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<rss version="2.0"><channel><title>Livres: Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/page/38/?d=23</link><description>Livres: Livres</description><language>fr</language><item><title>La Guerre Au Xxeme Siecle</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-guerre-au-xxeme-siecle-r424/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/guerre-au-xxeme-siecle.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Fabius Molinas, rentier et patriote, n’hésita pas à s’engager lorsque son pays, en proie à une attaque traîtresse, se trouva menacé. Il rejoignit rapidement l’aéronef «l’Epervier» comme canonnier de 2 ème  classe, ce qui lui valut de participer à l’assaut d’une série de blokhaus roulants, immobilisés dans le brouillard artificiel répandu par les «brouillardiers ». Prenant dans la foulée le commandement d’un de ces blokhaus, il bombarda la place-<wbr>forte ennemie en démantelant les brigades territoriales féminines chargées de la protéger. Investissant la ville, il dut son salut au fait qu’il était allé se reposer en une cave profonde.<br>En effet, la contre-<wbr>offensive s’avéra terrible. Les chimistes ennemis, bombardant la ville avec des gaz, tous les habitants de la cité seront asphyxiés, sauf Fabius Molinas. Finalement, La ville délivrée par des «torpédistes» amis, Molinas se trouva projeté dans un fleuve :<br><i>« Les torpilleurs embusqués dans les cirrus et nimbus à 3000 mètres de hauteur, laissèrent les premières ombres du soir descendre sur la ville, puis actionnant leurs propulseurs, ils se précipitèrent des hauteurs du ciel et, parvenus à bonne distance, lancèrent leurs terribles torpilles. Subitement la ville arrachée de ses fondations se boursoufla, craqua et sauta en l’air. »</i><br>S’immisçant chez l’ennemi, Il sème la terreur dans le camp des chimistes en faisant exploser un container rempli de miasmes : <i><br>« Tout s’est écroulé dans la salle du conseil, généraux, médecins, soldats, tous sont tombés subitement et se tordent sur le sol, en proie à toutes les maladies déchaînées par l’action de Molinas. Des épidémies s’abattent sur l’armée ennemie et portent leurs ravages en trois minutes dans un rayon de quinze lieues. Grâce au tampon de son casque de chimiste, Fabius, qui avait fait le sacrifice de  sa vie, en est quitte pour une formidable rage de dents. (…) <br>Disons tout de suite que les hôpitaux ennemis eurent à soigner 179 549 malades civils et militaires, et que, du mélange de tous les miasmes, naquit une maladie remarquable et absolument nouvelle. Cultivée par les médecins de l’Europe entière, elle est aujourd’hui connue sous le nom de fièvre molineuse, du nom de son inventeur, et l’endroit où elle prit naissance est resté fort insalubre. »<br></i>Avec les félicitations du général et une promotion à la clé, il reprend du service comme mitrailleur-<wbr>pompiste, participant de très près au carnage sur le champ de bataille principal; grâce à lui, les médiums ennemis,  qui suggéraient télépathiquement aux soldats  la reddition sans conditions des forts du front, sont rendus à l’impuissance.<br>Voilà que la flotte sous-<wbr>marine se prépare à ravager nos côtes. Molinas, détaché à la marine comme ingénieur-<wbr>torpilleur sur le «Cyanure de Potassium», provoque la destruction de quantités de mines ennemies. Attaqué par les «Ravageurs», des cuirassés à grande vitesse, Molinas, avec ses amis scaphandriers, abandonne le torpilleur, remonte à pied le fleuve et surgit en pleine bataille. <br>Là, il se rendra encore utile en détruisant les liaisons téléphoniques entre camps ennemis. La guerre se terminera pour lui après qu’il eut participé à une grande bataille aérienne au-<wbr>dessus de la Méditerranée,  puis l’Atlantique, enfin sur le sol d’une de nos colonies africaines. Pour finir en beauté, il épousera Melle Dolorès, une charmante Mexicaine de Mexico, lieu où, malencontreusement, s’échoua son torpilleur.<br>Un court récit, amusant et picaresque, provocateur et ironique dans son évocation d’une guerre future. Robida reste le grand maître de l’anticipation sociale du XIXème siècle. Ce récit fait écho aux éléments guerriers distillés dans le « XXème siècle » « la Vie électrique » et la «Guerre infernale», dont la lecture est hautement conseillée.<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">424</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Guerre</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-guerre-r422/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/guerre-la.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Une vision hallucinée de l’apocalypse moderne dont rêve les sociétés occidentales. Le monde entier en sera affecté. La guerre froide, la surveillance aérienne constante multiplient les risques :<b><br></b>« <i>la bombe est prête à sauter<br>Le bouton à s’enfoncer<br>Des avions tournent sans cesse »</i><br>Le « <i>futur inquiétant </i>» appelle les réactions populaires. Les émeutes, les révoltes se multiplient,  attisées par le racisme, la haine et le désir de vivre sans contraintes. En réponse, <br>« <i>on arrache les forêts<br>pour y planter des armées. </i>»<br>Les hommes politiques eux-<wbr>mêmes n’ont de cesse d’alimenter les fureurs guerrières avec des rodomontades et des assassinats ou « <i>des chaussures qui frappent à l’ONU </i>» (allusion à la célèbre intervention de Khroutchev). Dès que le peuple croit avoir trouvé la paix sociale ou la stabilité économique <br>« <i>on nous annonce<br>que quelque nation lointaine<br>s’est réveillée dans la haine </i>».<br>Par le jeu infernal des alliances, l’ensemble du globe se trouvera concerné,  permettant à la guerre de s’étendre. Lorsque<br><i>« les alliances se reforment<br></i></wbr></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">422</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Gu&#xEA;pes Geantes De Fessenheim</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-gu%C3%8Apes-geantes-de-fessenheim-r421/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/ersatz-d-alsace-b.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">L’Alsace après la catastrophe atomique de Fessenheim. Le Sundgau (dit « Sund’ ») devenu une zone tropicale et contaminée. Cinq hardis aventuriers alsaciens, des durs à cuire qui mordent à l’appât du gain, sont envoyés par m. Drop, le représentant du ministre à Strasbourg, et sommés de rapporter un petit moteur atomique égaré en cette région (on se demande bien pourquoi !) Ils seront accompagnés dans leur périple par des «askaris» c’est-<wbr>à-<wbr>dire des porteurs «béni oui-<wbr>oui» qui ont abandonné le beau dialecte alsacien pour l’usage exclusif  du «français pointu» et qui, à l’occasion peuvent rendre de menus services :<br><i>« Jäckele Wirtz, le hetman des askaris était un grand gaillard viril et rougeaud qui essayait désespérément de s’exprimer avec l’accent du midi mais il n’y parvenait pas, à moins d’avoir bu quatre verres de </i>brändi<i>. <br>–hé là, Jäckele ! s’exclama soudain Hazel, viens </i>« voir<i> » ici.<br>-<wbr>oui, mensahib</wbr></i>, sur le champ<i> !<br>Jäckele était dans les petits papiers de la gironde Hazel depuis que celle-<wbr>ci l’avait vu sortir son membre de sa braguette pour uriner contre un baobab. <br>Les dimensions réellement « primitives » du </wbr></i>negerbibes<i> du caporal-<wbr>chef Wirtz l’avaient tellement impressionnée qu’elle s’était juré de se garder le beau militaire sous le coude jusqu’au moment où une « </wbr></i>occasion<i> » se présenterait.»<br></i>L’expédition se passe plutôt mal puisque arrivés sur les lieux, ils seront assaillis et défaits par des guêpes géantes, formes mutantes et intelligentes, purs rejetons de la pollution atomique.<br>La nouvelle qui, en soi, ne présente aucune originalité (sauf, peut-<wbr>être, la référence implicite aux « Furies » de Philip Wylie) offre une saveur particulière pour les Alsaciens, ouverts aux connotations régionalistes et linguistiques. <br>Ainsi en est-<wbr>il des noms (Caspar «Schmarotzer» signifiant «Caspar le Parasite », « Andy Firlafanz », Andy « Double Langue »), de certains mots, comme « negerbibes » (la « b… de noir »), ou d’attitudes typiquement alsaciennes (« do s’mr gbora, do welle m’r starwa », soit « c’est ici que nous sommes nés, c’est ici que nous voulons mourir »). <br>Il est donc certain que cette nouvelle, telle qu’elle est écrite et composée, réjouira un public, certes de qualité,  mais fort restreint</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">421</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Gros Temps</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/gros-temps-r420/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/gros-temps.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">2030. L’Ouest des Etats-<wbr>Unis s’est totalement asséché. Un déséquilibre climatique permanent, alimenté par l’effet de serre, provoque tornade sur tornade, notamment au Texas. Bien que la sécheresse semble s’être installée sur la totalité de la planète, sept milliards d’individus continuent de vivre tant bien que mal dans une biosphère hostile. L’évolution technologique a crée une société planétaire curieuse,  à la fois "branchée" informatique et démunie du strict nécessaire<br>C’est dans ce milieu qu’évolue Alex, adolescent rachitique, atteint d’une maladie génétique de type mucoviscidose. Il lui reste peu de temps à vivre. Il lui faut pour continuer à respirer se "vider" périodiquement les poumons à l’aide d’un fluide physiologique spécial, une opération très douloureuse. <br>Cependant fils de bonne famille -<wbr> son père est richissime -<wbr>,  il connaît la zone et sait se débrouiller à l’occasion. C’est dans une clinique mexicaine que sa soeur Jany l’enlève à l’appareillage médical supposé l’aider, et l’emmène vivre dans un groupe de marginaux, les "Frontistes",  bande d’allumés, informaticiens et mathématiciens, va-<wbr>nu-<wbr>pieds,  dont le seul plaisir est de traquer les tornades, les plus grosses et les plus dangereuses, en recueillant toutes les informations sur celles-<wbr>ci.<br>Leur chef, Jerry Mulhegan, l’amant de Jany, se présente comme un mathématicien hors-<wbr>pair et un leader charismatique. Tous les autres le suivent dans sa démarche car lui seul sait quand se déclenchera une "F-<wbr>6", c’est-<wbr>à-<wbr>dire, la reine des tornades, du jamais vu, avec un vortex libérant des vents de plus de 500 km à l’heure.En attendant que se présente une telle opportunité, Alex s’accoutume à la vie du camp, aux costumes en papier, résistants et jetables, au guidage des « ornithoptères » en vision directe grâce au casque-<wbr>visu qui interprète en temps réel les données de la caméra, fixée sur l’appareil, lorsque celui-<wbr>ci plonge dans l’oeil de la tornade. <br>Ainsi se passe la vie faite de crasse, de poussière, de manque d’eau, de repas pris sur le pouce et de beaucoup de naïveté. Même avec les autres, Alex reste encore marginal, se sentant condamné par sa maladie. Sa rencontre avec Léo, le frère de Jerry, lui vaut une inimitié haineuse de la part de ce dernier. Se sentant décliner, sa seule ambition est de tenir jusqu’à sa rencontre avec la F-<wbr>6.,Celle-<wbr>ci ne tardera pas à se concentrer au-<wbr>dessus de l’Oklahoma : Jerry pressent une tempête d’une violence inouïe. Tout le monde se prépare à accueillir l’événement, conscient du danger mortel qu’il représente.  Soudain, une masse d’air froid gigantesque entre en contact avec le sol en libérant une énergie d’une violence prodigieuse. La totalité de la ville d’Oklahoma-<wbr>City est aspirée dans les airs :<br><i>" Ils traversaient une bourgade. Celle-<wbr>ci apparaissait périodiquement alentour, illuminée par les monstrueux éclairs stroboscopiques de la foudre. Le fracas étant général et continu, il régnait sous son casque un silence complet. Le patelin ressemblait à une ville fantôme silencieuse, soumise à un barrage d’artillerie inaudible. Et qu’on serait en train de raser systématiquement : murs abattus, toitures soufflées. <br>Mais le vent n’était pas seul à l’oeuvre. Le vent avait convié ses amis. Des objets -<wbr> autant de projectiles, de shrapnels -<wbr> défonçaient au hasard, renversant tout ce qui était dressé, tout ce qui résistait, volant, percutant, écrasant, pulvérisant. Des objets volants et destructeurs. D’antiques poteaux téléphoniques d’avant les transmissions radio -<wbr> sectionnées nets au ras du sol, et venant défoncer les murs des immeubles. Avec une aisance étrange, comme on transpercerait de grosses masses de tofu avec une baguette."<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>A bord de Charlie, un véhicule blindé, hautement sophistiqué et semi-<wbr>intelligent, Jany et Alex suivent la tornade en fournissant toutes les informations possibles au reste du groupe. Lorsque Charlie se renverse, Jany se réfugie dans une sorte de bunker, puis est sauvée par Léo et son groupe de dealers. Alex, lui, trouve miraculeusement refuge dans les branches d’un arbre gigantesque. La tornade passe, laissant sur son passage mort et destruction.Les bandes vidéos et les données informatiques exploitées ultérieurement rendent Jerry et Jany immensément riches. Ce qui leur permet de concevoir une nouvelle vie bourgeoise et feutrée. Alex, grâce à l’argent de son papa, se fera remodeler entièrement le génome pour se débarrasser de sa maladie, faisant de lui un être totalement nouveau. Et la vie continue, dans laquelle tout ce petit monde s’accoutume parfaitement de la pollution.<br>Un récit pessimiste quant à la nature humaine et à ses motivations qui vaut surtout par l’introduction de l’élément "cyberpunk" au milieu de la thématique catastrophiste, déjà bien utilisée par des prédécesseurs («le Vent de nulle part» de Ballard ", "le Nuage noir" de Hoyle). Cependant, les descriptions hyperréalistes de l’activité des tornades ainsi que le style de l’auteur, volontairement " branché " font de ce roman un texte «dans le vent».</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">420</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Les Grands Moyens</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-grands-moyens-r418/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/grands-moyens_a94keh64.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Cette fois-<wbr>ci, elle a eu lieu, la guerre totale. Russes (les Communistes) et Américains (les Yankees) s’étripent en un dernier sursaut. La guerre froide est devenue "tiède", puis "bouillante", de préférence au-<wbr>dessus de la France dont il ne subsiste plus rien que des ruines éparses et quelques survivants terrés dans des abris. Marcou et sa femme Marcelle sortent à l’air libre : <br><i>" Les grandes villes avaient été pulvérisées par les bombes atomiques, les campagnes et les villages calcinés par les pluies de rayons cosmiques. Mais les petites villes et les gros bourgs montagnards, à cause de leur situation moyenne, s’étaient trouvés quelque peu préservés. Naturellement, plus trace d’habitants : les concentrations bactériennes avaient fait leur œuvres. Néanmoins, quelques pans de mur restaient debout, quelques caves n’étaient pas écroulés; avec un peu de chance, on pouvait y découvrir ça et là un pot de confiture, une boîte de conserve que les poisons n’avaient pas gâtés. "(…) <br>Toujours debout, il jeta un regard autour de lui. Des ruines, des ruines à perte de vue, un désert de ruines informes, innommables, éboulis pierreux, talus obscurs surplombant d’énormes lacs de nuit, un chaos, un moutonnement de ruines auquel nul quadrillage humain ne se laissait appliquer, voilà, c’était Paris! Il serra les poings. Beau</i> <i>travail, messieurs les Yankees! "(…)  <br>La Seine, obstruée par endroits de monstrueux éboulis, s’étalait au milieu d’un marécage. Cependant, à mesure que le temps s’écoulait sans nouveaux cataclysmes, les îlots de décombres fondaient, les anciennes berges dessinaient plus nettement leur courbe pointillée à fleur d’eau; le fleuve, cédant à l’obstination des lois naturelles, tendait à regagner peu à peu son lit d’autrefois.  Traversé par deux bras demi morts, le Champ de Mars était crevé d’énormes étangs; des morceaux de ferraille l’encombraient, écrasés, pilés, piétinés frénétiquement, où s’embarrassait le limon jaune du fleuve. "</i><br>Une pause (et non la paix) est finalement décrétée. Par qui? Pour quoi? L’on ne sait. Mais cet interlude permet à nos héros de mener leur vie propre et de vaquer à leurs tâches d’après le cataclysme.  Tous deux sont des communistes convaincus et prêts à sacrifier leurs idéaux humanistes pour la société meilleure d’après-<wbr>demain, même si, pour l’établir, il faut passer sur des cadavres. Et des cadavres il y en a beaucoup. <br>Henri se sort de ses doutes, prêt à servir de toutes ses forces le " guide suprême" en pourchassant les espions yankees. Quant à Marcelle qui n’est pas faite pour vivre dans des abris, elle sera heureuse en compagnie de Henri dans leur P.C. de campagne. Henri Marcou, monté en grade, deviendra commissaire politique dans le sud de la France. Marcelle reprendra sa profession de médecin, toute dévouée à soigner les vrais communistes, laissant les autres à leur triste sort. C’est le triste ordre des priorités! <br>Hormis ce couple dont nous suivons l’ascension sociale et les hésitations psychologiques, s’impose la forte figure du "Prof." En voilà un d’un autre temps. Ancien universitaire, sensible et réaliste, déchiré par des postulations contradictoires mais prêt à transformer tout opposant en cadavre, manipulateur des foules, intellectuel anarchiste et libertaire. Désireux de survivre quel qu’en soit le prix, il endosse la défroque de chef de guerre féodal. S’entourant de gens efficaces et tourmentés, tels que Mathieu, vieux paysan catholique, et Stem, ancien curé honteux de sa charge, ou Rougon, Provençal matois qui n’espère rouler que pour soi,  "Prof" mène sa troupe de brigands de lieux en lieux, enrôlant tous ceux qui se trouvent sur son chemin. <br>Il s’amourache notamment de Laurette, une jeune fille de quinze ans, qu’il viole d’abord consciencieusement, avant d’en faire sa maîtresse. Ayant découvert un château désaffecté, il l’investit pour y jouer à tous les jeux de pouvoir et pour répondre à diverses énigmes; par exemple, comment l’on peut être curé et communiste à la fois, ou quel sera le sort de la religion chrétienne dans ce monde apocalyptique.Fatalement, il se heurtera à un autre chef de bande le "Curé" (vrai ou faux),  et surtout au Commissaire Henri Marcou et ses staliniens venus "normaliser" la région. Beaucoup mourront durant les affrontements, mais non "Prof" qui profitera du désordre pour s’éclipser. Sans illusion sur l’avenir de l’homme, il survivra seul quelque temps au bord de la mer, de plus en plus attiré par la mort. Il se suicidera lors d’une plongée sous-<wbr>marine.<br>Quant à Henri, il perdra l’amour de Marcelle lorsqu’il donnera l’ordre à Korb, son lieutenant, de torturer Stemm, l’innocent curé, qui s’était livré de son plein gré pour adoucir le sort de ses compagnons. Marcelle n’admettra jamais les méthodes fascistes adoptées par Henri pour faire parler Stemm :<br><i>" -<wbr>Ils le torturent, n’est -<wbr> ce-<wbr> pas? -<wbr> Marcelle, je voudrais… -<wbr>Il ne faut pas, oh! Il ne faut pas!… -<wbr> Elle se tordait, comme torturée elle-<wbr>même, elle pétrissait les mains d’Henri. <br>-<wbr> Comprends -<wbr> donc, mon Henri, mon chéri, mon amour, pas nous, pas nous! Pas des communistes, ou alors plus la peine de parler de… Passe encore pour des mises à mort. Si elles sont indispensables, mais pas torturer, torturer à loisir, sadiquement; voyons, voyons, voyons, Henri, nous sommes communistes, pas fascistes! Si nous torturons l’homme, un seul homme, que deviennent toutes ces…toutes ces idées qui nous ont menés au communisme, qui nous font dire qu’il faut le communisme?… "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>A la fin de la "pause", la guerre reprend, plus violente que jamais, à la grande satisfaction de Henri qui pense que pour arriver à la constitution du paradis communiste sur terre il faut déclencher la lutte finale avec "les Grands Moyens" :<br><i>"C’était donc en toute objectivité qu’il souhaitait la reprise de la guerre. Il voulait, n’est-<wbr>ce-<wbr>pas, le bonheur des hommes: qui veut la fin veut les moyens, qui veut intensément la fin veut les moyens les plus </wbr></wbr></i>é<i>nergiques. Or, qu’est la guerre sinon le plus énergique des moyens ? "</i><br>Ikor signe un roman qui traduit la crainte d’un conflit atomique généralisé. Préoccupé par la problématique des êtres et les jeux de pouvoirs, il met plus l’accent sur une rhétorique intellectualiste que sur la description proprement dite. Un parallèle fécond pourra être tenté avec "Malevil" de Robert Merle où sont développées les mêmes peurs mais non les mêmes solutions. Celle d’Ikor -<wbr> le communisme avant tout -<wbr> sont aujourd’hui peu crédibles car trop datées."Les grands Moyens" est un ouvrage d’un pessimisme sauvage. Se lit encore aujourd’hui malgré une problématique " curés contre communistes " quelque peu surannée.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">418</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Grand'route</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-grandroute-r417/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/lune-etait-verte.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Une vision intimiste et marginale de la guerre nucléaire qui vient d’éclater aux Etats-<wbr>Unis. Dans une ferme isolée, au bord d’une route du Nouveau Mexique, Hernando plante et récolte son maïs. Personne ne passe jamais par là, sinon très rarement. Un jour, surgit l’incroyable :<br><i>"Et soudain, comme à un signal donné, les voitures arrivèrent. Des centaines, sur des kilomètres, qui filaient devant lui. Grandes, longues et noires, en direction du nord, vers les Etats-<wbr>Unis, rugissantes, prenant trop vite les tournants. <br>Les avertisseurs n’arrêtaient pas. Il y avait quelque chose dans l’expression des occupants entassés à l’intérieur, quelque chose qui le plongea dans un profond silence. Il se recula pour mieux laisser passer les voitures. Il les compta jusqu’à en être fatigué. Cinq cents, mille, et il y avait quelque chose sur les visages. Mais ils allaient trop vite pour qu’il pût distinguer ce que c’était."<br></wbr></i>Une bombe thermonucléaire venait d’éclater dans le Sud et tous les habitants de cette région tentaient de la fuir. Hernando ne s’émeut pas pour si peu. Et comme Louis XVI inscrivant " rien " dans son cahier de notes le jour du 14 juillet 1789, à l’affolement d’un des fuyards lui signifiant que c’était la " fin du monde ", il retourne à son travail en se demandant ce que c’est que " le monde ".<br>Un récit très bref mais avec le style de Bradbury. Une force tranquille émane de ce  bijou de philosophie zen.</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">417</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Grande Pluie</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-grande-pluie-r416/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/grande-pluie.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">M. Uppington, un bricoleur de génie, a trouvé le moyen de faire pleuvoir à l’aide d’un catalyseur,  ce qui aiderait beaucoup les agriculteurs. Il en fait part au narrateur, Clarke, employé de Foyles and Cie,  et la première -<wbr> et dernière tentative -<wbr> a lieu dans un champs près de Londres. Le ballon explose. M Uppington y laisse sa vie. Il commence à pleuvoir,  une pluie que rien n’arrêtera plus : c’est la "Grande Pluie " :<br><i> Les Noé se mirent à proliférer en Grande-<wbr>Bretagne. Il y avait le Noé de Plymouth, le Noé de Bradford, et un vieux fou qui habitait à la sortie de Luton.  Etant les premiers, ils furent ceux qui eurent le plus de publicité, mais beaucoup d’autres les suivirent, maudissant les péchés du monde et fabriquant tous, avec une habileté variable, des arches dans lesquelles ils avaient l’intention d’entasser leurs familles et autant d’animaux qu’ils pourraient s’en procurer. " </wbr></i><br>La situation, d’abord préoccupante, devint bientôt dramatique. Les autorités anglaises organisent des évacuations et les regroupements des personnes sinistrées dans des camps situés sur des hauteurs :<br><i>" En février, ce fut le dégel. Dans le pays entier, les rivières gonflées débordaient de leur lit, emportaient les ponts, inondaient les fermes, noyaient les gens et le bétail qui avaient survécu au froid.  Les rues de Londres étaient sous l’eau. Les fours crématoires de Golders Green et de Woking travaillaient vingt-<wbr>quatre heures sur vingt-<wbr>quatre. Ils recevaient le combustible en priorité, car on ne pouvait enterrer les morts. "<br></wbr></wbr></i>Clarke a pris en charge Wendy, la femme d’un ami, pour la mettre en sécurité. L’entreprise est périlleuse puisque petit à petit, l’eau monte, submergeant les rues des villages, l’ensemble de la campagne anglaise, puis les hauteurs. Wendy est prise d’une mauvaise grippe : elle tousse sans interruption. Les camps,  de cloaques se transforment en mouroirs, les forces d’autorité se délitent, les gouvernements disparaissent. Pour comble de malheur l’arrivée de l’hiver, transformant la pluie en neige, provoque une famine généralisée avec apparition du cannibalisme alimentaire. Clarke laisse Wendy dans un camp et reprend la navigation sur une sorte de mer intérieure (et sous la pluie) en compagnie de Sonya, une pianiste sauvée des eaux. Ils se retrouvent quasiment seuls dans l’univers lorsque leur dérive les rapproche d’une espèce d’arche publicitaire (celle des produits Glub) occupée par un petit groupe d’individus qui les recueille :<br><i>"Ce radeau appartenait à l’International Unitarian Breakfast Food Company. Il était en balsa, et généreusement pourvu d’un stock de Glub, " l’aliment idéal du petit déjeuner : suffit à lui tout seul ! " l’International Unitarian Breakfast Food Company affirmait que l’homme pouvait se nourrir exclusivement de Glub ".<br></i>On y trouve Arthur Rensham, le patron, Muriel Wesley, une jeune femme et son mari Otterdale, un culturiste, Tony Ryle, Gertrude Harrisson, une actrice,  ainsi que Banner Harold le pasteur, tous gens de hasard. Clarke a des difficultés à se faire admettre à bord contrairement à Sonya dont l’avenir de reproductrice plaît à Arthur. Celui-<wbr>ci impose une stricte discipline, acceptée implicitement par les autres, distribue punitions et récompenses et assume enfin le leadership que la vie d’avant lui avait refusé :<i><br>" Avez-<wbr>vous la moindre idée de la proportion  de déficience mentale en Grande-<wbr>Bretagne ces cinquante dernières années ? Non, bien sûr. La proportion de crétins et de demi-<wbr>crétins s’est accrue parce que, si l’on peut convaincre les gens intelligents de pratiquer le contrôle des naissances, on ne peut enseigner les méthodes contraceptives à des idiots (…) En d’autres termes, les hommes ont accru leur quantité et diminué en qualité ; les imbéciles ont de plus en plus dépassé en nombre les intelligents, et, sous le système des démocraties, ils jouissaient du même pouvoir politique (…) la folie. Nous allions vers la folie. -<wbr> Je vois -<wbr>  Le Déluge a tout balayé. Seuls les êtres intelligents y survivront, avec ceux des êtres stupides qu’ils jugeront bon de sauver avec eux. -<wbr> Pourquoi en sauver ? -<wbr> Pour les travaux grossiers. Vous avez observé les proportions physiques de Mr. Ryle. Il nous sera très utile quand les eaux se retireront et que nous entreprendrons notre installation. De plus, si l’on procède à des croisements judicieux (…) -<wbr> Et si les eaux ne se retiraient pas ? -<wbr>Il est évident que si, affirma Arthur avec colère. Vous figurez-<wbr>vous que la sélection naturelle compte nous remplacer par des poissons ? "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>La place de chacun à bord étant bien définie, le temps  vital se structure à travers les jeux relationnels qu’ils établissent entre eux. Leurs comportements se dégradent au fur et à mesure que la pluie dure. Muriel et Gertrude rivalisent entre elles pour savoir laquelle des deux a le mieux servi l’art dramatique. Quant à Clarke, la jalousie le taraude à l’idée que Sonya se livre avec Tony , en un lieu réservé au fond de la cale, à des exercices de musculation. <br>Arthur, lui, reste imperturbable. Se sentant désigné par le destin pour conduire l’arche à travers tous les périls, il affronte victorieusement la tempête, un tsunami géant provoqué par un effondrement océanique, ainsi qu’une pieuvre gigantesque qui, comme celle du capitaine Nemo, menace l’esquif :<i><br>" Vous êtes Dieu ! criait-<wbr>elle à Arthur. Vous êtes Dieu, vous nous l’avez dit ! Faites que cela s’arrête !-<wbr>Ne dites pas de bêtises, l’ai-<wbr>je interrompue. Il ne voulait pas être pris au sérieux.  -<wbr>Mais Muriel a continué à crier : " Dieu ! Dieu ! Faites que cela s’arrête ", bientôt soutenue par Gertrude  -<wbr>Alors lâchez-<wbr>moi, a dit Arthur. Otez vos mains de ma chasuble. <br>Les deux femmes ont cessé de s’accrocher à la couverture, tout en restant à genoux, les cuisses reposant sur les mollets. D’un geste, Arthur a indiqué à Banner que nous devions aussi nous agenouiller, et nous avons obéi. Il a paru s’en satisfaire. Tenant en mains deux coins de la couverture, il a ouvert les brais comme des ailes, est resté un instant immobile pendant qu’elles se déployaient, puis les a repliées en avant. -<wbr>Au nom des pouvoirs qui me sont dévolus en tant que Dieu, a-<wbr>t-<wbr>il clamé, je vous commande de vous arrêter. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>La raison d’Arthur bascule: il se prend pour Dieu,  fondateur d’une future humanité ! Les autres lui devront dévotion et adoration. Tout acte à bord du bateau constituera les éléments d’un nouveau rituel. Il se fait fabriquer deux masques  -<wbr> car la face d’un dieu ne saurait être regardée impunément ! -<wbr>, il y a le masque de dieu rieur et celui de dieu sérieux, qui exprime la colère. Ne quittant plus sa cabine devenue le Saint des Saints, il se fait apporter à manger. Le reste du groupe lui passe ses lubies, les considérant comme mineures par rapport au danger que représente la submersion de tout. <br>Bientôt, le pire se fait jour. Afin de se concilier le Dieu Arthur, le Grand Prêtre Arthur (car Dieu est aussi l’instrument de Dieu) envisage, à l’instar des tragiques grecs, de sacrifier une Iphigénie pour que les eaux baissent. Or Sonya est enceinte des œuvres de Clarke et elle accouchera sous peu. Arthur arrache à Clarke son consentement au sacrifice, donné du bout des lèvres. Clarke, taraudé par la monstruosité dont fait preuve Arthur, s’en ouvre à Tony :<i><br>" Arthur dit que le Dieu demande un sacrifice, que c’est pour cela qu’il est sorti de la mer. Il a dit qu’il demande une vie, neuve et sans tache.  Il y eut un long silence. -<wbr> Vous êtes tombés sur la tête, a dit Tony, et il est rentré. -<wbr> Il est allé droit au temple. Il n’a même pas frappé. -<wbr> Quand Arthur l’a vu, il a mis précipitamment le masque sévère. "  Hi ha… " a-<wbr>t-<wbr>il commencé, avant que Tony ne le lui ait arraché. -<wbr> Assez fait joujou, a-<wbr>t-<wbr>il dit. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Tony, dans sa simplicité, prend les décisions qui s’imposent: il poignarde Arthur et,  voulant le jeter par-<wbr>dessus bord, celui-<wbr>ci l’entraîne dans sa mort. Peu de temps après, la pluie cesse, le soleil se met à briller, une nouvelle terre se profile à l’horizon.<i><br></i>Bowen signe un roman remarquable sans concession au réalisme de la catastrophe évoquée avec son cortège d’horreurs. Pourtant, l’essentiel n’est pas là. L’analyse des interactions psychologiques entre les personnages placés dans une situation limite, débouche sur un univers où le mythe se construit à travers le rite. Avec finesse et humour, l’écrivain se livre à une recréation du monde et de l’homme dans laquelle, la catastrophe ayant décapé l’âme humaine, cette dernière se révèle dans toute sa noirceur. " la Grande Pluie " est une oeuvre de refondation comme l’est " le Seigneur des Mouches " de Golding.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">416</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Grande Peur De 1989</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-grande-peur-de-1989-r415/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/grande-peur-de-1989_w654gsm2.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">La Chine de Liang Chan, successeur du Fondateur Mao Tse Toung, organise une réunion de l’I.C.R. (Internationale des Communistes Révolutionnaires) en ce mois de décembre 1989. Lors de cette réunion, Anne Villemur et Marco Rovarelli, les représentants de l’.I.C.R. pour l’Europe, sont violemment choqués (ils seront bien les seuls), puisque Lian Chang n’annonce rien de moins que la mise à mort des Etats-<wbr>Unis par une attaque nucléaire.<br>La Chine, appuyée sur les émeutes fomentées de l’intérieur par les groupes-<wbr>relais de l’I.C.R. devrait mettre à genoux le capitalisme mondial. Le meneur noir de l’I.C.R. U.S. Knox Miller, est l’un des plus ardents défenseurs du projet. Rovarelli, horrifié de ce que prépare "ce peuple de fourmis", charge Anne d’avertir les gouvernements européens avant que lui-<wbr>même ne soit mis en camp de rééducation. Anne parvient à ne pas trop montrer sa désapprobation mais les Chinois, ne lui faisant plus confiance, la font chaperonner par Li Seng, un agent secret. La jeune femme s’en débarrasse et se réfugie à l’ambassade de Russie en Italie. <br>Elle convainc successivement de sa bonne fois l’ambassadeur Balguine, puis Sillissenki , le chef du service de Sécurité soviétique, enfin Pavlenko, le Premier Secrétaire du Parti.  Les Russes, qui ont évolué dans la voie réformiste tracée par Kroutchev, ont développé une société quasi capitaliste, qui ressemble à celle des Etats-<wbr>Unis tout en gardant une apparence et des structures politiques révolutionnaires. Ils ont donc tout à perdre dans le cas d’un conflit de la Chine avec les U.S.A., puisque l’Amérique les tiendra pour les premiers responsables du déclenchement des hostilités. Contact est pris avec leurs homologues politiques américains. En douceur, mais avec diligence, les médias des deux pays préparent l’opinion politique à l’idée d’une collaboration étroite entre les deux blocs contre de la Chine.<br>Les troubles ont débuté et Knox Miller, s’appuyant sur les "Blacks Panthers ", en fait voir de toutes les couleurs à la police américaine. Les autres groupements révolutionnaires du bloc sud-<wbr>américain, appuyés sur une logistique fournie par la Chine, les ont suivis. Sans que jamais les citoyens des pays du monde ne s’en doutent, la tension internationale augmente. <br>Anne, de son côté, retrouve l’ambassadeur Balguine, qui, plutôt de type Démocrate Chrétien (peut-<wbr>être dû à la situation géographique de son ambassade à proximité du Vatican ?), tente une dernière démarche pour sauver la paix dans le monde: prévenir le pape.Il s’envole vers l’Italie avec Anne, et,  en la soustrayant à l’influence russe, lui permet de rencontrer Guido, personnage innocent dans toute cette histoire, sur lequel elle pourra s’appuyer en cas de nécessité. Balguine convainc le pape mais se fait éliminer par les services secrets chinois. Anne, avec Guido, s’établit à Paris en attendant l’heure H. Toutes les armées sont en état d’alerte. A Paris, Anne apprend avec stupeur que le pape a rencontré Lian Chang:<br><i>" Vous êtes innombrables, dit Jean XXIV, mais chaque grain est une vie, et quand un grain meurt tout le peuple est atteint car chaque grain est irremplaçable. <br>Lian Chang eut un sourire. -<wbr> Que de grains écrasés, que de grains perdus pour la satisfaction de quelques-<wbr>uns, dit-<wbr>il, et ceci depuis si longtemps. Jean XXIV porta lentement la main à sa poitrine : -<wbr>Nous avons des torts, dit-<wbr>il, les plus grands torts, et nous les confessons devant le monde et devant Dieu tout-<wbr>puissant.  Lian Chang s’inclina. -<wbr>Nous sommes prêts à vous accueillir, dit-<wbr>il. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>La Confédération Européenne Internationale, suite à cette rencontre, provoque la réunion d’une assemblée extraordinaire et la cessation des hostilités en vue d’établir une redistribution plus juste des biens mondiaux pour y inclure la Chine. <br>Une histoire naïve  de politique-<wbr>fiction à la frange du roman-<wbr>catastrophe, écrite par un homme politique français. Quoique bien documentée, elle s’apparente davantage au conte de fées en ce qu’elle ne prend en compte,  dans le jeu de la mort qu’elle envisage, que les activités diplomatiques et politiques, négligeant la réaction des masses à l’événement.  Pétrie de bons sentiments, elle envisage même qu’un leader spirituel aussi impliqué dans le temporel que le chef de l’église de Pierre  puisse faire avorter le conflit. Ce qui ne s’est jamais vu dans la réalité et qui prouve bien que le lecteur est dans le domaine de la science-<wbr>fiction.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">415</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Grande Panne</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-grande-panne-r414/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/grande-panne.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Aurore Lescure, première jeune Américaine à voler dans l’espace, prend son essor et, après un temps passé en orbite, atterrit en France, en Provence. Elle est découverte par Gaston Delvart, peintre,  et par son ami le docteur Alburtin , médecin, qui la ramènent dans leur propriété, afin de l’examiner, l’atterrissage ayant été quelque peu mouvementé. Le peintre, à sa vue, tombe éperdument amoureux d’Aurore, ce qui nous vaut la sempiternelle romance sentimentale de rigueur dans les récits du genre. La jeune femme a rapporté sur terre de la poussière météoritique contenant des germes  d’un lichen qui ne tardera pas à proliférer intensément dans l’atmosphère terrestre. <br>Aurore est ramenée à Paris par son ami Gaston.  Le tendre sentiment de celui-<wbr>ci est déjà contrarié par l’infect Américain Lendor J. Cheyne qui, sponsorisant l’aventure, a pris une option sur la jeune astronaute. Aurore s’évertuera sur plus d’une centaine de pages à fuir les journalistes qu’elle abomine. Arrivée à Paris avec Gaston elle soumet un échantillon de lichen au grand et désagréable savant Nathan pour analyse.<br>Le lichen continue son développement en se nourrissant des flux magnétiques générés par les conducteurs électriques. Il se fixe sur tout ce qui produit de l’électricité, sur les ampoules, les fils, les compteurs, les moteurs. La dispersion des spores dans l’air produit aussi des démangeaisons insoutenables. Selon la vitesse de propagation du fléau, le lichen primitif se diversifie en variétés plus ou moins dangereuses. <br>L’une de ces variétés est même comestible avec un goût de confiture de framboise et l’on verra apparaître aux coins des rues des marchands de «Xénobie», nom donné à  ce lichen. L’on  suivra la propagation du lichen à la trace,  du cabinet médical du  Dr Alburtin, en passant par l’oncle de Gaston, à l’hôtel où Aurore a élu domicile et le laboratoire de Nathan. La menace devient de plus en plus grande, et de simple désagrément, le lichen se met à désorganiser la structure de la société en empêchant la vie nocturne et les transports:<br><i>" Dès le portillon d’entrée sur le quai, une odeur suffocante de fleurs en putréfaction remplaça le phénol des couloirs qui attestait un essai de désinfection. Sous la voûte de la station grondait une sourde rumeur, non humaine. On eut dit, mêlé à des crépitations, le bruit d’une forêt dont les branches craquent sous le givre, en hiver. Les lampes " malades " pour la plupart, enrobées d’un réseau de végétations, rougeoyaient. Tassés au bord du quai, les voyageurs ouvraient de grands yeux et se grattaient en silence. <br>La Xénobie avait envahi les voies. Mais ce n’était plus comme le matin à " Villers ", une offensive timide; une véhémente poussée de la création extraterrestre développait sur les rails un lichen aux bataillons agressifs, un revêtement d’un rouge violacé, hérissé de pointes, comme une cristallisation géante. "<br></i>Rien ne semble pouvoir l’arrêter, sauf à couper toute électricité partout pour le priver de nourriture. Entre temps, le père d’Aurore, en compagnie de l’homme d’affaires américain, arrive en France. Gaston, qui accueille les deux hommes,  présente son amie Luce, américanophile et fascinée par les dollars,  à son rival Cheyne. Coup de foudre réciproque. Cela laissera le champ libre au peintre pour déclarer sa flamme à Aurore. Le fléau s’étendant, la France prend des mesures radicales: coupure d’électricité et abandon des moteurs à explosion en faveur de la traction animale.<br><i>" Avec la suppression de l’électricité, tout s’arrête dans Paris. Les moyens de transport: métro, tramways, chemins de fer électrifiés, sont déjà virtuellement abolis. Si les véhicules automobiles ont pu circuler jusqu’à ce matin, c’est parce que l’intensité de leurs sources d’électricité, batteries d’accumulateurs, magnétos, dynamos, est assez faible pour n’engendrer que des variétés de lichen peu exubérantes et relativement bénignes. Mais ces variétés, comme les autres , produisent des spores, dont la descendance risque d’être calamiteuse. "<br></i>La régression sociale, le chômage et des grèves s’installent durablement. La France mise en quarantaine par les pays voisins et l’Amérique, Aurore ne pourra plus rentrer chez elle, ce qui arrange bien les affaires de Delvart. Les ouvriers communistes ne respectent pas le décret et remettent en marche la centrale de Saint Denis malgré l’interdiction gouvernementale. Alors l’impensable se produisit: la centrale,  desservant tout Paris , sera infectée par la Xénobie, et c’est " la Grande Panne ".  Une variété extrêmement dangereuse de lichen,  appelé le " lichen ardent " fait son apparition. Son effet est redoutable et provoque la terreur: <i><br>" Un point lumineux au fond de l’avenue mal éclairée, s’avançait avec de petits bondissements souples... tiens, comme un ballon de football qui eût roulé tout seul sans personne pour le pousser. Il grossissait et se rapprochait, suivant l’axe de l’entrevoie des tramways, et, derrière ce premier ballon, il y en avait encore, un, deux, trois, dix... Toute une ribambelle à la queue leue leu... de grosses boules de lumière verte... comme des globes de pharmaciens... Mais ces boules avaient un mètre ou deux de diamètre.<br>(...) Feu à volonté! Les lebels claquèrent, la mitrailleuse pétarada. De la première boule verte, des flammèches s’arrachèrent sous les balles; elle parut agitée de violentes palpitations, se déforma, comme si quelqu’un caché à l’intérieur se fût débattu, lançant coups de pieds et de poing qui faisaient saillir l’enveloppe du ballon....Mais elle avançait toujours droit sur l’auto blindée, qui finit par me la cacher. Je ne vis pas l’abordage, mais soudain une grande flamme sortit de l’auto, qui s’enveloppa de fumée. "</i><br>Les pays voisins sont touchés à leur tour. Que faire contre la " Terreur électrique " ?  Dans le laboratoire du Dr Nathan, qui a engagé Aurore et son père, se prépare la découverte capitale: il suffit d’attendre l’hiver, la baisse de température fera périr le lichen récalcitrant. Or, quelle coïncidence !, le froid arrive sous la forme d’une bonne gelée. Il ne reste plus qu’à attendre et le monde sera sauvé.   <br>Comme un bonheur n’arrive jamais seul, le papa d’Aurore se fait sauter dans son laboratoire après avoir découvert le secret de la scission atomique grâce au lichen,  secret dont il lègue la formule  à sa fille, devenue sa légatrice universelle. La voie est ouverte pour Gaston qui aura tout le prochain roman , sous le titre de " Aurore Lescure, pilote d’astronef ",  pour roucouler à son aise avec sa dulcinée.<br>" La Grande panne ", malgré certaines naïvetés dans la description des situations, quelques faiblesses de style, des conventions répétées à satiété dans les intrigues, n’en demeure pas moins intéressant. Hors du guimauve des bons sentiments, il subsiste, ça et là, des descriptions de la catastrophe qui ne dépareraient pas un roman plus moderne. Le thème de la disette énergétique, variété du thème "disette d’éléments", sera largement exploité par la suite, à commencer par Barjavel dans "Ravage" jusqu’aux romanciers populaires comme Jimmy Guieu,  en passant par "la Mort du fer " de Held.</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">414</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>La Grande Nuit</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-grande-nuit-r413/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/grande-nuit-ok.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Lors d’une excursion souterraine dans la grotte de Château-<wbr>Rouge, l’éthologue Anton Malek, spécialiste du comportement des loups, reste seul survivant, en compagnie de Marie, une vieille dame, d’une convulsion tectonique consécutive à l’explosion de bombes nucléaires sur l’Allemagne. La jambe brisée, il sort de sa prison-<wbr>refuge après des efforts inouïs, aidé par Marie, pour observer le paysage d’apocalypse qui s’étend devant lui. :<b><br></b><i>« Ce qu’il avait pris pour un ciel gris n’était qu’un champ épais de fumées qui couvrait les hauteurs du paysage jusqu’à l’infini. Les crêtes des collines s’y noyaient, et l’on distinguait à peine leurs coteaux hérissés d’arbres noirs. Une forte odeur de bois<b> </b>brûlé imprégnait l’espace. Le pavillon où Malek avait pris l’ascenseur huit jours plus tôt était à moitié calciné. Les grands épicéas, fauchés comme des herbes, l’entouraient de leurs squelettes aux ailes épineuses. En contrebas, une immense crevasse cisaillait la vallée. Des villages engloutis dans les profondeurs, rien ne subsistait que les clochers épars, dénudés de leurs ardoises et montrant au ciel opaque leurs charpentes de grands oiseaux foudroyés.»<b><br></b></i>Marie, devenue indifférente à la vie, a préféré se laisser mourir au fond de son puits sans que Malek ne pût lui porter secours.  Titubant, il prend le chemin de l’auberge où il résida, découvrant les premiers morts :<b><br></b><i>« Les morts, il les trouva un peu plus loin, étendus devant la porte ouverte de la cave. Il y avait le patron et quatre pensionnaires. Eux non plus ne dégageaient pas d’odeur. La peau du visage noire et tendue comme le cuir d’un tambour, ils ressemblaient à des momies aztèques. (…) Il ne put franchir les limites du hall où s’entassaient pêle-<wbr>mêle des plâtras, des débris de la toiture et de la cage d’escaliers, formant une véritable muraille qui condamnait l’accès aux chambres. »</wbr></i><br>Il y survécut un certain nombre de jours grâce aux vivres trouvés dans les décombres, de plus en plus marqué par les radiations. Il prendra finalement la direction de la mer, vers le cap Gris-<wbr>Nez, s’adjoignant un chien survivant, sans pelage, mais rescapé de l’holocauste lui aussi.<b><br></b>Ailleurs, une unité combattante de trois êtres humains avec à sa tête une jeune femme, Mélanie, appelée Méduse, s’est trouvé prise au piège. Méduse déteste les hommes en général et ses coéquipiers en particulier, qui le lui rendent bien. Surtout Génard, une grosse brute tenant sous sa coupe Juju, soldat falot et lâche. Le premier moment d’affolement passé, Méduse commande aux deux hommes de patrouiller dans les environs. Mais la disparition de toute structure sociale organisée provoque la rébellion de Génard contre l’autorité de Méduse. S’étant enivré après une prospection dans les ruines, il réduisit Méduse à l’impuissance et la viola avec l’assentiment timide de Juju. En se libérant, Méduse coupa les hommes en deux avec la mitrailleuse de son blindé. C’est en cette posture qu’elle croisa une première fois la piste de Malek. Les deux êtres, sans fraterniser, suivront leur propre chemin.<b><br></b>Celui de Malek, qui se déplaçait en side-<wbr>car, lui fit faire connaissance avec les « Gros », habitants non contaminés d’un bunker voisin, et de leur égérie, la petite Tinou. Indemnes de toute radiation, ils ne sortaient de leur refuge que pour aller au ravitaillement, leur chef, Dondornier, refusant tout autre contact. Il conseille à Malek de rejoindre la poignée de survivants qui, un peu plus au bord de la plage, à Audresselles, tentaient de reconstituer un semblant de communauté. <br>Malek suivit cette recommandation et s’agrégea à la petite communauté qui comptait entre autres des femmes, toutes plus ou moins marquées par les radiations. Il fraternisa avec Laury, le chef démocrate et humain d’un camp où chacun se rendait utile selon ses capacités. Les uns, les «prospecteurs», avec à leur tête Colasse, fouillaient les ruines pour pourvoir au ravitaillement. Le « pêcheur », avec une petite barque remise en état, approvisionnait la communauté en poissons frais.<b><br></b>Le destin de Méduse fut différent. Dans son parcours, elle rencontra Mi et Fa, deux magnifiques jumelles de dix-<wbr>huit ans, lesbiennes, dangereuses comme des serpents. Elles tuaient tous les hommes de rencontre, pratiquant un cannibalisme alimentaire et vengeur :<b><br></b><i>« Elle sortit de son fourreau le couteau de plongée et découpa une épaisse tranche de viande. La croûte en était d’un brun mielleux et le centre légèrement rosé. Méduse sentit la salive lui monter à la bouche et prit le morceau encore brûlant que lui tendait la jumelle. Elle n’avait jamais mangé du cerf. La chair lui fit penser à la fois à du porc et à du gigot de mouton mariné. (…) La dernière tranche qu’elle engloutit n’était pas encore à bonne cuisson, et chaque bouchée faisait gicler de ses lèvres un filet de sang qui tachait son treillis.(…) <br>Quand elles se sentirent assouvies, elles s’allongèrent sur le dos, le regard perdu dans le ciel lugubre. – Ce n’était pas du cerf, n’est-<wbr>ce-<wbr>pas ? demanda Méduse. Mi, ou peut-<wbr>être Fa, lui piquait le cou de baisers humides. – Vous avez raison, chère Méduse, ce n’était pas du cerf. – C’était le moniteur ? – Oui. Nous l’avons tué avant-<wbr>hier. »</wbr></wbr></wbr></wbr></i><br>Méduse, avec sa science du combat, fut acceptée d’emblée, même quand elle se sentit enceinte des œuvres de Génard. La survenue inopinée de cet enfant allait compliquer ses  relations. Elle craignait pour la vie de ce dernier s’il s’avérait être un mâle. Dès lors, sa méfiance à l’égard de Mi et de Fa ne se relâcha plus, qui continuaient de plus belle leur tuerie :<br><i>« Mi s’élança vers la victime, et comme elle avait pris l’habitude de le faire, ouvrit une large plaie du pubis au sternum avant d’évacuer les viscères. Sous ses doigts élégants et fragiles fumait l’écume des boyaux. Après, elle sectionna le pénis et tendit ce trophée pitoyable dans la faible clarté du jour. Quelques heures plus tard, suivant le rituel qui leur était devenu familier, elles allaient se partager le sexe, les dix doigts, et compléter le repas par des languettes de cuisse, découpées si finement qu’elles s’enroulaient comme des mirlitons à la chaleur des flammes.»</i><br>A la naissance du bébé, ses craintes se confirmèrent. Les jumelles, qui avaient décidé de se rendre en Espagne, acceptèrent le nourrisson avec réticence. Méduse profita de la mort de Mi, irradiée, pour se sauver avec l’enfant, poursuivie par Fa. La confrontation finale entre les deux femmes provoqua la mort de Fa qui, ne voulant survivre seule, s’empala d’elle-<wbr>même sur l’épieu tendu par Méduse.<br>Au camp, la situation s’était aussi considérablement dégradée. La survenue d’un « curé » douteux, avide de pouvoir, renversa l’ordre établi. S’appuyant sur Malavoine, une brute épaisse, le « Padre » contraignit chacun à vivre selon les préceptes d’un évangile arrangé par lui, dénonça Laury comme juif et le fit chasser du village. Il ordonna même l’attaque du bunker des « Gros » qu’il rendait responsables d’avoir volé la barque du pêcheur. La situation empira avec la disparition des prospecteurs, tombés dans un piège tendu par les jumelles, et celle de leur fourgonnette, perte<i> </i>irréparable.<br>Tinou, l’orpheline, fuyant les massacres, trouva refuge auprès de Laudy, qui l’adopta, tous les deux fuyant définitivement le village maudit. En réalité, c’était Balbus, un alcoolique chassé du village par le Padre qui, pour se venger, avait volé la barque. En compagnie de deux autres pauvres hères, rencontres de hasard, il comptait gagner les rivages de l’Angleterre. La marée le rejeta tout près du camp. Le Padre décida donc de leur mise à mort, ce qui ne plut pas au pêcheur lequel, voyant de loin la scène, préféra se suicider :<i><br>« L’expédition aussi meurtrière qu’inutile au bunker lui avait rempli le cœur de regret. La farce macabre de la veille le submergeait de colère et de honte. Sous la coupe d’un cureton douteux et d’une implacable brute, Audresselles avait perdu son âme. Et c’était pour ramener quelques kilos de poissons à cette tribu d’assassins qu’il risquait sa peau.(…) -<wbr> Nous allons y passer ! cria Lambert. –Tant mieux! Ils n’auront plus jamais un harenguet ou une anguillette à se mettre sous la dent. Ils devront brouter l’herbe ou se dévorer entre eux. Qu’ils crèvent. (…) <br>Enroulez-<wbr>vous ça autour du ventre, ça vous aidera à flotter. – Et vous ? – Moi, je vais rendre visite aux crabes, c’est une compagnie très appréciable par les temps qui courent. »<br></wbr></wbr></i>Malek, lui aussi, ne put en supporter davantage.  Sous prétexte de partir en side-<wbr>car à la recherche du groupe de prospecteurs, il s’enfuit du village condamné, rencontrant pour la deuxième fois Méduse, avec son enfant. Regroupant leurs forces, ils repartirent en couple dans un monde dévasté.<br>La « Grande Nuit»  se présente comme un roman post-<wbr>cataclysmique intelligent, fin, bien composé selon les lois du genre. Approfondissant la psychologie de chaque personnage – ni tout blanc ni tout noir-<wbr> l’auteur fouille dans ses descriptions au scalpel  la chair et l’âme de ses contemporains,  dans une ambiance de désespoir moral. Répertorié à tort dans l’étude de Costes et d’Altairac «lesTerres creuses », le roman se donne avant tout comme une puissante réflexion sur les processus de décomposition chez l’être humain.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">413</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
