Je suis venu vous présenter une fan-fiction que je viens de commencer. Il s'agit pour le moment du chapitre 0, donc certains éléments pourront encore changer et évoluer par la suite.
Je voudrais avoir vos avis dessus. Je mettrai plus tard une description de l'histoire, mais pour le moment, je préfère ne pas en donner afin de ne pas influencer votre lecture et votre impression du chapitre d'introduction.
Merci d'avance pour vos avis et pour votre lecture !
Chapitre 0 — L'éclosion
Chapitre 0 — L'éclosion
Un liquide tiède l'enveloppait de toutes parts, comprimant ses membres contre son propre corps replié. Une paroi dure se dressait juste derrière. Il poussa contre elle, sans grand espoir, en même temps qu'il essayait de respirer.
L'air ne vint pas — seulement une sensation étouffante, comme si une part de lui savait déjà qu'il n'était pas censé respirer ici.
Il paniqua, et poussa de plus belle.
Il poussa encore, de tout son corps cette fois, tête en avant, jusqu'à sentir une résistance qui commençait à faiblir.
Un craquement sourd, étouffé, se propagea contre lui.
Il continua de pousser, et la fissure s'élargit peu à peu. Le liquide s'échappa par l'ouverture, l'entraînant avec lui — mais il restait submergé, la tête à peine sortie, incapable de respirer autre chose que ce liquide qui refusait encore de le lâcher.
Il se débattit, à moitié hors de la coquille, jusqu'à ce que le reste de son corps suive enfin et qu'il se retrouve étalé sur une surface dure, le liquide se répandant autour de lui.
Ce n'est qu'alors que l'air le frappa.
Il inspira convulsivement — la première vraie bouffée d'air de son existence — et la toux qui suivit lui parut aussi étrangère que douloureuse. Une odeur puissante envahit ce qui lui servait désormais de nez.
La lumière, ensuite. Beaucoup trop vive. Il referma les yeux aussitôt et resta immobile, encore à demi étourdi.
Quand il les rouvrit, prudemment, tout restait flou. Des formes pâles, indistinctes, se devinaient un peu partout autour de lui — sans qu'il puisse encore dire ce qu'elles étaient vraiment.
Un martèlement sourd fit vibrer le sol sous lui.
Les pas se rapprochaient, pesants et réguliers, chacun assez puissant pour se répercuter jusque dans sa poitrine. Une odeur nouvelle, plus forte, précéda l'arrivée de la chose — une masse imprécise dans le flou de sa vision, qui grossissait à mesure qu'elle approchait.
Il voulut reculer. Son corps refusa de lui obéir, comme si l'instinct qui l'habitait désormais jugeait plus prudent de rester immobile.
Même sans netteté, certains traits se distinguaient déjà. Une silhouette bien trop grande. Deux longues cornes qui se dressaient au-dessus d'une tête massive. Derrière elle, quelque chose de long qui balayait lentement l'air.
Le monstre s'arrêta juste au-dessus de lui, l'engloutissant tout entier dans son ombre.
Puis il baissa la tête, et c'est seulement à cet instant que sa vision, encore imparfaite, lui livra le reste. Une peau grise et épaisse, tendue sur des muscles massifs. Une gueule entrouverte, laissant deviner des dents capables de sectionner un membre sans effort.
Son cœur — ou ce qui en tenait lieu — s'emballa.
"Ça va me tuer."
Le museau s'approcha encore, jusqu'à ce que son souffle chaud, chargé d'une odeur de viande et de terre, s'abatte sur lui. Il le sentit le renifler longuement, remontant depuis sa gorge jusqu'au sommet de son crâne, sans jamais le toucher vraiment.
Il n'osait plus respirer.
Chaque seconde qui passait lui semblait pouvoir être la dernière. Il attendait la morsure, la déchirure — quelque chose, n'importe quoi, plutôt que cette inspection interminable et silencieuse.
Rien ne vint.
Le monstre releva la tête, l'observa encore un instant, puis se redressa. En se détournant, une longue queue épaisse balaya lentement l'air avant de s'éloigner avec lui en direction des autres œufs.
Il resta immobile un long moment, le souffle court, le corps encore parcouru d'une décharge de peur qui refusait de s'estomper. Ce n'est qu'en le regardant s'éloigner qu'une pensée finit par s'imposer, presque malgré lui.
Cette silhouette. Ces griffes. Cette queue.
Il connaissait ça.
Il l'avait déjà croisée, autrefois, dans un jeu auquel il avait joué — une créature qu'on ne rencontrait pas si souvent, mais qu'on n'oubliait jamais une fois qu'on était tombé dessus.
"Un Griffemort."
Le nom lui revint comme ça, sans effort, de la même manière qu'on se souvient d'un mot ordinaire — et avec lui vint une certitude glaçante.
Il baissa lentement les yeux vers ses propres mains.
Des doigts épais, trop longs, terminés par des griffes noires identiques à celles qu'il venait de voir. La même peau grise recouvrait ses bras. Il leva un bras, puis l'autre, presque par réflexe — le mouvement suivit, maladroit mais naturel, comme si ce geste-là au moins n'avait rien perdu de familier.
Il voulut se redresser, retrouver un peu de repère après tout ce qui venait de se passer. Il ne parvint qu'à se cambrer maladroitement avant de basculer sur le côté, déséquilibré par quelque chose qu'il ne contrôlait pas — une masse lourde, à l'arrière de son corps, qui avait suivi le mouvement avec un temps de retard et l'avait fait chuter.
Il resta là, étalé, sans comprendre tout de suite ce qui venait de le faire tomber.
Son regard remonta le long de son propre corps. La peau grise. Les griffes. Cette chose, derrière lui, qu'il ne savait pas encore nommer.
Il n'était pas simplement dans le monde du jeu.
Il était devenu un Griffemort.
La panique qui l'avait saisi face au monstre prit une tournure différente, plus profonde, presque vertigineuse. Ce n'était plus la peur d'être tué par une créature inconnue. C'était l'horreur de réaliser qu'il était cette créature, désormais, et qu'il n'existait probablement aucun moyen de revenir en arrière.
Il resta prostré au milieu des œufs, incapable de bouger, tandis qu'une question se formait lentement dans son esprit, aussi froide qu'inévitable.
"Comment est-ce que j'en suis arrivé là ?"
Sa mémoire, jusque-là confuse, se mit à lui renvoyer des fragments épars. Son appartement. La télévision allumée en fond sonore. Une énième nouvelle sur les tensions internationales, à laquelle il n'avait prêté qu'une attention distraite.
Puis son téléphone qui vibre.
Une alerte.
Il se souvint avoir lu le message deux fois avant d'y croire vraiment : une frappe nucléaire détectée, dans sa région.
Le reste était venu vite. Trop vite. Il s'était levé, avait attrapé ce qu'il pouvait, était sorti en courant dans une rue déjà pleine de cris et de sirènes. Il avait cherché un abri — n'importe lequel — sans jamais vraiment croire qu'il en trouverait un à temps.
Il courait encore quand la lumière était apparue à l'horizon.
Blanche. Immense. Silencieuse, l'espace d'un instant, avant que tout ne cesse d'exister.
Il rouvrit les yeux — ceux qu'il avait désormais — et regarda longuement ses griffes encore couvertes de fragments de coquille et de liquide.
Il savait maintenant comment il était mort.
Il n'avait toujours aucune idée de la façon dont il avait pu renaître ici.
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Bonjour à tous,
Je suis venu vous présenter une fan-fiction que je viens de commencer. Il s'agit pour le moment du chapitre 0, donc certains éléments pourront encore changer et évoluer par la suite.
Je voudrais avoir vos avis dessus. Je mettrai plus tard une description de l'histoire, mais pour le moment, je préfère ne pas en donner afin de ne pas influencer votre lecture et votre impression du chapitre d'introduction.
Merci d'avance pour vos avis et pour votre lecture !
Chapitre 0 — L'éclosion
Chapitre 0 — L'éclosion
Un liquide tiède l'enveloppait de toutes parts, comprimant ses membres contre son propre corps replié. Une paroi dure se dressait juste derrière. Il poussa contre elle, sans grand espoir, en même temps qu'il essayait de respirer.
L'air ne vint pas — seulement une sensation étouffante, comme si une part de lui savait déjà qu'il n'était pas censé respirer ici.
Il paniqua, et poussa de plus belle.
Il poussa encore, de tout son corps cette fois, tête en avant, jusqu'à sentir une résistance qui commençait à faiblir.
Un craquement sourd, étouffé, se propagea contre lui.
Il continua de pousser, et la fissure s'élargit peu à peu. Le liquide s'échappa par l'ouverture, l'entraînant avec lui — mais il restait submergé, la tête à peine sortie, incapable de respirer autre chose que ce liquide qui refusait encore de le lâcher.
Il se débattit, à moitié hors de la coquille, jusqu'à ce que le reste de son corps suive enfin et qu'il se retrouve étalé sur une surface dure, le liquide se répandant autour de lui.
Ce n'est qu'alors que l'air le frappa.
Il inspira convulsivement — la première vraie bouffée d'air de son existence — et la toux qui suivit lui parut aussi étrangère que douloureuse. Une odeur puissante envahit ce qui lui servait désormais de nez.
La lumière, ensuite. Beaucoup trop vive. Il referma les yeux aussitôt et resta immobile, encore à demi étourdi.
Quand il les rouvrit, prudemment, tout restait flou. Des formes pâles, indistinctes, se devinaient un peu partout autour de lui — sans qu'il puisse encore dire ce qu'elles étaient vraiment.
Un martèlement sourd fit vibrer le sol sous lui.
Les pas se rapprochaient, pesants et réguliers, chacun assez puissant pour se répercuter jusque dans sa poitrine. Une odeur nouvelle, plus forte, précéda l'arrivée de la chose — une masse imprécise dans le flou de sa vision, qui grossissait à mesure qu'elle approchait.
Il voulut reculer. Son corps refusa de lui obéir, comme si l'instinct qui l'habitait désormais jugeait plus prudent de rester immobile.
Même sans netteté, certains traits se distinguaient déjà. Une silhouette bien trop grande. Deux longues cornes qui se dressaient au-dessus d'une tête massive. Derrière elle, quelque chose de long qui balayait lentement l'air.
Le monstre s'arrêta juste au-dessus de lui, l'engloutissant tout entier dans son ombre.
Puis il baissa la tête, et c'est seulement à cet instant que sa vision, encore imparfaite, lui livra le reste. Une peau grise et épaisse, tendue sur des muscles massifs. Une gueule entrouverte, laissant deviner des dents capables de sectionner un membre sans effort.
Son cœur — ou ce qui en tenait lieu — s'emballa.
"Ça va me tuer."
Le museau s'approcha encore, jusqu'à ce que son souffle chaud, chargé d'une odeur de viande et de terre, s'abatte sur lui. Il le sentit le renifler longuement, remontant depuis sa gorge jusqu'au sommet de son crâne, sans jamais le toucher vraiment.
Il n'osait plus respirer.
Chaque seconde qui passait lui semblait pouvoir être la dernière. Il attendait la morsure, la déchirure — quelque chose, n'importe quoi, plutôt que cette inspection interminable et silencieuse.
Rien ne vint.
Le monstre releva la tête, l'observa encore un instant, puis se redressa. En se détournant, une longue queue épaisse balaya lentement l'air avant de s'éloigner avec lui en direction des autres œufs.
Il resta immobile un long moment, le souffle court, le corps encore parcouru d'une décharge de peur qui refusait de s'estomper. Ce n'est qu'en le regardant s'éloigner qu'une pensée finit par s'imposer, presque malgré lui.
Cette silhouette. Ces griffes. Cette queue.
Il connaissait ça.
Il l'avait déjà croisée, autrefois, dans un jeu auquel il avait joué — une créature qu'on ne rencontrait pas si souvent, mais qu'on n'oubliait jamais une fois qu'on était tombé dessus.
"Un Griffemort."
Le nom lui revint comme ça, sans effort, de la même manière qu'on se souvient d'un mot ordinaire — et avec lui vint une certitude glaçante.
Il baissa lentement les yeux vers ses propres mains.
Des doigts épais, trop longs, terminés par des griffes noires identiques à celles qu'il venait de voir. La même peau grise recouvrait ses bras. Il leva un bras, puis l'autre, presque par réflexe — le mouvement suivit, maladroit mais naturel, comme si ce geste-là au moins n'avait rien perdu de familier.
Il voulut se redresser, retrouver un peu de repère après tout ce qui venait de se passer. Il ne parvint qu'à se cambrer maladroitement avant de basculer sur le côté, déséquilibré par quelque chose qu'il ne contrôlait pas — une masse lourde, à l'arrière de son corps, qui avait suivi le mouvement avec un temps de retard et l'avait fait chuter.
Il resta là, étalé, sans comprendre tout de suite ce qui venait de le faire tomber.
Son regard remonta le long de son propre corps. La peau grise. Les griffes. Cette chose, derrière lui, qu'il ne savait pas encore nommer.
Il n'était pas simplement dans le monde du jeu.
Il était devenu un Griffemort.
La panique qui l'avait saisi face au monstre prit une tournure différente, plus profonde, presque vertigineuse. Ce n'était plus la peur d'être tué par une créature inconnue. C'était l'horreur de réaliser qu'il était cette créature, désormais, et qu'il n'existait probablement aucun moyen de revenir en arrière.
Il resta prostré au milieu des œufs, incapable de bouger, tandis qu'une question se formait lentement dans son esprit, aussi froide qu'inévitable.
"Comment est-ce que j'en suis arrivé là ?"
Sa mémoire, jusque-là confuse, se mit à lui renvoyer des fragments épars. Son appartement. La télévision allumée en fond sonore. Une énième nouvelle sur les tensions internationales, à laquelle il n'avait prêté qu'une attention distraite.
Puis son téléphone qui vibre.
Une alerte.
Il se souvint avoir lu le message deux fois avant d'y croire vraiment : une frappe nucléaire détectée, dans sa région.
Le reste était venu vite. Trop vite. Il s'était levé, avait attrapé ce qu'il pouvait, était sorti en courant dans une rue déjà pleine de cris et de sirènes. Il avait cherché un abri — n'importe lequel — sans jamais vraiment croire qu'il en trouverait un à temps.
Il courait encore quand la lumière était apparue à l'horizon.
Blanche. Immense. Silencieuse, l'espace d'un instant, avant que tout ne cesse d'exister.
Il rouvrit les yeux — ceux qu'il avait désormais — et regarda longuement ses griffes encore couvertes de fragments de coquille et de liquide.
Il savait maintenant comment il était mort.
Il n'avait toujours aucune idée de la façon dont il avait pu renaître ici.
Modifié par Abadoons