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<rss version="2.0"><channel><title>Livres: Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/page/9/?d=23</link><description>Livres: Livres</description><language>fr</language><item><title>Le Sacrifie</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-sacrifie-r862/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/10-facons-d-assassiner-notre-planete_1.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Seul à comprendre le langage des insectes, il se méfiait en sortant de chez lui, avant d’être en  sécurité dans le bus qui l’emmenait au travail. Alors les fourmis se concertèrent pour décider, dès son retour, de l’éliminer,  afin d’éviter que le «Géant » ne signale à ses semblables le danger d’invasion permanent que représente la présence des insectes sur le Terre. <br>Le soir tombé, il les attendait de pied ferme avec son pulvérisateur, averti par les araignées qui avaient depuis longtemps signé un pacte de non-<wbr>agression avec l’homme puisqu’elles se partageaient les insectes comme nourriture avec les oiseaux et les batraciens. <br>Elles lui recommandèrent de ne pas s’en faire, qu’elles seraient là pour protéger l’homme. Elles avaient oublié de préciser que « l’homme » pour elles désignait l’espèce et non l’individu. Quand le tapis se mit à onduler sous l’influence des cohortes ennemies, il était trop tard…<br>Une courte nouvelle entre humour et inquiétude.</wbr></span><span class="cf4 ff1 fs24"><br></span><span class="fs20 ff2 cf4"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">862</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>S'il N'en Reste Qu'un</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/sil-nen-reste-quun-r861/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/s-il-n-en-reste-qu-un.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Claude Madan (anagramme d’Adam) est un romantique invétéré. Pour composer en toute tranquillité sa poésie amoureuse, il se réfugie au sein d’une chambre plombée à l’Institut du radium, dirigé par son père. Il y trouvera la paix requise. Le lendemain -<wbr> car il s’y était endormi-<wbr> toute vie a disparu de la Terre. Les menaces de destruction totale qu’un savant fou avait depuis peu lancées à travers les médias se sont révélées exactes. Claude reste le seul être vivant, protégé par sa gaine de plomb. Espèce humaine, mammifères, oiseaux, insectes, microbes même, tout a disparu. De ses pareils, il reste peu de choses: <br><i>" Là par terre, sur le trottoir, un petit tas sombre. Quoi donc? Des vêtements. Claude s’approcha: c’était une tenue de sergent de ville, en tas, surmontée de sa casquette plate. " (...) La vermine? mais non. Les rats devaient avoir disparu comme les autres animaux. Ah oui car, ici, Claude voyait une peau de chat, là une peau de chien. Sous les arbres, de petites boules de plumes. Les oiseaux! Les oiseaux aussi avaient disparu. Et les tout petits animaux ?"</i><br>Après une période de tâtonnements, de désespoir, de pèlerinage  vers les êtres chers de jadis, Claude prend conscience de sa totale liberté: plus de menace sociale, animale ou microbienne! Héritier de tout, il n’a envie de rien. Il utilise ce que lui a laissé la société, mais se rend compte que la ville de Paris n’est plus un endroit sûr. Le feu y fait des ravages. Il se dirige donc vers le Sud:<br><i>" Les routes étaient belles, dans une fin de printemps radieuse. Par endroits, un des énormes camions routiers qui faisaient le transport de nuit s’était écrasé contre un arbre, un mur, jeté dans un fossé. Quelquefois, il s’était mis en travers de la route, mais il laissait en général un passage suffisant pour la Dodge; ce ne fut que très rarement que Claude dût chercher une déviation "</i><br>Il s’établit à Cannes, dans une villa, de bord de mer, qu’il aménage à son goût, passant par des phases alternatives de gaieté et de tristesse. Parfois, il s’amuse à dégager les rails de chemin de fer pour explorer en train l’arrière-<wbr>pays. Il remet également en état un voilier pour se promener sur une mer dépeuplée. Quelquefois aussi, vaincu par la mélancolie, il sombre dans l’alcool. La femme lui manque et il y supplée comme il peut: <br><i>" Ici, à Cannes, il y (= à l’absence de femmes) avait réfléchi. Hélas! Aucune honte ne devait y (=  la masturbation) être attachée: cette triste délivrance était préférable à la folie "</i> <br>Après plusieurs années passées dans son refuge, il  sent le besoin de bouger, ne serait-<wbr>ce que pour vérifier une fois de plus si aucun autre être aurait pu survivre. Il reprend d’abord le chemin vers Paris:<br><i>" Claude passa par la Défense, descendit la voie majestueuse. Les bas côtés et les trottoirs étaient couverts d’herbe, d’une façon d’ailleurs agréable à l’oeil, mais la chaussée elle-<wbr>même était à peu près normale, les petits pavés en éventail n’ayant donné prise qu’à quelques mousses jaunâtres. Quant aux maisons, avec leurs volets clos, elles n’avaient point changé d’aspect. (...) Dans certains porches de maisons, le vent, comme il amasse des congères de neige, avait accumulé des tas de grandes feuilles à moitié changés en humus où poussaient de jeunes plants. Le vêtements abandonnées ne se voyaient plus que ça et là, semblables à des serpillières; et les autos couvertes d’un incrustât grisâtre, semblaient pétrifiées. La chaussée était jonchée d’ardoises brisées, de cheminées abattues. Le silence était absolu, hormis quelques grincements d’enseignes et de barres de stores rouillées. "<br></wbr></i>Définitivement écoeuré par la ville, il  explorera l’Europe en préparant son expédition qui l’amènera jusque dans les plaines du Caucase. Nulle part, il ne découvre un être vivant.   Tout en soignant son scorbut, il se rend à l’évidence: il lui faudra terminer sa vie seul, à Cannes. Il revient en France décidé à y mourir. Or, lors d’une partie de pêche, il attrape un poisson: toute vie n’a donc pas disparu? D’où provient ce poisson? Cette interrogation est suivie par une autre énigme, celle de la découverte d’une jeune fille mystérieuse: <br><i>" Là, tout près de lui, sortait de l’eau, dansant devant la vague, son corps lisse tout ruisselant, riant et les bras levés, une jeune fille. Une jeune fille au torse étroit et aux seins menus, mais aux hanches larges, sur de fines jambes, dans le contre-<wbr>jour. Une jeune fille de moins de vingt ans, nue, comme apportée par la mer. "</wbr></i><br>Diane -<wbr> c’est son nom -<wbr>, après avoir assouvi leur réciproque désir, lui racontera sa vie. Elle vient d’Amérique, de Long Island, où elle a laissé ses dix-<wbr>huit soeurs. En avion, elle a traversé l’Atlantique, s’est arrêtée à Cannes, se guidant sur le phare réparé par Claude lequel fonctionnait jour et nuit.  Racontant de mémoire, Diane explique le sauvetage entrepris par sa mère Anne le jour funeste. Secrétaire du savant fou et zoologue, elle avait compris l’imminence du danger et s’était acharnée à sauver quelques animaux du zoo voisin en les emmenant dans une chambre de plomb. Seule avec eux, son fiancée n’ayant pu la rejoindre à temps, elle s’est réveillée, comme Claude,  dans un monde totalement vide. Avec des efforts surhumains, et après de longues années, des moutons, des chèvres, des poissons, des colombes ont réamorcé la chaîne de la vie. <br>Elle seule n’a pas pu avoir de descendants. En s’attelant à la tâche, elle a réussi a créer une vie parthénogénétique grâce à " l’ampoule " et finalement a accouché de deux jumelles, clones parfaits d’elle-<wbr>même. Celles-<wbr>ci se sont reproduites elles aussi selon un rite désormais consacré, jusqu’à atteindre le chiffre de dix-<wbr>huit. Lorsque la mère de Diane mourut, elle leur a légué un héritage lié à la conservation de l’électricité et à " l’ampoule ". Claude, requinqué par cette rencontre, programme un  voyage en avion qui les amènera au-<wbr>dessus de la Chine. Ils y feront la connaissance d’un vieux Chinois philosophe, seul survivant de sa race, heureux et misanthrope dans sa solitude, ainsi que d’un vieillard gâteux, ancien " contre-<wbr>général français " dans les colonies. Ils abandonnent à sa demande le Chinois à son isolement, ramènent le " grand-<wbr>père " qui meurt bientôt. Les enfants de Claude et de Diane grandissent en Europe, sans que Diane n’envisage un seul instant de retrouver ses soeurs parthénogénétiques en Amérique.  <br>Les " Claudiens ", car c’est ainsi que s’appelle la nouvelle race humaine issue de Claude, prospèrent dans un monde sans animaux nuisibles où tout est à reconstruire:<br><i>" Très vite disparurent l’électricité, le moteur à explosion. Puis la vapeur. Cent ans après la rencontre de Claude et de Diane, l’âge de fer n’était pas encore tout à fait perdu, mais menacé " (...) Au bout de mille ans à peine, tout ce qui avait été papier n’était plus que poussière. Les bibliothèques avaient été pillées, brûlées; les parchemins avaient servi à faire des tabliers ou des chaussons. La fameuse collection du Times, imprimée sur peau d’âne, avait bien été trouvée, quand, au 12ème siècle, à ce qu’on prétend, les méditerranéens avaient découverts l’Ile qu’ils avaient baptisée " sans vie ", Albion, parce qu’on n’y rencontrait que des oiseaux et des insectes. "<br></i>Un nouvel empire se développe. Des contacts maritimes s’établissent entre l’Ancien Continent et le Nouveau Monde. Les Claudiens, éblouis, découvrent une civilisation d’Amazones qu’ils soumettent par la force. Le progrès social fait un bond en avant: <i><br>" Mais les Claudiens, dans la métallurgie religioso-<wbr>génétique des Amazones surent vite voir les avantages pratiques; aussi la civilisation matérialiste fit-<wbr>elle un bon en avant. Et, mille ans après la " guerre des femmes", 5000 ans après Claude, le monde en était à peu près en l’état du vingtième siècle après Jésus-<wbr>Christ ". </wbr></wbr></wbr></i><br>La fin du récit joue avec les paradoxes temporels. L’auteur du roman affirme qu’un <i>« inventeur, Barjavel, venait de mettre au point un ingénieux scaphandre qui permettait de se transporter en un autre point du temps».<br></i> Il l’utilise afin de donner un coup de pouce aux "Claudiens" Cependant:<br><i>" Ah! vous dites-<wbr>vous, comment puis-<wbr>je vivre en l’an Claudien 5000 (6957 pour vous) puisqu’en 1957 toute matière animale, sauf Claude, Anne et sa ménagerie, ont disparu? J’échappe à cette volatilisation, puisque je suis " à cheval sur l’espace du temps ". Mais il est exact qu’après le 19 mai 1957, je ne pourrai plus " revenir " puisqu’alors " je serai disparu  (...) Quant à vous... j’ai longtemps hésité à vous donner la date du " rayon de la mort ". Si vous voulez échapper au destin, vous n’avez qu’à construire des chambres de plomb et vous y enfermer. Cela changerait tout, mon histoire serait fausse. C’est pourquoi, puisque je sais que mon histoire a été vraie (ou pour vous, sera vraie) je sais que vous ne le ferez pas. Tout simplement parce que vous prendrez ceci pour un roman ".<br></wbr></wbr></i>«S’il n’en reste qu’un» est une oeuvre astucieuse, développant le thème couru du dernier homme en l’enrichissant à sa manière par des innovations scientifiques et une thématique parallèle: la parthénogenèse, l’uchronie, le paradoxe temporel. Le souci de vraisemblance, l’honnêteté de la description -<wbr> il n’évacue pas le problème sexuel comme dans d’autres ouvrages-<wbr> lui confèrent un rang plus qu’honorable dans le genre.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf4 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">861</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Trust Du Soleil</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-trust-du-soleil-r856/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/trust-du-soleil1.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">La famille Horsford passe ses vacances entre Paramé et Saint-<wbr>Malo. Elle se compose de M. et Mme Horsford, toute confite en confitures, Annie, la fille de la famille, et Charlie, son fiancé. Les Horsford sont des Anglais tout ce qu’il y a d’honorables, donc conservateurs. Seule Annie présente quelques tendances déviantes puisqu’elle revient des Etats-<wbr>Unis, où comme  journaliste, elle a vécu les conditions d’une ouvrière d’usine pour pouvoir comprendre le sort fait à ces femmes. Les Horsford sont autant anti-<wbr>américains, ces sauvages incultes, qu’anti-<wbr>français, ces êtres pusillanimes et dangereux à la fois :<br><i>" M. Horsford avait conçu contre la nation américaine entière une haine rancuneuse et vivace ; il avait fait une affaire personnelle des succès et du vacarme américains. S’il arrivait à l’Amérique quelque désagréable affaire, il se réjouissait ; lorsque, par exemple, le vaisseau Maine sauta dans la baie de Santiago, il donna un dîner à ses amis, et but à l’abaissement des rivaux de l’Angleterre. "<br></i>Appréciant  la bonne chère et le bon vin à l’instar de nombreux autres de leurs concitoyens, ils programment leurs vacances au bord de mer, en France. Annie, ayant eu un message de la part d’un homme d’affaires américain, M. Fudge, à faire transmettre à l’ingénieur Dargentin, les Horsford, toujours prêts à parasiter, vont, comme un seul homme, accompagner la jeune femme.<br>La composition de la famille Dargentin rappelle étrangement celle des Anglais : M. et Mme Dargentin, leur fille Suzanne, bien gentille, le lieutenant des hussards Le Brissais, amoureux de Suzanne, enfin une petite peste, le frère cadet de Suzanne, Jean. N’ayant aucune prévention contre les Anglais,  Dargentin les accueille dans son laboratoire. Mal lui en prend ! C’est là que, tout confiant, il annonce à M. Horsford qu’il expérimente actuellement le cristal d’éther méthylique que M. Fudge, qui l’avait découvert par hasard, lui avait expédié. Ce cristal, que Dargentin baptise "calorium",  possède une étrange propriété unique et dangereuse : il emmagasine l’énergie solaire pour la restituer ultérieurement et progressivement comme une espèce d’accumulateur. Si le rendement en est pauvre, c’est qu’une grande partie de la chaleur se perd dans l’environnement sous forme d’orages magnétiques et de perturbations électriques de l’atmosphère :<br><i>" Vous avez, d’un mot traduit ma pensée: très puissant pour le mal, beaucoup moins pour le bien ! Vous comprenez que, pour emmagasiner quelques degrés de chaleur sous une forme très réduite et d’un maniement commode, il faut condamner des contrées entières au froid perpétuel, détruire le climat, en un mot, la chose est impossible et ne se discute  même pas. Et quand je dis : détruire le climat, je n’exagère pas. En constatant les désastreux effets d’un morceau de calorium d’un si faible volume, songez à ce que cela serait, lorsqu’il s’agirait de blocs de plusieurs kilos… "<br></i>En utilisant le calorium, les conséquences seraient effroyables : troubles atmosphériques, chute brusque de la température, pluie et brouillard incessants qui se déclencheraient dans une zone géographique centrée sur le cristal. Dargentin se refuse donc à envisager une exploitation industrielle du calorium. Horsford et Charlie ne l’entendent pas de cette oreille. Ils désirent à tout prix s’approprier la découverte de l’ingénieur pour assurer la suprématie politique et économique de l’Angleterre sur la France et même sur les Etats-<wbr>Unis en dépit des risques encourus :<br><i>" En somme, c’est dans son intérêt que nous agirons, reprit M. Horsford ; il ne peut tirer parti de son invention ; quelqu’un doit lui aider à le mettre en valeur ; si c’est l’Amérique, il n’aura rien ; si c’est l’Angleterre, nous partagerons avec la France. Il n’y a que dans le cas où notre puissance navale serait en jeu que nous prendrions le tout pour nous seuls. Tout s’efface devant l’intérêt patriotique ! Certes, l’Angleterre est naturellement généreuse ! déclara Charlie avec conviction. Elle a pris les royaumes des rajahs de l’Inde, mais elle leur fait des pensions. "<br></i>En ce but, ils subvertissent le petit Jean afin qu’il vole pour eux le cristal, comptant sur son innocence d’enfant. Dargentin, mis au courant du procédé, expulse les Horsford de chez lui et s’apprête à détruire le calorium sans se douter que Jean avait réussi à en subtiliser un fragment. Il en résulte une gigantesque explosion qui manque de tuer le savant. Alors que le scientifique avec toute sa famille se remet de ses blessures dans une propriété en Tunisie, le couple de voleurs anglais, munis du fragment de calorium, rencontrent M. Fudge qu’ils associent à leur projet, en dépit de leur répugnance, car lui seul est le légitime propriétaire du cristal. Ainsi se constitue le « trust du soleil ».<br>Fudge, en bon commerçant, voit tout le profit de l’affaire. Il accepte la collaboration avec les Anglais et tous trois cherchent un pays loin de chez eux, pas trop froid, pas trop chaud, pour essayer le calorium en grandeur nature. Ils se mettent d’accord pour la Tunisie et se rendent dans une mosquée désaffectée du Sud tunisien. L’effet de leur expérience ne tarde pas à modifier le climat : un temps épouvantable, froid et pluvieux s’installe en cette partie du pays ce qui fait soupçonner à Dargentin que quelqu’un de malintentionné se sert de sa découverte :<br><i>" Le lendemain matin, même ciel gris, même pluie battante. Rien ne saurait rendre l’aspect de désolation de la villa, de ses jardins, de l’oasis entière, sous ces nuées de plomb, dans cette température froide et brumeuse ; l’eau coulait en ruisseaux sur les feuilles des grands palmiers, les oliviers gris semblaient noyés dans la brume ;  les petits ruisseaux s’enflaient, roulaient une eau boueuse ; c’était un spectacle beaucoup plus attristant que ne l’est la pluie dans une ville du Nord. "<br></i>Le Brissais, avec une compagnie de hussards, investit la place où opèrent les trois bandits qui nient, et leur vol et leur expérimentation. Fudge dissimule le morceau de calorium  mais Charlie le dérobe et s’enfuit en compagnie de son futur beau-<wbr>père, laissant leur ancien complice aux mains de Le Brissais. Annie, ayant appris entre temps le rôle trouble de Charlie dans cette affaire, arrive sur les lieux du drame, détruit les réserves caloriques. Une gigantesque explosion secoue la région, dont la jeune femme sort miraculeusement indemne :<br><i>" Puis une explosion inouïe se produisit… quelque chose de comparable à tous les canons de toutes les flottes du monde tirant à la fois !… Une trombe de chaleur intense, torride, effroyable comme une grande flamme d’incendie, balaya toute l’oasis, et s’en alla à travers les chotts, jusque vers Gafsa, où l’on crut à quelque feu souterrain achevant de détruire la Tunisie !… "<br></i>Les Horsford ont donc repris le bateau en partance pour Marseille. Annie, qui connaît leur destination, les accompagne. Elle supplie Charlie de lui confier l’unique morceau de calorium restant,  sous la menace de ne plus l’épouser s’il n’y consent. L’homme est faible : il cède. Annie jette le cristal à la mer, mettant un point final à cette sombre histoire qui, par ailleurs, se termine bien pour l’ensemble des protagonistes (y compris pour Fudge).<br>Un récit d’aventure destiné aux enfants sages du début du siècle. Les personnages y sont tout d’une pièce : odieux ou droits, mais caricaturaux. La haine anti-<wbr>yankee, l’anglophobie s’y révèle sans ambiguïté. L’idée du "calorium" est suffisamment originale pour fournir une base pseudo-<wbr>scientifique qui rend la fiction crédible. A rapprocher de la bande dessinée d’E.P. Jacobs " S.O.S. météores ".</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="fs20 ff1 cf4"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">856</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Trophees De La Cite Morte</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-trophees-de-la-cite-morte-r855/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/trophes-cite-morte.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Sur une Terre redevenue sauvage subsistent quelques clans d’humains, longtemps après le « Grand Cataclysme » dont la Tradition a gardé un vague souvenir :<br><i>« Les hommes se laissèrent finalement entraîner par les apparences qui les submergèrent et commencèrent à dévaster le monde en lui arrachant la presque totalité de sa force de vie. La nature fut écrasée. L’eau ne fut plus bonne pour les poissons. L’air se refusa au vol des oiseaux, avant de devenir un poison pour les êtres vivants de toutes sortes. Des monstres naquirent et la plupart des espèces de ce temps effroyable périrent. Les cités disparurent, moururent. Il ne resta qu’une poignée de femmes et l’enfant mâle… »<br></i>Ces clans, habitant à flanc de montagne, ont régressé au stade préhistorique, gardant une crainte révérencieuse à l’égard des ruines de la « Cité morte » hantée par les «Chimères », des monstres technologiques, tenant à la fois du robot et du bulldozer, qui seraient les derniers avatars des humains de jadis. Leur domaine est la Cité morte d’où elles chassent tout ce qui est vivant.<br>Sri Ea Sul , une timide jeune fille, et Ion de Sul, jeune garçon mince et vigoureux, s’aiment. Ce qui n’est pas facile dans un clan figé par une Tradition fondée sur le matriarcat. Mara Han Sul, la vieille Mère du clan, hait ces deux jeunes qui échappent à son autorité. Elle décide de donner Sri a  à un homme du clan voisin, Kar De Ho, ce qui devrait déclencher un « défi » de la part de Ion. Contrainte d’obéir aux règles du clan, Mar Han, lors de la réunion générale, commande au vainqueur du défi de rapporter une tête de chimère, « trophée de la cité morte ». <br>Les deux adversaires prennent le chemin de la Cité, décidés à en découdre. Ces hommes du futur ont cependant des atouts étonnants, comme par exemple la télépathie, qui permet à Sri de réconforter Ion, ou l’acte de « fliter », c’est-<wbr>à-<wbr>dire de contrôler leur corps (et la gravité) lors de chutes dans le vide. Rapidement Kar de Ho, plus fort, plus fruste, ayant déjà combattu des chimères, capture son adversaire. Le menant au bout d’une laisse, il établit son repaire au sommet d’une tour en plein dans la Cité. <br>Après discussion, il s’avère qu’ils ne sont pas du tout des rivaux, Kar de Ho lui-<wbr>même étant amoureux de Erle de Ho. Sa position envers Ion avait été manigancée par la Mère de son clan. Ion est follement inquiet pour Sri qui est poursuivie par Erle engagée dans une lutte à mort. <br>Mais les deux hommes n’ont plus le temps de s’appesantir sur leurs dissensions : les chimères arrivent. Trois d’entre elles, crachant le feu, tentent de déloger les deux êtres humains. Ion, de par son habileté au jet de fronde, crève les yeux électroniques d’une des « bête ». La deuxième, ses antennes arrachées, devient comme folle et s’auto-<wbr>détruit, et la troisième, renonçant à la lutte, disparaît. <br>Ion, profitant de l’accalmie, s’échappe pour porter secours à Sri. Durant le combat, il blesse gravement Erle, ce qu’il ne souhaitait pas. Les deux couples se retrouvent donc ensemble, s’activant longtemps à la guérison de Erle. S’estimant mutuellement, désireux de fonder un nouveau clan, d’échapper à l’emprise des Mères, de partir loin de la Cité morte, ils prendront le chemin du Sud.<br>Un récit fluide qui, débarrassé de son embonpoint, aurait pu faire l’objet d’une excellente nouvelle. Le décor banal d’une préhistoire « post-<wbr>atomique » vaut surtout par le mystère qui entoure le passé de ces êtres : le lecteur n’apprendra jamais d’où proviennent ces dangereuses chimères.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">855</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Trois Jours Avant La Fin Du Monde</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/trois-jours-avant-la-fin-du-monde-r852/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/trois-jours-avant-la-fin-du-monde.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le Dr. Franklin, chercheur libre, océanographe célèbre, enseignant dans une université privée américaine, amateur des poésies de T.S. Eliott., affrète un bateau scientifique pour vérifier, en trois jours, certaines de ses théories. En compagnie d’Olga – qui est « la » capitaine du navire -<wbr> , dont il tombera amoureux, et avec l’aide de Harvey Harry, un étudiant brillant, il se livre à une série de sondages au large de la zone pélagique nord-<wbr>américaine. Les mesures récoltées confirment ses soupçons : une puissante source d’infection est en train de faire disparaître l’oxygène de l’océan. Cette contamination s’étend et Franklin est le seul à en connaître la cause : un désherbant de type viral mis au point par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam, qui a la capacité de se reproduire en transformant les végétaux mêmes en porteurs de mort. Or, une quantité importante du poison a échappé à la vigilance des autorités militaires, sur un navire qui a été coulé. <br>Depuis ce temps le désherbant prolifère en infectant le plancton marin, privant tous les animaux d’oxygène et, à terme, menaçant l’humanité elle-<wbr>même. La C.I.A., mystérieusement prévenue, ne peut empêcher le chercheur de communiquer la mauvaise nouvelle à l’ensemble des universitaires et, au-<wbr>delà, aux politiques et aux médias :<br><i>« Car nous avons confondu le Christ et Darwin. En effet, si nous continuons à agir sans réfléchir, avec négligence, nous détruirons non seulement l’humanité, mais aussi, ce qui est pire, les poissons, les oiseaux et toute la faune. Tous des innocents et des ignorants qui n’ont pas commis le moindre péché. Qui nous a permis de gouverner cette planète ? »<br></i>Une nouvelle militante dont la forme légère contraste avec la noirceur des idées, celles d’une fin programmée de l’humanité à cause de l’incompétence des structures politiques et militaires.</wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">852</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Triomphe Des Suffragettes</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-triomphe-des-suffragettes-r850/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/triomphe-des-suffragettes.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Jean Decorail, un jeune homme pauvre et mignon, est sauvé par Andrée Ravière et son amie Raymonde, à bord de leur petit avion personnel atterrissant à cause d’une panne mineure. Pris à bord, réconforté, puis emmené dans l’appartement d’Andrée, Jean deviendra l’observateur privilégié des mœurs de cette nouvelle société bâtie par les femmes qui se sont emparées du pouvoir politique lors de la Révolution de 1950 : <br><i>« On n’ignorait pas que maintenant les femmes étaient électrices et éligibles, qu’elles avaient accès à la plupart des fonctions publiques, mais on en riait sans deviner la révolution économique qui s’élaborait. Il est vrai qu’elle s’accomplissait petit à petit, sans à-<wbr>coups brusques. Et tandis que la nationalisation du sol et l’établissement des monopoles d’Etat avait déchaîné la guerre civile, le règne féministe s’établissait solidement au milieu de l’indifférence générale. »<br></wbr></i>Il rencontrera les responsables féminins qui détiennent les postes-<wbr>clé. Andrée, aux multiples compétences, parlant six langues, députée, adjointe de la grosse et redoutable Mme Milner, patronne du puissant trust des métaux, sera troublée par Jean. Elle lui permettra de vivre  chez elle au «Splendide Hôtel » pour qu’il se refasse une santé. L’hôtel abrite beaucoup d’autres femmes de premier plan qui toutes se connaissent. Mme Aïdos, par exemple, la directrice de la banque franco-<wbr>bulgare qui travaille en étroite collaboration avec Mme Milner ; la doctoresse Kibieff ou Jane Symian, la poétesse droguée à l’opium, dont l’usage est licite. En face, le panthéon des hommes, voués aux fonctions secondaires, puisque la république des femmes – idéal utopique des féministes au XIXème siècle -<wbr> les a asservis et dévirilisés. Ils servent comme agents de liaison ou … étalons pour des dames trop prises par leur travail :<br><i>«Je m’étais laissé dire que ces messieurs des « Maisons closes » en (=«dragées d’Hercule», sorte de Viagra) faisaient journellement usage pour être toujours prêts ! -<wbr>Jamais de la vie ! (…) On obtient leur virtuosité exceptionnelle grâce à une sévère sélection des mâles, à de très courtes périodes de service suivies de longs farnientes à la campagne, enfin à une hygiène sévère et à une nourriture choisie. Malgré ces précautions d’ailleurs, la plupart de ces pauvres diables n’atteignent pas la quarantaine… »<br></wbr></i>Il s’est donc développé un harem d’hommes entretenus, êtres ambigus, dont l’homosexualité s’affiche ouvertement, occupés uniquement à séduire, à se disputer ou à discuter de frivolités :<br><i>« Les hommes, eux, ont endossé l’habit de soirée qui, par un caprice de la changeante mode, copie les costumes chatoyants du XVIIème siècle : pourpoint de soie céladon ou rose, hauts de chausse de satin blanc bordés d’argent ou formant des nœuds, bas de soie, souliers à ponts-<wbr>levis, canne à rapière, rabat de mousseline bordée de guipure, vaste feutre gris à plumes blanches. »<br></wbr></i>Fêtes somptueuses, habillements baroques, stupre, relations sexuelles éphémères, argent facile, défilent devant les yeux de Jean que sa condition provinciale et son état de pauvreté ont protégé jusque là.Très vite, il sera entouré d’un groupe «d’amis », tels que Pierre levée, Roger lemire, Xaintraille ou Luis Diego dit «Louisette», qui se chargeront de le déniaiser:<br><i>«Des hommes en cheveux longs, en grands chapeaux empanachés, en costumes tapageurs, déambulaient à pas lents, le poing gauche à la hanche, la main droite sur une haute canne à pomme d’or. D’un sourire lascif ils aguichaient les femmes aux terrasses des cafés et d’autres, indifférents, adressaient leurs œillades aux deux sexes, car jamais l’homosexualité n’avait fleuri aussi abondamment. »<br></i>Par eux il connaîtra les hauts lieux du Paris «branché» comme le « Cathleya-<wbr>bar », lieu des rendez-<wbr>vous interlopes, ou les fêtes décadentes chez Mme Milner, sans que cela aide à le convaincre de céder à Andrée à l’égard de laquelle pourtant il nourrit un tendre sentiment.Les hommes, « les vrais» sont, soit employés à des travaux de force dans les mines ou l’industrie,  et laissés incultes, soit se retrouvent au sein de minuscules groupes d’opposition conservateurs siégeant au Parlement. Le Dr. Lorris est l’un de ceux-<wbr>ci, qui analyse le marasme économique, l’instabilité internationale et l’affairisme d’état comme amplifiés par le pouvoir féminin lequel a joint aux travers des hommes la volonté de revanche des femmes :<br><i>« Puisque grâce à nos discussions, à notre fatigue, disons le mot, à notre veulerie, vous êtes arrivées au pouvoir, vous auriez dû en profiter pour mettre en pratique </i>vos<i> idées, </i>vos<i> théories, </i>votre<i> idéal. Or, qu’avez-<wbr>vous fait depuis 1972, date des premières élections qui assurèrent la majorité féministe? Rien que pervertir les syndicats ouvriers et les trusts patronaux qui forment le collège électoral. (…) Quand vous voudrez, je vous prouverai que vous vous êtes contentées d’être nos pâles imitatrices. Vous n’avez rien inventé, rien démoli, rien innové ; vous avez rendu vôtres, en les tournant à votre profit, nos lois, notre organisation, notre société telle qu’elle est sortie de la révolution de 1950, parce que vous n’avez pas d’idées originales, pas de théories neuves, pas d’idéal personnel. (…)Allons, il fallait avoir le courage d’avouer la vérité, si peu séduisante qu’elle fût ; les femmes avaient su accroître la misère sociale et l’inégalité. A la dureté masculine, elles avaient substitué un égoïsme plus féroce, une injustice plus criante. L’homme était impitoyable et brutal, la femme était complètement amorale. Son désir exaspéré de paraître, d’éclabousser, de triompher, effaçait chez elle tout autre sentiment, détruisait toute bonne volonté»<br></wbr></i>Car la situation intérieure et extérieure de la France est inquiétante. Le racisme sordide introduit de solides clivages dans cette société féminine supposée unie :<br><i>«C’est encore </i>Peau de goudron<i> qui fait des siennes. Cheveux crépus, nez épaté où par la pensée on suspendait un large anneau d’or, lèvres proéminentes, celle qu’on avait baptisé de ce surnom était un remarquable échantillon de la race nègre. Son goût pour les chemisettes claires et les cravates aux couleurs éclatantes joint à une compréhension lente l’exposaient aux farces, quelquefois méchantes, de ses collègues. Elle souffrait d’autant plus d’être leur risée que son orgueil l’empêchait de reconnaître son infériorité intellectelle. Quand Irma lui affirmait « qu’une blanche vaut deux noires », elle discutait âprement et au bout d’un quart d’heure s’apercevait enfin qu’on se moquait d’elle. »<br></i>Les syndicats féministes avec à leur tête Irma Bozérias sont relayés au Parlement par une passionaria, Mme Launey, présidente du groupe des «Bellamistes». Elle dénonce les tripotages électoraux, le détournement des biens publics, les lois sur la propriété d ‘Etat en annonçant une grève dure que devra briser Mme Blanzy la présidente de la république , soutenue par les trusts des métaux, notamment celui de Mme Milner qui signe un traité d’approvisionnement d’armes avec les …Chinois, espérant relancer par là le travail et casser la grève :<br><i>« Le Japon au commencement du siècle, la Chine un peu plus tard avaient prouvé à la vieille Europe que sa supériorité économique n’était qu’un mot. L’émancipation sanglante de l’Indo-<wbr>Chine et de l’Inde où les jaunes levant le masque avaient audacieusement mis en vigueur la doctrine de Sen-<wbr>Chou-<wbr>Chian, «l’Asie aux Asiatiques», avait porté le dernier coup au prestige de la race blanche. Les petits hommes aux yeux bridés s’étaient réveillés soudain de leur nirvana séculaire. Guéris de l’opiomanie qui les engourdissait, galvanisés par la volonté d’empereurs énergiques, ils s’affirmaient les maîtres de l’heure et la guerre sino-<wbr>australienne n’était qu’une des phases tragiques de ce duel des deux races. »<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Elle charge son adjointe Andrée Ravière, torturée par des scrupules de conscience, de se charger de cette délicate négociation. Les terrains étatisés, l’interdiction de leur transmission par héritage, l’Etat propriétaire de tous les logements fournissent à une nomenklatura féminine d’apparatchiks (es) la possibilité de se goinfrer, au propre comme au figuré. Le Dr. Lorris est conscient que la race blanche se suicide, non seulement à cause d’une politique insensée mais surtout par le fait de deux fléaux conjugués qui amplifient le désastre : l’abandon du rôle de mère par les femmes et le refus de faire des enfants. Elles les confient à des «Maternités nationales», sortes d’orphelinats d’état où , en grandissant, ils apprennent la haine et l’amertume de la solitude. Comme les multiples fonctions des femmes ne leur permettent plus de consacrer du temps à engendrer, elles se livrent au plaisir sans arrière-<wbr>pensée en absorbant des abortifs ou en se faisant stériliser. Jean, en compagnie des «ruffians » est soigné, pomponné, poudré, prêt à un emploi qu’il condamne au grand malheur d’Andrée :<br><i>« La toilette du jeune ruffian était terminée. Après l’avoir massé, épilé, la doctoresse avait examiné la denture, mesuré la sensibilité des réflexes, présidé au nettoyage de la chevelure. Elle n’avait pas volé ses deux louis quotidiens. »<br></i>Il voudrait vivre de sa plume en composant des poésies. Aidé par la jeune femme, une relation de Mme Herbert, il rencontre la Directrice du journal « l’Universel » qui lui fait abandonner de suite ses illusions :<br><i>« Elle expliqua que les vers étaient une très belle monnaie ancienne qui n’avait plus cours. Quant à la prose, elle comportait deux catégories : celle dont la publication était payée par l’auteur et celle dont la publicité rémunérait tous les frais. Tel roman célébrait l’efficacité des pilules Finck ou de la pâte dentifrice Luna, tel conte vantait les charmes des randonnées accomplies à l’aide des avions Bérault. L’habileté consistait à tourner la réclame de telle façon que le lecteur fût dupe et n’aperçût pas le bout de l’oreille. »<br></i>Profitant d’un voyage d’affaires de sa protectrice, Jean s’écarte d’Andrée, veut disparaître de sa vie. Il pense se réfugier chez un homme marié, son vieil ami Victor où il expérimente le drame de la sujétion masculine :<br><i>« Mon pauvre Jean, voilà le seul moment de la journée où je suis tranquille. D’ailleurs ce n’est pas encore terminé. Avant de me mettre au lit, il faudra que je cire les chaussures de la mère et des enfants. Et demain comme chaque jour, je serai le premier levé. Je dois m’occuper de Tutur et d’Euphrasie qui vont à l’école, les laver, les habiller, préparer leur petit déjeuner. Dès qu’ils sont partis, je songe au chocolat de ma femme. Ah ! quelle existence!-<wbr>De galérien, appuya Jean. Je ne la supporterais certainement pas. »<br></wbr></i>Ce qu’il voit l’horrifie à tel point qu’il échouera dans la rue, avec les clochards. Andrée, de retour de son voyage, est désespérée. Elle aime réellement Jean qu’un sordide fait divers lui permettra de retrouver. «Louisette», pour un collier de perles, a assassiné son vieil ami Roger Lemire et s’apprêtait avec deux comparses à cambrioler l’appartement de Mme Milner. Les policières arrêteront à temps les suspects et, effectuant une rafle dans les environs,  elles prendront par hasard Jean dans leur nasse qui sera reconnu et sauvé par Andrée. Alors que l’Australie tombe définitivement dans les griffes de l’empire jaune qui étend sa domination sur le monde occidental, Jean et Andrée reviennent de voyage de noce. Enceinte, elle a démissionné de sa fonction, heureuse enfin de s’affirmer pleinement femme, au grand effroi de son ami Raymonde :<br><i>« Elle en souffre, elle aussi, de s’être façonné comme ses contemporaines une âme masculine, d’avoir étudié la métaphysique et la physiologie, d’avoir plongé dans le gouffre glacé du raisonnement où l’on ne trouve en fin de compte que la négation, où l’on erre entre ces deux pôles contradictoires : la matière qui est peut-<wbr>être aussi de l’esprit, l’esprit qui est sans doute de la matière ! <br>Ah ! comme elle les envie, les grand’mères futiles, préoccupées de la coupe d’une robe,  de la couleur d’une écharpe, de la forme d’un chapeau ou simplement absorbées par les soucis du pot-<wbr>au-<wbr>feu quotidien ! »<br></wbr></wbr></wbr></i>«Le Triomphe des Suffragettes» reste un livre d’actualité avec des accents et des préoccupations contemporaines. Se situant dans la vieille lignée du thème du « matriarcat » et du « féminisme », Jacques Constant, endossant les oripeaux de l‘utopie socialisante pousse la simulation jusqu’à la charge pour constater – mais n’est-<wbr>ce pas encore un fantasme mâle -<wbr>  que des femmes au pouvoir agiraient encore plus mal que des hommes. Non seulement elles n’élimineraient pas la guerre, dont les féministes trouvent l’origine dans « la politique du mâle », mais n’en finiraient plus avec des jeux de pouvoirs exacerbés par leur nature féminine. Un brûlot féroce, parfois jusqu’à la caricature, mais une description minutieuse et des intuitions justes, font de ce roman un travail d’entomologiste éclairant les rapport entre les sexes. A méditer, même aujourd’hui !<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">850</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Triomphe De L'homme</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-triomphe-de-lhomme-r849/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/triomphe-de-l-homme.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">François Léonard décrit une vaste épopée : celle de l’espèce humaine dans un futur lointain. Avec des accents héroïques, proclamant leur foi en la toute-<wbr>puissance de la science, les héros de Léonard sont des savants qui trouvent la réponse à toutes les questions que se pose l’humanité, aussi bien du passé que du futur. La terre s’est transformée en une utopie, où il fait bon vivre, le "jardin planétaire", couvert par un réseau électrique dense. Les continents sont reliés, le passé exhumé (notamment la ville de Paris). Les gens se déplacent par " électro-<wbr>stryge ". Les continents sont refaçonnés.  C’est dans un tel contexte que Neil, esprit ambitieux, fait une découverte d’importance : celle de pouvoir propulser la terre hors de son orbite en direction de Véga " au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau ". La proposition est adoptée et l’engin construit. La Terre se déplace pour ne plus jamais revenir sur son ancienne orbite. Mais la surface en est bouleversée, les océans bougent, les chaînes de montagnes se transforment, le froid et la glace gagnent:<br><i>" Mais déjà, le long des côtes de la Terre de Feu, de la Patagonie, de la Nouvelle-<wbr>Zélande et de l’Australie du Sud, roulaient, avec un bruit de tonnerre des raz de marée comme on a en avait jamais vus. Les rocs, les caps, les promontoires étaient détruits, emportés, roulés les uns sur les autres, et peu à peu s’émiettaient à la surface des golfes où les colères liquides s’entrechoquaient, énormes et lourdes, ainsi que des montagnes. Ce fut alors, parmi ceux qui le virent, une épouvante échevelée. On s’entre-<wbr>tua pour atteindre les aéronefs fragiles que l’ouragan guettait; on vit fuir vers le Nord des ballons auxquels s’accrochaient, sous la nacelle, dans les cordages, au gouvernail, de véritables grappes humaines. Ainsi qu’une traînée de poudre, se répandaient des nouvelles sinistrement démoralisantes. On disait que la Nouvelle-<wbr>Zélande avait été toute entière engloutie sous les flots; que l’Australie était condamnée au même sort; que l’eau s’étendait déjà jusqu’aux  Monts Parker et menaçait de dépasser leur crête; on disait...Mais  que ne disait-<wbr>on pas ? <br>Le vrai et le faux étaient accueillis partout avec la même promptitude. Dans le désordre général, on oublia de se servir des appareils télégraphiques, et ce fut heureux, car ainsi la peur resta localisée loin des grandes masses de peuples. Les plus importantes de celles-<wbr>ci s’étaient formées, selon le reflet parti de chaque continent, dans les plaines de l’Afrique septentrionale, du centre du Brésil, de l’Amérique du Nord et dans les steppes d’Europe et d’Asie. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>L’espèce humaine d’abord s’adapte, grâce à la science, puis tout au long du trajet. La route étant longue, elle oublie peu à peu l’usage scientifique et ses bienfaits, sombre dans le chaos, puis le primitivisme : <br>" <i>Plusieurs générations se succédèrent; le froid ne fit qu’augmenter; les combustibles s’épuisèrent vite; une fois de plus, le travail régulier des mines fut insuffisant. Alors, de nouveau, des millions de bras abandonèrent leurs occupations habituelles pour extraire de la terre tout ce qu’elle pouvait contenir de possibilités calorifiques. On fouilla les derniers gisements de charbon et de radium; on vida les tourbières; on rechercha, jusqu’à des profondeurs incroyables, du bitume, du naphte, du pétrole; on abattit enfin des hectares et des hectares de forêts...Mais, de génération en génération, la crainte d’une lente agonie devenait plus générale et se transforma en certitude, en désespoir. Comme la goutte d’eau qui, d’année en année, creuse davantage un roc, l’obsession de la fin proche du monde usait une à une toutes les volontés. Lentement, la société se désagrégeait. Une plèbe nouvelle, égoïste, exaspérée, formant la lie d’une civilisation stagnante, apparut bientôt dans les villes, mêlant à l’épouvante de vivre le désir sauvage de tuer. Et cette vague d’humanité basse, soulevée par son destin, se heurta d’abord avec indifférence, puis avec haine, à des foules supérieures. La fraternité, cette conseillère ancienne des peuples, n’était plus. Progressivement, la vie s’écrasait; les villes devenaient silencieuses, désertes même; toutes les forces, d’autrefois dispersées, se concentraient autour de leur noyau social. L’aristocratie scientifique, isolée dans quelques rares constructions gigantesques ,  semblait se désintéresser de la masse populaire. Celle-<wbr>ci, attachée seulement aux travaux du sol, s’enfermait dans la tiédeur des serres. Quant à la plèbe, depuis longtemps, elle négligeait tout ce qui ne servait pas uniquement son instinct de conservation. "<br></wbr></i>Enfin arrivée près de Véga après de longs millénaires, la Terre se réchauffe à nouveau, la croûte se remodèle,  des espèces inconnues  naissent:<br><i>" Partout, la vie, multipliant les formes, unissait la grâce à la force, l’instinct cruel à la beauté, et mêlait la joie de vaincre à l’épouvante de la mort. Le prodigieux mystère, sorti de la bataille des atomes, se développait en batailles. La vie créait et détruisait, voluptueusement, atrocement, merveilleusement, sans arrêt, sans repos, sans aucun plan visible, avec mille apparences contradictoires, toujours vers mieux, et sans raison. Même aux profondeurs vierges de l’océan, elle s’était développée. Les eaux, de plus en plus tièdes, avaient vu naître des poissons inconnus, des mollusques bizarres. Le long des côtes, dans les endroits jadis fréquentés uniquement par les hommes et les phoques, d’autres êtres ouvraient à présent des gueules monstrueuses et affamées. Déjà, nouvelles victimes servant à alimenter de nouvelles existences, de nombreux hommes avaient été broyés par les mâchoires des crocodiles. Aussi, ne pouvant se défendre suffisamment les tribus humaines, à chaque alerte, avaient fui et s’étaient retranchées dans des îles non encore envahies par la végétation, ou sur des rivages rocailleux où les herbes étaient rares. Mais les herbes avaient poussé; les îles s’étaient couvertes de mousse. L’Homme,  pris entre deux dangers, avait imploré l’Ennemi Vert. "<br></i>Pourtant, à cause d’une infime erreur de calcul, la Terre se précipite vers son nouveau soleil  qui la vaporise:<br><i>" Depuis longtemps, toutes les races étaient mortes. La Terre n’était plus qu’un globe tournoyant, sans atmosphère, sans eau, et dont le relief complexe rappelait à peine ce qui avait été jadis l’Europe , l’Asie, l’Afrique, l’Amérique et l’Australie. Jaune et craquelée, la surface de ce globe se modifiait tachée de feu parfois. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, partout, des effondrements brusques entremêlaient des massifs de montagnes; des glissements, des soulèvements, des dislocations de surfaces énormes, en chaos divers, heurtaient des. houles de porphyre, de marbre, de minerais et de granit; à chaque instant, des terres veinées de crevasses, crêtées de chaînes nouvelles, se bousculaient en de fantastiques assauts; souvent, au milieu du tumulte, s’ouvraient des craères gigantesques; et l’attraction de Véga, unie aux soubresauts des forces centrales de la Terre, crispait douloureusement l’ancienne face d’un monde sous les cieux infinis. <br>Pendant des siècles, la Terre roula, se rapprochant peu à peu de l’Etoile. Sa vitesse avait doublé, triplé, quintuplé, décuplé ; la distance à franchir était encore énorme. Mais l’espace diminuait cependant de jour en jour, de minute en minute; le temps, vainqueur de l’abîme, guidait le projectile vertigineux vers ce globe éblouissant de couleur d’ocre, de pourpre, de phosphore et de cuivre, que des hommes jadis baptièrent Véga, et qui, tournant sans raison sur son axe, se déplace sans raison vers un but inconnu. Enfin, la Terre frôla les flammes. Telle une poussière grise ou un tourbillon, elle tressaillit, tournoya, bondit, fut entraînée comme une bulle légère sur la crête déchiquetée d’une vague de feu, aux écumes d ‘ambre jaune mêlé de rubis liquide; des gerbes d’or en fusion, striées de lueurs bleues, l’entourèrent; elle crépita, tomba dans des gouffres rouges, rebondit comme une étincelle; enfin, elle éclata, et sa matière, volatilisée en clartés neuves, se perdit parmi les clartés anciennes, comme un petit groupe d’atomes dans l’infini. C’est ainsi que se dispersa, dans l’atmosphère lumineuse d’un astre plus grand, ce qui avait été un monde pour les Hommes. "<br></i>Avec une  prose de type épique, ce récit vaut par sa tension, la vision qui  habite l’auteur  et qui s’apparente à celle de Stapledon (" les Premiers et les Derniers "), de Clarke  (" la Cité et les astres) " de Campbell (" Crépuscule "). Récit héroïque  écrit à la gloire de l’espèce humaine professant une totale confiance dans la science et ses applications. Oeuvre originale et importante.</wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">849</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Trente Secondes Sur New York</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/trente-secondes-sur-new-york-r848/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/trente-secondes-sur-ny.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le colonel chinois Ni hait les Américains. Engagé au plus haut sommet de l’état maoïste grâce au Général Lo Jui Ching, il imagine une revanche diabolique, eu égard à son enfance malheureuse, en manipulant les divers éléments du système politique chinois. La mise en place de sa machine infernale commence par Yu, un agent secret que Ni envoie étudier les horaires des vols Air France à Orly.  Suscitant partout des troubles dans le pays en y aiguisant diverses haines, celle des gardes rouges contre les Révisionnistes, celle de l’Armée contre les Impérialistes, celle de la Police Secrète, dont il était le chef incontesté, contre tout le monde, il met en échec la politique de Liou Chao Chi, le faisant passer pour un traître révisionniste. Parallèlement à cette action menée avec brio et avec l’appui involontaire de Mao Tse Toung, il envisage le largage d’une bombe atomique sur New York. <br>Toujours avec grand soin, il réunit une brochette de scientifiques et techniciens dans une base secrète déjà opérationnelle. La bombe A devrait être introduite aux USA  par un vol régulier d’avion de ligne, en l’occurrence celui d’Air France à destination de New York. La bombe camouflée à l’intérieur de la carlingue, l’équipage sacrifié, les voyageurs constitués par des prisonniers de guerre américains soi-<wbr>disant libérés, tout devrait inspirer la confiance:<br><i>" Très à l’aise, le colonel approuva par son mot favori : -<wbr> Exact. -<wbr> Or, d’après l’exposé détaillé que tu viens de faire, tout semble dépendre de cet homme qui sera ou ne sera pas dans l’autre avion. Supposons qu’il ne soit pas dans cet avion et que par conséquent le vol régulier continue normalement sa route sur New York ? -<wbr> Je m’attendais à cette question et, bien que je vous aie dit que la responsabilité de cette partie de l’opération m’incombait, je vais vous répondre. Effectivement, tout dépend de lui.  -<wbr>Tout dépend de lui, mais lui ne le saura pas? -<wbr>Il ne saura rien. Cet homme s’appelle Yu. Cela fait des années qu’il travaille pour mes services. Il a toujours obéi et souvent risqué sa vie. Mais malgré cela, il est hors de question que je lui fasse totalement confiance cette fois-<wbr>ci. Car cette fois-<wbr>ci, pour lui, il y a au bout de la mission la mort certaine "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Lorsque le véritable avion, dans lequel se sera trouvé Yu et ses explosifs, aura disparu au-<wbr>dessus de l’Atlantique, il serait immédiatement remplacé par le faux vol d’Air-<wbr>France. En prétextant une panne radio, il survolerait New York sans que le système américain d’alerte aura été en mesure de réagir.  Malgré la faible opposition de Liou Chao Chi et de son petit groupe de partisans à cette action criminelle, l’avion-<wbr>porteur arrive en vue de New York selon le plan prescrit. La bombe est larguée. Les Américains réagissent en mettant en œuvre la " phase Trois ", c’est-<wbr>à-<wbr>dire la mise en alerte de tous les moyens de dissuasion possibles. Ils sont persuadés que les Russes sont à l’origine de la tragédie et s’apprêtent à déclencher une riposte nucléaire totale.<br>Un roman de politique-<wbr>fiction à la frontière du roman catastrophe. Il vaut surtout par l’excellente démonstration du fonctionnement du système révolutionnaire chinois, système à irresponsabilité illimité, rendant possible l’actualisation des fantasmes haineux de n’importe quel psychopathe suffisamment habile pour s’élever dans la hiérarchie d’un Parti totalement verrouillé. La théorie de la " Bombe sous le paillasson " est décrite de manière convaincante.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">848</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Tout Va Bien</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/tout-va-bien-r843/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/tout-va-bien.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le narrateur, nous confiant ses impressions sur un ton gouailleur mais désespéré, traverse Paris la nuit, à la recherche de son amour. Un Paris inquiétant, à bout de souffle, gémissant sous le joug d’une dictature militaire, qui amoncelle les indices de la destruction: <br><i>« des cris qui s’espacent », « une ambulance à moitié calcinée », « les ruines de la gare Saint-<wbr>Lazare », « la distribution de la soupe par des paras à l’Opéra », « les rats qui grouillent rue Royale », </wbr></i>ce qui incite le jeune promeneur à allonger ses pas. Il a beau se répéter, en un refrain lancinant, que <i>«</i> <i>tout va bien »,</i> encore vivant parmi les morts, il <i>« évite les charniers où fut abattu Jean Ferrat » </i>et se bouche les oreilles aux sons de<i> « la musique militaire</i> <i>».<br></i>Bien que la société parisienne semble prendre parti pour le nouvel ordre et ses thuriféraires, les Mireille Mathieu et Léon Zitrone,  il ne peut s’empêcher d’accorder de l’attention aux paroles de sa grand’mère qui l’incite à rentrer tôt car, dit-<wbr>elle :<br>« <i>( …) Mon petit Jean, votre quartier est triste<br>Et rempli de cadavres en décomposition </i>».<br>Il devra éviter toute mauvaise rencontre pour ne pas se faire <br>« <i>parquer avec les rouges au palais des Congrès </i>», ou avec <br>« <i>les pédés dans le Palais des Glaces </i>» ou encore avec <br>«<i> les Juifs au palais des Sports </i>». <br>Un retour d’autant plus délicat qu’il s’agira de passer entre les « <i>haies de barbelés des quais de la Seine </i>».<br>Le constat qu’il tient est amer :<br>« <i>Naïfs que nous étions et aveuglés aussi<br>Qui nous imaginions pouvoir prédire le pire<br>Adieu notre jeunesse voilà le temps qui vient<br>Du baîllon, des œillères et de la pestilence<br>Le temps des ovations et celui des silences<br>Que l’on ne rompt que pour se dire : tout va bien ! </i>»<br>Pourtant, il ne veut perdre tout espoir puisqu’il glisse dans la lettre à son aimée « <i>un brin d’herbe (cueilli) dans les gravats </i>».<br>Nulle part, en si peu de mots et avec une si grande économie de moyens, il nous a été donné de saisir l’ambiance terrifiante d’une société totalitaire en train de s’établir, qui soutient la comparaison avec 1984, le roman de George Orwell.</wbr></span><span class="cf1 ff1 fs24"><br></span><span class="ff0 fs20"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">843</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Tout A La Main</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/tout-a-la-main-r842/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/tout-a-la-main.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Andrevon-<wbr>le-<wbr>narrateur , installé dans sa propriété du Mont (une ferme), munis de quelques conséquents packs de bière, de nourriture, et avec pour seul ami son chat Lascard, survit (provisoirement) à la fin du monde. Le grand jour, qu’il a daté du sept septembre, a gommé toute l’humanité (peut-<wbr>être) de la surface de la terre. Epargné par hasard, subissant le syndrome de Malevil, il assiste, stupéfait, à la montée d’un fleuve de</wbr></wbr></wbr></span><span class="ff2 cf4 fs24"> </span><span class="ff1 cf4 fs24">boue brûlante (du magma ?) qui recouvre progressivement les vallées environnantes, ne délaissant que son seul promontoire. Une lumière grise et fixe baigne le paysage.<br>En attendant de mourir de faim, ou grillé, ou noyé, Andrevon-<wbr>le-<wbr>narrateur se livre à une mise sur papier de ses fantasmes les plus intimes, récapitulant toutes les femmes qu’il a connues, de Claude à Mahi-<wbr>Thé, de Colette à Marie-<wbr>Angèle. Il nous décrit ses préférences en matière de sexualité, son attirance obsessionnelle pour les poils et le cunnilingus, son goût de la masturbation (bien obligé, heureusement qu’il aime ça !), son rejet de l’homosexualité :<br><i>« Je peux, vraiment ? » Pour toute réponse, j’écarte largement drap et couvre-<wbr>lit, masquant mon érection dans l’angle relevé de mes cuisses. Je bande à en avoir mal. Elle se glisse près de moi, le bruit de son corps qui froisse les draps m’assourdit les tympans. Son odeur monte de plusieurs crans, elle m’envahit par tous les pores, sa sueur, le musc de son sexe pas lavé depuis longtemps, ses relents fauves. »<br></wbr></i>Détaillant les péripéties d’un écrivain (fictif) de science-<wbr>fiction, spécialiste en fins du monde et en matière de femmes, il explore minutieusement les aléas amoureux et parfois professionnels d’un homme aux alentours de la cinquantaine: <br><i>« Tant de choses qui sont parties en fumée, qui se sont dissoutes sans que je m’en rende compte ou qui se sont brutalement brisées dans mes doigts en m’entaillant le cuir. Tant de choses, tant de gens. Cette sorte de gens : les femmes, que j’ai aimées, ou au moins désirées, et va tracer la frontière ! Celles qui vous échappent. De toute façon, celles qu’on regrette le plus, ce ne sont ni celles qu’on n’a pas eues ni celles qu’on a eues complètement. Ce sont celles qu’on n’a pas eues assez. Celles qui se sont échappées en cours de route, en plein milieu du chemin qu’on croyait pouvoir suivre encore un bout de temps. Françoise, Josy, Mariangela. Celles qui vous lâchent au milieu du gué. Tu connais cette réflexion de Jacques Sternberg : on annonce toujours le décès des hommes célèbres mais jamais leur naissance. L’amour, c’est l’inverse. Tu sais la première fois que tu fais l’amour avec une fille, tu ne sais jamais quand c’est la dernière. »<br></i>Jouant constamment avec le code romanesque, introduisant son jeu (son je ?) dans tous les domaines, il se rappelle son passé en un dernier effort d’écriture, sorte de carnet intime de plus de deux cents pages qu’il brûlera à la fin, seul de son espèce, Lascard même ayant disparu dans la quatrième dimension du néant, assuré que personne n’aura à lire ces pages (nous comptons pour du beurre) puisqu’elles ne seront jamais publiées, les éditeurs étant sous la boue, et que rien ne vaudra jamais la vie, surtout pas un roman:<br><i>« Combien de temps que j’écris, que je range, que je classe, que je colle ? Cinq, six, sept semaines ? Ca fait beaucoup de toute façon. Et rien ne change. Ni la température, ni la lumière sans lumière. Le temps ne change pas. Le temps s’est arrêté. Pourquoi je continuerais ? J’ai tout dit. Le cul, le cul, le cul. Qu’est-<wbr>ce qu’il y a d’autre à retenir dans une vie, quand on n’est pas Ghandi, Cousteau, Louis Lumière, Picasso, Pasteur, Pasqua, Pandraud, Hitler, ces gens-<wbr>là?Rien d’autre que le cul. »<br></wbr></wbr></i>Les interférences entre la vie, les préférences de l’auteur et celles du narrateur sont étroites,  mais constamment gauchies, déformées, fantasmées, et profitent du sentiment d’étrangeté que dégage le décor d’un paysage en perdition, alors que, dans le même élan, sont passés en revue les divers thèmes qui fondent le genre cataclysmique :<br><i>« Au moins je n’entendrai pas le cri de mort de la dernière baleine, du dernier éléphant, du dernier rhinocéros, du dernier tigre, du dernier kangourou. Je ne verrai pas la mer méditerranée terminer son agonie étouffée par les 12000 tonnes d’huile, les 60000 tonnes de détergents, les 10000 tonnes de mercure, les 2400 tonnes de chrome que nous y déversons chaque année. Je ne serai pas irradié par les 90000 m3 de déchets radioactifs que mon beau pays nucléaire aurait eus sur le dos en l’an 2000.  Je ne verrai pas en l’an 2000 la couche d’ozone finir de se déchirer parce que des industriels de merde continuent de fabriquer et de vendre du fréon Je ne verrai pas en l’an 2000 nos dernières forêts se recroqueviller sous les pluies acides. Je n’aurai pas 63 ans en l’an 2000. Je ne verrai pas arriver lentement ce qui est arrivé en quelques secondes il y a deux mois, la mort de l’herbe et de l’air et de l’eau, la mort de la Terre, réfugié sur un dernier rivage, bonjour la science-<wbr>fiction, bonjour le cinéma. (…) J’ai deux mois de bonus devant moi. Deux mois, en me masturbant deux fois par jour, ça fait cent vingt coups à tirer. Qui pourrait en dire autant ? »<br></wbr></i>Œuvre habile et à part dans la production de l’auteur (le vrai Andrevon). Tout à la fois témoignage d’une volonté de catharsis, d’une intention de faire le point arrivé au midi de sa vie, alors que la composante catastrophiste omniprésente est niée, et qui, obsessionnellement, gravite autour de la seule tension qui importe dans l’art et dans la vraie vie, soit la force du désir. Le roman, loin d’être l’œuvre d’un monomane sexuel, s’inscrit pleinement dans notre domaine.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">842</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
