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Richland : Chroniques d'Atomic City

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Richland. Une petite ville typique des États-Unis, où les stations services semblent être la pointe du business local. Pourtant, en vous promenant dans les rues vous tomberez sur des éléments étranges. Proton Lane. Einstein Avenue. Non loin de Ash Street, la rue des cendres, vous pouvez apercevoir le lycée... Et l'énorme escouade de bombardiers B-17 peinte sur toute la largeur de son mur. Bienvenue à Richland, 45 000 habitants, berceau de la bombe atomique et deuxième site le plus radioactif du monde après Tchernobyl.

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La fierté de la bombe
C'est le cas de le dire, Richland est une ville champignon. Et même une ville champignon nucléaire. Elle a été construite en 1943 pour loger les quelques 50 000 ouvriers venus travailler au tout proche site nucléaire d'Hanford. C'est là que se déroula en grande partie de le projet Manhattan, fleuron des États-Unis. C'est également là que fut produit le plutonium de la bombe Fat Man, larguée au-dessus de Nagasaki le 9 aout 1945, et qui fit 40 000 morts en 8 secondes.
La ville doit beaucoup au nucléaire, même si il y eut des périodes plus pénibles que d'autres. En pleine guerre froide, Richland fut verrouillée et étroitement surveillée, étant devenue un haut lieu du nucléaire militaire en raison de la demande élevée de plutonium pour constituer des réserves de bombes au cas où on aurait à les utiliser pendant la guerre de Corée. Ce n'est qu'en 1954 que la ville est autorisée à élire un maire. Aujourd'hui encore, l'industrie nucléaire est quasiment la seule pourvoyeuse d'emplois de la région. Jeunes comme vieux savent que les lycéens iront après leurs études patauger dans les flaques radioactives des sous-sols de la centrale d'Hanford.

La fierté des habitants pour l'histoire de leur ville est presque palpable. Le champignon nucléaire est l'emblème de l'imbattable équipe de football du lycée, les Bombers. Les mêmes champignons sont tatoués sur les bras ou les cuisses. On pourrait penser que la nouvelle génération se démarque, mais pas du tout. Les jeunes sont élevés dans la fierté de la bombe, dans la fierté de leurs grands-parents ou arrières-grands parents qui, s'ils n'ont pas produits directement le plutonium de la fameuse bombe Fat Man, ont au moins travaillé dans le réacteur de Hanford jusqu'en 1987 - oui, tous les habitants sont issus de familles en lien avec l'industrie du nucléaire. Dans les vitrines des commerces qui adoptent bien souvent un logo nucléaire ainsi qu'un nom adapté - Atomic Bowl - on aperçoit parfois un morceau jauni du journal local de 1945, titrant fièrement "La paix obtenue grâce à notre bombe !"

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Quelques professeurs du lycée se sont battus pour que l'emblème du champignon disparaisse de la ville ou, à défaut, de la carte de lycéen des élèves ou même de leurs vêtements. Rien n'y fait : la nouvelle génération y tient trop, encouragée par la majorité des habitants de Richland. Pour bien comprendre ce singulier engouement, on peut raconter une petite anecdote. Il n'y a pas si longtemps, une délégation de Japonais, dont un survivant d'Hiroshima, vint au lycée pour célébrer l'amitié entre les peuples, sur le thème de la fraternité, que tout allait mieux maintenant, et que l'on fait tous des erreurs. Les larmes aux yeux, sérieusement ébranlés par la visite du lycée et la vue des énormes champignons nucléaires partout - ils n'avaient pas été prévenus - les Japonais participèrent à une réunion avec tout le corps enseignant pour témoigner de leur vécu. Le principal stoppa net le témoignage du survivant d'Hiroshima en lançant "Nous n'avons pas commencé cette foutue guerre, c'était vous !" avant de quitter la pièce en trombe, au grand embarras des professeurs.

Les commerces se sont bien vite saisis de la popularité de l'atome. Que vous vouliez une Atomic Pizza ou une bière parmi des dizaines au nom contenant le mot "nucléaire" ou "atomique", vous trouverez votre bonheur. Le business local dédramatise les "mythes" du nucléaire en disant qu'il faut boire beaucoup de bières lorsqu'on est irradié. Certains tentent de ne pas utiliser de symboles agressifs comme le champignon et se rabattent sur le symbole de l'atome, beaucoup plus pacifique...

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L'enjeu environnemental, bien loin des préoccupations des habitants
Des équipes de chercheurs ont découverts récemment une fuite radioactive dans la centrale, plus de 100 fois la dose "normale". Le désert entre Hanford et Richland est le deuxième site le plus radioactif du monde après Tchernobyl. La plupart des déchets nucléaires des États-Unis sont enterrés ici, dans 177 cuves dont un tiers fuit. "La grande majorité des déchets n'est même pas contenue dans des futs ou des cuves, mais tout simplement dans le sol", indique Tom Carpenter, le responsable du site de Hanford. "Lorsqu'il pleut ou qu'il neige, les déchets sont emmenés dans la nappe phréatique qui alimente la rivière."
14 000 employés, c'est à dire un quart de la population de la région, travaillent à la décontamination du site, devenu le poumon économique local. Les plus lucides sont conscients de l'ironie de la situation : le réacteur a fait vivre leurs grands-parents et il fait maintenant vivre leurs enfants, dans un but tout autre mais en les exposant aux mêmes risques. Certains auront des séquelles à vie. "Avant d'avoir été contaminé, personne n'imagine que c'est si dangereux", déclare amèrement Tom Carpenter. Même des travailleurs stationnés dans des endroits supposés sûrs, comme le parking, ont été touchés. Pour ces employés, devenus contaminés, il ne sera plus possible de retrouver un emploi. Ils sont passés, malgré eux, de l'autre côté de la barrière.

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Le destin tragique de Richland est fort paradoxal. La jeune génération sera nécessaire pour nettoyer le site qui fit vivre l'ancienne génération. Pour vivre, la ville est encore obligée de se plier à l'industrie du nucléaire et de sacrifier ses enfants au réacteur. Même si de plus en plus de fuites radioactives s'avèrent dans la région, l'engouement pour la bombe atomique est loin de péricliter. Un humour noir au possible qui ne détonnerait pas dans un Fallout.
Finalement, Richland pourrait être une métaphore de la situation mondiale actuelle : Quelques illuminés vivent dans la culture du nucléaire, sourds aux protestations des plus lucides, et tous sont victimes de l'industrie du nucléaire.

Pour aller plus loin : Le documentaire Atomic City en français sur Richland, par Micha Patault.

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Photos © Micha Patault

Modifié par Invité

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Posté(e)

mouahaha c'est clair, bravo pour le point godwin. Bref, sinon pour je trouve le reportage de Micha Patault est vraiment excellent. Tellement, que je pense qu'on va le diffuser sur notre chaine youtube, histoire de lui faire un peu de pub. N'empêche quand tu le regarde, ya pas à chier tu te dit : ces mecs c'est des gros allumés du bocal !

pour me contacter: [email protected] -> [email protected]

Posté(e)

Hirohito s'est impliquer directement dans la guerre, les utilisations de gaz et autres atrocités ont été autorisés de sa main, en toute connaissance, et personne ne le forçait.

Bref, les généraux qui le mènent par le bout du nez, c'est bien du flanc, et je vois pas quelle gros changement il y aurait eut en deux mois, pour que le statut ''Empereur soumis qui se la ferme'', passe à ''Empereur qu'on écoute sinon on finit au bûcher''.


Tout simplement parce que les japonais ne se sont pas entretués pendant l'ère Edo pour obéir à un Empereur. Il s'est passé la même chose lors de la révolution française. Les japonais ne supportait plus l'autorité suprême et voulait quelque chose de plus démocratique avec des ministres et compagnie. Bien entendu, ils ne sont pas tombés dans une démocratie mais là au moins ils avaient un gouvernement et non plus un Empereur. L'empereur est symbolique, je vais pas me répéter. Il n'a aucun pouvoir, il ne fait qu'obéir à ce qu'on lui dit et le peuple obéit à l'empereur parce qu'il le respecte mais en aucun cas il a un pouvoir. Forcément tu vois mal l'empereur brandir son sabre contre une tripotée de militaire qui le tiennent par les couilles.


Pis bon, au final, faut pas se leurrer... Tout le monde en a fait autant, ou en fait autant que les US, comme dis, personne n'est blanc ou noir, y'a que du gris, et ça ne changera jamais, bienvenue dans le grand jeu de la vie!


Justement j'ai pas dis le contraire, dans une guerre, ya pas de gentil, tous ceux qui y participent ont les mains dans le sang, voilà pourquoi j'ai protesté car je supporte pas qu'on fasse passer les amerlocs pour des gentils alors que ya pas plus pourris en terme d'horreur militaire. Ils inventent plus d'armes pour tuer que n'importe quel autre pays et leur budget militaire annuel pourrait changer la face du monde "en bien". Pour comparatif, ça dépasse les 500 milliards de dollars chaque année.

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