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<rss version="2.0"><channel><title>Livres: Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/page/43/?d=23</link><description>Livres: Livres</description><language>fr</language><item><title>La Fin Du Monde (Rey-Dussueil)&#xD;
</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-du-monde-(rey-dussueil)-r364/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/fin-du-monde--rey-dussueil.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Dans cet ouvrage (en deux volumes) seul un mince fragment du texte est consacré à la fin du monde proprement dite.<br>L’auteur met en scène un moraliste le jeune Brémond qui s’entretient avec diverses personnalités significatives de la société française en 1830, ce qui sert de prétexte à une critique virulente du gouvernement Guizot. Peut-<wbr>être est-<wbr>ce par là, à travers un glissement sémantique, qui part de l’idée de « la fin d’une société » ou de la « fin d’un régime », qu’il en est venu à évoquer la comète de 1832, porteuse de catastrophe, ce qui n’émeut d’alleurs pas plus que cela ses contemporains. Avec beaucoup de sang-<wbr>froid il décrit les conséquences d’une collision  de la comète avec la terre, un déluge universel censé noyer toutes les parties basses du monde :<br><i>« Hâtez-<wbr>vous, mes amis, car une fois la fin du monde venue, si l’un de vous réchappe à la catastrophe, les eaux auront enseveli les bases de ces immenses monts, et ce qui restera des Alpes, modeste îlot, élèvera sur le front de la mer quelques insignifiantes aiguilles. Le Mont-<wbr>Blanc sera une autre butte Chaumont, et sur son sommet dépouillé de neiges on cultivera des laitues. »<br></wbr></wbr></i>Brémond se retire donc  dans les Alpes, à « Chamouny »,  où déjà se pressent des cohortes apeurées. Il y découvre Sara, le grand amour de sa vie, une « quackeresse » psycho-<wbr>rigide qui ignore ce jeune homme que l’amour abêtit. La comète et ses désagréments seront donc les bienvenus, Brémond s’imaginant représenter le futur couple primitif avec Sara  pour compagne :<br><i>« Tout à coup un bruit épouvantable, un bruit de cent tonnerres répétés par d’innombrables échos, se fit entendre; le ciel, tout de feu, sembla s’ouvrir, comme pour laisser tomber les astres qui y sont attachés ; les Alpes émues s’agitaient avec un craquement terrible, jusques dans leurs bases ; des milliers d’ouragans se heurtaient dans l’air, et de longs mugissements s’échappaient des plus profondes entrailles de la terre…Que se passait-<wbr>il dans cette tempête suprême ? Aucun être humain ne le pourrait dire ; il faudrait une voix de prophète inspiré par une pensée divine, car aucun être humain ne l’a pu voir. Quand le jeune homme revint à lui, il avait la face contre terre, les membres sanglans ; sa pensée était frappée d’un long et terrible engourdissement. Il se leva, hâletant ; il voulut porter ses regards vers la vallée, et ses regards rencontrèrent un Océan, dont les vagues immenses semblaient défier en hauteur ce qui restait des Alpes.  Et Sara !… Sara avait disparu.»<br></wbr></i>En conclusion que reste-<wbr>t-<wbr>il aussi de notre thème dans cet ouvrage cité par Versins et dont le caractère mythique (car introuvable) a enflammé les imaginations ? En réalité fort peu de choses sinon une belle idée que les successeurs de Rey-<wbr>Dussueil reprendront avec davantage de sérieux.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf4 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">364</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fin Du Monde (Bourgeade)</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-du-monde-(bourgeade)-r363/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/fin-du-monde-bourgeade.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">A la Gare Saint-<wbr>Lazare , un jour de juillet, le narrateur attend sa " veuve ".  Elle arrive en compagnie d’une amie. Cette rencontre sera prétexte à une suite de fantasmes de type sexuel, plus délirants les uns que les autres, dont le point commun est la disparition des femmes.  <br>La femme, être aimé et haï à la fois, nécessaire et superflu, se verra tour à tour, dominée, dominante, assassinée et poussée sur la voie du métro par le narrateur ou brûlée dans un incendie allumé intentionnellement par des mâles en rut. <br>Le tissu même des mots s’érotise et les jeux de mots constants sur les boules de billard/ queue de billard,  et les testicules / verge, montrent le délire/désir croissant du narrateur. Le mal s’amplifie lorsque les femmes ne mettent plus de filles au monde: <i>" Je lui demandai combien il avait enregistré de naissances à cette heure de la nuit. Deux, me dit-<wbr>il. Garçons ou filles ? Deux garçons. Il fut un peu surpris de ma question : de toute évidence les enfants attendus ne pouvaient être que des garçons ou des filles, et nul ne saurait s’inquiéter de voir naître à la file deux , trois, ou quatre garçons. Mais à l’heure où je lui posai cette question, j’avais déjà noté que, dans mon propre service, étaient nés treize garçons et pas une seule fille. "<br></wbr></i>Dans sa quête passionnée, le narrateur ne retrouve plus les femmes qu’il a connues. Elles ont mystérieusement disparu ou se sont transformées en petits garçons. La même vision semble être partagée par tous ses frères masculins. Par une sorte d’involution, la nature entière cesse de fournir des femelles :<br><i>" On connaît la suite, : les horloges continuant de tourner à l’envers , le soleil roulant dans le ciel d’ouest en est , les jours s’enfuyant de la nuit à l’aube , les traités de paix précédant les guerres , les guerres revécues une à une sans que rien permettre de les éviter , les hommes frappés de rajeunissement , les vieillards contraints d’avancer vers l’âge mûr , les hommes d’âge mûr vers l’adolescence , les adolescents vers l’enfance , et tous, au fur et à mesure que le temps passe , vers ce moment effrayant de la naissance , devenant infimes au point de disparaître bientôt dans un autre être , ces êtres, les femmes, rentrant elles-<wbr>mêmes les unes dans les autres , emportant dans leur ventre l’humanité, à la manière des tables gigognes ou des poupées russes, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une seule, la première, dont le ventre contient tout , y compris ce rêve. "(…)<br>" Les événements se précipitent. Faute de donner naissance à des filles, les femmes se condamnent elles-<wbr>mêmes à mort. Elles prennent irrémédiablement de l’âge alors que des hommes continuent de naître.  L’aspect des villes se modifie. Les rues se peuplent de garçonnets, d’adolescents, d’hommes mûrs ... et de vieillardes. <br>Celles-<wbr>ci s’éteignent l’une après l’autre, et d’abord en Occident , où la pollution urbaine et l’habitude des plaisirs ont rendu l’espèce plus fragile. Plus une seule femme blanche ! De grandes armées se mettent en marche. Elles vont arracher les femmes de couleur aux peuples qui les détiennent indûment. "</wbr></wbr></wbr></i></wbr></span><span class="ff2 cf4 fs24"> <br></span><span class="ff1 cf4 fs24">L’état d’urgence est décrété. La civilisation est en péril : c’est la fin du monde par  extinction de l’espèce. De nouvelles lois seront promulguées qui permettront aux hommes de copuler avec les rares femelles animales que des expéditions guerrières auront pu retrouver. C’est pourquoi il reste au narrateur à jouer à Pygmalion en modelant dans la terre glaise un corps de femme à qui sa verge insufflera la vie,... et qui mettra au monde une fille, Eve :<br><i>" Cette nuit-<wbr>là dure mille ans. Le rêve du premier jour s’est accompli. Je vois , comme annoncé, les femmes disparaître , les hommes demeurer seuls sur la planète , puis s’éteindre eux-<wbr>mêmes, un à un. Il ne reste que moi. La végétation a tout recouvert. Dans une clairière, je somnole. <br>Un matin, suivant un chemin de fougères et de ronces, j’atteignis la lisière de la forêt. Le soleil se levait, faisant miroiter l’eau des fossés. Le ciel était blanc. Je regardai la terre. Elle était faite de limon épais qui donnait envie qu’on le touche, de la main. Je me mis  à genoux et, peu à peu, avec ce limon que je mouillai d’eau, je façonnai le corps d’une femme. "<br></wbr></wbr></i>Un roman dérangeant par son intensité. Il a le mérite de libérer le roman cataclysmique de son carcan thématique  pour affirmer de façon native, brute, en quelque sorte, l’obsession du désir érotique, de la volonté de puissance, de l’amour fou , qui sous-<wbr>tend toute la problématique du genre.</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">363</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fin Des Temps</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-des-temps-r362/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/terre-est-bleue-comme.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24"><i>" Nous regarderons brûler les fleuves sous les ponts<br>Nous regarderons les incendies à la tombée du crépuscule<br>Nous assisterons à la fin de l’éternité<br>Les égouts répandront des odeurs d’au-<wbr>delà<br>L’herbe rouge des deuils <br>Poussera entre les passages cloutés<br>Nos lèvres desséchées chercheront l’alcool triste<br>Les jardins agiteront leurs fleurs<br>Comme des signaux de détresse<br>Ce sera le dernier jour du monde<br>Peut-<wbr>être que l’impatience de mourir<br>Nous donnera le courage d’espérer.<br></wbr></wbr></i></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">362</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fin Des Robots</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-des-robots-r361/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/vu-fin-de-civilisation.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Dans le futur, avec le développement du machinisme, les robots seront de plus en plus sollicités. A tel point qu’ils deviennent la cause d’une explosion sociale. Comme ils suppléent les êtres humains dans tous les domaines, le clan des « Eugéniens » pousse à une adaptation encore plus performante de ces machines vivantes qui devront, selon eux, occuper l’ensemble des secteurs économiques. <br>Les « Antieugéniens » sont persuadés du contraire. Les risques sont grands, disent-<wbr>ils, d’un dérapage et d’une main mise des machines sur l’homme. Ce qui fait bien rire les Eugéniens, puisqu’il est si facile de brider les automates en les privant d’énergie ! Pourtant les Antieugéniens militent en faveur de la mise en place de la F.O.N.D.E.R.I.E . (Fédération Ouvrière de la Nouvelle Distribution Energétique des Robots Invalides d’Etat) où ceux qui présenteraient une tare mécanique quelconque, ou qui seraient trop vieux pour servir correctement l’homme, pourraient être mis au rebut. Mais les robots ne l’entendent pas de cette oreille. Présents, grâce à leur protoplasme évolutif, dans tous les secteurs, s’occupant même de faire fonctionner leur centrale d’Energie, ils décident d’une grève générale afin de faire garantir leurs droits. Ils arrêtent tout. Leurs revendications sont précises. Elles stipulaient l’apprentissage d’un langage robotique spécifique, la création d’un journal dévolu à leur condition, l’utilisation d’une partie de l’énergie pour leur propre développement et enfin – ce qui est inacceptable!-<wbr> la possibilité de se reproduire comme les humains. Faute de quoi, le travail ne reprendrait pas et les hommes, paralysés dans leurs déplacements, s’achemineraient vers la famine.<br>Les gouverneurs de la cité, ayant oublié avec le temps comment réagir devant cet état de fait, se trouvent désarmés. <br>La crise est gravissime et les êtres humains de plus en plus menacés :<br><i>« Maintenant, l’émeute se déchaînait ; les robots faisaient retentir partout leur appel à la révolte : « Coupzy ! courrrant ! Coupzy ! courrrant ! » (…)  Puis les événements se précipitèrent : la moitié des robots s’occupèrent à fabriquer des sous-<wbr>robots, pendant que l’autre moitié s’emparait du plus grand nombre possible d’hommes ou de femmes pour les torturer afin d’obtenir leur secret. <br>Il n’y avait rien à faire contre ces masses d’un métal aussi souple que compact, dont les organes vitaux étaient complètement à l’abri et qui prévenaient tous les gestes, saisissaient de tous leurs appendices variés à l’infini, dominaient de leur haute taille les hommes les plus solides qu’ils broyaient d’un ultra-<wbr>son. »<br></wbr></wbr></i>Seul un vieil original, fouinant dans les bibliothèques et allant chercher une réponse jusque dedans la lune en astrojet, pour vérifier ses théories in situ, trouve la solution : pour arrêter les robots il suffit de les arroser avec de l’eau, puisque le fer rouille… :<br><i>« (Ils virent) des masses de robots désemparés, se traînant, eux tellement silencieux d’ordinaire, dans un bruit déchirant qui venait nettement de leur métallure, et non de leur émetteur de son ; par endroits une couleur ocre les recouvrait ; tout leur ensemble exprimait une souffrance abominable : ils étaient atteints d’une maladie incurable à cette époque, car personne n’avait gardé de quoi remédier à un mal dont la dernière attaque remontait à 100 ionies et dont on s’était débarrassé en même temps que les parasites des ondes –et dont seuls quelques spécialistes de l’antiquité connaissaient le nom : la rouille. »<br></i>Une nouvelle malicieuse et distanciée pointant du doigt les dangers d’un machinisme débridé, dans ce mensuel consacré à « la Fin d’une Civilisation ». <br>Il faut pourtant remarquer qu’au-<wbr>delà de l’humour, elle renoue avec les fondamentaux, l’essence du robot étant, depuis sa création, de remplacer l’ouvrier à son poste de travail (voir à ce sujet R.U.R. de Carel Capek).<br></wbr></wbr></wbr></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">361</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fin Des Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-des-livres-r360/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/contes-pour-les-bibliophiles.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Un petit groupe de gentlemen, après avoir assisté à une conférence du savantissime William Thompson à la Royale Institution de Londres où celui-<wbr>ci évoqua le sort futur et funeste de notre globe, se retrouva pour un dernier verre au Junior Atheneum Club. Chaque participant y alla de sa propre vision du futur, utopique ou pessimiste, selon le cas. Le narrateur, sommé de s’exécuter lui aussi pour ce qu’il pensait de l’avenir du livre et des écrivains, jeta un pavé dans la mare en annonçant leur fin prochaine :<br><i>« Si par livres vous entendez parler de nos innombrables cahiers de papier imprimé, ployé, cousu, broché sous une couverture annonçant le titre de l’ouvrage, je vous avouerai franchement que je ne crois point (…) que l’invention de Gutenberg puisse ne pas tomber plus ou moins prochainement en désuétude comme interprète de nos productions intellectuelles. »<br></i>Basé sur l’égoïsme et la paresse du lecteur, la mutation se fera de l’œil à l’oreille, de l’écrit à l’auditif, grâce à la technique :<br><i>« Je me base sur cette constatation indéniable que l’homme de loisir repousse chaque jour davantage la fatigue et qu’il recherche ce qu’il appelle avidement le confortable. (…) Je crois donc au succès de tout ce qui flattera et entretiendra la paresse et l’égoïsme de l’homme ; l’ascenseur a tué les ascensions dans les maisons, le phonographe détruira probablement l’imprimerie. »<br></i>Toute oeuvre sera désormais gravée sur cylindre et déclamée:<br><i>« Il y aura des cylindres inscripteurs légers comme des porte-<wbr>plumes en celluloïd qui contiendront cinq ou six cents mots et qui fonctionneront sur des axes très tenus qui tiendront dans la poche ; toutes les vibrations de la voix y seront reproduites ; on obtiendra la perfection des appareils comme on obtient la précision des montres les plus bijoux. »<br></wbr></i>L’écrivain deviendra un narrateur, l’éditeur sera un «storygraphe », le bibliophile un « phonographophile » et les bibliothèques des « phonographothèques ». Les œuvres enregistrées les plus recherchées seront celles où l’auteur lui-<wbr>même déclame avec sensibilité et émotion. Et cette révolution concernera tout et tous. Le monde savant, mais aussi le peuple, la multitude à qui il sera donné d’écouter et de se procurer les enregistrements , à petit prix, à tous les carrefours de la ville, dans les gares, les salles d’attente, et les transporter dans leurs poches, grâce aux miracles de la miniaturisation :<br><i> « Il se fabriquera des phono-<wbr>opéra graphes de poche utiles pendant l’excursion dans les montagnes des Alpes ou à travers les canyons du Colorado. »<br></wbr></i>Quant aux illustrations et images imprimées elles seront remplacées par les merveilles du « kinétographe », dérivé de l’invention d’Edison, où « des tranches de vie », fictives ou réelles, satisferont le goût de tous. Enfin les nouvelles du jour et de la presse pourront être avantageusement consultées par un consommateur délicieusement allongé dans son lit, et qui n’aura plus à tourner fastidieusement de grandes pages froissées. Et le narrateur de conclure qu’il s’agit là d’une évolution inéluctable et proche et que nul ne regrettera la disparition totale et absolue du livre imprimé :<br><i>« Il faut que les livres disparaissent ou qu’ils nous engloutissent ; j’ai calculé qu’il paraît dans le monde entier quatre-<wbr>vingt à cent mille ouvrages par an, qui tirés à mille en moyenne, font plus de cent millions d’exemplaires, dont la plupart ne contiennent que les plus  grandes extravagances et les plus folles chimères et ne propagent que préjugés et erreurs.  Par notre état social nous sommes obligés d’entendre tous les jours bien des sottises ; un peu plus, un peu moins, ce ne sera pas dans la suite un bien gros excédent de souffrance, mais quel bonheur de n’avoir plus à en lire et de pouvoir enfin fermer ses yeux sur le néant des imprimés ! »<br></wbr></i>Une autre petite échappée sur le futur de la part de l’écrivain et romancier de génie, Albert Robida.  L’on ne sait ce que l’on admirera de plus ici, de la justesse de sa vision, où de son ironie en face d’une situation de disette culturelle à venir. L’éradication du livre qu’il entrevoit – crainte encore partagée il y peu par bon nombre de nos savants contemporains-<wbr> si elle ne semble pas exister dans la réalité est pourtant bien un état de fait lorsque l’on sait, qu’en France par exemple, 90% des lecteurs se contentent de déchiffrer des étiquettes des boîtes de conserve.</wbr></wbr></wbr></span><span class="fs20 cf3 ff2"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">360</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fin Des Hommes</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-des-hommes-r359/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/galaxie-01_30.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Depuis plus de 8000 ans après la catastrophe de 1969, les hommes ont disparu du gobe. Seules perdurent les femmes qui ont développé une civilisation basée sur le matriarcat, la parthénogenèse et l’ectogenèse.La reine Malinka est donc d’autant plus surprise lorsqu’elle apprend que deux jeunes femmes, Myrihanna et Ghorana,  vont engendrer deux enfants mâles. La seule explication possible est qu’il existe encore des hommes sur la Terre.<br>Ces deux femmes ont recueilli et soigné deux mâles, rescapés extraterrestres en provenance de Ganymède, et, en fonction de leur rareté, se les ont réservés pour elles. Malinka, furieuse, fait entreprendre des recherches dans la région de Nyurk pour les retrouver. Mais chaque soldate, prenant contact avec ces deux hommes, désire également se les approprier. La nouvelle qui se répand provoquera même une révolution de palais. Heureusement, les concitoyens de Konyung et de Rotnag , ayant entrepris une vaste opération de sauvetage, atterrissent sur Terre avec des centaines d’engins ovoïdaux, se tenant prêts à rééquilibrer la race humaine.<br>Une première nouvelle du jeune Jimmy Guieu à l’âge où il était encore travaillé par ses hormones.<br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">359</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fin De Paris</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-de-paris-r358/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/fin-de-paris.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le journaliste-<wbr>narrateur se promène dans Paris. Plusieurs signes étranges l’incitent à penser que les statues des hommes célèbres dressées de-<wbr>ci de-<wbr>là dans la capitale sont en passe de se révolter : elles murmurent, leurs yeux pétillent, leurs doigts bougent imperceptiblement : <br><i>" Paris dormait dans le clair-<wbr>obscur du ciel et des lampadaires électriques. Penché sur lui, je perçus, au creux de son sommeil, le même murmure que j’avais entendu aux abords des jardins du Luxembourg, un frémissement métallique, un grelottement de pierre. C’était comme un flux et reflux de clochettes au loin, de sonneries aiguës ou mates. Il me sembla entendre, prononcée d’une voix d’outre-<wbr>tombe, une voix blanche, très faible, des noms de morts célèbres : Pasteur, Charcot, Moncey, Sedaine, Berlioz, Bailly... "</wbr></wbr></i><br>D’abord incrédules, les Parisiens durent se rendre à l’évidence lorsqu’ils virent une montgolfière en pierre s’élever dans les airs, flotter au-<wbr>dessus de la ville pour finalement s’écraser dans la cour de l’Elysée. Cet événement est bientôt suivi par quantité d’autres: les statues, de bronze ou de marbre, d’hommes célèbres ou non, d’allégories de toutes sortes, d’animaux ou d’objets, des bas-<wbr>reliefs aux diverses figurations, tous quittent leurs socles, suivis par les mannequins des vitrines. Les statues, las du machinisme et de l’inhumanité engendrée par celui-<wbr>ci, ainsi que le stipule l’article deux de l’ultimatum de Charlemagne :<br><i>" ...Attendu que la vie est devenue inhumaine dans toutes les capitales du monde ou plutôt qu’elle s’en est retirée, que l’homme n’a pas été conçu pour jouer un rôle misérable dans un engrenage de machines qui le poussent vers la folie et le suicide, qu’il y a de ce fait, crime et péché mortel à l’égard du Saint-<wbr>Esprit parce que Notre -<wbr> Seigneur a dit: "Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme. " ", <br></wbr></wbr></i>prennent vie et se montrent résolument hostiles envers tout habitant du Paris moderne. D’abord surpris, voire amusés, les Parisiens, bientôt terrifiés, se calfeutrent chez eux. C’est la désorganisation sociale, les rues se vident d’humains et se remplissent de statues. Le corps politique répond très mal à l’invasion : il ne pense qu’à se mettre à l’abri et s’embarque dans un grand strato-<wbr>cruiser qui emmène tous les politiciens en Amérique pour y établir un gouvernement en exil. La défense de la capitale est confiée au Maréchal Guidon.  On s’organise dans les deux camps. Les statues se regroupent autour de l’image charismatique de Charlemagne, secondé par Napoléon et Jeanne d’Arc. Leur tactique est simple : en un premier temps s’attaquer au symbole de la ville, la Tour Eiffel. l’abattre et la désosser; puis, avancer, écraser, piétiner, faire s’écrouler les maisons, défoncer les rues selon la stratégie du bulldozer .<br><i>" Elles ressortaient des décombres, imperturbables, ces statues, tenaces, comme ces fourmis qui ressurgissent toujours de leurs nids écrasés. Béliers à quoi rien ne résistait, que rien ne pouvait arrêter, elles entraient dans les murs, poussaient les pierres de taille, les enfonçaient, crevaient le ciment armé, tordaient, cassaient de leurs mains illustres les poutrelles de fer et les colonnes de fonte. Des pans de quartiers, des quartiers tout entiers tombaient, dans d’épouvantables grincements, des gémissements sans fin, de hautes façades comme des claques sur le bitume, des palais comme des éclatements de montagne. Montparnasse craquait comme une vieille croûte et la banque de France résorbait ses ruines dans la profondeur de ses caves pleines de lingots d’or. "</i><br> De l’autre côté, on répond à l’agression par une armée de soudeurs chargée de faire fondre le bronze :<br><i>" Et les soudeurs à l’autogène, ruisselant de sueur dans leur lumière de music-<wbr>hall, s’acharnaient sur l’ennemi liquéfié. Les flammes de tous leurs lance-<wbr>flammes sautaient, ricochaient, dansaient sur la matière première de l’ennemi vaincu. "<br></wbr></wbr></i>En face de la coulée générale qui menace l’unité de l’armée statuaire, Charlemagne répond par l’envoi généralisé de troupes en marbre. Guidon avait tout prévu : le marbre est attaqué par de l’acide projeté sur les blocs qui se réduisent en bouillie. C’est le repli stratégique de Charlemagne et des siens avant la lutte finale. Les statues peaufinent leur plan : jeter tout le monde dans la bataille, les torses à la recherche de jambes pour marcher, les mannequins play-<wbr>boys des vitrines, les sculpteurs humains eux-<wbr>mêmes pris en otage et chargés de produire des effigies grossières mais suffisantes en vue de la contre-<wbr>attaque. Les engins roulants et motorisés de la capitale se mettent aussi au service de l’armée mécanique :<br><i>" C’est alors que se produisit la révolte des machines. les dernières usines des faubourgs ouvriers refusèrent de fonctionner au bénéfice des vivants. Moteurs et mécaniques s’arrêtèrent, en dépit des mains humaines qui les palpaient, les interrogeaient, les suppliaient. Les locomotives, par on ne sait quel miracle, ralentirent à cent kilomètres de Paris, s’immobilisèrent sur les rails, malgré la fournaise qu’on leur attisait dans les entrailles à coup de ringards. Les lois de la chaleur, de l’électricité, de l’optique et de l’énergie en général, n’avaient plus aucune valeur: toute physique était à recommencer. "</i> <br>Guidon y répond par l’usage du feu et des bactéries (mises au point par les " Binoclards ", c’est à dire les savants) qui ramollissent le bronze. Rien n’y fait. La ruée des statues n’épargne aucune rue, aucune maison, aucun bâtiment public ou privé. Paris disparaît réduit à une couche de gravats sur laquelle déambulent des simulacres d’hommes. Lorsque tout est uniformément aplani, les statues s’arrêtent définitivement, perdant toute vie. Par la suite, le gouvernement en exil redevenu légitime fait ôter cet entassement hétéroclite du site détruit pour le stocker dans le Sahara où il deviendra une espèce de cimetière visité par les touristes de toutes les nations. Paris aura définitivement disparu. <br>" La Fin de Paris " apparaît comme une pochade surréaliste à la Cocteau. L’auteur s’amuse à régler des comptes dans ce récit étonnant d’une ville en proie à la vindicte des statues. Il y égratigne les savants, l’Académie française, les politiciens. La critique enjouée cache aussi une réelle angoisse devant la montée des hostilités en Europe et une attitude frileuse en face des avancées technologique, équivalente à celle du Duhamel des " Scènes de la Vie future ".</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="ff0 fs20"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">358</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Fin De La Terre</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-fin-de-la-terre-r357/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/fin-de-la-terre-pict.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">A Dove Castle, près des Rapides de Lachine, au Canada, le grand savant maître du monde, Herbert Stinson est très inquiet car la Terre donne tous les signes d’une fin prochaine. Déjà de nombreux cataclysmes précurseurs d’une suite plus intense ont bouleversé la géographie de l’ensemble du globe :<br><i>« Après une heure de sommeil à peu près, un grondement le réveilla. Il prêta l’oreille un instant, s’habilla et descendit par l’ascenseur hydraulique jusqu’au sous-<wbr>sol de l’île. Les instruments sismiques lui apprirent qu’à quelque quinze ou dix-<wbr>huit milles en profondeur le sol entrait en perturbation. La faille de Logan à son tour était hachée petit à petit par le cataclysme, il n’en fallait plus douter. <br>Demain, peut-<wbr>être, toutes les collines monténégriennes cracheraient l’explosion sinistre d’un monde souterrain ameuté ; les entrailles de la terre vomies dans un spasme affreux ; la terrible destinée révolue d’un astre usé par les millénaires. »<br></wbr></wbr></wbr></i>Les causes en seraient une « consomption » naturelle du feu central, un vieillissement du noyau et une pression interne en augmentation constante.<br>En l’an 2380 l’humanité a accompli des progrès prodigieux , dans le domaine technologique et scientifique :<br><i>« Depuis cinquante ans, les derniers arbres étaient disparus de la surface de la terre et les journaux ne s’imprimaient plus. Les savants avaient découvert un moyen fort simple de renseigner les nations. A toutes heures de la nuit ou du jour on projetait dans le firmament les nouvelles imprimées en caractères énormes ; le jour, un pan de ciel s’obscurcissait, devenait noir comme de l’encre et la dépêche y apparaissait en blanc ; la nuit l’écran naturel suffisait. »</i><br>Herbert Stinson et son collègue Herman Stack ont décidé de réunir un Congrès mondial des Physiciens à New-<wbr>York au cours duquel ils espèrent convaincre leurs collègues, les 700 000 délégués de tous pays, que la seule voie de salut pour l’humanité –ou ce qu’il en reste -<wbr> passe par une émigration massive vers la planète Mars, déjà colonisée, où l’on travaille d’arrache-<wbr>pied à accueillir les terriens orphelins.Le globe fait savoir, par ses secousses et tremblements, que le plan devra être mis immédiatement en œuvre. <br>Des catastrophes sans nom paralysent le monde : la plus grande partie de l’Amérique du Sud s’était effondrée, les fonds sous-<wbr>marins bougeaient sans relâche et en Europe la chaleur et la sécheresse désertifiaient les paysages :<br><i>« La Corée avait été balayée par un raz-<wbr>de-<wbr>marée ; l’eau envahissait déjà le grand plateau du Tibet qui s’affaissait ; la mer Aggasiz se reformait au centre du Canada et au nord des Etats-<wbr>Unis ; les Rocheuses se creusaient de vomitoires par où l’incendie du globe s’allumait ; le soleil paraissait sanglant à travers des nues de cendres et de feu. » </wbr></wbr></wbr></i><br>Le professeur Erzeberger explique aux délégués que l’énergie nécessaire  à la propulsion des Vaisseaux cosmiques pourra être stockée dans des « bouteilles de Felsten » et acheminée à partir des chutes du Niagara. Herbert Stinson et ses amis doivent en effet convaincre le monde de la pertinence de leur projet, notamment le puissant Herbröm Shern, qui préconise l’immobilisme, ou le Dr. Ohms qui, devenu fou à l’idée de la mort, envisage la « transmigration des âmes » sur Mars, les corps restant sur la Terre.<br>Tandis que le camp de sauvetage se met en place au Canada, que la première vague des Vaisseaux devient opérationnelle, les désastres s’amplifient à travers le monde :<br><i>« Depuis environ soixante ans la navigation avait cessé sur presque toutes les mers du monde. Les océans en furie roulaient des vagues qui frôlaient presque les aérobus évoluant à mille pieds dans les airs ».</i><br>A Paris, sur un écran géant, l’on projette l’engloutissement de la région de Malacca. Marcel de Montigny,  un vieil humaniste, conservateur du musée du Louvre, déplore la perte de tant d’œuvres d’art, expression du génie humain. En Inde, le cataclysme prend une ampleur inattendue. Avant que le sub-<wbr>continent indien tout entier ne s’abîme dans les flots, les spectateurs parisiens, horrifiés, pourront suivre la révolte et la folie de la faune sauvage, menée par les extraordinaires mammouths géants, des créations du Dr. Singh :<br><i>« Les bêtes, au nombre de millions, arrêtées par les montagnes fuyaient vers le grand fleuve parsemant la plaine qui fléchissait de charognes innombrables. Les hameaux et casemates étaient disparus sous la vague féroce et bientôt les bêtes comme devenues folles obstruèrent le cours du fleuve sacré (…) Des milliers de tonnes de chairs pourrissaient sous un soleil ardent pendant qu’une mer intérieure se formait dans le Panjab. »</i><br>En face de l’effondrement de la chaîne alpine et de l’Oural, du réveil des volcans centraux en France, des raz de marées et la destruction de nombreuses parties continentales, l’urgence de fuir ce pays condamné est devenue absolue :<br><i>« La France avait sombré également. Toute la pointe bretonne de Rennes à Brest était tombée dans l’abîme creusé par la mer déchaînée. En peu de jours Cherbourg capitulait devant les raz-<wbr>de-<wbr>marée, toute la côte de la Manche fut dévastée et bientôt de La Rochelle au Havre un affaissement se produisit menaçant Paris. Au sud, les volcans des Pyrénées guettaient le territoire français. Pau, Tarbes, Carcassonne avaient agonisé sous la cendre et le feu et bientôt les secousses sismiques rendirent la vieille France inhabitable. »</wbr></wbr></i><br>Seuls l’Amérique du Nord et le Canada restent fermes, là où se trouvent les cratons les plus anciens de l’histoire de la terre. Lorsque le premier contingent volant disparaît dans la haute atmosphère, les survivants de Dove Castle, angoissés, attendent son retour, se demandant s’ils parviendraient jamais à se sauver avant que le globe n’explose en son entier:<br><i>« Les Etats-<wbr>Unis d’Amérique et le Canada avec leurs populations de près de sept cent millions d’habitants devaient fournir les premiers contingents à se rendre sur Mars. Il fallait pour ainsi dire déblayer le territoire où onze milliards d’individus devaient stationner avant de prendre place à bord des aérobus de l’Union des Peuples. »</wbr></i><br>C’est aux derniers instants, plus de deux mois après le départ des engins, alors que la terre est prête à s’autodétruire en une apothéose wagnérienne, que les ultimes rescapés prendront place à leur tour à bord des vaisseaux martiens.<br>Un court et rare roman d’un auteur canadien dont les descriptions cataclysmiques ne manquent pas de charme. Elles seront hélas ! gâchées par un pathos moralisateur qui se perd souvent en un salmigondis historique et pseudo-<wbr>culturel.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">357</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Monde Mutant</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/monde-mutant-r356/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/monde-mutant-ok.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf5 fs24"><b>Vol. 01 : Monde mutant</b></span><b><span class="cf4 ff1 fs24">, scén. Jean Strnad, éd. Campus, 1983, 1 vol. broché, 64 pl. couleurs, BD d’expression anglaise (USA)<br>1 ère  parution : 1983   titre oiginal : Mutant world<br></span></b><span class="cf4 ff1 fs24">Dumento, fort, naïf et généreux survit vaille que vaille en un monde post-<wbr>atomique grouillant de formes de vie mutantes invraisemblables, produits mi-<wbr>hommes  mi-<wbr>animaux. Le décor, constitué de ruines urbaines, d’immeubles détruits, sont autant de pièges pour Dimento qui, à l’instar des autres êtres peuplant cet univers de cauchemar, pense exclusivement à se procurer de la nourriture. Trop naïf, il se fait berner ou poursuivre par des créatures comme « Bugs » ou « Creeps » dont l’alimentation quotidienne se réduit au cannibalisme. Manger ou être mangé telle est la loi unique de cet univers.<br>Dimento croise cependant trois personnages étonnants. Le premier est le « Père Dove », un zélé serviteur de Dieu qui pratique le karaté et réduit Dimento en esclavage. Il est à la recherche des auteurs de ce qu’il considère comme une abomination. Le deuxième est Julie, une plantureuse blonde qui sauve la vie de Dimento. Notre gentil mutant tombe amoureux d’elle. Le troisième est Max, un soldat issu d’un laboratoire souterrain où s’est maintenue une activité scientifique. Max détient la clé de l’énigme. <br>Observant les tribulations de Dimento et de Julie, à moitié morte, torturée par des mutants cannibales, et en dépit des ordres reçus, il les fait entrer dans la base souterraine. C’est là que l’organisation travaille au repeuplement de la dernière chance. Le « Professeur » y élève  des clones, tels que Dimento, Julie ou le père Dove, et les lâche à la surface pour tenter d’assurer un avenir à l’humanité. <br>Mais ils ne sont pas tous réussis, parfois génétiquement instables, comme ce Père Dove dont la violence maniaque menace le Professeur et son projet. Les progrès de Dimento et de Julie seront suivis avec attention,  et puisque Dimento aime la jeune fille, le savant remplace l’ancienne Julie, trop abîmée, par un nouveau clone, la conditionnant à être toute dévouée au mutant, un grand enfant de six ans au corps d’adulte. Il les renvoie à la surface, Dimento avec Julie, et Max avec une autre Julie, en un autre endroit. A nouveau réunis, le couple goûte un bonheur parfait malgré la dévastation du monde<br></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf5 ff1 fs24"><b>Vol. 02 : Fils du monde mutant</b></span><b><span class="cf4 ff1 fs24">, éd. Glénat, 1991, scénario Jan Strnad, coll. « Comics USA », 1 vol. cartonné, in-<wbr>quarto, pl. couleurs,  npag. BD d’expression anglaise (USA)<br>1 ère  parution : 1990  titre original : Son of Mutant World </wbr></span></b><span class="cf4 ff1 fs24"><br>Dimentia, la fille de Dimento, batifole dans la forêt avec son grand ami le grizzli géant, Ollie, lorsque son père meurt, assassiné par des mutants. Il lui donne pour dernière recommandation de rejoindre son ami Max en sa petite enclave fortifiée,  protégée par les « herbes suceuses de cerveau », où ce dernier essaye de reconstituer un noyau de civilisation ayant pris sous sa protection un groupe de mutants pacifiques. L’aventure est risquée malgré la vigilance d’Ollie car Dimentia croise la piste d’un vieux chasseur de grizzli et de son fils décidé à en découdre. Suivie de haut par le ballon de Herschell, l’astronome, elle sauve la vie au bonhomme lorsque blessé par inadvertance, il tombe dans la rivière où elle se baignait.<i><br></i>Mais la plus grosse menace est constituée par la terrible bande de Mudhead, le géant macrocéphale, qui voue une haine démente à Max  pour l’avoir évincé de son territoire. Il attaquera l’enclave à l’aube, la barrière des herbes suceuses l’empêchant d’agir la nuit. Comme il désire un emblème à la mesure de sa puissance, il envoie son âme damnée, son «loyal crapaud » à la recherche de celui-<wbr>ci. C’est Ollie, tombant dans un piège, qui sera le symbole de Mudhead.<br>Alors que Max, qui ne jure que par les cendres de sa Julia morte, connaît le découragement, les événements se précipitent. Herschell et Dimentia capturés également par les troupes de Mudhead, font d’abord plus ample connaissance puis, par l’action bienveillante des deux chasseurs de grizzli, ils libèrent Ollie. <br>Tous se dirigent vers le territoire fortifié de Max. Mudhead est sûr de sa victoire. C’était sans compter sur l’éclipse solaire prédite par Herschell. Une nuit inattendue s’instaure sur le paysage, activant les herbes suceuses qui nettoieront le terrain des mutants de Mudhead. Le danger envolé, la petite colonie prospérera en paix, Dimentia et Herschell ayant adopté le petit chasseur de grizzli, en attendant les jours meilleurs d’un monde nouveau.<br>« Monde Mutant » est l’incroyable harmonie entre un scénario fort et un dessin extraordinaire. Chef-<wbr>d’œuvre de la bande dessinée de science-<wbr>fiction , « Monde mutant » fait partie de l’œuvre de maturité de Corben qui a déjà une longue pratique graphique derrière lui, acquis dans le domaine des comix underground. L’on ne sait ce que l’on doit admirer le plus, le scénario ou l’habileté du montage, les figures sculpturales ou les couleurs pastels car tout y est ravissement, qui transcende l’horreur même du récit</wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">356</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Fils De L'homme</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-fils-de-lhomme-r355/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/fils-de-l-homme-ok.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Théo Faron, cousin, ami et ancien conseiller de Xan Lypiett le Gouverneur de Grande-<wbr>Bretagne, s’est retiré dans sa solitude personnelle où, par le biais d’un journal intime qu’il détruira à la fin de son récit, il relate dans le détail la destinée de l’humanité.1944 est une date fatale pour l’espèce humaine, appelée ultérieurement l’âge Oméga : le début d’une stérilité absolue, complète et totale des hommes :<br><i>«  Il y a maintenant vingt-<wbr>cinq ans que naquit le dernier être humain, et rares sont parmi nous ceux qui, dans leur cœur, croient que le cri d’un nouveau-<wbr>né se fera jamais réentendre sur notre planète. Notre intérêt pour le sexe va diminuant. L’amour romantique et idéalisé a pris le pas sur la grossière satisfaction charnelle, malgré les efforts du gouverneur d’Angleterre et les boutiques porno qu’il a promues à travers le pays pour stimuler nos appétits. »</wbr></wbr></i><br>Au moment où s’ouvre le récit, en 2021, la société anglaise s’est profondément transformée. Le monde est peuplé de vieillards ou d’hommes mûrs. La criminalité recule, les fauteurs de troubles étant bannis sur l’île de Man où, sans frein, ils pourront se livrer à leurs instincts meurtriers. Des activités de substitution –baptêmes et anniversaires de chats, promenades avec des poupées disposées dans des landaus, sont courantes chez les femmes, désespérées :<br><i>« Alors qu’il se rendait à Magdalen comme à l’accoutumée, il avait tourné St John Street dans Beaumont Street et approchait de l’entrée de l’Ashmolean Museum lorsqu’une femme s’avança vers lui en poussant un landau. La bruine avait cessé, et comme elle arrivait à sa hauteur, elle s’arrêta pour retirer la couverture imperméable et rabattre la capote. La poupée apparut, installée bien droite contre les coussins, les deux bras, mains gantées, posés sur l’édredon, parodie d’enfant à la fois pathétique et sinistre. »<br></i>Pour ceux et celles qui s’estiment trop vieilles est instauré le « Quietus », une atroce cérémonie de suicide assisté par noyade.Dans la campagne anglaise qui se désertifie, les petites bourgades se vident,leurs habitants se repliant sur les grandes cités.La dernière génération des jeunes, les trentenaires, ceux qui  vont clore au moment de leur vieillesse l ‘épopée de l’espèce humaine, apparaissent comme des êtres étranges, sauvages, incultes, aux mœurs bizarres, incompris par les vieillards.<br>Les Omégas -<wbr> c’est ainsi qu’on les nomme -<wbr> ont souvent le visage peint de couleurs rituelles et se livrent à l’assassinat collectif. La police spéciale de Xan, réagit peu contre toutes ces dérives puisque la pièce est jouée. Les échanges économiques subsistent grâce à l’action du « Conseil des Sages », cinq hommes et femmes assurant le pouvoir autour de Xan, considéré par certains comme un dictateur. Théo note les faits insignifiants d’une vie vide de sens dans un monde désespéré :<br><i>« Même à travers la vitre, il entendait distinctement la télévision. Les vieux devaient être sourds. Il reconnut le programme : Neighbours, une série à petit budget réalisée en Australie entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. (…) Elle jouissait d’un regain de succès et faisait presque l’objet d’un culte. La raison en était évidente. Les épisodes, dans le cadre d’une lointaine banlieue baignée de soleil, suscitaient une irrésistible nostalgie d’innocence et d’espoir. Mais surtout, ils traitaient des jeunes. <br>Les séduisantes images de jeunes visages, de jeunes corps, le son de jeunes voix créaient l’illusion que, quelque part aux antipodes, cette jeunesse existait toujours, et que le monde rassurant où elle évoluait demeurait accessible. C’est dans le même esprit et en réponse au même besoin que les gens achetaient des cassettes vidéo d’accouchements et regardaient bouche bée des anciens programmes de télévision pour enfants. »</i><br>Pour le narrateur, universitaire d’Oxford, professeur d’histoire ancienne, sa vie avec Héléna, dont il divorcera après qu’il aura tué accidentellement leur fille, constitue une grande déception. L’ambition ne l’a jamais travaillé et s’il relate longuement son amitié de jeunesse avec Xan, c’est pour humaniser un personnage devenu hiératique aujourd’hui. <br>Une vie vide, des cours incompréhensibles devant de rares étudiants, une routine exaspérée par la mort qui s’avance, pas d’amitié, la solitude du célibataire, tout cela va être gommé par sa rencontre avec Julian.Ancienne auditrice de ses cours,  la jeune femme de trente ans appartient à un groupe de contestataires (ils se   dénomment les «Cinq poissons») qui espère infléchir la politique gouvernementale. <br>Ils comptent sur Théo pour porter leur message auprès de Xan.  Chacun d’entre eux, Rolf, le mari de Julian, Luke le prêtre catholique, Cascoigne, l’ouvrier qui croit en l’utopie, et Myriam la Noire, infirmière et sage-<wbr>femme, a des raisons différentes d’agir.<br>Rolf est travaillé par l’ambition et le pouvoir. Le frère de Myriam est mort, tué par la police spéciale, après son évasion de l’île de Man. Cascoigne ne peut supporter le Quietus. Théo, sceptique quant à leur sincérité, après avoir assisté à l’horreur d’un suicide collectif, consent à rencontrer Xan pour lui faire part des doléances du groupe des Cinq Poissons.<br>Le Gouverneur, sympathique et ouvert mais aussi inquiétant et mystérieux, l’accueille au sein du Conseil des Sages pour lui faire comprendre qu’il n’y aura aucun changement à espérer. Lorsque Théo rend compte de l’échec de sa mission au groupe, on lui apprend une stupéfiante nouvelle : Julian est enceinte des œuvres de Rolf !Basculant définitivement dans la clandestinité, il recherchera pour le groupe un endroit discret et sûr pour l’accouchement de Julian. Il sait que le temps leur est compté, que Xan agit probablement déjà et qu’il voudra s’approprier l’unique bébé à naître sur une terre au désespoir.<br>L’arrestation inopinée de Cascoigne qui sabotait les passerelles d’embarquement menant aux bateaux du Quietus, accélère leur décision : il faut fuir au plus vite, dans la campagne anglaise déserte, vers le pays de Galle, dans une grange dont Théo connaissait l’emplacement du temps de sa jeunesse, à Wytchcrafft.Malgré la haine de Rolf à son égard et les difficultés liées à un accouchement imminent, il vole une voiture, de la nourriture, un révolver pour se défendre, et, avec le groupe, s’enfonce dans la nuit. Arrêtés en pleine forêt par des Omégas, ils trouveront leur salut dans la fuite, Luke se sacrifiant pour leur survie. <br>La disparition du prêtre éclaire les circonstances de la naissance miraculeuse : c’est Luke le père de l’enfant et non Rolf. Ce dernier, mortifié et haineux, disparaît dans la nuit pour trahir Julian auprès du Gouverneur. La jeune femme arrivera juste à temps dans la grange déserte pour donner naissance à un bébé mâle, à la grande stupeur de Théo.<br>Mais ils sont traqués par Xan. Myriam, après l’accouchement, s’étant éloigné du couple, sera retrouvée par Théo, étranglée. Il sait qu’ils sont piégés mais aussi qu’il ira jusqu’à se faire tuer pour la liberté de Julian.Lorsque Xan apparaît dans la clairière,  seul  -<wbr> hélicoptères, médecins, police étant restés invisibles pour ne pas traumatiser la jeune mère -<wbr> , sa confrontation avec Théo tourne à son avantage. Un cri de l’enfant détourne l’attention du Gouverneur, ce qui donne l’occasion à Théo de le tuer. Prenant à son doigt la bague du mort – symbole de commandement -<wbr> Théo sera reconnu par les membres du Conseil comme le nouveau Gouverneur, le père du seul enfant au monde, le sauveur de l’humanité :<br><i>« Ils arrivèrent sans se presser, sortant de la forêt (…) Parvenus à deux mètres du corps, ils s’arrêtèrent. Tenant l’anneau, Théo le passa alors ostensiblement à son doigt et leur présenta le dos de sa main. « le Gouverneur est mort et l’enfant est né, dit-<wbr>il. Ecoutez ». le vagissement avait repris, à la fois pitoyable et impérieux. (…) <br>Ils entrèrent d’un pas hésitant, presque comme à regret. Woolvington, qui fermait la marche, n’essaya pas d’approcher Julian mais resta planté à l’entrée comme une sentinelle. Les deux femmes, elles, s’agenouillèrent, mais moins pour marquer leur respect, semblait-<wbr>il, que pour être tout près de l’enfant. En réponse au regard suppliant qu’elles levèrent vers elle, Julian leur tendit l’enfant en souriant, et elles, partagées entre le rire et les larmes, avancèrent timidement la main pour lui toucher la tête, les joues , les bras .»</wbr></wbr></i><br>Les Fils de l’homme est un roman sombre et désespéré, d’une écriture envoûtante, qui traduit dans sa complexité une société à l’agonie. <br>Traitant du même thème que « Barbe grise » de Brian Aldiss, il dépasse ce dernier par le ton intimiste appliqué à la description d’une horreur sans nom, celle de la mort de l’espèce vécue à travers un seul individu. Un chef-<wbr>d’œuvre.(contrairement au film adaptant l’ouvrage,  qui est un ratage innommable!)</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">355</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
