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<rss version="2.0"><channel><title>Livres: Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/page/50/?d=23</link><description>Livres: Livres</description><language>fr</language><item><title>Destination Tenebres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/destination-tenebres-r277/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/destination-tenebres-ok.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Jonah Scott, le commandant de bord du 747 « Delta Tango», en compagnie de son adjoint Jerry Chambers et de Kate, première hôtesse à bord et dans son cœur, était loin de se douter du destin extraordinaire qui l’attendait en ce jour de l’année 1995, lors d’un vol vers les USA, alors que l’atterrissage sur une piste de l’aéroport JF Kennedy retenait pleinement son attention. Le monde avait changé. Les Etats-<wbr>Unis, sous le triple coup de butoir que représentait la faillite économique, la chute vertigineuse du dollar et l’impossibilité de s’approvisionner en pétrole, avait perdu leur leadership :<br><i>« Et c’est alors que l’on vit le premier grand schisme de la population américaine : les gens affamés mais encore civilisés commencèrent à quitter les villes. A pied, à vélo, mais pas en voiture car depuis le Vendredi noir, il n’y avait plus d’essence et toutes les avenues et toutes les routes étaient complètement bouchées par les véhicules abandonnés.Ceux qui restèrent étaient habitués à vivre de leur débrouillardise. Les sans-<wbr>abris, les pauvres, les criminels et les fous pillèrent et saccagèrent comme on ne l’avait encore jamais vu. »<br></wbr></i>Les conséquences en furent rapides et effroyables. New York, comme toutes les autres grandes villes américaines se présentait comme une ville sans lumières, dangereuse, sans vraie autorité  et sillonnée par des bandes de voyous, des crève-<wbr>la-<wbr>faim, désireux de survivre quelqu’en soit le prix. Le crime, parfois jusqu’au cannibalisme, était omniprésent, et les déambulations dans les rues impossibles sans une sérieuse protection. D’autres part, les émigrants vers d’autres pays qui avaient moins soufferts, comme l’Angleterre, étaient impitoyablement refoulés.<br>Jonah, qui avait ses habitudes lors de ses escales, et grâce à quelques cadeaux alimentaires, avait acquis la confiance de Charlie, un noir herculéen, reconverti en chauffeur d’un taxi fonctionnant au méthane produit à partir de la fiente de poulet. Charlie attendait l’équipage pour le mener à leur logement habituel à Manhattan. L’immeuble lui-<wbr>même était constamment sous  la garde de John Capel, un ancien du VietNam, devenu l’ami de Jonah.<br>Les retrouvailles furent perturbées par des voyous qui voulurent forcer la porte de l’appartement, durant la nuit. Grâce à John Capel, blessé dans l’action, et celle de Jonah, pour qui ce fut le baptême du feu, les assaillants, seront tous tués et jetés sur le pavé, sans autre forme de procès. Jonah se disait qu’il vivait dans une curieuse époque où le meurtre était banalisé à un point tel qu’il apparaissait comme légal. Le retour vers l’aéroport fut du même acabit. Chambers,  ayant entre temps récupéré Nickie, une jeune fille qu’il aimait, la décision fut prise en commun, de la camoufler à bord pour lui permettre d’entrer illégalement en Grande-<wbr>Bretagne. D’ailleurs, pendant que l’on y était, la même proposition fut faite à Capel, immédiatement prêt à partir, lui aussi.<br>Avec la complicité plus ou moins ouverte des autorités directes de Jonah à l’aéroport  américain, le Boeing 747 put repartir, emportant en son sein quelque six cents passagers. Parmi ceux-<wbr>là, Jonah releva la présence de quatre savants Olaffsen, Moshe Rabbin, Waldheim et Volgel, qui revenaient d’un congrès,  de quelques politiques russes enfin d’une compagnie de soixante membres des SAS, commandés par le major Brand, qui avait mené une action de protection civile aux USA.<br>La destination finale de l’avion, soit Londres-<wbr>Heathrow, ne fut jamais atteinte, car, très peu de temps après le décollage, des nouvelles angoissantes parvinrent à l’équipage : Israël aurait largué des bombes thermonucléaires sur les pays arabes suite à un récent empoisonnement de son eau potable ayant provoqué la mort de plus de deux cent mille Juifs.  Le cycle de la violence s’était enclenché à une vitesse inouïe :<br><i>« -<wbr>Taisez-<wbr>vous Ben. Morty, passez votre message.<br>-<wbr>Roger 626. Je vais vous lire le signal que nous avons reçu de Londres-<wbr>Heathrow il y a huit ou dix minutes. Le Caire, Beyrouth et Damas ont été attaqués simultanément à 2h 00 GMT par des missiles nucléaires sol-<wbr>sol lancés, croit-<wbr>on savoir, par des bateaux de guerre israéliens mouillés en Méditerranée orientale. Tout contact a été coupé avec ces villes et les zones avoisinantes jusqu’à dix miles de distance. Des stations séismologiques de Turquie, du Golfe Persique, de l’Afrique orientale ont signalé des secousses d’environ six degrés sur l’échelle de Richter.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i> »<br>Les Russes, ainsi que les Chinois, supposant l’Amérique à terre, voulurent en profiter pour lui donner le coup fatal en l’accusant d’avoir soutenu les Israéliens. Mais l’Amérique, quoique affaiblie, gardait intacte sa force de frappe. En quelques minutes, les ogives fleurissent sur le monde entier :<br><i>«Il me montra le ciel à bâbord. Environ 30 degrés au-<wbr>dessus de l’horizon invisible, on pouvait voir un nuage sphérique et lumineux de la grosseur d’une balle de tennis tenue à bout de bras. Il pouvait se trouver à 50, 500 ou 5000 miles. Il était orange sombre au centre, vert sur le pourtour, rayonnant d’une façon cauchemardesque, un peu comme un champignon phosphorescent dans une forêt ténébreuse. Il semblait palpiter comme s’il avait été vivant. »<br></wbr></i>Même l’Angleterre, agressée par les Irlandais qui désirent leur indépendance, soutenus par Cuba, entre dans la danse. Les endroits les plus isolés, que l’on pourrait supposer épargnés, subissent le feu nucléaire à cause de bases militaires proches. En l’espace de deux heures, les pays du monde entier détruits, atomisés, radioactifs, cessent d’exister.<br>Pour l’équipage du 747 et Jonah en particulier, son désarroi légitime maîtrisé, le problème consiste à faire atterrir son avion géant sur un aérodrome à portée de navigation, ou, à défaut, sur un terrain plat suffisamment long. Le commandant de bord réunit une cellule de crise à laquelle sont conviés en particulier les Russes, les savants et le major Brand. D’entrée, les Russes tentent un coup de force espérant détourner l’appareil vers Cuba. Mais le major veille et avec Capel, ces derniers seront tués, leurs cadavres déposés dans la soute :<br><i>«Capel m’aida à me relever. Mes jambes étaient engourdies. Kate me fit rapidement avaler un grand verre et je jetai un coup d’œil circulaire tout en touchant avec délicatesse ma nouvelle tonsure. Nabokov était au sol, il regardait le plafond de ses yeux qui ne verraient plus. Sifflotant entre ses dents, Brand essuyait son poignard d’un air satisfait. L’homme du KGB, Sergei était face contre terre… La hache de Capel l’avait atteint presqu’horizontalement sur la nuque, sectionnant net la colonne vertébrale : il était mort bien avant de s’affaisser au sol. La seconde victime de Capel était avachie contre le bar. Il regardait avec une étrange indifférence le sang giclant de son bras gauche presque détaché ». De temps à autre, sa tête tournait d’un côté puis de l’autre. Il n’avait pas du tout l’air en forme, pensai-<wbr>je. »<br></wbr></i>Dans le poste de pilotage, de nombreux messages radios en provenance d’autres avions ou du sol leur montrent que la situation est désespérée. Les aéroports pressentis se ferment tous les uns après les autres, impraticables parce que bombardées ou soufflés dans les explosions. Décision est prise par Jonah de voler vers le Sud où il espère moins de retombées. L’aéroport de Funchal, dans les îles Madères est enfin prêt à les accueillir. Une demi-<wbr>heure seulement avant l’atterrissage, le radio au sol les prévient que des mesures de fermeture ont été mises en place, suite à une catastrophe provoquée par un pilote fou qui a ignoré les procédures d’atterrissage : la piste est en feu !<br>Toujours en vol, ils accrochent l’émission d’un radio-<wbr>amateur dans les Açores qui leur précise que l’atterrissage serait possible dans un parc de la ville puisque le proche aéroport de Latjes aurait été soufflé dans une explosion de grande envergure. Or, en survolant la zone, Jonah voit que les installations de cet aéroport restent opérationnelles, contrairement aux êtres vivants qui eux, sont tous morts.  D’après Volgel, cela serait le résultat d’une bombe à neutrons.<br>Jonah pose Tango Delta sans problème et est accueilli par Ed Burns, seul survivant du désastre, protégé par le sous-<wbr>sol. Les voyageurs, guidés par Kate se sentent soulagés et se croient définitivement sauvés. Il n’en est rien. La nourriture est rare et la radioactivité en augmentation constante. Il faudra repartir, toujours plus au sud, peut-<wbr>être dans les îles Falklands ou en Antarctique où existe la base scientifique de Mc Murdo, certainement épargnée. En restant constamment à l’écoute du monde, Johah finit par accrocher Red, un jeune officier du bout du monde,  qui l’informe des conditions météorologiques, topographiques et techniques. Muni de ces renseignements précieux, Jonah bat le rappel soucieux de voir s’établir au-<wbr>dessus de leurs têtes un immense nuage de cendres radioactives, nuage gris voilant le soleil. <br>Mais un choix drastique s’impose : comment décoller et toucher une destination à plus de 13 333 kilomètres sans réservoir supplémentaire, c’est-<wbr>à-<wbr>dire, sans alléger l’avion du poids de nombreux passagers, abandonnés à leur sort à Latjes ?<br>Une autre et immense surprise les attend lorsque arrive un Antonov 10 russe, un gros porteur, en errance depuis la mer Noire, piloté par la jeune Valentina Borofsky, en compagnie, de nombreuses femmes et des enfants, Le contact se fera aisément et l’on oubliera les rancoeurs nationalistes dans la poursuite d’un but commun, car Valentina, en proposant de prendre à son bord des passagers du premier avion, soulagera Jonah dans sa décision.  Départ est pris. Les deux avions abandonnant toutefois quelques sacrifiés volontaires, volent de conserve vers la base Mc Murdo. Avant tout, il faut atteindre l’altitude maximale qui leur permettra de toucher leur destination avec des réserves d’essence calculées au plus justes, et donc de traverser le couvercle de plomb du nuage radioactif. Jonah s’y risque en premier. Une demi-<wbr>heure de vol dans l’épaisseur de cet espace lugubre, durant laquelle ils encaisseront tous entre 200 et 300 REM pour surgir dans le ciel bleu :<br><i>« Chambers vomit un peu et se plaqua un mouchoir sur le nez. L’air était humide, fuligineux, épais et malsain, un mélange de crémation insoutenable et d’atroces cendres d’origine écoeurante. J’entendis Ben qui suffoquait, impuissant, dans un quelconque récipient et je sentis ma bouche se remplir de bile. Ce cauchemar sans fin continuait toujours… Le poste de pilotage était rempli de l’odeur intolérable des fumées sulfureuses, des vapeurs acides et douloureuses qui collaient la langue et brûlaient les yeux. Il semblait sans importance de savoir que la saloperie que nous avalions était radioactive et mortelle… nous étions assis, apathiques, baignant dans cette cochonnerie nauséabonde, tandis que notre avion vibrait et tanguait dans de violentes turbulences. »<br></i>Pour Valentina, la situation est plus délicate. Pour y parvenir, l’appareil doit encore s’alléger. Le sacrifice héroïque d’une quarantaine de femmes qui sautent dans le vide, lui redonnera vie et espoir. Ils atterriront, l’un à la suite de l’autre, sur le ventre, dans une épaisse couche de neige, à la base Mc Murdo où ils sont impatiemment attendus :<br><i>« Le Delta Tango voguait dans un océan de douceur blanche comme s’il avait flotté dans du coton hydrophile et je commençai à perdre la notion de mouvement. Le vertige faisait de l’équilibre sur le garde-<wbr>fou de ma raison, essayant d’y pénétrer, et la glissade continuait toujours. (…) Nous finîmes par ralentir et nous arrêter complètement enneigés, dans un silence brisé seulement par le sifflement de la neige et de la glace qui fondaient sur le métal chaud, très loin à l’arrière. Je notai – sans en prendre vraiment conscience-<wbr>  les bruits de claquement sec qui accompagnent le refroidissement du métal. »<br></wbr></wbr></i>Fêtés par les scientifiques présents dont ils rompent l’isolement, ils apprennent vite à vivre dans ce milieu hostile et froid qui sera pour longtemps leur seconde patrie. Du moins le croient-<wbr>ils. Car, au bout de quelques semaines, Jonah remarque que le soleil a changé sa course dans le ciel, qu’il paraît plus brillant, que la neige commence à fondre. D’après le groupe des scientifiques, il semblerait que les chocs répétés des super-<wbr>bombes dans l’hémisphère nord auraient entraîné un décrochage de l’axe de la terre, dont l’effet, à terme, est encore incertain. Il semble pourtant bien que l’Antarctique, dans un futur peu lointain basculerait sur une position proche de l’équateur, nouvelle que les survivants accueillent avec satisfaction :<br><i>« C’est sur ce point, dit-<wbr>il simplement, que nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord. Il y a trois possibilités : 1. le mouvement va se ralentir et l’axe arrêter dans une nouvelle position. 2, il va atteindre une position limite et revenir à sa position originelle. 3. le mouvement va continuer indéfiniment, de sorte que la terre va continuer à tourner autour de son axe et l’axe va continuer à tourner par rapport à un point relatif de l’espace. (…) Notre position actuelle va, si l’on peut dire, remonter presque jusqu’à l’Equateur, redescendre partiellement, remonter à nouveau et finir par se stabiliser sous une latitude subtropicale. Le nouvel Equateur passe par l’Amérique du Sud et l’Afrique du Sud. »<br></wbr></i>Hélas ! Ce n’était qu’une illusion. La vérité  est que le régime des vents modifié amène en masse les cendres radioactives vers les pôles où d’ores et déjà se font sentir l’effet des radiations mortelles. Le roman s’achève sur l’image de Jonah et de Valentina, seuls, se marchant dans un immense désert glacé pour y mourir :<br><i>« (…) Ils descendirent dans la neige et marchèrent .Jusqu’à ce qu’ils arrivent dans une neige profonde, vierge et humide autour d’eux, il n’y avait qu’un rayonnement blanc, qui devint rouge sombre et finalement noir et ils ne purent plus voir. Et vint le temps final, après qu’ils eussent combattu longtemps et vaillamment et que la faiblesse se fût emparée d’eux et ils s’allongèrent ensemble dans la paix silencieuse et le silence se transforma doucement en Eternité. »<br></i>Un excellent thriller apocalyptique mêlant adroitement thèmes catastrophistes et technologie. L’auteur, amoureux de l’aviation, est d’une précision extrême pour nous faire participer au quotidien de la vie d’un pilote et des conditions de vie d’un équipage. Se référant explicitement au «Dernier rivage», il établit, par un style tendu et de multiples rebondissements, une intrigue dans laquelle les événements tragiques s’enchaînent inexorablement. Le fait que la quasi-<wbr>totalité de l’action se déroule à l’intérieur d’une espace clos, en l’occurrence la carlingue de l’avion, concentre le drame par une unité de lieu, principe de base du classicisme. Un livre dense et prenant, qui se lit d’une seule traite. Un petit bémol (concernant la traductrice) : comment peut-<wbr>on traduire trois cents cinquante pages en confondant systématiquement le participe passé et l’infinitif complément? Je me perds en conjectures…</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">277</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Destination Fin  Du Monde</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/destination-fin-%20du-monde-r276/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/futur-annee-zero.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">En un avenir inquiétant, Nick et Nancy, Nardou et Nordinn, Chuck et Berry, pensent à s’amuser, à s’étourdir, à se distraire. L’une de leurs distractions favorite est de voir la fin du monde. <br>S’embarquant sur un vaisseau électronique, il leur est loisible de se projeter vers la fin des temps. Chaque couple rapporte à sa manière  ce qu’il a vu et leurs témoignages ne concordent pas : les uns visitent un monde à l’agonie, calme et plat, les autres assistent à une submersion généralisée, les troisième à une nouvelle glaciation. Tout semble se passer comme si la machine leur permettait de voir la fin qu’ils désirent voir.<br>Cependant ils ne se sentent pas concernés par les menaces mortelles qui se profilent actuellement dans leur monde à eux: l’alerte à la pollution, le développement de virus agressifs, les assassinats répétés de chefs d’état, ce qui prouve que la civilisation connaîtra vraisemblablement une fin plus précoce que celle qu’ils auront été amenés à voir.<br>Une nouvelle mettant en scène " la décadence " des jeunes bourgeois insensibles à un environnement social et physique déjà menacé. Un cri d’alerte de la génération des années soixante.</span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">276</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Une Descente En Angleterre</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/une-descente-en-angleterre-r274/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/descente-en-angleterre.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Pièce de théâtre en deux actes qui offre deux intrigues en parallèle. Celle de Clementina, fille de Fergusson, conjuré anglais, amoureuse d’Alphonse, jeune officier français évadé de prison. Celle de la prise de la place-<wbr>forte de Douvres, menée par la colonel Houssey, militaire anglais gagné aux idées de la révolution française et secondé par un navire français à la rescousse, annonçant l’invasion (la Descente) de l’Angleterre :<br><i>« Peuple Anglais ! qui avez su briser vos fers, apprenez que dans l’instant où une partie de l’escadre Française vient de débarquer, Buonaparte a effectué une descente générale… l’Ecosse et l’Irlande se sont soulevées, et ont réuni leurs forces à celles de la République Française. »<br></i>Les conjurés anglais, réunis chez Fergusson, espèrent se débarrasser de l’odieux régime de Pitt et faire triompher les idéaux révolutionnaires. C’était sans compter avec l’immonde traître Murai, qui dénonce les conjurés au commandant du fort de Douvres. <br>Prêts à être exécutés – y compris Alphonse-<wbr> ils seront sauvés par le coup de force français. Murai meurt, tué de la main de Houssey. Douvres sera soumise. Clementina épousera Alphonse et le régime anglais, miné de l’intérieur, vacillera sur ses bases lorsque les conjurés, en accord avec les Français, marchent sur Cantorbéry :<br><i>« Courageux Anglais ! vous n’êtes plus asservis sous un esclavage honteux… mais il ne suffit pas d’opérer une révolution à Douvres ; il faut encore imprimer ce mouvement à toute la grande Bretagne… Nous venons pour affranchir les mers et rendre l’indépendance aux Nations opprimées. C’est dans Londres que règne la tyrannie ; c’est dans Londres qu’il faut la renverser. »<br></i>Une pièce datée et historique relatant l’une des premières invasions de l’Angleterre dans le cadre d’une guerre future. Un tableau brillant et animé, de beaux sentiments teintés d’héroïsme, et cette idée incroyable d’une amitié indéfectible entre Français et Anglais. L’on pouvait encore y croire à l’époque !</wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">274</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Desastre, Fragment D'une Histoire Future</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-desastre-fragment-dune-histoire-future-r273/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/desastre.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24"><i>"Ce cahier donne les leçons professées en 2045, à la Faculté des lettres françaises de Québec, par l'illustre Joseph Dyvetot, dont le cours d'histoire philosophique étudiera "l'Europe après 1930 et la Revanche de l'Allemagne".<br></i>Après cet avertissement qui permet à l'auteur de prendre le point de vue de Sirius, ce dernier se livre à une analyse critique et pertinente, sans complaisance, des causes d'une probable future guerre européenne. D'abord, il convoque les hommes politiques français de tous bords principaux responsables, selon lui, du désastre, de par leur pacifisme, surtout celui des socialistes Blum et Driant,  relayé par les journaux de l'époque, leur hypocrisie, et leur seule préoccupation qui était de profiter au maximum du pouvoir pour s'approcher en premiers de la "mangeoire":<br><i>"Les factions politiques uniquement occupées de leurs manigances électorales et de leurs combinaisons parlementaires, ne semblaient même pas se douter que le sort de la patrie fût en jeu. Il ne s'agissait entre elles que d'une querelles de ventres, autour du râtelier bien garni que leur offrait le pouvoir. (Ils) se contentaient de jouir de leur fortune, de s'octroyer à leur tour les prébendes et de distribuer les fonds secrets en n'ayant nul souci de la France".<br></i>En nouant des alliances objectives entre partenaires aux idées pourtant inconciliables, ils s'entendent à merveille pour manipuler une population lâche et veule , dont les classes privilégiées , des immigrés de fraîche date, s'offrent une vie facile par les douteux plaisirs du sexe et de la bonne chère:<br><i>"Attirée par  l'appât, une nuée de parasites se jetait sur la province et la campagne françaises. Ils accouraient de tous les points du globe, -<wbr> d'Orient, de Russie, d'Allemagne, de Chicago, de Bombay, pour prendre leur part des dépouilles de ce vieux pays. Juifs, Levantins, Hindous, ils composaient la tourbe cosmopolite qui s'engraisse de la misère commune."<br></wbr></i>Dans le domaine économique, l'on minimise la crise de 1929, la bourgeoisie prétendant qu'après un nécessaire assainissement, le capitalisme, épuré,  redeviendra l'outil merveilleux propre à enrichir encore davantage les nantis. La position du Vatican n'est d'ailleurs pas oubliée qui, au nom d'un oecuménisme religieux protège ses intérêts en minimisant le péril germanique. Le déni en face d'une Allemagne agressive et revancharde est donc universel. Rien d'étonnant donc que, de reculades en reculades, le traité de Versailles soit déchiré et que, sans que personne ne lève un sourcil, l'Allemagne puisse fortement se réarmer, occuper des territoires qui lui sont étrangers, comme la Pologne, ou refuser de payer ses dettes de guerre en réclamant un moratoire.<br>Après avoir exploré les causes de la guerre, l'auteur passe à l'avenir des relations internationales en Europe avec, au centre de celles-<wbr>ci, la dangereuse Germanie, prête à engloutir la France. Il fait parler le général von Seekt livrant son coeur dans un mémoire (fictif) adressé à son secrétaire. Il lui montre en toute franchise la duplicité, l'immense orgueil et la soif d'une Allemagne malmenée. Menée par des Hohenzollern , avec l'appui d'un certain Hitler, une armée de soldats aguerris sont prêts à se vouer corps et âmes à leur patrie:<br><i>"Les événements ne se répètent jamais tels quels, et la guerre prochaine réalisera sous une forme inédite la concentration des forces et la surprise qui sont les moyens éternels de la victoire. (...) La guerre prochaine ne sera plus une guerre interminable de tranchées. Nos bataillons uniront à la puissance des armements la vitesse et la mobilité. Leur attaque subite, jetant autour d'elle le feu et les gaz, bouleversera la mobilisation de l'ennemi. Et nous disposons d'engins, d'explosifs, de fumées, de poisons que nos laboratoires ne cesseront d'améliorer et qui révèleront au monde les bienfaits de la science allemande."<br></i> En face d'une Angleterre frileuse, d'une France endormie et décadente, d'une Russie entravée par des traités commerciaux, l'Allemagne a désormais le champ libre pour se tailler un empire sur mesure. La Pologne déjà occupée, l'Autriche s'étant toute entière jetée dans les bras de la Germanie, von Seekt explique que tout naturellement les régions à forte implantation tudesque devront appartenir à la nation-<wbr>mère. Il réclame l'Alsace et la Lorraine et les fera occuper militairement pour y "garantir" les droits d'un référendum juste pour ses habitants. <br>La France outré et acculée réagira enfin. Avec le général Weygand à sa tête, elle prendra les armes non sans avoir, préalablement, nettoyé les nids de la collaboration. Quelques hommes politiques parmi les plus en vue seront pendus, mais beaucoup réussirent à s'enfuir, surtout parmi les socialistes. Hélas! il est déjà trop tard. Car la guerre aura changé de nature, elle sera rapide, impitoyable et  des armes horribles seront utilisées:<br><i>"Attaquée sur deux fronts, écrasée par la supériorité des effectifs et du matériel ennemis, l'armée française ne pouvait que succomber. (...) Des explosions se produisaient dans les arsenaux et les usines sous l'influence de courants mystérieux, des nappes de gaz mortels se déployaient sur le pays, des vagues d'avions criblaient les villes de bombes incendiaires(...) La ville souveraine de l'univers n'était plus qu'un labyrinthe de ruines en flammes. Aux batailles de la Somme et de la Seine, l'armée française fut à demi détruite pendant que les Italiens continuaient à s'avancer presque dans le vide. (...) la bataille tournait au massacre, et la France n'avait plus d'armée."<br></i>Vaincu, notre pays sera démembré, découpé en diverses régions soumises au vainqueur, ses richesses drainées. La langue française elle-<wbr>même, outil de l'unité, sera éradiquée:<br><i>"Comme la fureur germanique voulait extirper jusqu'au souvenir de la nationalité française et comme c'est autour de son langage que se rassemble toujours un peuple déchiré, l'enseignement et l'usage officiel de la langue française furent partout prohibés. La Bretagne adoptait pour idiome le gaëlique, et l'Aquitaine le Gascon. Si l'Italie tolérait en Gaule narbonnaise le provençal, l'Allemagne imposait le tudesque au nord de la Seine. Et, dans la Biturie, la langue du gouvernement, des écoles, de la presse, devenait l'esperanto, toute publication en langue française étant interdite."<br></i>L'Angleterre, désormais inquiète, se retrouve  en première ligne en maudissant son pacifisme. Les Américains continueront, comme par le passé, à commercer un pays devenu puissant et riche. La Russie (Soviétie) multipliera les approches "positives" envers un pays devenu son premier partenaire énergétique.<br>Ce texte, assez court, appartient donc aussi bien au domaine du pamphlet politique, qu'à celui de l'histoire alternative ou de la guerre future. L'on est frappé par la justesse d'ensemble du propos de Planhol dont la vue prospective coïncide avec la réalité historique. Il ne se trompera que sur des points annexes (comme de minimiser l'action de Hitler) ou lorsqu'il est aveuglé par ses préjugés ( il pense que la judéo-<wbr>maçonnerie aidera l'empire militaire allemand). D'autre part, la comparaison de l'état du pays dans les années trente est tout à fait pertinente avec celui montré par les temps actuels (2013). A souhaiter que les mêmes  causes ne produisent pas les mêmes effets! Enfin, il limite aussi la guerre à venir à l'Europe sans comprendre qu'elle affectera l'ensemble des pays du monde de par sa nature unique et le jeu de ses alliances. Mais il a saisi le caractère impitoyable de l'agression lié à la haine de l'ennemi, l'utilisation d'armes nouvelles, la rapidité des déplacements sur le terrain , alors que de nombreux chefs militaires de l'époque prophétisent une guerre de position comme en 1914. Si la France, dans sa réalité historique, a été coupée en deux zones, pour de Planhol, elle sera totalement mise en pièces et ne renaîtra plus de ses cendres. Un petit texte par la taille mais grand par ses idées, à la limite du conjectural,et avec des accents tels, que sans hésiter, nous l'avons intégré à notre domaine.</wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf0 ff1 fs24"><br></span><span class="cf3 ff1 fs24">.</span><span class="cf4 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">273</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Derniers Jours Du Monde (Andelyn)</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-derniers-jours-du-monde-r272/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/derniers-jours-du-monde--l-andelyn-.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Depuis longtemps, la terre est à l'agonie. Le soleil éclaire moins, chauffe moins, les glaces se sont répandues jusqu'à l'équateur ne laissant de libre qu'une étroite bande de terre centrée autour de ce qui fut  jadis le fleuve Congo. Le paysage tropical a disparu, remplacé par des pins enneigés dans un univers plat et glacé. Dans ce dernier endroit survit le dernier groupe humain de la tribu du "Rayon Ardent", une trentaine de d'hommes, de femmes et d'enfants qui, la plupart du temps, s'abritent au fond d'une grotte. Dirigés par Homb, l'ancêtre, les hommes ont une activité réduite qui consiste à se pourvoir en nourriture par la pêche , en cassant la glace du fleuve-<wbr> et à rechercher du bois pour entretenir le feu. Ces derniers hommes, bien qu'ils apparaissent aussi démunis que les premiers, gardent néanmoins la mémoire de ce qu'ils furent jadis. Le soir, lorsqu'ils se serrent les uns contre les autres, Homb évoque le brillant destin humain. Il leur raconte comment l'homme s'est élevé au sommet de l'évolution, comment il a fait régner la paix, a gagné les planètes environnantes, a instauré un gouvernement unique, a pratiqué l'eugénisme pour ne garder que les meilleurs de l'espèce:<br><i>"Maître de la Terre, l'homme songea à l'espace. La Lune, ce satellite mort éclairant la glace de nos nuits, fut le premier objet de ses désirs. Exécutant enfin les pensées folles des aïeux, il réussit à vaincre la force de l'attraction comme il avait asservi les autres énergies, il quitta le sol terrestre, il franchit l'atmosphère, pénétra dans l'invisible éther, et, à mesure qu'il allait, il voyait, ô prodige, l'astre patrie s'effacer et blêmir dans le ciel noir, tandis que la Lune grandissante et dorée remplissait tout l'espace et lui révélait ses cratères sans flammes et ses océans sans feu; il put enfin fouler un sol vierge, contempler à la fois le Soleil et les étoiles et s'étonner d'un silence éternel."<br></i>Longtemps l'être humain a dominé le monde. Il s'est aperçu que sur Mars ont existé jadis des êtres semblables à lui, et qui ont disparu. Il a su que sur Vénus, planète encore jeune et proche du soleil, l'évolution était à venir. Mais il a compris aussi que le soleil déclinait peu à peu, que cela affecterait toute vie sur la Terre en proie à un refroidissement généralisé et intense:<br><i>"Alors le froid remporta son premier triomphe: les hivers polaires amassèrent la neige en montagnes, et la mer gela; le pouvoir humain vaincu dut céder, car ni les feux du Soleil, ni ceux de l'onde électrique ne parvenaient à réchauffer cet immense désert blanc; l'homme quitta les pôles; quand l'été revint, il en tenta la reconquête, mais les hivers se succédèrent si rapides et si cruels qu'il fallut perdre toute espérance; on abandonna pour toujours les cités superbes que la neige ensevelit, et les peuples exilés refluèrent vers des terres plus clémentes."<br></i>La race humaine est peu à peu descendu de son piédestal et a involué vers davantage de primitivité. Les grandes et merveilleuses cités ont disparu. la technologie n'a plus été comprise, la guerre est réapparue, les sociétés ont fondu en nombre, l'espace vital s'est rétréci, le froid intense a tué la plupart des survivants. Aujourd'hui, dans cette grotte glacée, Homb est sans espoir. Il se bat avec ses compagnons pour une survie au jour le jour, se demandant notamment comment échapper à la grande tempête d'hiver:<br><i>"La neige tombait toujours, inlassable et indifférente; le ciel était d'un blanc laiteux à l'orient, d'un blanc grisâtre à l'occident, et la terre, toute blanche, montrait d'énormes entassements de neige qu'on n'aurait pas soupçonné, si l'on n'avait vu les arbres s'enfoncer peu à peu dans ce linceul qui effleurait leurs premières branches et voulait s'élever toujours plus haut, et les sapins noirs et les bouleaux décharnés attendaient immobiles la mort qui montait. Et les hommes eurent une vision fugitive: ils se virent eux aussi debout dans la neige enveloppant leurs pieds, s'accumulant jusqu'à leurs genoux, escaladant leurs cuisses, entreprenant l'ascension de leur buste tout doucement, sans violence et sans heurt, mais sûre d'atteindre le cou qui se gonfle, la bouche qui crie, les narines qui s'élargissent désespérément et se referment remplies de flocons, les yeux grands ouverts dans le spasme de l'asphyxie."<br></i>La tempête se déchaîne à son maximum au moment où manque le bois. L'équation est simple: il faut trouver de quoi se chauffer ou se résigner à mourir de suite. Homb envoie les guerriers les plus jeunes, en dépit du danger, hors de la grotte pour coupe les derniers sapins poussant au bord du fleuve. Ils ne reviendront jamais, gelés debout, enchâssés dans la neige. Au matin, lorsque la tempête s'apaise, il ne reste que sept survivants de l'ensemble de la tribu. Homb a succombé. Har, le plus volontaire, rappelle aux autres que jadis existait en aval du fleuve un autre groupe humain. Peut-<wbr>être existe-<wbr>t-<wbr>il encore? Avec réticence, ils quittent leur caverne familiale, désormais une tombe où reposent les leurs. Progressant avec difficulté le long des rives glacées, ils se heurtent à un obstacle inattendu lorsqu'il leur faut joindre l'autre rive. Si le printemps débutant facilite leur progression, il fragilise également la glace. Seul Har atteint son but, en rampant sur la surfface gelée. Ses compagnons, trop pressés, se noient. Har se retrouve seul survivant, le dernier homme sur terre. Malgré tout, là où vivait l'autre tribu, au fond d'une caverne, il découvre Fléa, une jeune femme, dernière survivante et dernière femme. Elle deviendra sa compagne pour cet ultime printemps. Vivant intensément leur union, le couple goûte les derniers instants de la beauté du monde. Le bref dégel printanier leur permet de se nourrir et de se chauffer. Mais dès les premières chutes de neige, Fléa succombe au froid. Har, désespéré mais résolu,  attend la mort assis, solitaire,  en face d'un soleil couchant d'une beauté impitoyable:<br><i>"Har regarda autour de lui. Le Soleil atteignait l'horizon. Alors la surface immense de la glace s'enflamma, et toute la mer parut rouge, comme un océan de rubis; le flamboiement se perdait dans l'infini et la neige rosissait, le ciel s'empourprait, toute la nature resplendissait d'une fantastique lueur rouge. Puis l'astre qu'aucun oeil humain ne verrait plus s'enfonça sous la glace qui pâlit, devint rose, blanche,comme le linceul de neige; le ciel aussi modifia ses couleurs, se vêtant de pourpre foncé et de violet éclatant, enfin de lilas et d'indigo. Alors Vénus flamboya à l'occident, et une à une les étoiles étincelèrent, Aldebaran, les flammes orangées de Bételgeuse et les scintillements de Sirius."<br></i>La terre toute entière plonge dans la mort, gelée en profondeur, tout en poursuivant aveuglément sa course dans l'espace:<br><i>"L'atmosphère se liquéfia, et de nouveaux océans d'oxygène, d'hydrogène et d'azote furent la robe bleue de la Terre, mais océans sans vie. (...) Et ces mers elles aussi se couvrirent d'une glace étrange et se solidifièrent jusqu'en leurs abysses, et la terre fut alors une sphère très dure à la surface transparente, un diamant roulant sur son orbite inchangée."<br></i>"Les derniers jours du monde" de Charles de l'Andelyn est le jumeau littéraire de l'ouvrage de Poudeybat, les "<a href="les-derniers-hommes.html" class="imCssLink" onclick="return x5engine.utils.location('les-derniers-hommes.html')">derniers homme</a>s" même trame narrative, même voyage vers la mort, même pessimisme. Le reste tient au style. Le récit de l'Andelyn est plus poétique, ses descriptions d'un univers transfiguré par la neige  (on sent l'influence des hivers alpestres) forment la texture substantielle du récit. L'idée même de la mort par extinction progressive du rayonnement solaire est largement tributaire des théories scientifiques du moment. L'on sait aujourd'hui que le Soleil, avant de s'éteindre, connaîtra des convulsions inouïes, projetant ses couches superficielles brûlantes dans l'espace, qui vaporiseront les planètes du système solaire, avant de plonger dans la nuit. L'ouvrage est rare, écrit avec un soin particulier,  montrant l'affection de cet auteur pour l'anticipation scientifique et dont ce volume n'est pas la seule incursion dans le domaine.</wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf0 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">272</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Derniers Jours Du Monde (Scheirs)</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-derniers-jours-du-monde-r271/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/derniers-jours-du-monde_2.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">En cette ère mondiale nouvelle et heureuse, entièrement régie par le collectivisme et le matérialisme, Jean Malfaict, journaliste à "la Fraternité Mondiale", s'entretient avec son patron, Morbihan, au sujet d'une conférence sur le monde spirituel ou "subtil" donnée par un certain Dr. Nox. Depuis quelques temps d'ailleurs, alimentée par ce savant et d'autres événements curieux, la foule se préoccupe davantage du monde spirituel. Il semblerait que l'on ait découvert les preuves de l'existence d'un monde invisible, et que des ponts puissent être établis entre celui-<wbr>ci et le monde des vivants:<br><i>"Le docteur Abiran, professeur émérite de l’Université d’Alexandrie, découvrit la matière originelle de la vie et calcula que dans un centième de milligramme d’air, vit un monde de quatre-<wbr>vingt quinze milliards d’atomes Anima. Il réussit à en isoler quelques-<wbr>uns qu’il cultiva, soigna et en vint au résultat surprenant de voir ces atomes invisibles se transformer. Ils se développèrent d’abord en un insecte, puis en une espèce de grenouille, pour terminer leur évolution en un poisson ressemblant fortement au brochet. Le docteur Abiran déclara dès lors qu’il devait exister une force spéciale qui faisait pénétrer partout la matière originelle de la vie ; il prétendit également qu’il existait des quantités formidables de ces atomes dans le cerveau humain." <br></wbr></wbr></i>Malfaict, parfait libre penseur, sceptique et épicurien, est l'un de ces esprits forts qui ne croit pas à tout cela. Néanmoins, il accompagne Morbihan à la séance de Nox où il fait la connaissance d'un collègue, un être singulier, du nom de Nathanaïel Assur, journaliste vedette de "la Thau", organe de presse universellement connu. Assur portant lui-<wbr>même sur son front une Thau rouge, est juif et franc-<wbr>maçon, grand maître de la loge maçonnique de Sion. Dès la première de leurs nombreuses rencontres il affirme être plus qu'un homme, une sorte d'élu dont le règne arrivera bientôt. Il faut dire que les événements curieux se multiplient et s'amplifient partout dans le monde; des tremblements de terre, des cataclysmes vont jusqu'à faire décaler légèrement l'axe du monde, des ténèbres de noirceur et de sang se répandent dans l'atmosphère, des prophéties, de plus en plus nombreuses, annoncent pour bientôt l'apocalypse de ce monde matérialiste et jouisseur.<br>Nous sommes par ailleurs à un moment privilégié où "l'Union Européenne" fêtera à l'hôtel "Universo" à Rome les éclatantes festivités qui célèbrent la naissance du collectivisme mondial. Jean Malfaict y est envoyé pour, avec tous ses confrères, couvrir l'événement. En cours de route, il a appris le suicide par "impatience" de son supérieur, Morbihan, pressé d'abandonner son corps matériel pour converser avec les esprits. Ce cas n'est pas isolé. La jeune femme, assise en face de lui dans l'avion qui l'amène à Rome, en témoignera également, puisqu'elle sautera de l'avion au-<wbr>dessus de Milan, prétendant faire voler son corps subtil dans l'atmosphère éthérée. Malfaict en déduit que le nombre des psychopathes est en nette augmentation.</wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="fs28 ff1 cf3"><br></span><span class="fs24 ff1 cf3">Arrivé à Rome, il en profitera pour dénicher une interview inédite. Celle d'"Ultimo Pietro", le pape déchu de la secte chrétienne, un vieillard cacochyme, habitant dans un immeuble populaire, sans aucun pouvoir ni gloriole:<br><i>"Il lut tout en bas de la dernière page, à la dernière ligne : «Ultimo Pietro, rue de la Tombe, n° 33, surnommé Saint Père et Pape. Chef des croyants. Reçoit beaucoup. Fait du spiritisme, de l’exorcisme, dit la bonne aventure et des formules magiques. »  -<wbr>Tiens ! serait-<wbr>ce le type à interviewer, dont le Président m’a parlé ?... L’après-<wbr>midi est belle, une promenade me fera du bien et une interview avec cet homme sera un début original pour ma tâche de journaliste à Rome."<br></wbr></wbr></wbr></i>Il aura du mal à le rencontrer car ce dernier, ayant troublé l'ordre public en annonçant des temps nouveaux, sera mis en prison et aussitôt mystérieusement libéré par un être singulier habillé d'un manteau bleu qui dit s'appeler Elie le Thesbite.<br>En attendant, les fêtes se préparent en vue d'exalter les vertus de la société collectiviste qui a fait disparaître en chacun l'angoisse existentielle. Tout a été réduit au corps et à la finance. Les femmes sont achetées et vendues comme esclaves. Cela semble d'ailleurs leur plaire. Ainsi en est-<wbr>il de la merveilleuse Dolorès, la compagne achetée par Malfaict, dont il est éperdument amoureux. La jouissance est la seule occupation de chacun et quand rien ne va plus, le suicide est autorisé, encouragé. Mourir n'est plus qu'une formalité administrative que remplissent , sans aucune émotion, les individus fatigués de la vie:<br><i>"(...) l’inhumation des corps, comme on le faisait anciennement, accompagnée de rites religieux ou officiels, n’existait plus ; les moments ou les cérémonies de la mort et de l’enterrement étaient réduits à leur expression la plus simple et se faisaient le plus rapidement possible. Le service mortuaire de la ville de Rome, bien organisé, disposait de nombreux camions-<wbr>corbillards, d’ailleurs indispensables pour la province romaine, très étendue. Celui qui décédait chez lui ou mourait sur la route n’encombrait pas longtemps les vivants ; il suffisait d’indiquer l’endroit, la rue et le numéro, et, quelques instants après, le corbillard chargeait le cadavre, le transportait au four crématoire où, en un clin d’œil, tout était pulvérisé. Cela se passait ainsi aussi bien pour le haut fonctionnaire de la ville que pour l’homme de la rue ; il n’y avait que les tarifs qui différaient. Un autre département du service mortuaire était l’exploitation du suicide. Comme quatre-<wbr>vingt dix sur cent des humains mouraient d’une mort volontaire, ces institutions étaient généralement très prospères et constituaient une source de revenus appréciables. Tout était arrangé pour que cela se passât facilement et agréablement. Contre paiement d’un supplément, on provoquait une atmosphère spéciale, d’après l’espèce de mort que le client désirait. L’institution occupait un vaste terrain et comptait une série de bâtiments magnifiques, très en vogue auprès du public et s’adaptant parfaitement à l’opinion générale de la collectivité. Tel l’homme, telle la mort !"<br></wbr></wbr></i>Quant aux enfants, ils sont élevés, vendus et achetés dans des fermes d'Etat pour la plus grande joie du capitalisme.:<br><i>. -<wbr>Les garçonnets quittent à l’âge de sept ans, docteur ? -<wbr>A huit ans, Monsieur Malfaict. A cet âge, ils deviennent la propriété de la collectivité. Alors nous sommes obligés de les céder au prix convenu ; on les incorpore dans tel ou tel métier, d’après leurs aptitudes ou leur goût et on les spécialise. Les fillettes, par contre, restent la propriété de la firme ou des particuliers jusqu’à l’âge de dix-<wbr>huit ans ; elles ne deviennent complètement libres qu’à partir de ce moment. Nous devons les instruire jusqu’à douze ans. -<wbr>A quel âge les vendez-<wbr>vous le mieux, docteur ? -<wbr>De quinze à seize ans. -<wbr>La firme fait-<wbr>elle de bonnes affaires ? -<wbr>Votre question est plutôt indiscrète, Monsieur Malfaict, mais je puis vous répondre affirmativement ; ce n’est pas étonnant, d’ailleurs, car nous ne nous occupons que d’une marchandise d’élite. Tout enfant normal est soigneusement examiné  à la naissance et tout ce qui est jugé être de seconde qualité va directement aux fours crématoires. Les bons produits, par contre, sont soignés méticuleusement et bien enseignés. La demande surpasse toujours l’offre. -<wbr>Alors, vous n’avez que peu ou pas de réserves, docteur ? -<wbr>Non, il y a chaque année un petit restant que nous exploitons nous-<wbr>mêmes ; les lois de l’Union nous autorisent à en disposer jusqu’à l’âge de dix-<wbr>huit ans ; après leur seizième année, il n’y a plus aucun moyen d’en obtenir de hauts prix".<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Il est étonnant, dans un tel monde, que la viande de boucherie d'origine humaine ne soit pas encore disponible sur les étals! Tout le monde profite donc au maximum de la vie (femmes, sexe, cigares, nourritures fines, etc.) Pourtant, ce monde semble condamné. Elie le Thesbite réapparaît en plusieurs lieues pour annoncer la venue du Christ selon les canons définis par l'Apocalypse de Jean. Assur -<wbr> en réalité Satan-<wbr> jubile en attendant le jour où il règnera définitivement sur la Terre. Il est convaincu, à juste titre d'ailleurs, que la totalité de l'humanité lui appartiendra. Son unique enjeu est d'arriver à convaincre le libre-<wbr>penseur Malfaict et le gagner à sa cause. Jean deviendra ainsi, à son corps défendant, le dernier homme libre et celui qui, par sa décision, rédimera ses frères humains.<br>En attendant, dans les fermes d'Etat, naissent des monstres. Les tremblements de terre, de plus en plus forts, de plus en plus fréquents, rythment le jour des festivités lorsqu'un rassemblement inouï de personnes à la gloire de Satan défilent devant les yeux de Malfaict:<br><i>"Trente chevaux noirs ailés étaient attelés devant un char en or de dimensions gigantesques. Leurs pieds ne touchaient pas le sol, mais se mouvaient fièrement quelques mètres au-<wbr>dessus du pavement ; leurs ailes, larges et fortes, battaient en cadence ; leurs bouches et leurs narines exhalaient du feu ; les roues tournaient également au-<wbr>dessus du sol ; la grande masse glissait sur l’air. Le char était en forme d’un escalier, haut de cinquante mètres, dont les marches étaient en or et en pierres précieuses ; de magnifiques anges d’enfer étaient agenouillés sur les marches, la tête inclinée en adoration, les mains jointes ; sur leur svelte dos rose pendaient leurs ailes noires repliées; au-<wbr>dessus de l’escalier se dressait une lourde T dont les poutres étaient en métal précieux…contre l’étendard de l’enfer s’appuyait Nathanaiël Assur, grandiose et triomphant ! -<wbr>Salut à la Thau ! Gloire à la Thau !<br>C’était le cri triomphal des millions d’hommes devant lesquels le char défilait. Jean et Dolorès regardaient le cortège par une fenêtre ouverte de l’hôtel Universo"<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>En effet, Assur a réussi à convaincre les hommes, par la voie des médias et sa propre force de persuasion spirituelle, qu'il s'engagerait à côté de l'humanité pour combattre le Dieu si injuste qui a décidé de leur mort. Son succès est immense et le signe rouge de la Thau brille sur tous les fronts, comme le sera dans le futur au bras l'emblème nazi de la Svastika. Déjà, Jérusalem n'est plus. A sa place, à l'endroit exact de l'ancien Golgotha, s'est élevé un gigantesque volcan:<br><i>"Une terrible secousse fit trembler la colonne ardente ; pendant quelques minutes elles flamboya avec une nouvelle ardeur et puis s’éteignit brusquement sous un hurlement infernal. Plus blanche que la neige apparut alors la Colline des Crânes, baignée par la lumière d’un soleil invisible, près de laquelle la lumière solaire de la terre n’était qu’une ombre ; brillants et étincelants se trouvaient là, contre les flancs de la colline, des milliers de squelettes ; sur le sommet, une croix qui jeta des rayons aveuglants et qui scintilla comme le diamant…puis, la Colline se détacha de la terre, de la terre maternelle brûlée et monta tout droit vers le ciel où elle disparut comme une comète lumineuse dans les hauteurs incommensurables de l’Espace. A l’endroit où se dressa autrefois le Golgotha, il ne restait plus que le triste plancher vide et noir de la terre brûlée."<br></i>Malfaict, accompagné par Dolorès, gagnée  à la grâce divine et sûre de la venue de l'apocalypse, se rend sur les lieux. Il contemplera comme témoin final l'immense armée des morts qui se succèdent devant la Jérusalem céleste. Assur apparaît maintenant dans toute sa gloire et triomphe. Il pense dominer le Temps, le Monde, la Mort, le Mouvement et surtout Dieu. mais Malfaict, le dernier homme, gagné enfin à la vérité spirituelle, les yeux dessillés,  mettra sa confiance dans le Christ juste avant que la terre ne disparaisse dans le chaos final:<br><i>"Jean Malfaict et la Mort moururent dans les bras l’un de l’autre. Les mondes entrèrent en collision dans l’Espace ; la terre se crevassa, vola en éclats, qui, incandescents, se heurtèrent contre d’autres mondes… Tout brûla, bouillonna, trépida, hurla et tonna un instant dans l’espace et il ne resta plus rien des soixante-<wbr>dix centaines de fois les soixante-<wbr>dix centaines de milliers de mondes ! Le Mouvement fut écrasé dans le dernier heurt des mondes et le temps se mourut dans l’Eternité. Le vain néant plana de nouveau dans l’Espace… et dans le Néant retentit le son des trompettes des anges qui nous appelleront vous et moi à comparaître au dernier jugement."<br></wbr></wbr></i>Avec Les Derniers jours de la Terre de Jef Scheirs on est devant une oeuvre troublante. Incontestablement une oeuvre eschatologique, un brûlot stigmatisant les incroyants, une oeuvre d'édification morale mais aussi un roman de science-<wbr>fiction. la description de cette société utopique et matérialiste est extraordinaire de vérité du même niveau que peut l'être le "Meilleur des mondes" de Huxley. L'intrigue, qui se déroule le plus souvent sous la forme de dialogues, met en présence deux personnages hors du commun, Assur et Malfaict. Le personnage du "Maudit" se situe bien dans la vision d'un catholicisme début de siècle qui associait le satanisme aux Juifs et à la franc-<wbr>maçonnerie (Léo Taxil n'est pas loin). Les interventions constantes des prophètes, parfois lourdes, sont heureusement rachetées par la destruction jubilatoire d'une Terre condamnée. Au final, nous sommes devant une oeuvre rarissime et curieuse qui, malgré son atmosphère symboliste et spiritualiste, méritait de figurer dans notre bibliographie</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf0 fs24 ff1">. <i><br></i></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">271</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Derniers Jours De Sol 3</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-derniers-jours-de-sol-3-r270/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/derniers-jours-de-sol-3.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Sol 3, c’est  la Terre. Elle n’a plus que peu de temps à vivre; c’est ce que nous scande jusqu’à la nausée la petite phrase qui ouvre quasiment chaque chapitre en un procédé qui se veut stylistique  : "<i>D’un instant à l’autre... d’un instant à l’autre...".</i> <br>Que se passera-<wbr>t-<wbr>il "d’un instant à l’autre " ? La Terre volera en éclats. Par augmentation inexpliquée de la pression interne, elle se fend un peu de partout.  En ce XXIème siècle, l’humanité sait construire des fusées, et les survivants (car il n’y aura pas de place pour tout le monde) partent  pour Vénus. Sauf nos héros, qui sont au nombre de sept. Chacun, pour une raison personnelle, reste sur Terre, sous l’aile protectrice du Père Maubry, qui les rassemble à Notre Dame. C’est encore la France éternelle et la ville de Paris qui résistent le mieux alors que l’Amérique est depuis longtemps un lac en fusion...<br>La situation permettrait une exploration psychologique fine des personnages, mais les auteurs n’y voient que caricatures et catalogue de fantasmes les plus niais: collectionner les tableaux dans les musées, se déguiser en Napoléon avec les vrais habits de l’Empereur, organiser une course de voitures dans Paris, lancer des missiles sur les villes évacuées.  Ils passent leur temps à se lancer des injures racistes à la tête (il y a un Noir et un Juif), à se disputer le pouvoir (il y a un ancien général), à discuter de tout et de n’importe quoi. Y aura-<wbr>t-<wbr>il au moins une juste fin pour tous ? Même pas. Se rappelant d’un coup qu’il existe des " plateformes volantes " qu’il suffit de rafistoler pour survoler le cataclysme avant que Vénus ne puisse venir à leur secours, trois survivants sur les sept réussiront leur pari: échapper à la fin du monde.<br>Un récit bâclé, une intrigue floue, des personnages caricaturaux. F.R. Bessière n’a rien à dire et le fait savoir.</wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf1 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">270</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Derniers Jours De La Terre</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-derniers-jours-de-la-terre-r269/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/derniers-jours-de-la-terre-ok.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Cet ouvrage est mentionné uniquement pour son titre et sa rareté. Les seuls éléments en rapport avec notre thème sont représentés par des glaces polaires descendues jusqu’à l’équateur sur une terre à son déclin, appelée Hyranie. Pour le reste, l’ensemble du récit représente une charge féroce des mœurs politiques corrompus d’Hyranie – en fait ceux de la Troisième République -<wbr>  et qui n’ont rien perdu de leur force de contestation encore aujourd’hui.</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">269</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Derniers Hommes</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-derniers-hommes-r268/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/derniers-hommes--poudeybat-.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">«Les Oulahmrs fuyaient dans la nuit noire..», pardon, ce n’est pas «la Guerre du feu», mais ça y ressemble à s’y méprendre. <br>Sauf que là, le monde court à sa fin. Le soleil se refroidit. Une vague glaciaire intense descend des pôles semant la mort et la destruction. D’innombrables générations d’hommes ont essayé d’enrayer le processus. Rien n’y a fait, ni l’idée de s’enterrer pour profiter de la chaleur du sol, ni les repliements sur des zones plus chaudes. <br>Peu à peu les nations se sont effondrées, les communications interrompues, le village planétaire s’est réduit à une communauté de tribus néo-<wbr>féodales. Encore plus en avant dans l’involution, ne subsistent que des tribus affamées et hagardes chassées par le froid vers un mythique équateur :<br><i>" Réduits à quelques milliers de tribus à peine, séparés les uns des autres par des distances considérables, dispersés sur l’immensité de la terre, sans ressources, sans aucun moyen d’action sur la matière, dépossédés de leur antique puissance, traqués par des froids mortels, les derniers fils des hommes, semblables aux nomades des premiers âges, erraient misérables, à travers les savanes glacées, luttant sans trêve contre l’effondrement de leur race. "</i><br>Leur chef Koundour, Ounrouch le géant, et Khem l’avisé, sont les trois meneurs de l’une de ces tribus. Fuyant dans la grande plaine blanche, poursuivant un gibier rare, ils vont sans espoir. Ayant perdu la mémoire de leur grandeur passée, il n’existe en eux que le seul désir de survivre, de se protéger du froid:<br><i>" Leur intelligence sombrait au milieu de la tourmente qui les assaillait de toutes parts... Perdus à la surface des immensités terrestres, rejetés brutalement par leur destin vers cette glèbe d’où ils étaient issus et dont ils avaient réussi à s’affranchir depuis des millénaires, ils étaient retombés aux jours sombres de la préhistoire... Dominés par les éléments qu’ils avaient vaincus autrefois, esclaves du froid, de la faim et des maladies, ils reprenaient le masque farouche des ancêtres quaternaires, à peine différents de la brute. "<br></i>Même le désir sexuel est annihilé. Le vieux Ghoûn conserve jalousement les silex du feu, qui est leur seule chance de survie . S’engageant le long des méandres glacés d’un grand fleuve, ils trouvent un refuge provisoire sous terre, dans une ancienne cité mécanisée, mais le froid les en chasse. Ils arrivent enfin en des terres plus hospitalières, où l’eau est liquide, la température douce, le gibier abondant. Ils s’y établissent. Avec la diminution de la pression vitale, le groupe commence à se déliter, des ambitions se font jour:<i> </i><br><i>" Une haine subite s’était levée dans le coeur des deux frères contre Koundour, chef de la horde, à cause de sa force et de son autorité, et qui, le cas échéant, se dresserait pour défendre sa fille; contre Khem, dont ils redoutaient la puissance mystérieuse, surtout depuis qu’il possédait Zyl; contre Ounrouch le colosse, le compagnon préféré d’Amra, fille de Hor. Peu à peu, l’idée d’un massacre se précisa dans leur esprit borné, lent à comprendre, incapable de réagir contre des instincts de brutalité millénaires. "<br></i>L’ennemi par excellence, l’étranger, les ressoude dans une même haine. D’affreux petits bonhommes de type asiate, sanguinaires et violents, envahissent leur vallée, désireux de s’approprier les nouveaux terrains de chasse des nomades blancs:<i><br>"C’étaient des hommes de race asiatique, trapus, à la peau jaune et aux jambes courtes. Leurs petits yeux mobiles enfoncés sous le front, leur visage plat aux pommettes saillantes et aux fortes mâchoires, leurs longs cheveux épais et huileux, leur donnaient un aspect repoussant. (...) Mais leur haine à l’égard des nomades blancs était telle qu’ils se seraient jetés sur eux sans motif, avec la même fureur, obéissant aveuglément à des sentiments d’atavisme sanguinaire qui avaient provoqué durant des siècles des massacres incessants entre les peuples d’Orient et d’Occident.  D’une férocité inouïe, ils ne reculaient jamais devant un ennemi, n’épargnaient aucun blessé et mutilaient atrocement même les cadavres de ceux qu’ils avaient abattus. "<br></i>La tribu de Khem sort vainqueur de l’affrontement, non sans que Koundour, le chef, ait péri et que Ounrouch agonise. <br>Khem reprend le commandement de la tribu, aux individus de moins en moins nombreux. Cela n’empêchera pas les jaloux et envieux de convoiter sa place, car même au bord de la tombe la nature de l’homme ne s’est pas modifiée. Khem méprise ses adversaires mais sent qu’il lui faudra partir avec ses amis s’il souhaite rester en vie, car il se fait vieux. <br>Un grand froid progresse dans la vallée. Seul Khem se rend compte qu’il s’agit d’une situation définitive. Une nuit, à l’insu de ses opposants, il rassemble sa petite troupe et reprend sa trajectoire vers le sud, vers d’autres terres chaudes, abandonnant les autres, au froid, à la peur, à la nuit. Une progression chaotique les emmène dans un paysage tourmenté au bord du plateau continental atlantique, ravin prodigieux disparaissant dans le lointain en  vallées déchiquetées:<br><i>" Khem avait, sans s’en douter, modifié légèrement et insensiblement l’orientation de sa marche à travers l’immensité des solitudes. Après avoir dépassé l’équateur, il était parvenu aux confins sud-<wbr>ouest de l’Afrique australe, atteignant bientôt les anciennes côtes de l’Atlantique, dont les eaux avaient baissé considérablement depuis des siècles et s’étaient résorbées définitivement en un chaos colossal de glaces éternelles. De gigantesques vallées marines étaient apparues à plusieurs kilomètres au -<wbr> dessous du niveau des vieux continents, abysses insondables des mers préhistoriques, devant lesquels les nomades venaient de reculer avec terreur. "</wbr></wbr></i> <br>Khem sent que la fin de tout est proche. Plusieurs de ses amis meurent de froid. Une nuit, il perçoit dans le noir les pas furtifs  de trois de ses adversaires, les seuls survivants du groupe délaissé, qui ont réussi à le retrouver. Il sait que nulle échappatoire n’est  possible et que la lutte à mort doit fatalement se déclencher. Une bataille se déroule,  brève, incisive, atroce, où les seuls survivants de l’espèce humaine s’entretuent, leurs cadavres se recouvrant progressivement de la neige dans un monde déjà mort:<br><i>" Alors il se mit à ramper vers Khem, déjà raidi par la mort, lui cracha au visage en râlant et, du bout de sa pique, poignarda le cadavre. Puis, comme il levait le bras une deuxième fois, la mort le saisit brusquement et ses deux mains retombèrent inertes, dans ce dernier geste de haine, symbole abominable de l’histoire de toute sa race... La neige continuait de tomber en masses pesantes pétrifiées par la gel, et recouvrait peu à peu d’un véritable linceul de marbre blanc le tombeau des derniers fils des hommes. "<br></i>Une oeuvre d’un pessimisme absolu où la mort de la terre répond en écho à la mort de l’espèce humaine. Une espèce haïssable, qui manifestement n’avait aucun droit à la pérennité, tant sa stupidité, son agressivité, son intransigeance ont précipité la catastrophe. <br>L’ensemble du récit baigne dans une atmosphère sombre, farouche où les hommes sans pitié sont plus proches de l’animal que de l’humain. Aucune lueur d’espoir, aucun sentiment positif, aucune action désintéressée ne soulève ce couvercle de plomb: tout geste y est dicté par la seule nécessité de la survie individuelle. Se démarquant à peine du roman de Charles de l’Andelyn " les Derniers jours de la terre ", le roman de Poueydebat se situe dans la voie la plus noire du roman-<wbr>catastrophe. Une dernière question reste en suspens : un récit relaté par quel témoin et pour qui?</wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">268</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Derniers Enfants De Schewenborn</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-derniers-enfants-de-schewenborn-r267/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/derniers-enfants-de-schewenborn.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">La famille Bennewitz composée du jeune narrateur (13 ans), de sa soeur Judith (15 ans), de sa petite soeur Kersten (5ans), de papa et de maman, partent en vacances chez leurs grands-<wbr>parents, à Schewenborn, un charmant village, proche de la forêt du Fleyenhang, non loin de la ville et de la rivière Fulda, proche de la frontière de la RDA. Ils n'arriveront jamais à destination comme ils l'ont imaginé. Une bombe nucléaire explose sur  Fulda et sa région et leur univers bascule immédiatement dans l'indicible. Après le flash lumineux, auquel ils échappent, la tempête soudaine les bascule dans le fossé comme les arbres autour d'eux. Choqués, ils reprennent leur route à pieds jusqu'à Schewenborn,  dont la majorité des maisons brûle. Les grands-<wbr>parents qui avaient fait un saut un Fulda ce jour-<wbr>là, ne reviendront plus. La famille s'installe donc dans leur maison encore intacte, quoique branlante, et regardent avec horreur les gens brûlés qui titubent dans les rues:<br><i>"Je suis montée sur une colline qui domine Fulda. il n'y avait plus qu'un vaste espace noir, ondulé. Plus un arbre, plus une maison, seulement de place en place comme des traces de socles en béton, brisés. (...) J'ai rencontré des gens de Kämmerzell. Ils étaient dans un état effroyable: brûlés, mutilés, aveugles. Ils descendent la vallée de la Fulda. Ils cherchent des médecins et des endroits où ils pourraient faire panser leurs plaies, se procurer de la nourriture et des abris. Ils se traînent le long des rives de la Fulda, car les villages de la vallée, mais aussi les forêts, brûlent. les routes sont barrées par des arbres renversés, par des lampadaires; elles sont rendues impraticables par des amas de décombres (...) Beaucoup d'entre eux étaient nus. "Ca" leur a brûlé les habits directement sur le corps. Les prairies, sur les rives de la Fulda, sont couvertes de cadavres: dans les buissons qui bordent la rivière, dans les roseaux, sur les prés,  des cadavres sans peau, des cadavres calcinés. Et sur les prés, partout, des cadavres de vaches."<br></i>Attendant des secours qui jamais n'arriveront, ils s'organisent. Alors que le père calfeutre la maison et la consolide, attentif aux retombées radioactives, la mère, obsédée, n'a qu'un unique désir, celui de renter chez elle à Bonames, un quartier de Francfort, bien que tout semble avoir été soufflé, là aussi. Il faut qu'ils survivent pourtant, de n'importe quelle façon. A côté des morts, des disparus, des pilleurs désespérés et en provenance du voisinage, avec une hygiène douteuse et des vivres en baisse, le jeune narrateur visite l'hôpital du village, devenu une succursale de l'enfer:<br><i>"Je franchis la porte d'entrée. Ce que je vis était horrible et pourtant je ne pus détourner les yeux. je vis une femme au visage brûlé et complètement enflé; ses cheveux étaient grillés; une de ses oreilles n'était plus qu'un minuscule bout de chair rouge.(...) A côté de cette victime, il y avait une fille, à peu près de l'âge de Judith. Elle avait déjà un peu de poitrine. Elle n'avait plus sur elle, que son jean, rien d'autre; et il était brûlé et troué en plusieurs endroits. Ses jambes étaient écorchées, le pantalon collait à cette chair à vif. A un endroit, on apercevait l'os."<br></i>Là, débordés, l'unique médecin et quelques infirmières improvisées, essaient de soulager une population condamnée qui présente tous les signes de l'empoisonnement radioactif: vomissements, brûlures profondes, anémie, taches corporelles... II les aidera en apportant de l'eau aux malades et en participant aux enfouissements des cadavres. La mort a déjà pris une dimension coutumière. Avec l'hiver qui s'approche, il est impératif de faire des provisions de bois et de nourriture, malgré les pillards de plus en plus nombreux. Le père et le fils marchent du matin au soir, rapportant surtout des sacs de charbon encore disponibles sur un ancien site industriel.<br>A l'hôpital, le narrateur a rencontré deux enfants, Silke et Jens, son jeune fère. Il les adopte, ce qui permet à sa mère de trouver un dérivatif à la misère ambiante. Hélas! la jeune Silke meurt très vite et Jens restera au sein de la famille. Mais voilà que Judith tombe malade à son tour. Ses cheveux s'arrachent par poignées, elle se sait condamnée:<br><i>"Le soir où ma mère se leva pour la première fois, Judith, elle, se coucha. Elle avait une forte fièvre. Son blue-<wbr>jean tenait à peine à ses hanches. Elle ne voulut plus rien manger, seulement boire. Mais, de jour en jour,elle eut de plus en plus de mal à avaler. Une fois, le foulard glissa de sa tête: en la voyant ainsi, je poussai un cri: elle n'avait plus un seul cheveu (...) Son corps changea de teinte, se couvrit de taches; puis elle mourut, sans bruit, sans une plainte. Elle s'en alla, tout simplement."<br></wbr></i>Deux semaines après la Bombe apparaissent les premiers signes d'une épidémie de typhus:<br><i>"Ceux qui étaient restés en ville n'osaient plus sortir de chez eux, par peur de la contagion. Chaque poignée de porte, chaque balustrade pouvait porter des germes. Toute personne que l'on rencontrait pouvait représenter un terrible danger. Pendant des jours, la ville fut comme morte, bien qu'il y eût alors deux fois plus de monde qu'avant l'explosion"<br></i>La contagion fait le vide autour d'eux. Ne pouvant s'en préserver totalement, ils évitent au moins de se contaminer, en buvant l'eau chlorée de la piscine. Mais la famine se fait sentir davantage et hormis quelques pommes grappillées sur les arbres voisins, le butin est bien maigre:<br><i>"Les fermes s'étaient effondrées ou avaient brûlé. Les granges et la hangars avaient été comme soufflés. Et partout, encore, régnait une odeur de cendres. On ne voyait pratiquement personne. Les survivants qui n'étaient pas partis s'étaient installés dans les ruines. Les prés étaient jonchés de cadavres d'animaux, dont certains n'étaient déjà plus que des squelettes; aucun corbeau dans le ciel, pourtant. Sur les flancs des collines alors boisées, l'onde de choc avait brisé les pins comme des allumettes. un peu partout, des arbres s'étaient abattus sur les routes et celles-<wbr>ci n'avaient pas encore été dégagées."<br></wbr></i>Le narrateur est frappé à son tour par la maladie mais résiste en recouvrant la santé alors que sa petite soeur Kersten en meurt. Sa mère, à moitié folle, se rabat sur Jens. Les gens changent profondément. Chacun préoccupé par sa propre survie ferme sa porte aux autres. Le père et le fils, sillonnant toute la région pour trouver à manger font l'expérience de l'égoïsme et s'aperçoivent que les réalités politiques, tellement importantes jadis, ne sont plus que du vent. A plusieurs reprises, il leur arrive de franchir sans le savoir la ligne de démarcation séparant la RDA de l'Allemagne de l'Ouest. Or, les conditions sont identiques d'un côté comme de l'autre et aucun militaire ne leur en interdit plus le passage.<br>Avec l'hiver qui approche, les vols se font de plus en plus nombreux. Bien que la saison ne soit pas trop rigoureuse, les gens, affaiblis, tombent comme des mouches, laissant des enfants orphelins, marqués, mendiants, qui survivent comme ils le peuvent, en chapardant de ci de là. L'assassinat d'une adolescente meneuse par un "nanti" déclenche l'hostilité générale contre les adultes. Des inscriptions telles que "Salauds de parents" fleurissent sur les murs:<br><i>"Fumiers! lui cria le garçon qui n'avait plus de jambes. C'est à cause de vous que la bombe est tombée! Vous vous en fichiez de ce qui risquait d'arriver à vos enfants. La seule chose qui vous intéressait, c'était votre petit confort. Maintenant, ça y est, hein! vous êtes contents? Mais nous, nous payons les pots cassés. J'espère que vous allez tous crever!"<br></i>Andréas, un jeune mutilé, affamé, désespéré demande au narrateur de l'aider à se suicider. Celui-<wbr>ci accepte et enterre son corps dans une ravine, la terre gelée lui interdisant de creuser. En janvier, la famine est telle que les gens perdent la raison. La mère, qui se découvre enceinte, veut absolument rentrer à Francfort. Elle entraîne son mari, Jens et son jeune fils dans l'aventure:<br><i>"Mon père avait attaché les deux valises et nos sacs de couchage sur la remorque de la bicyclette et, sur le porte-<wbr>bagages, il avait fixé un sac de voyage plein à craquer. Nous portâmes, lui et moi, des sacs à dos remplis de pommes de terre, de pommes, de champignons, de carottes et de navets. Je poussai le vélo; lui, la voiture d'enfant dans laquelle Jens était assis. Celui-<wbr>ci ne tarda pas à geindre, car on avait posé, en plus, en travers de ses jambes, une petite valise emplie de layettes."<br></wbr></wbr></i>Lorsqu'elle aura constaté de ses propres yeux que Bonames n'est plus que cendres, le retour vers Schewenborn constituera un calvaire pour toute la famille. La neige freine chaque pas, les poux et les puces les assaillent dans les  étables, Jens, pris de fièvre, meurt brutalement durant le trajet. De retour au village, ils seront jetés hors de leur maison, occupée maintenant par une voisine, Mme Kammer, et des inconnus. La mère accouchera difficilement, au milieu des ordures, dans une des caves du château, démunie de tout. Elle donnera naissance à une petite fille mal formée que le père sera obligé d'euthanasier:<br><i>"Je restai pétrifié. je ne pus même pas crier. Je demeurai paralysé. Ma petite soeur Jessica-<wbr>Marthe n'avait pas d'yeux. Là où ils auraient dû être, il n'y avait que de la peau, simplement de la peau. Il y avait seulement un nez et une bouche qui explorait ma poitrine en cherchant à téter. L'horreur me glaça, au point que je ne pus même pas remettre le coussin correctement, quand le bébé se dénuda en gigotant. Elle était couchée là, contre moi, nue et couverte de sang; je vis alors qu'elle n'avait que deux moignons à la place des bras."<br></wbr></i>La mère, folle de douleur, meurt à son tour. Seuls, traversant la tourmente, subsistent le père et son fils.<br>Quatre ans après l'événement, ils ont récupéré leur maison, car les gens continuent de mourir peu à peu. La vie sociale a régressé vers un curieux moyen âge. L'argent n'a plus cours. Seul le troc permet des échanges laborieux. Le froid, la faim, la multiplication des insectes, la dénutrition font que les survivants s'accommodent d'un état de pauvreté insigne, semblable à celui d'un pays du Tiers Monde:<br><i>"La plupart des Schewenbornois qui avaient survécu au jour de la bombe, décédèrent au cours des deux premiers hivers qui suivirent la catastrophe. C'est surtout le deuxième qui fit le plus grand nombre de victimes. Ce fut une saison particulièrement éprouvante. Les gens moururent de froid et de faim. Celui qui, en été, n'avait pas amassé assez de bois dans les forêts, celui qui ne possédait plus assez de vêtements chauds, celui qui tombait malade et n'avait personne pour surveiller nuit et jour son feu, celui-<wbr>là mourait de froid. Celui qui n'avait pas constitué des réserves de nourriture mourait de faim (...) La nature, le paysage, ne se couvrit pas d'un manteau vert, mais d'une végétation chétive, d'un jaune sulfureux. le sapins perdirent leurs aiguilles; de nombreux arbres n'eurent pas de feuilles. Seules les mauvaises herbes les plus tenaces résistèrent."<br></wbr></i>Fidèles à leurs valeurs, le père et le fils ont ouvert une école pour combattre l'analphabétisme mais sans illusion: tous les jours les rangs des enfants se creusent et les rats, qui se développent, les empêchent de travailler:<br><i>"Il n'y a que les rats qui nous posent vraiment des problèmes. Il y en a des milliers dans le château. Ils courent entre les jambes des élèves. A Schewenborn, tout le monde se plaint de cette invasion; il est vrai qu'il n'y a plus de chats. Dans les rues, on les voit courir dans tous les sens. Il y en a de plus en plus et ils sont de plus en plus gras, de moins en moins craintifs. Ils ont même survécu à la famine du deuxième hiver, quand les Schewenbornois se mirent à en manger pour survivre. C'est dans ces conditions qu'il faut essayer de faire la classe: les enfants lèvent sans cesse les jambes, de peur d'être mordus,  depuis qu'une petite fille de sept ans  l'a été à un orteil."<br></i>De plus en plus, ils surprennent les regards de haine que leur lancent les enfants qui les rendent responsables de leur misère, les derniers enfants de Schewenborn.<br>Gudrun Pausewang a signé un récit sans concessions. Excluant délibérément les causes de la guerre, les implications géopolitiques de la Bombe, elle s'est exclusivement concentrée sur les effets individuels et sociaux de la guerre nucléaire, accentuant l'horreur en prenant comme personnages principaux de son récit des enfants. L'inscrivant dans un réalisme effrayant, elle espère, à travers une pédagogie de la douleur, éduquer  son jeune public à la détestation de la guerre et le gagner au sentiment écologique. Le réalisme dans la description , qui n'est pourtant que la stricte application des conséquences du mal radioactif, n'a pas plu à tout le monde. Ainsi a-<wbr>t-<wbr>elle été prise à partie par des responsables politiques qui n'aiment pas que l'on connaisse l'évidence, comme l'a été , en sont temps le film de Peter Watkins, "la Bombe", censuré en France pour les mêmes raisons. "Les derniers enfants de Schewenborn" est donc encore, à ce jour, un récit conjectural dont la lecture est hautement recommandée pour qui désire connaître les désastreuses conséquences d'un mauvais usage de l'atome.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf0 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">267</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
