chez lui-, il doit se procurer des vivres de plus en plus loin ou rester des journées entières cloîtré dans sa maison en proie à des crises à répétition. Il songe à se suicider. Mais, pour l’amour de la science, il continue ses travaux avec le modeste appareillage qu’il a pu sauver du désastre.  Il accueille un chien errant, le seul être qui lui fait confiance. Las, celui-ci est tué par le gros Nestor. Un soir,  en rentrant chez lui, il aperçoit son chien gisant dans le ruisseau, le crâne défoncé. C’en est trop pour cet être persécuté. Il en conçoit une haine terrible pour l’humanité et concocte par égard pour son ami canin une vengeance post-mortem.
      Grâce à la moelle du chien qui servira de support nourricier, il recherche le Bacillus murinus, le bacille du rat, qu’il avait déjà réussi à isoler dans ses recherches antérieures. Ce microbe, rare à l’état naturel, provoque la mort foudroyante du rat. Pourquoi pas des humains ? Il se met à la recherche de rats, en trouve, les utilise comme cobayes, isole le bacille et, par transvasement de cultures, en fait un engin de mort terrifiant qui délivre la mort en trois heures:
      " Quelle ne fut pas la joie de Procas lorsqu’il reconnut sur les rats qu’il venait de trouver morts, des lésions tout à fait semblables à celles qu’il avait observées dans l’Inde. Il fit sur ces bêtes divers prélèvements de sang, et, vingt-quatre heures après, il pouvait observer sur la gélose une strie blanchâtre avec des ramifications latérales très caractéristiques. Le doute n’était plus possible : il tenait enfin son Bacillus murinus ! Alors il prit une lamelle de verre, y déposa une goutte de culture, l’étala avec l’extrémité d’une pipette, colora la préparation avec une substance préparée par lui, et l’examina ensuite au microscope. Sur le champ de l’appareil il constata la présence de bacilles minces et courts... "
      Il prépare ainsi trois litres de ce bouillon mortel qu’il est décidé à verser dans le réservoir d’eau de Montsouris, déclenchant une épidémie sur l’ensemble de Paris :  
      " Procas attendait toujours. Il ne se souciait plus de la foule qui grondait sur son passage. Une idée l’obsédait: ce bacille sur lequel il avait compté, dont la nocivité lui avait paru évidente, aurait-il perdu de ses propriétés quand il s’était trouvé en contact avec une immense étendue d’eau? Le réservoir, il le savait, contenait, avec sa réserve, environ deux cent mille mètres cubes. Est-ce que cette masse ne renfermait pas un élément qu’il n’avait point prévu?
      Non, pourtant, son bacille devait anéantir tous les autres, car les expériences qu’il avaient faites sur cinq ou dix litres d’eau lui avaient suffisamment prouvé la virulence et la combativité de ses "colonies". Elles devaient être en train de se développer, mais n’étaient pas encore parvenues dans les canalisations. "
      Mais, ironie du sort, à peine eût-il lâché ses vilaines bêtes que le gros Nestor et Barouillet, ainsi que les habitants du quartier vinrent faire amende honorable en s’excusant pour s’être trompés: l’assassin du petit Claude vient d’être arrêté! Le savant ne put en entendre plus: il s’effondrera, terrassé, à leurs pieds tandis que des sirènes d’ambulance retentissaient un peu partout dans Paris.
      Un récit à intrigue linéaire, à trame plate, écrit en un  style qui se lit facilement, l’outrance étant dans le personnage et non dans la forme. Un personnage intéressant par ailleurs, entre le monstre de Frankenstein et Elephant Man. Les notations scientifiques précises de la préparation du Bacille déterminent l’effet de vraisemblance. Un humour s’y reflète constamment en filigrane: les coupables seront épargnés, les innocents frappés. Il est curieux de constater, au-delà des années et des pays, à quel point l’ouvrage de Galopin ressemble à celui de Frank Herbert avec "la Mort blanche": même haine de l’humanité, même démarche de persécuté, même résultat final. Un roman oublié qui ne le mérite pas.

    5. Type: Livre Thème: Adam et Eve revisités, menaces cosmiques, sociétés post-cataclysmiques 1 Auteur: Pierre LHANDE Parution: 1926
      Le Père de Mourville, astronome euskarien (basque) distingué prédit avant tout le monde l’arrivée d’une étoile inopportune qui viendra balayer la terre :
      " Mais, là, sur ce point du ciel blessé, - comme sur une plaie apparue tout à coup sur une poitrine nue, - une lueur large et lente venait de se montrer… Elle demeura suspendue sur le firmament, mystérieuse larme de la nuit. Elle était d’un violet ardent… Alors un cri surhumain déchira l’espace :
      -La Nuova ! La Nuova ! clamait Jumillac. -La Nouvelle Etoile ! répondirent cent voix frissonnantes de terreur. "
      Les prémisses sont fragiles parce que l’étoile est encore loin; peu de gens ont foi dans le prêtre. Le lecteur en profite pour faire connaissance avec les principaux protagonistes du roman, soit Uranga, un pianiste basque, Monseigneur d’Urbieta qui s’est retiré là-haut sur la montagne en son monastère, Batichta Tokiana, concierge du Père de Mourville et guide de la grotte qui contient le site de Bilbilis, Urbain IX, un pape très catholique, et surtout Martin Amezaga, le richissime mécène basque,  sans qui rien n’aurait été possible.
      Pendant que l’étoile errante se rapproche de la terre, peu de personnes sont conscientes du danger mortel qu’elle représente. Les métèques, étrangers de couleur, rastaquouères de tout acabit ne pensent qu’à s’amuser en des jeux ineptes et décadents :
      " Blotti au fond de son compartiment de troisième classe, le Père de Mourville comparait cette paix souveraine des paysans basques à la fièvre des plaisirs qui, la veille, avait agité, là-bas, à Illiberri, tous ces jouisseurs et tous ces rastas. (…) Il comprenait surtout la stoïque fidélité de ce peuple dans son labeur quotidien avec l’affolement des fêtards d’hier sous la menace livide de la Nouvelle Etoile. "
      Le Père de Mourville conçoit un immense projet : convaincre Amezaga le bienfaiteur, de mettre sa fortune à sauver le peuple euskarien dans sa pureté en aménageant les grottes d’Oyarzun à l’intérieur desquelles un gigantesque lac naturel rendra possible la construction du site de Bilbilis, du nom de cette antique cité qui avait existé jadis sur les bords du lac :
      " Il savait aussi qu’au jugement de quelques historiens allemands, cette fabuleuse cité de la Bilbilis du Nord dont le nom revient dans les plus anciens documents de l’histoire d’Espagne et dont nul aujourd’hui ne retrouve la trace, cette  Bilbilis " reine du fer " pouvait bien être une cité souterraine maintenant rendue inaccessible par les mouvements du sol ou bien disparue sous la montée de l’Océan. "
      Amezaga, convaincu par Xavier, son fils, de la véracité des dires du Père de Mourville, entreprend de réaliser sa fortune en achetant les éléments d’infrastructure, la nourriture, les moyens de défense, les objets culturels qui permettront aux Euskariens de survivre à la catastrophe. Il est aussi soutenu par les religieux qui battent la campagne à fin de sensibiliser le peuple basque au grand projet pour qu’il se tienne prêt au moment décisif :
      " Mes chers Basques, s’écriait le Père Elizondo, demeurez prêts pour le grand appel qui ne tardera pas. Que toute haine tombe ! que toute rivalité s’éteigne ! Voici venir le moment où il n’y aura plus parmi vous, du moins pour longtemps, pauvres ni riches, propriétaires ni fermiers ! Cette égalité, qui fut la grande utopie de notre siècle, va régner un moment parmi vous, non comme le rêvait un socialisme creux ou un communisme criminel, mais comme l’avait réalisé l’Eglise dans les sociétés des premiers chrétiens. (…) Maintenant plus d’ " etxoko yaun " (propriétaire) ni d’ " emüts " (salarié) ; plus de mien et de tien ! Seulement le bien sacré de l’Eglise, c’est-à-dire le patrimoine de tous les pauvres que vous êtes ! La vie est à ce prix ! "
      Arrive l’heure du grand rassemblement. De tous côtés affluent, avec leurs caractéristiques particulières, toutes les peuplades basques de France et d’Espagne. Il était plus que temps. D’abord, parce que la terre commence à se dessécher et à flétrir, ensuite parce que les gens des villes, les communistes, s’apprêtent à envahir l’abri salvateur :
      " Sous la morsure, en effet, des premières flèches de feu, dans l’étouffement des premières ondes chaudes, tous ceux qui ricanaient, ou s’esbaudissaient ou blasphémaient la veille, se ruaient maintenant vers les grottes où un peu de fraîcheur demeure : les lits de torrents, les excavations, les abîmes, les cavernes. Des villes où la subtile chaleur avait bientôt envahi caves et souterrains, les habitants fuyaient vers les montagnes. Les grottes fameuses du monde, catacombes, cryptes, mines, carrières, stations préhistoriques avaient vu soudain leurs sombres retraites envahies par des foules hurlantes, sans outillage, sans aménagement, presque sans vivres. Déjà s’entassaient les premières victimes de ces piétinements, bientôt momifiées par la torride atmosphère. Et c’étaient des luttes sauvages pour défendre un précaire abri, élever une frêle muraille, emporter un accès, protéger une source, sauver une femme, des enfants… "
      Amezaga fit enlever Urbain IX pour l’emmener dans son abri malgré la volonté de celui-ci de mourir au-dehors. Dans l’action, son fils Xavier sera abattu. La mort dans l’âme, le bienfaiteur commanda de fermer l’abri dorénavant inaccessible, sous de tonnes de terre. Les Basques se trouvent isolés du monde :
      " A l’intérieur du mont Aya régnait un ordre rigoureux. Dès le premier jour, le " Biltzar " général avait imposé un règlement strict, depuis longtemps élaboré. Après les messes matinales, célébrées sur tous les points de la vaste catacombe, c’était la distribution du travail. Tandis que les cuisines et les fours électriques préparaient des repas sobres et sains pour toute la population, les hommes étaient répartis aux diverses besognes d’entretien, d’aménagement et de surveillance; au soin des bêtes parquées dans les sous-sols, à la voirie; les femmes, rassemblées par villages, préparaient les monceaux de légumes qu’emportaient bientôt les wagonnets des cuisines, entretenaient la lingerie; les enfants, réunis par les prêtres et les régents, apprenaient le catéchisme, l’arithmétique, l’art du ménage ou celui des métiers paysans ; les séminaires étaient ouverts où se préparait le sacerdoce de l’humanité future. "
      La vie s’organisait sous terre dans l’inquiétude pendant que la surface du globe était ravagé par le feu destructeur de l’étoile vagabonde. L’angoisse augmenta à un point tel,  que les Basques, se divisant en factions opposées, pensaient à en venir aux mains. Grâce à l’habileté d’Uranga et surtout de Maritchu, véritablement inspirée par Dieu, qui entonnèrent l’hymne euskarien, le pire put être évité. Un jour, le lac se vida montrant par là que le danger extérieur était en passe de disparaître. Amezaga fit desceller les entrées et le peuple survivant put apercevoir un spectacle hallucinant : sur le fond du lac mis à sec les tracés de l’ancienne ville de Bilbilis émergée des eaux et, au-delà des entrées du refuge, une étendue morne de terre brûlée, le vieux fond marin atlantique mis à jour. Plus rien ne subsistait au-dehors qui ne présentait un spectacle de mort et de désolation : les forêts grillées, le rocher pelé, les villes abattues et en ruine.
      Après une action de grâce durant laquelle Uranga et Maritchu furent liés par les liens du mariage, après que le pape eut désigné son successeur en la personne de Monseigneur d’Urbieto sous le nom de Pierre II, le Saint Père s’éteignit, la face tournée vers l’ancienne ville de Rome. L’œuvre de rénovation des Basques allait être immense puisqu’ils devaient à eux seuls, assurer le renouvellement d’une humanité disparue. Mais le fait  d’être réduit à une seule race (blanche), avec des valeurs communes et animé de la foi ardente d’un christianisme rénové allait leur faciliter les choses.
      " Bilbilis ", dont l’écriture est de type épique, énonce l’histoire d’un peuple en gestation, enfin rendu à sa pureté originale. L’inclination idéologique est sans équivoque : seule la pureté de la race celtique débarrassée des scories latines, le retour aux racines primitives de la foi et aux valeurs traditionnelles de la famille (selon les trois " K ", " Kinder " - enfant - , " Kirche " – Eglise - " Küche " – cuisine-) pourront sauver un monde voué aux actions mercantiles des rastaquouères latins et juifs. Un roman profondément réactionnaire mais formellement réussi, une angoisse annonciatrice du deuxième  conflit mondial.

    6. Type: livre Thème: invasions extraterrestres, fins du monde, fins de l’humanité Auteur: Vincent GALLAIX Parution: 1976
      Le professeur Labro de retour d’une croisière cosmique,  retrouve la Terre de 2185, fortement polluée et policée :
      " D’un geste circulaire, le docteur montra le décor gris et noir, sans aucune trace de verdure, qui s’étendait au-delà de la clôture électrifiée de l’astrodrome, les colonnes de fumée sulfureuse qui montaient péniblement vers le ciel bouché. -Peut-être ne voyez-vous plus ces tas de déchets, ces carcasses d’aéro-jets pourries, ces usines abandonnées, ces ruines, toute cette lèpre… "
      De tendance anarchiste, Labro, marié à Monique Rosen, vit une vie étriquée entre un beau-père tyrannique et une épouse hystérique. Son seul rayon de lumière est sa fille  Françoise qu’il adore. Pour qu’elle ne se sente pas toute seule, en dépit des Mughrs, extraterrestres à la conscience étroite et serviteurs des humains, Labro lui crée un petit frère robot, Zoomby, tout en Plast-X, matière qui a la propriété d’évoluer. Avec le temps, le bébé Zoomby, deviendra un  magnifique adolescent lié aux jeux de Françoise mais détesté par Monique. Labro meurt dans l’ explosion de son laboratoire au moment même où il pensait découvrir la véritable nature des " bâtonnets métalliques " rapportés lors d’une escale du vaisseau Andromède sur une planète totalement pelée, sans radioactivité, mais couverte desdits  bâtonnets.  Sans le savoir, le Professeur Labro a enclenché  un processus irréversible qui mènera à la fin du monde.  
      Ces bâtonnets sont des êtres vivants, se nourrissent d’énergie radioactive. Par conséquent, partout sur Terre la radioactivité baisse ce dont les Terriens se félicitent Ils se sont aussi pris d’affection pour Zoomby, le seul être qui les a côtoyé de près lors de leur premier voyage. Une symbiose s’établit entre lui et eux, et,  lors du premier rapport sexuel que Zoomby entreprend avec Françoise, toute la fantastique énergie accumulée par les plaquettes explose, rasant ce qui se trouve à la surface de la terre:
      " Il s’assit sur un bloc de béton tout hérissé de barres de fer tordues et attendit. Déjà, au plus profond de lui, montaient les voix bien connues. Elles étaient joyeuses, fébriles. L’énergie les remplissait rapidement. Le grand corps invisible qui recouvrait la Terre morte attendait dans la fièvre cette immense communion, ce déferlement de puissance qui était sa façon de s’unir à son dieu cosmique. "
      Zoomby reste seul de son espèce sur une terre vide jusqu’à ce qu’un astronef entièrement robotisé (de type féminin !), envoyé par les anciens colons, lui témoigne une chaleureuse affection.  Il se dépêchera de suivre la robote  vers sa colonie pour répandre la terrible infection à un autre monde.
      Récit à l’intrigue tirée par les cheveux correspondant bien à la caractéristique adolescente de la collection " Anticipation" de l’époque. Une écriture sans recherches formelles, académiquement correcte.  Se lit sans nausée mais sans  enthousiasme.

    7. Type: livre Thème: l’apocalypse réalisée Auteur: Jean-Pierre ANDREVON Parution: 2004
      Cela avait commencé très discrètement. Le narrateur, employé dans un centre de crémation, en vit déambuler dans les prés. En rentrant, il aperçut sa fille Clémentine et sa femme Emilie absorbées par la télévision. De partout dans le monde, l’on annonçait que les morts revenaient à la vie, tels quels, dans leur état squelettique ou cadavériques. Enterrés de frais ou de longue date, ils dressaient leur carcasse pourrie, tendant de manière poignante et inoffensive leurs bras décharnés vers les vivants, comme poussés par un tropisme positif :
      « Ils sortent de partout, maintenant. Pas seulement de la terre des cimetières, mais tout aussi bien d’un vieux mur de pierre, d’un tumulus, de la paroi d’un bâtiment qu’on voit se gondoler, se craqueler, avant de libérer ce qu’il contenait : une substance éthérée, demeurée longtemps, très longtemps dans le calcaire, le granit, l’humus, et transportée avec sa gaine minérale devenue remblai, terrassement, brique, mortier, ciment, ayant servi à élever un bâtiment. (…) En quelques minutes le plus souvent, on le voit se condenser. On le voit reprendre chair, ou un semblant de chair racornie, accrochée à l’armature de son squelette reformé. Les plus récents portent encore des vêtements à divers degrés de décrépitude ou de loques. Les anciens, cent ans ou plus, bien plus parfois, vont nus : écorchés couleur de bois mort. »
      Sans que l’on en sût vraiment la cause, il semblerait, selon les savants, que la Terre soit entrée dans une zone magnétique inconnue que l’on baptisa la « nécrozone » dont l’effet aurait été de revitaliser toutes les dépouilles mortelles humaines depuis l’origine de l’humanité, ce qui faisait beaucoup de monde. A l’incrédulité première succédèrent les crémations, de plus en plus importantes et répandues, la seule question étant : « comment re-tuer tant de morts déjà morts ? ».L’on s‘aperçut assez vite que concasser, brûler, dissoudre, écraser ces carcasses ne servaient à rien : comme par magie, elles se reformaient, ressoudant leurs os pour se retrouver en individu complet et en état de marche.
      Emilie et Clémentine en prirent leur parti et, pleines de bonnes intentions, affichaient une grande bienveillance à l’égard des zombies que l’on massacraient de partout, comme par jeu. Elles accueillirent même sous leur toit la défunte belle-mère du narrateur, au grand dam de ce dernier,  jusqu’au moment où les zombies, dans un désir légitime de devenir intelligents,  se mirent à sucer la cervelle des vivants. Ce fut lorsque le narrateur détruisit le zombie familial par le feu que sa vie bascula, ainsi que celle de tous les vivants au monde. Comme les zombies étaient en tous lieux et représentaient désormais un danger, l’on employa des moyens industriels ou militaires pour les anéantir, jusqu’à l’utilisation d’une bombe nucléaire en Chine. Mais la méthode la plus courante fut de les brûler. L’on mena des expéditions militaires à l’aide d’une milice opportunément apparue :
      « Les corps étaient débarqués sur le terre-plein, par des militaires en treillis. Ils y étaient jetés  en tas obscènes, membres mêlés dans leur nudité parfois ultime de squelette. Un des camions était muni d’une benne basculante et lorsque son chargement s’est déversé presque à mes pieds, j’ai dû me détourner et reculer de plusieurs mètres, main plaquée contre ma bouche. »
      Après les avoir désarticulés à l’arme lourde, ce qui les rendait inactifs pour quelques heures, les zombies étaient entassés  sur d’énormes bûchers dressés dans des stades d’où ils empuantissaient l’horizon de leurs cendres…Au bout d’une semaine, les vivants comprirent que la lutte était vaine. Les sociétés se délitèrent les unes après les autres, les nouvelles en provenance de l’étranger cessèrent. Le narrateur qui avait été obligé de quitter sa maison, se retrouva à l’intérieur d’une caserne où quelques centaines de résistants , toutes classes sociales confondues, tentaient de survivre vaille que vaille. La vie dans ce camp s’organisait sans contraintes, l’approvisionnement en nourriture  étant assurée par un centre commercial proche ; les seules occupations des assiégés étant de « casser du zombie » ou de faire l’amour :
      « -Tu sais qu’il y en a qui le font avec eux ? murmure mon compagnon. – Qui font quoi ? il gratte sa panse débordante crépis de poils gris ; ses petits yeux brun-vert brillent de contentement. – Qui les baise, pardi ! J’ai dû le fixer avec une trop visible mimique d’incrédulité, car il éclate d’un rire gras. – Qui les baise, oui, a-t-il répété, content de son effet. –Tu déconnes… ce n’est pas possible. – pas possible ? Qu’est ce que tu veux dire ? Physiquement ou psychologiquement ? – je ne sais pas. Ils sont dangereux. Ils sont répugnants… - Et enculer des gosses de trois ans, ou de six mois, c’est pas répugnant ? Il y en a qui le font, pourtant… Ou qui le faisaient. Le sexe mène le monde, mon vieux. Même aujourd’hui. Et pour certains, toute expérience nouvelle est bonne à tenter. »
      Le narrateur y rencontre une guerrière noire, Fatoumata, qui devint son amie, puis sa maîtresse. Avec elle, il participa à plusieurs sorties couronnées de succès mais qui laissèrent de nouveaux morts sur le terrain, lesquels devenaient de suite de nouveaux ennemis. Il constatait également que les zombies changeaient. Leurs corps étant devenus plus fermes, plus remplis, leurs yeux moins vagues, leurs gestes plus rapides et précis dénotaient l’intelligence d’un enfant de trois ans. Des myriades d’entre eux stationnaient devant la caserne. Pour desserrer le carcan et se procurer de l’essence, l’on projeta une sortie jusqu’à la zone industrielle des Mézins, ce qui tourna à la catastrophe. Peu nombreux furent ceux qui en revinrent vivants comme le narrateur et Fatoumata.Le couple savait qu’ils étaient parmi les derniers humains « normaux » sur terre. Réfugiés dans le grenier –les zombies ayant pris possession de la caserne-, leur avenir était tout tracé : ils allaient mourir… et renaître.
      « L’ère nécrozootique » pouvant durer des milliers d’années, que deviendrait une terre remplie de zombies et sans vraie humanité ? Ni lui, ni Fatoumata ne le savaient. Dès que le narrateur aurait achevé la dernière ligne du journal qui relaterait ces événements (pour qui ?), il partirait, tenant sa compagne par la main, à la rencontre de son destin :
      « Je me demande ce qu’ils vont faire. Je veux dire : ce qu’ils vont faire de la Terre. En ont-ils seulement une idée ? Ou, comme les animaux, sans vision du futur, se contenteront-ils d’exister au jour le jour ? Je pense à notre pauvre planète, que six milliards d’individus ont réussi à saccager de fond en comble, courant en toute inconscience à la catastrophe terminale. Quel pourrait être l’impact de cent milliards de zombies (à supposer qu’ils soient cent milliards) ? Nul, peut-être. Je ne les imagine pas remettre en route les usines, continuer à polluer, à bétonner, à épuiser les dernières ressources fossiles. Etant donné que le soleil leur suffit, qu’ils n’ont aucun besoin de se nourrir grâce à cette sorte de photosynthèse qui les anime, ils ne devraient pas faire beaucoup de mal à la Terre. Mais est-ce que je ne devrais pas plutôt écrire : nous ne devrions pas faire beaucoup de mal à la Terre ? »
      Le roman d’Andrevon est une réussite. S’emparant d’un sujet difficile à la thématique éculée dont les poncifs et les clichés auraient fait hésiter plus d’un écrivain, l’auteur sublime le sujet dans l’humour, l ‘énorme, l’extraordinaire. Chez lui la catastrophe est vraiment universelle. Les zombies,  sans vraie agressivité, juste à travers leur «inquiétante étrangeté », font disparaître les humains de la terre. Le thème de l’altérité lui permet aussi de montrer les plaies dont notre vingtième siècle a fait l’expérience, celles du fascisme, des camps de concentration, de la haine raciale, de l’intolérance et de la guerre.

    8. Type: livre Thème: savants fous et maîtres du monde Auteur: Marc AVRIL Parution: 1984
      Marc Avril, averti par « la grande bringue rousse Zoé » de la disparition de personnalités diverses, ainsi que de certains de ses collègues des services de renseignement, enquête mollement. La frénésie de Zoé l’entraînera sur la piste d’un savant fou, le psychiatre italien Lestrigo , qui, dans son île grecque d’Aea, conditionne les cerveaux enlevés à lui obéir. Pourquoi faire ? Pour déclencher la fin du monde, en toute simplicité. De quoi sera-t-elle faite ? On ne le saura jamais puisque la tenace Zoé, amoureuse de Marc Avril, le tirera d’un mauvais pas en « suicidant » Lestrigo, mettant ainsi un point final à un récit qui, de toute évidence, ne gagnait rien à s’éterniser.

    9. Type: livre Thème: épidémies Auteur: Mickey SPILLANE Parution: 1970
      Mike Hammer n’a pas aimé que l’on tue l’une de ses anciennes connaissances, le pauvre Lippy Sullivan. Grâce à des portefeuilles volés par Lippy – en fait par un pickpocket au gilet rouge prénommé Castor – Hammer se met en chasse. Parallèlement à Mike et son enquête, son ami Pat, de la police d’Etat, se débat avec une très grosse affaire. L’on vient de découvrir un passager mort d’une infection mystérieuse dans le métro de New York, ce qui sonne comme le début d’une menace bactériologique de grande ampleur. Une boîte remplie de miasmes aurait été cachée par des activistes russes sur le territoire américain, et ce ne serait pas la seule. Elles contiendraient des bactéries tellement dangereuses qu’elles seraient capables de contaminer l’espèce humaine en quelques jours. En face de ce danger, et pour éviter toute fuite médiatique, le journaliste Eddy Dandy, autre ami de Mike, a été mis au secret. Les Russes eux-mêmes, plus très sûrs de pouvoir circonscrire le danger, auraient pris contact avec les Américains :
      « Ils ne pensaient pas que la souche bactérienne était si virulente. Ils croyaient que la maladie resterait cantonnée sur notre continent, et disparaîtrait au bout d’un certain temps. Ils avaient fait des tests sur des cobayes humains involontaires, et ils en avaient conclu qu’une personne sur dix jouissait de l’immunité naturelle. Et ils avaient trouvé un vaccin pour protéger les gens dont ils auraient besoin. Ce n’était pas deux agents qu’ils avaient envoyés chez nous, mais vingt-deux, chacun pourvu d’assez de vaccin pour en immuniser cent autres. Des grosses huiles de l’industrie et de la politique capables de gouverner quant toute la populace serait morte. Mais il y a une chose qu’ils ne savaient pas. Le vaccin ne valait rien »
      Pendant ce temps, l’enquête progresse. Elle amène d’abord Mike à faire la connaissance de M. William Dorn, un industriel richissime et de sa protégée, Renée, qui séduit d’emblée le détective. Puis, toujours en suivant la piste de Castor, de Woody Ballinger, un caïd notoire. Une course à la mort s’engage entre Woody, qui lâche ses tueurs, et Mike,  pour coincer Castor qui aurait en sa possession la clé de l’énigme. Grâce à ses indicateurs, dont un certain César Mario Tuddey, Mike prend une longueur d’avance et manque de peu de coincer l’homme au gilet rouge.
      Au plan politique, les tensions s’accroissent. Grâce aux Russes, qui fournissent un coup de pouce, les vingt-huit boîtes de la mort sont découvertes à temps. Andy libéré confirme à Mike que c’est  bien Castor qui possédait un plan localisant les boîtes de miasmes, plan tiré de l’un des portefeuilles, ce qui explique qu’il soit la proie du ou des criminels commanditaires. Woody éliminé, Mike connaît maintenant le nom de celui ou ceux qui menacent la sécurité des Etats-Unis : soit le bon monsieur Dorn et ses acolytes, dont quelques dissidents russes. Avec sa fougue habituelle, Hammer règle définitivement le problème.
      Un roman policier qui se déroule sur fond de catastrophe dans le style habituel de Spillane.

    10. Type: livre Thème: menaces et guerres nucléaires, la cité foudroyée Auteur: Claude NOUGARO Parution: 1948
      Tout débute par une scène de  rue où dominent la gaieté, le soleil et le sentiment amoureux :
      « Sous un joyeux soleil de mai
      C’était plein de couleurs, de mouvements et de bruits
      Une fille m’a sourit »
      Les images qui suggèrent la beauté, la tendresse, la joie, le bleu de l’azur (vers le ciel angélique) s’opposent violemment à l‘inquiétude (J’y comprends rien), aux sons discordants (ce drôle de bruit), aux sensations kinesthésiques (souffle incandescent, les murs qui tremblent), pour aboutir à la description de l’horreur, celle d’une ville anéantie par l’explosion d’une bombe nucléaire. La mise à mort de la cité est tellement rapide, insensée, inattendue que le poète « n’y comprends rien », répété comme un leitmotiv. Par touches à peine esquissées, adoptant le point de vue des sacrifiés, la chanson dénonce l’absurdité de la guerre. Chaque couplet décrit une phase précise du processus de l’enfer qui se déchaîne.  
      D’abord la cohue de la rue, l’animation, la foule des promeneurs dans laquelle se croisent tant de vies différentes, où se tissent tant de liens affectifs, puis « ce drôle de bruit », inqualifiable, étrange, unique. Le court instant d’interrogation (tout le monde a levé le nez) est aussitôt brisé par le flash lumineux (éclair aveuglant) que suivent de près le souffle (souffle incandescent), la destruction (les murs se mirent à trembler), la chute de la cité (des gravats, des poussières), enfin le vide (Y’avait une ville y’a plus rien), la mort, le silence et la douleur (silence à hurler) . Cela restera-il du domaine de l’hypothétique ? (Faites que ce soit un mauvais rêve)
      Par des mots simples, en un style familier, sans exégèse ni lourde thématique, Nougaro dénonce le crime et la folie des hommes. Un chef-d’œuvre de la chanson cataclysmique universellement connue.

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