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Recueil de nouvelles


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Salut aux férus de lecture !

Je poste ici une première petite nouvelle que j'ai rédigée. Il s'agit d'un premier exercice destiné à me dérouiller, car je n'ai pas écrit depuis longtemps. D'autres viendront. N'hésitez pas à donner votre avis ou à critiquer. Concentrez-vous plutôt sur la forme que sur le fond pour ce premier texte. Je vous signale au passage que c'est un texte assez dur et cru, donc si vous êtes d'un naturel sensible, vous préférerez peut-être vous abstenir et attendre une prochaine, qui sera nettement plus légère. Bonne lecture !

L’aigle s’élevait haut dans le ciel grisâtre. Même à cette altitude, son acuité visuelle surdéveloppée lui permettait d’apprécier le moindre détail au sol, à une distance prodigieuse. Cela ne faisait que peu de temps qu’il avait quitté les montagnes pour trouver de la nourriture. Ce n’était pas la première fois qu’il changeait de territoire par nécessité, mais il ne s’était jamais aventuré si loin en terre étrangère. Malgré son statut de super prédateur, il n’était pas très à l’aise. Tout en battant de ses ailes puissantes, son regard perçant balayait le sol à la recherche d’un repas potentiel. Il repéra une souris qui s’agitait dans un espace dégagé, un candidat qui lui convenait parfaitement. Ses instincts de chasseur le firent piquer en direction de sa victime. Bientôt, ses serres se refermeraient sur le petit corps tendre et l’emporteraient pour son dernier voyage. Il augmenta sa vitesse et s’abattit tel un boulet de canon. Plus que quelques dizaines de mètres à parcourir. Mais contre toute attente, alors qu’il parvint au contact, ses serres se refermèrent sur le vide et il s’éleva dans les airs, son esprit ne comprenant pas du tout ce qui l’avait fait manquer sa cible. Il choisit de partir sans demander son reste. La souris continua calmement son trajet, ne se rendant absolument pas compte que son existence avait failli s’achever quelques secondes plus tôt. Un peu plus loin, elle ressentit des vibrations, et décréta qu’il était temps d’interrompre ses activités et de regagner son domaine…

La source de ces vibrations était un enfant. Il marchait rapidement sur le trottoir menant à la station service, située un peu à l’écart des habitations, en surplomb du quartier. Sur son tee-shirt, une vieille étiquette mentionnait un nom : Andy. C’était un petit garçon d’environ huit ou neuf ans. Il n’en était pas sûr. Sa vie avait pris un tournant singulier depuis quelques temps, et il ne se préoccupait que de l’essentiel : il avait très faim. Il connaissait bien cette station service. Il était déjà venu jouer dans les environs avec ses copains, l’été précédent, et il savait que son propriétaire, Berthie, était un vieux monsieur qui grognait beaucoup. Malgré tout, il était gentil et il lui avait déjà soigné le genou après une vilaine chute. Il lui donnerait peut-être quelque chose à manger. Andy s’arrêta en face du magasin. Le vent chaud et mordant lui ébouriffait les cheveux, mais malgré la chaleur ambiante, il frissonnait. Il prit une grande respiration, et se dirigea aussi résolument qu’il put vers l’entrée.

Les portes étaient ouvertes, invitant le voyageur à entrer chercher un rafraichissement. Andy les franchit et s’arrêta sur le seuil. L’intérieur ressemblait à ses souvenirs : un grand bric-à-brac dans lequel un enfant ne pouvait que trouver son bonheur, les yeux pétillant à chaque nouvelle découverte. Il ne vit aucun client à l’intérieur, et personne derrière le comptoir situé sur sa droite. Il repéra des étalages de biscuits qui lui donnaient déjà l’eau à la bouche et s’avança lentement. Après tout, si Berthie n’était pas là, il pouvait simplement se servir et s’en aller. Il se sentait mal sans trop savoir pourquoi, mais la faim le tiraillait bien plus que ses sentiments contradictoires à l’égard du vieil homme acariâtre. A l’instant où il se saisit de son butin, il crut entendre un bruit et se raidit. Un frottement semblait venir du fond du magasin. Le bâtiment était en forme de L, et en raison d’un manque de fenêtres, il était impossible d’en identifier la source sans avancer davantage. Berthie devait être là en fin de compte, en train de ranger les marchandises dans les rayons. Andy se sentit honteux à l’idée de chaparder. Après tout, il pouvait quand même aller lui dire bonjour, et s’il n’était pas de bonne humeur, il pourrait toujours prendre discrètement une boite en partant, Berthie ne le saurait probablement pas. Mais si jamais il se rendait compte de la disparition d’un article, Andy ne serait sans doute plus le bienvenu en ces lieux.

Il fit quelques pas, en silence, écoutant les frottements pour en identifier l’origine. Il crut alors entendre un râle étouffé, et s’immobilisa à nouveau. Il était arrivé au tournant du magasin, et tout en essayant de se dissimuler, passa la tête pour apercevoir la source des bruits. A cause de sa petite taille et des étalages qui emplissaient l’espace, il ne vit rien. Il décida de se rapprocher encore, pas par pas, les bruits s’amplifiant et une odeur atroce envahissant ses narines. Il n’avait aucune idée de ce qui pouvait bien provoquer une odeur pareille, mais il était sûr d’une chose : dans ses souvenirs, Berthie ne puait pas. Au contraire, c’était une personne très scrupuleuse quant à son hygiène et celle de son établissement. Il avait toujours obligé Andy à se laver les mains lorsqu’il venait lui rendre visite, et lui avait donné de bons conseils pour que sa blessure au genou guérisse vite. Ce changement radical n’était pas normal. L’odeur était absolument épouvantable et il se pinça les narines d’une main, tout en tenant ses précieux biscuits dans l’autre. Son esprit en alerte sentait qu’il allait au devant des ennuis, et lui hurlait de s’enfuir à toutes jambes. Mais si Berthie avait un problème, il pourrait peut-être l’aider et gagner son repas honnêtement. Un mouvement au fond du magasin le fit revenir à l’instant présent. Il commençait à percevoir de l’agitation et s’approcha davantage.

Ce qu’il découvrit alors au fond du magasin allait à l’encontre de toute raison. La source des bruits était bel et bien Berthie. Il était attaché sur une chaise et son corps était atrocement ravagé. Il était bâillonné, et portait de nombreuses traces de coups, de lacérations et de brûlures. Le plus frappant était l’absence de ses mains et de ses pieds, qui visiblement avaient été sectionnés. Une mare de sang s’écoulait sous son siège et quelques rats et insectes semblaient sur le point de s’attaquer à ce qui, pour eux, devait être un mets délicat. Le petit garçon était tétanisé par cette vue cauchemardesque. Il serrait si fort les biscuits qu’il en avait fait de la marmelade. L’odeur ignoble de sang et de sueur, ainsi que les moignons sanguinolents qui s’offraient à sa vue, ne tardèrent pas à avoir raison de son estomac, et il se détourna pour vomir. Quand il eut fini, il s’essuya sa bouche du dos de la main et tenta de se calmer. Il serra les dents, chassa ses larmes et se força à regarder à nouveau le cadavre, pour être sûr qu’il n’y avait plus rien à faire. Le cœur semblant sur le point d’exploser, il plongea son regard dans celui de Berthie… qui cligna de ses yeux bleus, exorbités et injectés de sang, en poussant un faible râle. Andy sentit ses cheveux finir de se hérisser sur sa nuque. Malgré ses blessures critiques, le vieil homme était toujours vivant. Il marmonnait quelque chose, mais son bâillon rendait la compréhension impossible. Le petit garçon dut rassembler tout son courage pour approcher suffisamment pour pouvoir lui ôter. Il chassa avec de grands gestes les animaux qui commençaient leur festin, puis retira délicatement le bandeau qui empêchait le vieil homme de parler. Dès qu’il l’eût fait, il s’écarta. Berthie prit difficilement la parole :

- Andy… pitié… tue-moi !

Ce fut tout ce qu’il parvint à articuler distinctement. Andy était complètement perdu. Il regarda autour de lui, essayant de réfléchir à un moyen d’obtenir de l’aide au plus vite pour sauver son ami, mais son cerveau était en ébullition et il ne parvenait pas à se concentrer. Malgré son jeune âge et son état de stress extrême, il savait que cela était tout simplement impossible, que la seule chose à faire était d’accorder au vieil homme une fin rapide. Mais il ne savait pas du tout comment faire. Il lança un regard implorant à Berthie, qui sembla alors fixer quelque chose derrière lui. Il se retourna, aperçut la porte arrière du magasin qui était fracturée, puis avisa un long couteau, posé sur le bord d’une table, à quelques centimètres seulement de ladite porte. Pris de tremblements incontrôlables, il s’approcha du commerçant moribond, le manche du couteau fermement serré dans ses mains. Il ne savait pas où frapper pour le faire souffrir le moins possible. Il hésita quelques instants, et Berthie réussit à murmurer quelque chose :

- Vite… ils pourraient revenir…

Andy ne comprenait pas bien ce qu’il voulait dire, mais il choisit d’obéir, tant son esprit au bord du gouffre désirait en finir. Il s’approcha à pas saccadés, brandit le couteau au dessus de sa tête et l’abattit de toutes ses forces en visant la poitrine de Berthie. Celui-ci eut un faible soubresaut, les yeux grands ouverts, puis après un dernier regard pour celui qui avait exaucé sa dernière volonté et mis fin à ses souffrances, ferma les yeux pour toujours. Le garçon resta immobile quelques instants, le couteau dégoulinant de sang toujours figé dans sa main. Finalement, la panique et les derniers mots de Berthie reprirent le dessus et il courut vers la sortie.

Il jaillit au soleil comme un diable sorti de sa boite, et s’arrêta pour contempler le paysage autour de lui à la recherche du « ils » mentionné par le vieil homme. Il ne vit d’abord rien de concluant, tant il avait les yeux baignés de larmes et parce qu’il devait s’habituer à la lumière intense de cet après-midi ensoleillé. Puis il dut cligner des yeux en raison d’une étrange lueur verdâtre dirigée vers lui et qui l’aveuglait. Il se frotta les yeux et se força à remonter le rayon afin d’en identifier l’origine. Il provenait des yeux d’une souris, qui le regardait intensément depuis une distance raisonnable. Ses yeux, énormes et globuleux, émettaient un halo presque surnaturel, deux lasers qui donnaient l’impression de scanner tout ce que le rongeur regardait. Puis la souris détourna le regard et reprit son chemin, permettant à Andy de recouvrer complètement la vue. Au-delà de la souris, le carrefour le plus proche était jonché d’un amas de carcasses de voitures pulvérisées dans un probable carambolage, vestige d’une époque depuis longtemps révolue. Andy jeta un dernier regard à la station service qu’il ne pourrait désormais plus jamais oublier, et s’élança, le cœur battant, sur la route qui le mènerait vers son avenir.


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Bon, pour te parler de la forme, j'vais avoir du mal, vu que j'suis nul en "écriture d'invention" comme aiment bien dire les profs, mais globalement, j'ai bien aimé, y a juste deux trois passages qui m'ont un peu déranger, aucune erreur de syntaxe évidemment mais juste la répétition de pour: "Le petit garçon dut rassembler tout son courage pour approcher suffisamment pour pouvoir lui ôter" et peut-être d'autre trucs de ce style, mais je suis pas objectif, c'est juste moi qui suis dérangé par ce genre de choses^^ Et aussi, je pense que tu n'accentues pas assez certains passages, comme par exemple le vieux Berthie ensanglanté, j'aurais préféré que ce soit encore plus malsain, réellement écœurant... C'est assez vague j'ai du mal à m'exprimer et de toute façon, j'ai aucune connaissance en la matière mais voila, c'était mon avis.

Seigneur Gardakan, vous avez un postérieur, ma foi, très hospitalier.

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Merci pour ton avis ! Alors clairement : 1) j'étais tellement rouillé que j'ai dû beaucoup revenir sur certains passages, et j'ai certainement nui à mon texte. (par exemple, ce que tu soulignes avec les pour aurait été super simple à améliorer) Ca devrait s'atténuer à l'avenir (j'espère !). 2) Oui, j'aurais pu aller bien plus dans le détail, mais honnêtement, ce genre est très dur à écrire, et je sais déjà que je n'écrirai plus dans le malsain :)

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Pas mal du tout, sympa même! Mes conseils valent ce qu'ils valent, mais attardes-toi plus sur les points de détails qui accrochent le lecteur, genre détail insolite ou au contraire qui renforce le réalisme. Essayes aussi de trouver des tournures de phrase qui te permettent d'évoquer le sujet (ici Andy) sans le mentionner, cela enlèvera de la lourdeur à ton texte. Comme disait right, j'aurais moi aussi aimé ça plus gore, et que tu t'attardes plus sur ce qui se passe dans la tête du gosse, il a pas une décision facile à prendre mais on dirait qu'il s'y résout assez facilement, j'aurais bien vu un ptit flashback qui, en donnant 2 ou 3 indices sur l'univers, permet au lecteur de mieux cerner la psychologie et de mieux réaliser une catharsis par rapport au protagoniste. Continues en tout cas, je prends du plaisir à te lire. Ça me motive à me remettre à ce genre d'exercice.

Dégagez...J'ai mal au bout des mains.
http://www.youtube.com/watch?v=eXo97MyK9p0&feature=related

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Comme disait right, j'aurais moi aussi aimé ça plus gore, et que tu t'attardes plus sur ce qui se passe dans la tête du gosse, il a pas une décision facile à prendre mais on dirait qu'il s'y résout assez facilement


Voila, quand je disais malsain, y pas que ce qu'on voit directement, soit, le corps mutilé, aux membres arrachés... mais comme le dit Krok, plus de recherche au niveau du caractère de Andy, en effet pour un gamin qui a vécu dans un monde de merde comme celui-ci, il se pose beaucoup de question sur un mec qu'il voit comme un garde-manger sur patte, mais pourtant il le tue bien vite, j'aurais préféré que tu étudies son esprit, que le gamin soit presque calculateur, parce qu'au début du récit, ces remarques sur le magasin du vieux sont plutôt...bon, on dirait pas qu'il l'aime à la mort quoi, qu'il le voit juste comme un gars sympa, sans plus. Pourtant, il rechigne à l'exécuter, alors qu'il à quand même dut voir bien des horreurs durant sa p'tite vie. Je pense qu'il aurait du être plus froid, c'est ca que j'veux dire par malsain.
Mais y a pas que ca, parce que le malsain doit aussi tourner autour de l'évocation, j'aurais bien aimé plus de gore, mais un peu moins direct, par exemple, dans la description des lieux, des allusions au sang qui avait jailli, a l'ombre de sa silhouette toute niquée...
Bon encore une fois, c'est pas très clair mais j'essaye de faire du mieux que j'peux.

Seigneur Gardakan, vous avez un postérieur, ma foi, très hospitalier.

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J'ai beaucoup aimé ton Histoire Shangalar. Contrairement à Right, pour moi le gore pour le gore n'a pas grand intérêt, je préfère l'évocation et que l'auteur laisse mon esprit tordu faire le reste, et tu le fais plutôt bien. Au niveau du style je vois pas quoi dire, c'est fluide, agréable à lire... Le plus gênant reste peu être la répétition du prénom du petit garçon, et encore c'est vers la fin. Ah si un truc qui m'a énervé... C'EST QUOI QUI RISQUE REVENIR?!

[sIGPIC][/sIGPIC] "I don't have to prove anything to you! Prove."

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Les pillards qui ont joué avec le pauvre Berthie avant de le laisser pour mort !


Ok! Alors je sais pas si c'est seulement moi, mais j'avais pas discerné que les responsables de ça étaient des pillards... Je voyais bien des créatures intelligentes... un peu barges sur les bords... Et puis étrange... des pillards qui laisseraient le magasin bien achalandé ? Hum... M'enfin c'est un détail.

Tu as du courage, s'attaquer à un Roman c'est pas de la tarte, personnellement je n'en ai jamais eut le courage, je préfère rester dans les nouvelles. De plus c'est un style littéraire qui se perd, manque de prestige surement... alors ma foi.

Quand à la poster... maintenant que tu nous a dit que c'était un chapitre... on va forcement réclamer la suite, à toi de voir si tu résistera à la pression.

[sIGPIC][/sIGPIC] "I don't have to prove anything to you! Prove."

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