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<rss version="2.0"><channel><title>Livres: Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/page/8/?d=23</link><description>Livres: Livres</description><language>fr</language><item><title>Le Secret De L'atome</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-secret-de-latome-r876/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/secret-de-l-atome.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Gilles Lebraud a percé le secret de l’atome. Mieux : il a inventé un appareil à visiter l’atome, une toupie qui, en diminuant de taille et animée d’une immense vélocité, l’amènera à explorer in situ le proton et l’électron d’un atome d’or contenu dans la pépite disposée sur sa table de travail. A cet effet, il a invité quelques amis pour partager son expérience qui doit, dans deux heures, le ramener parmi eux. Saisis par l’étonnement, ils observent son départ, la diminution progressive vers l’infinitésimal de la toupie, et attendent avec impatience son retour.<br>Lebraud réduit à l’échelle sub-<wbr>atomique s’approche d’un soleil : c’est le proton. Puis, il survole une planète pareille à la Terre mais encore vierge de toute trace de vie. Il découvre même une lune, l’électron, à la surface désolée. Satisfait de pouvoir enfin prouver l’exactitude de la théorie des mondes emboîtés, il prend le chemin du retour, dans le temps imparti, impatient de raconter son aventure à ses amis. Mais il émerge dans une salle poussiéreuse et abandonnée depuis longtemps, son bureau. Un écrit, disposé à son intention, semble-<wbr>t-<wbr>il, explique la situation. Plus de cinq siècles se sont écoulés depuis la date de son départ. L’endroit est resté en l’état, associé à sa mémoire, et a été transformé en monument historique. Le cœur battant, Gilles Lebraud pousse la porte pour découvrir devant lui un paysage glacé et noir, un monde proche de sa fin, car le temps écoulé ne se comptait pas en siècles mais en centaines de millions d’années :<br><i>« Il sortit et un froid glacial le saisit. Le soleil était très bas ; mais sa clarté éclairait quand même les alentours. Péniblement, le savant grimpa le long d’une colline de glace. Arrivé à son sommet, il contempla les alentours. Il était en plein cœur d’un pays glacé. Aussi loin que son regard pouvait porter, il n’apercevait qu’une solitude blanche et froide où rien ne vivait. »<br></i>Il avait tout prévu sauf le paradoxe lié au temps dont la vitesse découlement différait pour lui par rapport au reste du monde.<br>Un petit récit bien mené et non ridicule,  basé sur le concept des « terres en réduction » et d’une vision entropique de l’univers.<br><br></wbr></wbr></wbr></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">876</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Une Seconde Apres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/une-seconde-apres-r875/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/une-seconde-apres.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">John Matherson, colonel et instructeur militaire, prend sa retraite dans le village de Black Mountain, près de Charlotte, en Caroline du Sud, une région de collines boisées et isolée. Là, il vit en famille avec ses deux filles, Elisabeth et Jennifer (Jen), sa belle-<wbr>mère (sa femme étant décédé),  et ses deux chiens, loin de se douter du destin qui lui est réservé. Un jour, soudainement, l’électricité disparaît, aucun artefact technologique ne fonctionne (surtout les voitures), toute radio ou télé reste muette. Inquiet, John prend sa vieille Edsel, une automobile de collection et l’une des rares qui fonctionne encore,  pour aller aux nouvelles vers Asheville, le bourg voisin :<br><i>« Il fait incroyablement noir, murmura-<wbr>t-<wbr>elle. Il regarda autour de lui. Il faisait très noir, effectivement. Pas une seule lueur ne provenait de la ville, sauf peut-<wbr>être ce qui semblait être le vacillement d’une lampe Coleman ou de quelques bougies. Toutes les maisons qui bordaient la vallée étaient sombres, elles aussi. Aucun phare ne perçait de l’autoroute, on ne voyait plus rien du détestable éclairage au néon de la station-<wbr>service, en haut de la bretelle de sortie, et plus aucune lumière ne leur provenait de derrière la ligne des toits d’Asheville. Une clarté rouge et sombre apparaissait cependant dans la pénombre, sans doute l’incendie qu’il avait remarqué au pied de la colline vers Craggy Dome. »<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>En roulant il se rend compte du désastre : des files de voitures bloquées sur l’autoroute, des hommes en armes, au loin des incendies…En tant qu’expert militaire, il croit savoir ce qui s’est passé. Il l’expliquera à ses amis du village, lors d’une réunion de crise, à Charlie, le futur mentor de Black Mountain, à Kate, le maire, à Washington, ancien sergent de l’armée,  qui deviendra le commandant des forces de la milice constituée. Il leur apprend qu’une ou plusieurs bombes thermonucléaires lâchées dans la haute atmosphère, au-<wbr>dessus du territoire des Etats-<wbr>Unis, avaient déclenché un effet IEM (pour « Impulsion Electromagnétique), lequel a paralysé toute activité électromagnétique, informatique, électrique, etc. C’est ce qui a dû se passer ici, et, peut-<wbr>être dans le reste du monde également :<br><i>« -<wbr>Comment est-<wbr>ce que personne ne sait rien, ici interrogea Kate de plus en plus irritée.-<wbr>C’est le but d’une frappe d’IEM, répondit John. Que ce soit une attaque à grande échelle venant d’un ennemi traditionnel tel que l’URSS lors de la guerre froide ou une attaque terroriste aujourd’hui… Vous faites exploser une bombe qui déclenche cette puissante onde électromagnétique, ça grille toutes les communications et bien d‘autres choses, et ensuite, soit vous vous arrêtez là, soit vous continuez. Ce qui nous a terrifiés c’était de comprendre que n’importe quel cinglé, qu’il soit membre d’une cellule terroriste ou dirigeant d’un pays comme l’Iran ou la Corée du Nord, pouvait, avec seulement une ou deux bombes nucléaires en sa possession, se retourner contre nous et nous attaquer, et cela malgré nos milliers d’armes. C’est ce qu’on entend par « frappe asymétrique ».<br></wbr></wbr></wbr></i>Cet effet, bien qu’éphémère engendrera des conséquences incalculables en replongeant le pays victime dans un moyen âge barbare d’où émergent l’anarchie et l’arbitraire puisque l’on prive d’action toute force légale et constituée. Les acheminements de toute nature disparaissent (aliments, médicaments, artefacts technologiques, habits, et). L’on ne pourra attendre aucun secours de personne. Bientôt la haine, la faim, l’agressivité pousseront les gens les uns contre les autres, laissant les habitants de Black Mountain en proie à toutes les convoitises du fait de leur situation géographique privilégiée,  où la survie pourrait être meilleure qu’ailleurs. Il importe donc de prendre des mesures immédiates et drastiques pour sauver la communauté. Charlie, en accord avec le Conseil, promulguera la loi martiale. John supervisera l’organisation de défense du bourg :<br><i>« En arrivant en ville, ce fut une fois encore un monde totalement changé qui les accueillit.Le barbecue gratuit de Pete était fermé, et l’ambiance de foire qui l’entourait avait disparu. Deux agents de police armés d’un fusil se tenaient devant l’école, une longue file d’attente s’étirant jusqu’au coin de la rue. Près d’eux brûlait un feu de bois au-<wbr>dessus duquel était accrochée une bouilloire. Une dizaine de policiers et autant de pompiers formaient un cordon de sécurité autour de l’hôtel de ville. »<br></wbr></i>L’ambiance de la vie dans la bourgade s’est profondément modifiée. Après le premier moment d’affolement, des citoyens ont dévalisé le supermarché, vidé le drugstore de tout médicaments, emportant ce qui pourra leur assurer une survie maximum. Plus tard, apparaîtront les tickets de rationnement et la milice, constituée par des étudiants, chargés d’empêcher les pillages. Durant les premières semaines la mortalité augmente, touchant les plus fragiles, les vieillards surtout, où ceux hospitalisés , patients dont la vie ne tient qu’aux médicaments qui dorénavant n’existent plus. John y est d’autant plus sensible  que  sa petite fille Jen, atteinte du diabète de type 1, est étroitement insulino-<wbr>dépendante :<br><i>« Pratiquement tous nos malades du diabète de type 1 mourront ce mois-<wbr>ci. Les pharmacies distribuent en général une bouteille de mille unités par personne. Un stock qui commence nettement à se réduire pour eux. On peut donc s’attendre à ce que tous, environ cent vingt dans notre communauté, commencent à mourir. Personne n’ouvrit la bouche.-<wbr>Les autres morts qui sont à prévoir durant le mois qui vient : les asthmatiques sérieux qui seront bientôt à court d’inhalateurs, et ceux qui souffrent de graves arythmie cardiaque et qui manqueront de bêta-<wbr>bloquant. »<br></wbr></wbr></wbr></i>Dans un tel contexte, il est amené à prendre sa première et cruelle décision, celle d’exécuter deux jeunes voleurs de médicaments, drogués pris la main dans le sac. Les contacts avec Asheville n’aboutiront à aucun accord, chaque cité campant sur ses acquis.Heureusement, Black Mountain possède un avion, un ancien Cessna de collection bichonné par Don,  un « Old Timer » qui se transforme en observateur aérien. John, bien que très engagé dans la survie de la cité, est constamment rongé par un doute affreux : jusqu’à quand Jen, qu’il chérit, vivra-<wbr>t-<wbr>elle sans insuline ?<br>En attendant, il a fait la connaissance de Makala, une jeune infirmière naufragée de l’autoroute qu’il autorise exceptionnellement à résider chez lui. Un tendre sentiment se fait jour entre les deux personnes, Makala lui étant d’un précieux secours en ces jours sombres.Au fur et à mesure que passe le temps, les tensions s’exacerbent, les morts augmentent, les décisions se font plus radicales. Il s’agit à tout prix d’empêcher des envahisseurs d’entrer dans la cité, de circonscrire d’éventuelles épidémies, d’utiliser la milice  prête à tuer sans hésitation pour sauver le groupe. Parallèlement, les signaux de danger se multiplient. Les citadins de l’autoroute cherchent à rentrer chez eux, à Charlotte pour la plupart. On ne peut les arrêter, car ils sont trop nombreux. Il importe donc de créer un couloir de circulation, parfaitement délimité, ouvert sous la surveillance de miliciens, dans lequel aucun contact ne sera possible avec les habitants de Black Mountain. Ceux ou celles qui franchiraient les limites imposées, seraient impitoyablement abattus. Mais les gens utiles, médecins, techniciens, artisans, militaires, seront autorisés à résider sur le territoire de la commune.<br>Des nouvelles en provenance de l’extérieur filtrent enfin. Les citadins savent maintenant que le Texas et la Californie ont fait sécession, que l’Europe (notamment la Russie) a été atteinte dans la même proportion que leur pays, ainsi que le Japon et les îles indonésiennes, que l’on se bat en Iran et en Corée du Nord. Le seul espoir réside encore dans l’aide que sont susceptibles d’apporter les porte-<wbr>avions géants américains, croisant dans d’autres eaux au moment de la catastrophe. L’un de ceux-<wbr>là serait en voie d’atteindre les côtes du Sud de la Caroline. Mais une autre terrible nouvelle attend John et les siens : la Posse, une bande de fanatiques hallucinés et cannibales se dirigent vers Black Mountain :<br><i>« La Posse, c’était le nom d’un gang d’avant-<wbr>guerre, qui avait des ramifications dans tout le pays ; des espèces de voyous qui vous balançaient une balle en pleine tête, histoire de rigoler, des trafiquants de drogue, des violeurs, tout ce que la terre peut compter comme vauriens et fripouilles. Bref, des ordures, prêtes à n’importe quoi pour survivre… maintenant que notre pire cauchemar nous est tombé dessus. (…) -<wbr>Oui, la Posse… Une pauvre femme qu’on a laissée passer avec le dernier groupe a dit qu’elle avait été retenue prisonnière par eux pendant plusieurs jours avant de réussir à s’échapper. Elle a refusé de raconter ce qu’ils lui ont fait… inimaginable. Tout le monde parle d’eux, de l’autre côté de la barrière. Le bruit court qu’ils seraient plus d’un millier, et armés jusqu’aux dents. Ils approchent de notre région comme une bande de barbares prêts à tout saccager.-<wbr>Incroyable, soupira John.»</wbr></wbr></wbr></i><br>John est conscient qu’il faudra  livrer une bataille qui décidera de la mort ou de la vie de chacun, et qui demandera à tous les plus grands sacrifices. John mettra au point une stratégie d’élimination des adversaires qui impliquera  beaucoup de morts.Personne ne sera épargné, ni Washington qui mourra frappé d’une balle, ni Ben, le futur gendre de John, père de l’enfant que porte déjà Elisabeth… Grâce à ces sacrifices, la manœuvre réussit : la Posse sera intégralement éliminée. Devant l’énormité de la menace, l’inhumanité des agresseurs, John se montrera sans pitié :<br><i>« -<wbr>Une corde, s’il vous plaît.</wbr></i><br><i>L’un des étudiants s’avança et lui en tendit une… dont le nœud était déjà fait. John lui indiqua le poteau métallique des feux de croisement. Il lança la corde en l’air, qui s’enroula au sommet et se bloqua. Plusieurs hommes se chargèrent de soulever le leader, qui, s’attendant à être abattu d’un coup de pistolet, commença à se débattre et à pousser des cris rauques. On lui passa le nœud coulant puis on le serra autour de son cou. Alors, John s’approcha et articula d’une voix forte :-<wbr>Par les pouvoirs qui m’ont été attribués par les citoyens de Black Mountain et de Swannaoa, je déclare que cet homme est un criminel, un meurtrier et un mangeur de chair humaine, et que, pour cela, il doit être condamné à la pendaison. Il ne mérite même pas de recevoir une balle. Il recula puis ajouta :-<wbr>Qu’on le pende. On le hissa au bout de la corde et de longues minutes de gesticulations spasmodiques s’écoulèrent avant qu’il ne meure… sous les yeux de ses fidèles horrifiés. (…)-<wbr>Pendez tous ceux que vous pourrez et abattez le reste de ces ordures. Et je veux qu’on peigne en gros sur les flancs de ce camion, là-<wbr>bas : CANNIBALES. »<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Vainqueurs, les citoyens soignent leurs blessures et leur désespoir. Le terrain de golf de la commune qui aura servi de cimetière compte maintenant plus de trois mille morts. Les cadavres éparpillés rappellent à John les plus atroces souvenirs :<br><i>« Un champ de bataille… Les photos de morts de Gettysburg lui revinrent à l’esprit, des cadavres balayés par les vagues, à Tarawa, les Marines blessés à bord d’un tank, à Hué. Mais jamais sur ces photos il n’y avait l’odeur.L’odeur de cordite mais aussi de sang, d’excréments, d’urine, de vomi, de viande crue… la chair à vif des humains qui jonchaient le sol. Et, mêlés à cela, la puanteur des véhicules en feu, de l’essence, des pneus, de l’huile et, plus atroce encore, celles des corps qui brûlaient, grillaient, gonflaient et explosaient comme s’ils étaient frits. »<br></i>Jen, elle aussi, est à l’agonie, par absence d’insuline. La nourriture manque, quoique les champs soient ensemencés et promettent de belles récoltes, car le moment de la soudure est le plus terrible. Soudain, une lueur d’espoir : une colonne de blindés et d’engins militaires, en provenance de la côte, et qui se dirige vers Asheville, s’arrêtera à Black Mountain, y apportant nourriture, soins, médicaments et… informations. Le général Whrigt, commandant du convoi, explique aux habitants la situation dramatique dans laquelle sont plongées les Etats-<wbr>Unis :<br><i>« -<wbr>On dit qu’à New York il ne reste pas plus de vingt cinq mille personnes, et ce sont soit des bandes de sauvages, soit des gens qui se cachent et se nourrissent de détritus. Une bombe thermonucléaire les anéantissant tous aurait été plus… humaine, si j’ose dire. Le choléra les a aussi frappés, l’automne dernier, et le gouvernement a décidé d’abandonner la ville, de l’isoler, en fait : personne n’est autoriser à y pénétrer. Ceux qui se trouvaient à l’intérieur n’ont jamais pu en sortir. Un de mes amis en mission là-<wbr>bas m’a dit que ça ressemblait à l’âge des ténèbres. »<br></wbr></wbr></i>Bien que l’on entreprendra tout pour redresser le pays, les Etats-<wbr>Unis auront vécu : jamais plus ils ne joueront un rôle prédominent dans le concert politique mondial!<br>Un roman didactique sur les dangers d’un futur proche, sans grands effets littéraires, sans invasion extra-<wbr>terrestre, sans mort radioactive. La dégradation sociale est vécue au quotidien, analysée jour après jour, avec la précision du chirurgien. Les états d’âme, les craintes et les espoirs sont concentrés en un petit nombre de personnages. L’effet de réel qui se dégage de cette lecture est tel qu’on y lit le protocole d’un désastre annoncé. Une œuvre inquiétante et, ne l’espérons pas, prophétique.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">875</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Second Deluge</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-second-deluge-r874/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/second-deluge1.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Cosmo Versal, savant infatigable et riche, est convaincu de l’imminence d’un second déluge qui noierait la terre sous plus de six mille mètres d’eau, ne laissant dépasser que les monts les plus élevés des Andes et de l’Himalaya. Catastrophe programmée pour un avenir proche puisque la Terre devra traverser le cœur de la nébuleuse aqueuse de Lord Rosse, responsable du désastre. Avec son fidèle ami Joseph Smith, la décision sera prise de construire l’arche du salut en vélium, un métal léger et résistant qui n’emportera dans ses flancs que mille personnes soigneusement choisies et des animaux appariés, utiles à l’homme. Sa philanthropie le pousse à tout faire pour mettre en garde le monde du danger qu’il court. Quolibets, mépris et ironie seront les réponses à son souci, en provenance de la part de ses collègues, surtout du plus acerbe d’entre eux, le professeur Pludder, doyen des sociétés scientifiques.<br>Les premiers signes des tempêtes à venir changent les comportements et certains sollicitent leur entrée dans l’arche. Dans son choix, Cosmo privilégie les professions plutôt que les statuts, et l’honnêteté plutôt que la richesse ou l’appartenance à la race blanche. Les scientifiques, les artistes, les enseignants seront représentés ainsi que des familles avec des enfants (deux au maximum). Les prémisses de la catastrophe se font sentir:<br><i>« La tempête de neige qui éclata aussi soudainement à Washington ne fut pas un phénomène local. Elle se manifesta par toute la terre, coupant les lignes télégraphiques et empêchant toute communication. Seul le téléphone sous-<wbr>marin demeura intact et transmit les plus surprenantes nouvelles. A Londres, la tour Victoria s’était en partie effondrée ; à Moscou, il ne restait que quelques pierres de la merveilleuse église de Saint-<wbr>Basile. La tour penchée de Pise s’était écroulée. Le dôme de Saint-<wbr>Pierre à Rome s’était pendant un service religieux entr’ouvert, et refermé sur les fidèles terrifiés. »</wbr></wbr></wbr></i><br>Devant le péril, l’arche est prise d’assaut. Cosmo Versal n’est plus méprisé ou moqué mais haï par tous ceux qui n’ont su prévoir. Connaissant le misérable comportement humain, Versal a fait entourer son arche d’une clôture électrique empêchant ainsi son accès à quiconque. D’ailleurs la montée rapide des eaux règlera définitivement le problème. Toutes les grandes métropoles étant déjà sous les eaux, l’arche se met à flotter :<br><i>« Le flot submergea tous les quartiers de New York situés à moins de vingt pieds d’altitude : destruction incalculable ! Les vaisseaux qui ne sombrèrent pas vinrent se fracasser contre les monuments. San Francisco disparut ainsi que Los Angeles, Portland, Tacoma, Seattle. Sur la côte Ouest de l’Amérique du Sud, les vagues se frayèrent un passage jusqu’à la Cordillière des Andes. Les deux plus grands océans du monde semblaient vouloir ne plus former qu’un seul lit.»</i><br>Quelques autres tentatives isolées de sauvetage auront aussi lieu. Ainsi Pludder embarquera sur un aéronef de sa conception « l’aéro-<wbr>réflex » en compagnie du roi d’Angleterre. La solution la plus originale sera adoptée par un Français, De Beauchamps, commandant le sous-<wbr>marin «le Jules Verne ». Celui-<wbr>ci, faisant la connaissance de Cosmo Versal, naviguera de conserve avec l’arche, le long des côtes européennes et au-<wbr>dessus de Paris englouti :<br><i>« Et nous voilà dans Paris. On distinguait encore l’emplacement des quais à la hauteur du Point du Jour. Le  Champ de Mars était la seule étendue navigable. L’Arc de Triomphe se dressait comme autrefois avec ses groupes héroïques. Il est triste de penser que toutes ces merveilles, que tous ces chefs-<wbr>d’œuvre de l’architecture, que tous ces lieux de plaisir servent aujourd’hui de refuge à la faune marine. Le Panthéon se dresse encore sur sa colline : mais le dôme s’est effondré ; Notre-<wbr>Dame n’a plus que ses deux tours ; et au palais du Louvre, à travers les murs éventrés on aperçoit des toiles déteintes et des statues mutilées. »</wbr></wbr></i><br>La pluie dure, comme dans la Bible, quarante jours et quarante nuits, jusqu’à la sortie de la dépression causée par la nébuleuse. Dans l’arche, l’on ne s’ennuie pas. Parfois même, l’on s’imagine être en croisière et les artistes y donnent des pièces de théâtre, Shakespeare notamment, ou des pièces de musique symphonique.Les rescapés flottant sur un océan devenu planétaire, mettent le cap en direction de l’Himalaya, en un trajet les menant au-<wbr>dessus des Alpes, de la Mer Rouge, des côtes de l’océan indien , des hauts plateaux du Tibet, navigant au-<wbr>dessus des cités détruites et d’anciennes capitales du monde :<br><i>« Le Rhin  gonflé par cette fonte déborda, submergeant tout sur son passage ; Strasbourg disparut sous les eaux : seule la flèche de sa Cathédrale pointa, tel un doigt, vers le ciel. La mer de glace à Chamonix, et tous les autres glaciers du Mont-<wbr>Blanc se liquéfièrent, noyant les plaines du Dauphiné, du Piémont et de la Lombardie, emportant Genève, Turin, Milan, dans leur torrent. Les mers, les lacs et les fleuves se réunirent pour ne plus former qu’un vaste océan qui se précipita dans le désert du Sahara, et les malheureux indigènes qui, depuis tant de siècles luttaient contre la sécheresse afin d’apporter dans le désert l’eau nécessaire à la culture, éperdus, n’essayèrent même pas de se sauver. »</wbr></i><br>A bord, la vie paisible fut toutefois perturbée par une mutinerie que Cosmo réprimera avec la dernière sévérité et par l’arrivée de rares survivants, tels que le banquier fou Adams ou celle de Pludder avec son ami le roi, dont l’aéro-<wbr>réflex s’était abîmé dans les flots. Beau joueur, ce dernier  reconnut enfin son erreur vis-<wbr>à-<wbr>vis de Versal. <br>Ayant quitté les sommets himalayens de Gaurisankar, disparus sous les flots, Cosmo Versal eut une surprise de taille en abordant les monts du Colorado. Non seulement il y trouva une terre émergée, un haut plateau, mais encore de nombreux rescapés qui vinrent à sa rencontre en barque. Le monde entier n’avait donc pas été noyé. Comment était-<wbr>ce possible ?<br>Sa théorie était qu’un « batholite » (une espèce de plateau continental) avait vu le jour, par un exhaussement de terrain,  suite à la pression que l’eau exerçait sur les failles terrestres, mettant définitivement à l’abri du déluge les gens qui vivaient là. Ainsi furent sauvés plus de trois millions de personnes qui, s’ajoutant à l’élite apportée par l’arche, permirent le renouveau de l’espèce humaine.<br>Le Second déluge, « novella » restée à l’état de préoriginale en France, reprend la version biblique, remplaçant Noé par Cosmo Versal. Le thème de la submersion généralisée permit de belles pages à l’auteur dans le but d’émouvoir le lecteur. Ceci dit, l’intrigue est mince, les péripéties prévisibles et les lieux communs nombreux.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">874</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Satellite Artificiel</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-satellite-artificiel-r873/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/satellite-artificiel.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le narrateur relate le lancement d’un satellite scientifique d’un poids de trente deux tonnes censé balayer la surface de la terre. Dans son journal, jour après jour, il nous fait part de ses inquiétudes.Ayant embarqué à bord d’un paquebot qui rassemble quantité de militaires ainsi qu’Ammya, qui deviendra sa maîtresse, il apprend de la bouche de cette dernière que ce satellite est en réalité destiné à des usages militaires, et notamment celui d’éliminer l’ennemi en arrosant de vibrations létales chaque pouce de son territoire.<br>Hasard ou mauvais réglage, le satellite provoquera, dans sa course autour de la terre, la disparition de toute vie. Puis, le narrateur quitte le navire avec son amie pour se rapprocher de mystérieuses et géantes statues lumineuses, de forme humaine, surgies de nulle part et qui rayonnent à l’infini. Auprès d’elles, se croyant en sécurité, ils régresseront pour finir par se dissoudre dans le néant.<br>Le lecteur se perd en conjectures (cela tombe bien puisqu’il aime la science-<wbr>fiction) quant au sens de cette petite nouvelle. Seul subsiste le sentiment d’une réalité autre évoquée trop brièvement.</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">873</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Sans Eclat...</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/sans-eclat...-r872/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/fiction-002.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Louise Olivier et Rolf Smith sont assis face à face dans un café de Salt Lake City, derniers survivants d’une guerre totale, à la fois nucléaire et bactériologique. Partout le monde a cessé de vivre, de bouger, d’émettre. Ils seront les nouveaux Adam et Eve d’une société future. D’ailleurs Rolf ne pense qu’à ça. Mais Louise est l’archétype de la pruderie anglo-<wbr>saxonne, imprégnée d’une éducation stricte et bienséante. Pour elle, l’amour, c’est un pasteur, un mariage en blanc, des cadeaux et des fleurs. Le mâle lui fait peur. Rolf, trop faible pour la prendre de force, et sachant qu’il n’en a plus pour longtemps car est lui-<wbr>même en proie à des accès subits de paralysie,  essaie de la convaincre de coucher avec lui. Et, ô miracle !, elle consent au sacrifice suprême à condition qu’il y ait mariage en blanc. Emerveillé, mais pris d’un besoin soudain, Rolf se dirige vers les toilettes:<br><i>" Il trouva la porte des lavabos et entra. Il fit un pas à l’intérieur, et se figea, sa jambe s’arrêtant dans son mouvement en avant, il était subitement et totalement paralysé. La crise!...  Cette satanée crise qui l’avait déjà frappé une fois aussi soudainement, et dont la piqûre faite par Louise l’avait heureusement tiré; la panique l’envahit lorsqu’il essaya de tourner la tête et ne réussit pas à le faire... Lorsqu’il essaya de pousser un cri et n’y parvint pas davantage... Derrière lui il avait entendu un léger déclic, lorsque la porte, poussée par le ferme -<wbr> porte hydraulique, s’était refermée... pour toujours. Cette porte n’était pas verrouillée, mais de l’autre côté, sur une plaque, elle portait l’indication: HOMMES. "<br></wbr></i>" Sans éclat " est un récit très court mais important en ce qu’il représente la première tentative d’écrire une anti-<wbr>fin du monde, en subvertissant le thème. Pour Damon Knight, il n’est pas besoin de bombardements grandioses, de catastrophes inimaginables pour créer une situation vraiment désespérée. La relation psychologique entre les êtres est fondamentale et détermine la réussite ou l’échec de l’entreprise.  En l’occurrence, nous sommes en présence d’une authentique fin de l’espèce, le héros mourant par la bêtise de sa partenaire.</wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">872</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Sanguinaires</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-sanguinaires-r871/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/sanguinaires.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le récit s’ouvre sur un réquisitoire contre tout ce qui était vivant. Dans le domaine social, l’homme, hypocrite et menteur, impose un progrès débilitant. Aujourd’hui, la nature est vide de l’homme :<br><i>« L’homme s’était évanoui mais l’énorme machinerie terrestre fonctionnait avec la même automaticité qu’au temps où il y avait des faneuses en juin et des laboureurs en novembre. Les étés flambaient sur les sommets sans arbres et sans fleurs. Les mers les plus belles, animées par le rythme amoureux des marées, fouaillées par les vingt-<wbr>quatre vents antiques, tordues par les colères des équinoxes hurlaient, glapissaient comme de vieilles folles. Les tempêtes de neige encapuchonnaient les Alpes inutiles. »</wbr></i><br>En réalité, ce monde devait mourir. Car la bête l’avait emporté sur l’homme qui a inventé la corruption, la passion imbécile du bruit, l’érotisme vide, l’inceste et la zoophilie. Socialement, le type humain était décadent, ce qui a précipité le mouvement :<br><i>« Un magistrat aussi vertueux n’eut certes point commis l’erreur de saluer ce grand poète de l’autre siècle qui sentait la punaise le pipi et l’absinthe. Il avait eu le tort de naître à une époque où le sodomite n’était qu’un asocial aux mœurs unanimement décriées. Depuis, des rois, des maréchaux, de hauts dignitaires avaient contribué activement ou passivement à la promotion étonnante du philopède. Le septième cercle de l’Enfer était devenu un salon immense peuplé de gens de bien. »</i><br>Avec le règne des psychotechniciens, les hommes se sont rangés en classes sociales distinctes. Au bas de l’échelle, se situent les « zobréros », la valetaille des vaincus, les prolétaires qui pourrissent dans des conditions révoltantes, canalisés par la religion. Les patrons sont soutenus par les «bocadors », conférenciers charismatiques à leur dévotion , dont l’image est véhiculée à travers des médias manipulés. L’amour du sang, dont la chasse est un reflet, prouve que les Dieux sont à l’image de l’homme, rendant toute religion inutile, y compris le christianisme. <br>Le pouvoir, en ce monde futur de 2050, est détenu par six dictateurs, purs produits de la méchanceté et décadence de l’époque, qui s’appellent eux-<wbr>mêmes les « homotimes » . Ce sont des vieillards qui vivent en un château isolé, dans la sierra de Los Lobos :<br><i>« L’ascension des six sages à la magistrature suprême était sanctionnée automatiquement par l’abandon de tous leurs biens au profit de la communauté. Mais chacun d’eux savait que trois mois après son élection il se retrouverait à la tête d’une fortune dont il ne jouirait d’ailleurs pas. Galbo était d’une cruauté néronnienne, Néra pédéraste, Latek gâteux, Elba ivrogne, Shobim hystérique et Agman, le doyen, sinueux comme un membre d’archevêque. »</i><br>Détenant un pouvoir sans limites, ils exercent une effrayante répression sur une masse amorphe et coupable. Sous les oripeaux d’une pseudo-<wbr>démocratie, la terre s’étant mise en république mondiale, ils suivent une Constitution soi-<wbr>disant originale, en fait « <i>un démarquage d’anciennes Constitutions en pire</i> ». Ils dressent un constat cynique de l’état du monde. Bien que les guerres entres races s’étaient toutes éteintes puisqu’il n’y avait plus que des métis, les millions d’assassinats particuliers qui se déroulaient sur terre, ne suffisaient pas à enrayer la progression du mal. L’amollissement dû au confort moderne avait bloqué toute initiative :<br>«<i> Une multitude de petites trouvailles domestiques, ingénieuses ou farfelues, transforme la vie du civilisé en un paradis (…). Nous ne nous apercevons pas que cette civilisation nous asservit à la chaussette inusable et à la chemise-<wbr>qu’on-<wbr>ne-<wbr>repasse-<wbr>pas. C’est une civilisation de paresseux. (…) Elle fait de nous les esclaves satisfaits du confort, de la mayonnaise préfabriquée et du spaghetti-<wbr>minute. »</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i> <i><br></i>La civilisation n’est donc plus qu’un mot, l’humanité un échec et l’homme une faillite. La dégénérescence collective repose sur celle de l’individu. Des mâles dévirilisés,  asexués répandent une androgynie inacceptable :<br><i>« Les grands géniteurs n’existent plus. J’ai cherché en Russie et en Afrique des boxeurs poids lourds. Il ne reste plus que des mouches. Il y a deux siècles on trouvait encore des piliers de rugby velus comme des orangs. C’étaient de magnifiques animaux. Aujourd’hui nos athlètes n’ont pas plus de poils que des filles. »</i><br>La mémoire culturelle des siècles passées sera, elle aussi, annihilée par des invasions plus que probables :<br><i>« Permettrez-<wbr>vous que des millions de nichilodos à peau blanche, noire ou safranée, campent victorieux et saouls, au cœur de Rome ou de Paris ? Voulez-<wbr>vous voir dans les Champs-<wbr> Elysées, les feuilles de marronniers palpiter sous les millions de poux apportés par les vainqueurs ? »</wbr></wbr></wbr></i><br>Se sachant aussi misérables et méprisables que leurs concitoyens, les six Sages prendront la décision d’anéantir l’humanité, de vider la terre de la présence humaine, en agissant de manière concertée et rationnelle, chacun d’entre eux devant s’occuper d’un secteur spécialisé. Lorsqu'ils auront réussi dans leur entreprise, mais seulement à ce moment-<wbr>là, ils font le serment de se suicider pour clore définitivement le programme. <br>Des armes à virus , forgées en des usines souterraines, seront lancées sur tous les pays du monde, en commençant par les villages, en une répétition générale, suivies par les îles afin d’isoler les continents. Elle seront suivies par des armes de destruction massive, champ de prédilection de l’un des Six :<br><i>« Il devint lyrique lorsqu’il étudia les possibilités miraculeuses de ses derniers engins. Ils pulvérisaient le</i> <i>granit. Ils faisaient fondre l’acier même lorsqu’il était noyé dans le béton. Ils le sentaient. Ils le détectaient. Ils avaient la haine du métal.</i> <i>Les bombes s’attaquaient sans hésitation aux ponts, aux viaducs, aux canalisations, aux rails, à tout ce qui était métal, de la grue géante à l’évier, de l’automotrice à la cuiller à pot. »</i><br>Avant cela, il importe de détruire toute trace des œuvres humaines, surtout les plus belles. C’est Agman, le chef des Six et le plus pervers, qui aura pour tâche de parfaire cette importante mission. Il fera convoyer en avion, de partout dans les monde, les œuvres picturales les plus célèbres , toutes celles qui donnèrent de la société une idée trop favorable, pour les livrer avec délectation aux flammes :<br><i>« Il frissonna en voyant le beau ventre de Bethsabée se gonfler comme un pet-<wbr>de-<wbr>nonne avant d’éclater sous la morsure du feu. (…) Il voulait voir…oui… il voulait voir craquer les cuisses de l’Olympia et suivre sur le visage de la belle Zélie le cheminement des flammes à l’assaut des accroche-<wbr>cœur du front. Mais il se promettait bien, cette fois, de procéder avec une lenteur gourmande. »</wbr></wbr></wbr></i><br>Cette destruction précéda de peu des troubles sociaux de plus en plus importants, que l’on suscita en de nombreux pays. Avec l’émergence dans les peuples d’une mystique de la destruction, puisque la fin du monde aurait été prédite et que l’on devait suivre la volonté de Dieu, des déplacements de masse jetèrent sur les routes des millions de pèlerins voués à la mort, que précédaient des prophètes, ce qui simplifia la tâche des Six, qui aidèrent, comme il se doit les malheureux dans leur quête :<br><i>« Une heure ou deux avant l’aube, alors que la flamme des cierges devenait plus pâle, des rockets passaient et repassaient silencieusement à cent mètres puis à vingt au-<wbr>dessus des champs bossués par les corps. En quelques minutes tout était consommé. »</wbr></i><br>Par moments, les « Sanguinaires » s’étonnèrent de la facilité de leur entreprise. Aucune opposition ne s’était dressée contre eux, ce qu’ils auraient presque souhaité. Ils mirent cette passivité sur le compte de la déchéance humaine :<br><i>« Devaient-<wbr>ils abandonner l’espoir de voir se dresser contre eux un révolutionnaire… un vrai…un Spartacus…un Savonarole… un Ferrer… un de ces conducteurs de peuples qui apparaissent brusquement aux époques où la foule hurle à la mort. Hélas ! les trublions nobles, les mendiants de la liberté s’étaient en quelques siècles, mués en esclaves, des esclaves gras et satisfaits. »</wbr></i><br>Les éradications en masse, les suicides collectifs prenaient encore trop de temps. Il fallait accélérer le processus si l’on voulait terminer dans un délai raisonnable. Alors, ils firent édifier des usines cyclopéennes où l’on fabriquait à la chaîne des engins de mort sans pilote, lâchés immédiatement au-<wbr>dessus des grandes villes, Rome, Londres ou Paris :<br><i>« Larguée de vingt mille mètres de hauteur à la verticale de Notre-<wbr>Dame, la bombe stoppa aussitôt tous les gestes de la vie à l’intérieur d’un cercle parfait de 20 kilomètres de diamètre. On eût dit qu’une épidémie foudroyante de paralysie avait fondu sur la ville et les départements voisins. Tous les êtres vivants avaient été surpris dans l’attitude même qui était la leur à 16h 36 ce jour-<wbr>là. (…)  Les vitres des maisons n’avaient pas bougé, mais les habitants, victimes d’une affection cardiaque collective, s’étaient immobilisés, celui-<wbr>ci au volant de son camion, cet autre le nez</wbr></wbr></wbr></i> <i>sur sa chope, dans la banalité des gestes quotidiens. <br>Quinze jours après, atteints à leur tour par la lente pourriture de la pierre et de l’acier, toutes les maisons, tous les palais de Paris tombaient en poussière. »</i><br>On aida, dans les villes restantes, la lie du monde à s’exprimer :<br><i>« La cruauté avait ses artistes. Ils sculptaient les oreilles ou les nez à coups de couteau ou s’acharnaient sur les jeunes seins qu’ils coupaient comme des grape-<wbr>fruits. Les plus ignobles avaient trouvé un jeu de mardi-<wbr>gras qui amusait les autres. Ils</wbr></wbr></i> <i>se faisaient des moustaches brunes, blondes ou rousses avec le pubis des filles.» </i><br>Tous ceux qui désiraient encore respirer, tous ceux qui avaient assez de conscience personnelle ou un instinct de survie exacerbé, qui se réfugiaient dans des cavernes, des abris, des caves, des retraites blotties au fond des bois, furent traqués par des armées spécialisées et renvoyés au néant, jusqu’à l’expiration des derniers humains libres.<br>Puis, ils s’attaquèrent aux animaux, ce qui fut plus facile, afin d’éviter que la vie vers l’évolution ne reprenne un mauvais chemin. Ils empoisonnèrent l’atmosphère du monde entier avec des poisons volatils et indétectables, utilisant les vents comme vecteurs de mort. Légitimement satisfaits de leur entreprise, les Six, lors de la dernière séance du Conseil, firent inscrire dans le marbre le beau souvenir de ce jour béni où une Terre vierge, débarrassée de la vie qui la polluait, pourrait poursuivre sa route inutile pour l’éternité. Enfin, ils se firent trancher la gorge par de jeunes aides, lesquels, à l’instar des serviteurs des pharaons d’antan, moururent, mécaniquement enfermés avec leurs maîtres. L’humanité était morte.<br>Un texte difficilement soutenable mais indéniablement original. L’auteur s’est lancé à cœur joie dans le dérèglement moral, appuyant le sadisme et le cynisme de ses remarques sur le rejet des valeurs humanistes. Un texte foncièrement réactionnaire, qui stigmatise le progrès et toutes les valeurs positives, telles que la bonté, l’amour, la création, la fraternité, ne retenant de l’homme que sa partie animale, avec une préférence pour les dérèglements sexuels, en utilisant, au plan formel, la métaphore globalisatrice de «la fin du monde ».<br>Au plan du fond, le style maniéré, amphigourique, poseur, qui emploie des termes depuis longtemps disparus de la langue – scions, priola, foal, nichilidos, jambot, frairie – prouve la recherche permanente d'une pose de l'auteur dans l’atteinte d’un « statut littéraire ».</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">871</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Une Saison En Auvergne</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/une-saison-en-auvergne-r867/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/contes-philosophiques.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Par lettres, la narratrice fait part à son compagnon resté à Paris de ses impressions romantiques à la vue de la grande plaine de Limagne et de la chaîne des Puys. En cure d’eau près de Clermont, elle constate que la source thermale devient brûlante. Des tremblements de terre l’inquiètent fortement. A l’instar des autres curistes, elle se hâte de fuir ce lieu menaçant quand soudain les volcans de la chaîne des Puy se réveillent et engloutissent la Limagne sous un lac de feu: <i>«Les avions qui survolent cette mer brûlante, aperçoivent, sous la surface, la carte tragique de ce malheureux pays. Les flèches et la toiture de la cathédrale de Clermont y font un étrange îlot; la chaîne des dômes se reflète dans ce lac immense. On distingue sur les lignes de chemin de fer, les trains saisis en marche, exactement à midi 55. »<br></i>Une petite nouvelle française traitant du thème de la submersion.<br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">867</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Saints D'or Ou Colomb Decouvre L'europe&#xD;
</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-saints-dor-ou-colomb-decouvre-leurope-r866/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/saints-d-or.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Jessica Richter et Cornélia, deux sœurs, résident à Obermenzing, en Allemagne. Jessica, souffrante, prête à essayer tous les remèdes « spirituels » qui guérissent, vit avec Karli Schwöhrer qui dort toute la journée,  et « un certain Michaël », n’hésitant pas, à l’occasion, à se faire faire un enfant, le petit Ménélik, par Tobias Seelewig, lesquels deviendront des personnages fondamentaux dans la suite du récit. Jessica fait aussi la rencontre d’Eugène, dit «Nostradamus Deux », un charlatan doué, enseignant les sciences spirituelles de « l’Ere du Verseau ». Cependant, ce fut Cornélia qui s’entichera le plus de cette personne et qui connaîtra une carrière fulgurante grâce à la rencontre inattendue de Jessica avec un vaisseau extraterrestre.  Ces immenses engins spatiaux atterrissent un soir près de Paderborn :<br><i>« Quand quatre-<wbr>vingt-<wbr>huit vaisseaux spatiaux avec des Saints d’or à leur bord atterrirent le vendredi 2 janvier, par une chaude journée annonciatrice du printemps, dans le territoire mentionné, les maisons, les forêts, les clôtures, les gens et le bétail furent aplatis comme par un gigantesque fer rouge. »<br></wbr></wbr></i>Après quelques heures, l’un des vaisseaux repartit non sans avoir prélevé des échantillons de la faune et de la flore terrestre. Jessica fut témoin de l’événement et, en fouillant les ruines avec Nostradamus Deux, elle découvrit un objet extraordinaire, une sorte d’artefact bleu pyramidal qu’elle baptisera « trèfle » et qui s’avèrera être un instrument de communication pour extraterrestre. A partir de ce jour Cornélia, enseignant « l’amour extraterrestre de l’Ere du Verseau », devint célèbre et riche par ses conférences données dans tout le pays. Elle parcourut le monde avec Eugène en écrivant de nombreux ouvrages.<br>Un deuxième atterrissage, puis un troisième, en Autriche, mit l’émotion à son comble. Cette fois-<wbr>ci, Cornélia, bien décidée à prouver la sainteté des extraterrestres, suivie d’une foule nombreuse, s’approcha du gigantesque vaisseau  en susurrant des mots d’amour et de bienvenue. Ce fut sa dernière tentative puisqu’elle fut proprement décapitée par un rayon issu de l’engin. Sans le savoir, l’humanité venait de basculer dans la nouvelle « Ere du Verseau »! Le premier contact avait eu lieu en 1993. En 2011, la Terre est totalement envahie. Partout s’étaient posés des vaisseaux extraterrestres grands comme des cathédrales :<br><i>« Aux premières heures du jour (heure d’Europe centrale), les Saints d’or apposèrent sur le globe à peu près à la hauteur du cinquantième parallèle une marque au fer rouge ayant la forme d’une couronne : tous les cent ou deux cents kilomètres, il y eut une brûlure qui fit siffler la terre et transforma en fumée et en cendres tout ce qui se trouvait sous les sceaux incandescents : les hommes, les  animaux, les plantes, tout. »<br></i>Les « Saints d’or » ou les « On-<wbr>ne-<wbr>peut-<wbr>plus-<wbr>Vénérables » -<wbr> c’est ainsi que l’on nomme les E.T.-<wbr> sont incompréhensibles, énormes, muets, luisants et roulants, et se déplacent à grande vitesse. Ils n’entrent pas en relation avec les Terriens mais les exterminent en accaparant leurs territoires. Jessica – toujours muni de son trèfle d’or, appelé « Treutling », -<wbr> y entend par hasard la voix de Nostradamus Deux, enlevé par les Aliens. Cette voix lui conseille de vénérer les Saints d’or qui, lors d’une sortie d’extermination, découvrent les sabots en bois portés par un autochtone autrichien. Poussés par on ne sait quelle motivation, ils demandent immédiatement une immense quantité de ces sabots. Les Européens, ne sachant comment lutter contre les entités, accèdent à leur désir en contrepartie d’un contrat qui leur laisse encore quelques terres à cultiver. L’intermédiaire privilégié et obligé entre les extraterrestres et les habitants d’Obermenzing est un certain Seelewig, dont le (supposé) fils Ménélik note les faits et les gestes .<br>Sous la pression étrangère, l’humanité a fondu. Il reste encore de par le monde quelques cinq cents millions d’êtres humains menacés également par l’effet de serre et la montée des eaux : <br><i>« A partir de cette époque, nous vécûmes au sein d’une communauté qui ressemblait à la fois à une forteresse assiégée, à une petite bourgade médiévale et à un îlot perdu au milieu du chaos. Comme les médias disparaissaient, les gens perdaient la vue globale des choses (…) Notre «village» fortifié compta tout d’abord cinq à six mille habitants, plus tard, quelques autres « villages » de ce genre, à l’ouest de l’ancienne Munich, se joignirent à nous pour constituer finalement une ville moyenne comptant quelque vingt mille habitants. « Village fortifié » n’est pas simplement une métaphore ; peu à peu on construisit effectivement autour du Grand-<wbr>Menzing une enceinte surveillée jour et nuit. A l’extérieur, la violence et la peste faisaient rage. »<br></wbr></i>Ménélik, maintenant adulte, continue la relation des événements. Deux camps d’extraterrrestres se partagent la terre, les Saints d’or bleus en Europe, les « Violets » en Amérique, deux clans antagonistes. Les Bleus refusent que les Violets poussent plus avant leurs conquêtes territoriales. S’étant avisés que la seule arme terrienne susceptible de les anéantir était le bruit, ils chargent les habitants d’Obermenzing, sous la conduite de Tobias Seelewig, d’anéantir les Violets infiltrés dans la haute vallée du Rhin. Grâce à la « sirène atomique », un engin humain inventé à l’occasion et qui produit un son terrifiant, les hommes font littéralement « fondre » les Saints d’Or envahisseurs qui abandonneront la région. En contrepartie, les vainqueurs, dans leur réserve d’Obermenzing, seront choyés par les «Bleus » qui leur distribuent de la nourriture ainsi que des Treutlings, appareils agissant sur le cerveau humain à l’instar de drogues mais qui font tomber l’utilisateur en poussière au bout de quelques années :<br><i>« Certes, la pollution de l’environnement diminua et il n’y avait plus de plastique. Les nuits de pleine lune étaient longues et romantiques, et quand une jolie fille en jupe courte traversait la rue, tenant une cruche à la main gauche et une lanterne dans la main droite, pour aller chercher une bière à la buvette – peut-<wbr>être pour son amant épuisé-<wbr>, c’était un spectacle charmant. Mais quand un incendie se déclarait, comme c’était parfois le cas, et que les puits étaient vides, quand on entendait les hurlements d’un violeur que l’on éventrait sur la Steuber-<wbr>Platz ou d’un voleur de petits pains auquel on coupait la main, quand les latrines, par temps lourd, répandaient leurs émanations nauséabondes et quand, comme chaque année, le grand fléau des mouches vertes s’abattait sur Grand-<wbr>Menzing, les choses étaient très différentes. Les charmantes vitres en culs-<wbr>de-<wbr>bouteille des petites maisons de la Kemnahten-<wbr>Strasse étaient ravissantes, mais quand un arracheur de dents opérait sans anesthésie et que les hurlements de son patient s’élevaient bien haut au-<wbr>dessus du parc du château, ceux qui se souvenaient encore du bon vieux temps se disaient qu’il aurait tout de même été préférable que les Saints d’or ne vinssent pas nous « sauver ».<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>La situation reste critique dans la réserve à humains. Hormis la fabrication des sabots en bois, l’économie a disparu, la médecine remplacée par un chamanisme dégradée dont Jessica est la grande-<wbr>prêtresse. Sous la tutelle de Seelewig, les humains filent doux sauf Burschi, le contestataire, qui suggère d’essayer la sirène atomique contre les Bleus, «ceux-<wbr>là de là-<wbr>bas qui nous ont volé nos terres ». Avec une bande de révoltés extérieurs à Menzing, il vole la sirène et entreprend une campagne victorieuse contre les Saints d’or. Rolff, le correspondant extraterrestre de Seelewig, affolé, demande aux humains « fidèles » d’éradiquer le péril, leur confiant l’arme à « rayons oranges découpeurs ». Burschi et les siens seront exterminés. Pour fêter l’événement, grande distribution de Treutlings. Quant à Seelewig et famille, ils accèdent à un statut de commandement privilégié.<br>En 2035, il ne reste plus que quelques centaines d’humains sur Terre, tous réunis dans le village d’Obermenzing, dont Ménélik et Jessica, maintenant vieille et toujours souffrante. Pour éviter à jamais toute révolte, les derniers humains, parqués dans le « zoo Menzing » devront avoir une jambe coupée, sauf Seelewig, évidemment. Ménélik, choyé par Jupp le remplaçant de Rolff, sera le dernier terrien. Il aura pour mission de relater le plus sincèrement possible, à l’usage des extraterrestres, ce qu’a pu être la civilisation humaine du temps de sa splendeur :<br><i>« Pendant un certain temps, je ne remarquai même pas que j’étais le dernier homme en vie. C’est lorsque six semaines eurent passé sans que j’eusse vu un unijambiste ou une femme que je commençai à m’inquiéter et que j’inspectai toutes les maisons  les unes  après les autres.Je criai, mais il n’y avait plus personne pour me répondre.<br>Récemment, j’ai rêvé que Mara était revenue. Elle avait onze ans et disait qu’elle continuait à rêver le monde, que je pouvais être assuré. Mara était âgée de plusieurs centaines d’années et elle était complètement nue. Elle portait le chapeau rouge puceron de tante Jessica. Dans mon rêve, Mara me dit qu’elle avait cessé de rêver les Saints d’or. Le monde n’est qu’une chimère argentée sortie des rêves de Mara. Je suis rassuré. »<br></i>Un récit grinçant, dérangeant, burlesque, révolutionnaire, relatant sous la forme d’une immense métaphore, la rencontre des Européens avec les Américains primitifs, et ce qui en résulta. Avec un style foisonnant, baroque (même en traduction, ce qui donne à penser de l’original), l’auteur s’attaque aux tares humaines : l’égoïsme, les jeux de pouvoir, les fausses religions et les combinaisons méprisables. Un récit à mettre en parallèle avec celui de Silverberg « le Grand Silence ». Une réussite !</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">866</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Saint-Sylvestre Des Barbares</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-saint-sylvestre-des-barbares-r865/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/saint-sylvestre-des-barbraes.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le narrateur, Richard Malétrin, fait la connaissance de Saint-<wbr>Léger qui, étudiant en médecine, devient son ami. Saint-<wbr>Léger épouse Nadège, et Richard, qui est professeur, remarque l’une de ses élèves, Ludwine, sa future femme. Vivant à Boutrance en appartement avec Ludwine, il ne se rend pas compte à quel point sa vie sociale est sur le point de basculer en cette fin de siècle. Nommé à Nanterre, il acquiert une propriété secondaire dans le village de Saint-<wbr>Germain d’Yrande pendant que Saint-<wbr>Léger occupera le château de Rochegune,  une vieille forteresse située dans la même région qu’il pressent assez solide pour résister aux événements dont les signes avant-<wbr>coureurs se multiplient. <br>Des sauvageons, les " Zoulis " mettent à mal le consensus social avec une agressivité telle qu’elle entraîne des désordres sociaux graves et provoque des morts, surtout en milieu urbain :<br><i>" Visiblement un délire s’emparait des rues de la capitale ou des quartiers entiers, moins informés que nous de leur désastre, défilaient dans la joie jusqu’à des carrefours de l’horreur où l’on voyait des coques noires de voitures retournées devant des boutiques d’où s’échappaient des flammes. (…)  Des grappes d’hommes et de femmes entraient en haine. On s’emparait de ceux qu’on prétendait reconnaître comme incendiaires à leur chevelure partiellement rasée, à leurs tatouages, à leur jeunesse. "<br></i>A la Saint-<wbr>Sylvestre de l’an 2000, les troubles se propagent comme un feu de paille : les villes sont incendiées tandis que des forces urbaines de sécurité essaient d’appréhender les jeunes anarchistes. Mais rien n’y fait même pas la formation de partis politiques extrémistes tels que les P.O.R. (Parti de l’Ordre et du Renouveau) ou les P.U.R. (Parti de l’Urgence Républicaine). La situation est hors de contrôle.<br>Richard déménage dans sa ferme de Saint-<wbr>Germain d’Yrande laquelle, bien qu’ayant déjà été saccagée, constitue encore un lieu de repli acceptable. Ses voisins, les Violis et les Renard, l’aident à s’installer tandis que Ludwine manifeste une nette mauvaise humeur à l’idée de jouer à la fermière. D’autre part,  Saint-<wbr>Léger a entrepris la restauration de Rochegune pour transformer la citadelle en abri sûr.  Un tendre sentiment unit aussi Richard à Nadège sans que cela n’altère les rapports entre les deux amis.Les systèmes politiques se dégradent rapidement et Paris se retrouve brusquement scindé en plusieurs circonscriptions urbaines autonomes :<br><i>"Chaque quartier de Paris organisait des barricades. Les habitants du XVIIème avaient mis à profit la fosse du chemin de fer qui les enveloppait au nord pour fermer une partie de l’arrondissement. (…) Sur le boulevard de Courcelles, tous les volets étaient tenus fermés jusqu’au second étage, des barrières obstruaient les rues où on ne pouvait s’engager qu’avant huit heures et sur présentation d’une carte. Un couvre-<wbr>feu de fait s’était peu à peu institué dans toutes les grandes agglomérations divisées en quartier qui assuraient leur propre protection. "<br></wbr></i>On pend les " Zoulis " aux lampadaires ; le président Gérard Furlace fait voter des lois d’exception. Les citadins commencent à fuir les villes avec beaucoup de difficultés car tous les services sociaux sont déficients. Mais il est trop tard pour se protéger des avanies et la plupart périssent en cours de route ou se retrouvent en manque d’essence. L’égoïsme et l’insécurité se généralisent. Saint-<wbr>Léger travaillera  à l’hôpital d’Auzarce, proche de Rochegune, Richard et Ludwine s’installeront définitivement dans la forteresse. Bien leur en a pris car la campagne environnante est gagnée par les troubles. Des voisins, les Lopez, sont sauvagement assassinés et leurs têtes décorent les plats de faïence trônant sur la table de la cuisine. Les Zoulis se sont spécialisés : il y a les " Iroquois ", qui tuent en silence, les " Cambrioleurs ", les " Violeurs ", etc. : <i><br>" Il y avait les crameurs, les gentlemen, les barbe-<wbr>bleues, les grands saigneurs, les requiems, les petits marrants, les postiches, les asociaux, les chinois, les salopes, chaque bande classée selon son style. "<br></wbr></i>Ludwine, lors d’un des derniers séjours du couple dans leur ferme isolée, est violée par des Zoulis et Richard, en passe d’être noyé dans sa piscine, doit la vie sauve à l’intervention énergique de Jules Renard , un voisin, avec son fusil. Renard, dans l’action, perd son fils Jerry ; il deviendra de ce fait un farouche tueur de Zoulis. La vie à Rochegune est difficile. L’essentiel du travail de ses habitants, composés par d’autres voisins venus se mettre en sécurité, consiste à fortifier et à renforcer les défenses naturelles du château. Saint-<wbr>Léger, bien que soignant encore les éclopés de passage, se rend compte que, pour ne pas être submergé par toute une plèbe de malheureux, il lui faudra modérer son ardeur. Parfois, des motos rôdent aux environs. Richard aidé par une amie, Tara, a découvert un souterrain qu’il s’emploie à déblayer. Paris a définitivement sombré dans le chaos. Des islamistes, profitant de la faiblesse de l’Occident, larguent deux bombes atomiques sur la capitale. C’est le dernier des soucis pour les habitants de Rochegune qui doivent faire front à la première attaque d’envergure des Zoulis :<br><i>" Par le chemin de Saint-<wbr>Germain arrivait un cortège de voitures silencieuses. On avait retiré leurs portières et couvert le pare-<wbr>brise d’une tôle généralement prélevée à la voiture elle-<wbr>même, souvent le couvercle de la malle grossièrement fixé aux montants et perforé d’une fente qui permettait de voir. Quelques-<wbr>unes des voitures dont le moteur fonctionnait en entraînaient d’autres en remorque, mais la plupart étaient poussées par des êtres des deux sexes, souvent très jeunes, et tous d’une maigreur que cachaient mal les peintures primitives dont leurs corps nus, enduits de blanc étaient partiellement ornés. Leurs yeux étaient couverts d’un masque plat, leur cou enveloppé de bandelettes pâles qui gagnaient le visage, annulaient la bouche mais épargnaient les oreilles soulignées de rose comme les parties sexuelles, et le crâne d’où les cheveux étaient absents, ou blanchis, ou tressés de nattes tentaculaires plongées dans des teintures multicolores. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Ceux-<wbr>ci, qui n’ont pas peur de mourir, entassent des carcasses de voitures pour combler les fossés, dressent des échelles contre les murs pour prendre d’assaut la forteresse, constamment stimulés par un orchestre dément. Ils sont  près de réussir leur invasion, lorsque Richard et Tara, utilisant le boyau dégagé, font sauter l’orchestre, le réduisant au silence et démoralisant du même coup les Zoulis. Ludwine, dans l’action, s’était réfugiée chez les jeunes assaillants. Découverte, elle est immédiatement mise à mort par les défenseurs de Rochegune. Tara meurt elle aussi dans l’explosion, quant à Richard, sérieusement blessé, il se remet lentement du désastre. Une seule Zoulie est retrouvée vivante, créature falote et informe, qui, comme un chien, s’attachera à Richard pour lui servir de dérivatif sexuel.Le temps passe, interrompu par l’arrivée soudaine d’un hélicoptère de combat qui atterrit dans la cour du château. <br>De retour d’un champ de bataille en Italie, le colonel-<wbr>pilote (surnommé 92) a décidé de jouer son propre jeu. Envisageant de se mettre à l’abri des hostilités, Rochegune lui semble l’abri idéal. Saint-<wbr>Léger ne le détrompe pas car il faut un chef à compétence militaire pour défendre la forteresse. Prévoyant de se réapprovisionner en essence à Boutrance, ancien lieu natal de Richard, 92 lui propose un aller-<wbr>retour en hélicoptère pour qu’il puisse prendre des nouvelles de sa mère. L’hélicoptère est attaqué dès l’atterrissage, 92 périt dans les flammes et Richard se retrouve isolé de Rochegune. Sa mère, qu’il a revue, ne le suivra pas dans son périple du retour à pied vers le château, ce qui, dans les circonstances actuelles, s’apparente à une odyssée. Il suit d’ailleurs des recommandations bien utiles :<br><i>" Il te faudra un jeu de brassards et au moins deux passeports. Je peux te céder un sauf-<wbr>conduit du P.U.R. que tu feras transformer. Pour l’autre, on vous le vendra à la mairie. Dis -<wbr> toi que partout où tu iras, qui voyage est d’abord suspect. Le mieux est de te procurer un plan de chaque patelin où tu es forcé de passer et de te présenter toujours comme quelqu’un de la région. Le truc des miliciens en civil est de se faire prendre eux-<wbr>mêmes pour des gens de passage. Ils te demandent des directions. Ils veulent toujours savoir le nom du maire ou celui des églises. "<br></wbr></wbr></wbr></i>Echappant aux miliciens zélés dans telle ville, vivant d’expédients dans telle autre, subsistant quelque temps en compagnie d’une femme pour se refaire une santé, laissé pour mort par trois vagabonds, sauvé par un Arménien qui le prend en protection, Richard, après bien longtemps fait une entrée peu glorieuse à Rochegune. Saint-<wbr>Léger est mort, tué par des rôdeurs. Nadège, devenue folle, meurt elle aussi dans ses bras. La situation du groupe est corrompue et l’on attend de Richard qu’il y mette bon ordre.Tout en réorganisant la vie au château, Richard arrive à s’emparer d’un engin à vapeur mené par d’anciens truands, dont il se débarrasse, et qui rendra dans l’avenir de signalés services à la petite communauté. Le nouveau moyen âge est définitivement retombé sur l’Europe en ce début du troisième millénaire :<br><i>" Les habitants de Bourges s’étaient donné un roi. Selon de mystérieux documents, il était l’héritier de la race mérovingienne qui, après treize siècles révolus devait régner de nouveau sur le royaume de France. Ou : Quelque par en Lorraine, des enfants entraînés par une fille de quinze ans qui promettait de les mener au paradis avaient créé une communauté dans un parc d’attraction imité de Disneyland. Ils y avaient grandi et adoraient un nain géant avec une tête à deux oreilles énormes surmontées d’un bonnet en forme de pénis auquel ils sacrifiaient les égarés pour s’en nourrir. Egalement : Des scientifiques et des gens de lettres fondaient des clubs dont les membres, la tête rasée, devaient se relayer jour et nuit pour réciter le texte de la Déclaration des Droits de l’Homme. "<br></i> La vie ne laissera d’autre choix à Richard, replié au sein de sa forteresse, que d’épouser l’ancienne Zoulie, surnommée la "succube" et appelée aussi "la Droite" qui lui donnera trois enfants pour lesquels il espère un avenir meilleur.<br>Un récit charpenté, des rebondissements constants, une écriture en finesse et un niveau de langue soutenu, font de ce roman une œuvre intéressante. Bien que le thème de la lutte des générations soit déjà bien implanté dans le  genre ("2024" de Jean Dutourd, " les Loups dans la ville " de Kancer ) l’originalité formelle de ce texte le range parmi les meilleurs.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">865</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Saint Decouvre Le Virus 13</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-saint-decouvre-le-virus-13-r863/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/saint-virus-13.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Une aventure du Saint dans laquelle Simon Templar, appelé au secours par Fernack, le représentant de la police officielle, se heurte à un savant fou ex-<wbr>nazi, Anton Morgan, dont le but est de négocier au plus offrant un virus mortel, capable de dépeupler la planète:<br><i>"  -<wbr> Qu’est ce que c’est ? murmurait Greta considérant le décor et toutes ces boîtes scellées.  -<wbr>Tout simplement la victoire du 3ème Reich, Greta, répondit l’homme à la tête de mort, en ce moment assis dans un fauteuil de cuir. Il observait la jeune femme avec un sourire narquois;  entre ses doigts, il tenait une cigarette dont la fumée s’élevait en volutes légères. -<wbr> Oui, la victoire... répéta-<wbr>t-<wbr>il d’un ton ardent. Si notre bien aimé Führer nous en avait donné l’ordre. .Hélas ! Cet ordre n’est pas venu.  -<wbr>Anton? murmura Greta avec une expression anxieuse sur son merveilleux visage.  -<wbr>Oui. Il y a ici de quoi faire périr non seulement les Etats-<wbr>Unis, mais encore le monde entier. Le virus 13 ne pardonne pas. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Accompagné de son fidèle gorille Uniatz, le Saint rencontre la troublante Greta qui joue double jeu,  et réduit à néant, après une lutte serrée, les ambitions d’Anton.<br>Un avatar médiocre du thème de l’épidémie axé sur l’aspect policier du récit en un style parfois approximatif.</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">863</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
