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<rss version="2.0"><channel><title>Livres: Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/page/20/?d=23</link><description>Livres: Livres</description><language>fr</language><item><title>La Papesse Du Diable</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/la-papesse-du-diable-r694/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/papesse-du-diable.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24"><i>Envoi </i>:<br><i>" Nous écrivons ce livre à la lueur des Trois Lunes, réjouis par la vision des futurs cataclysmes. La Fin du Monde approche et malheur à qui s’efforce de la nier au nom d’une prétendue Raison, misérable palliatif à son impotence mentale. Le galop des chevaux tartares s’impose à nos oreilles, et nous percevons, par delà les âges, le bruit des hordes en marche vers l’Orient. "</i><b><br></b>L’Archimagesse, Elle,  l’Egale des Dieux, la Papesse du diable mandée par les ombres du Grand Androgyne, l’Archange Noir,  instaure son royaume sur cette terre. Partie d’Asie où des hordes mongoles lui sont toutes dévouées, elle conquiert l’Europe, qu’elle met à feu et à sang :<br><i>" En cet hiver de l’an 19… , Paris présentait un aspect lamentable. Depuis un mois, l’immense armée asiatique, couvrant l’Europe, bloquait les capitales de l’Occident. La cavalerie mongole patrouillait dans les forêts de l’île de France et dans les bois de la banlieue parisienne où les débris de l’armée occidentale, écrasée, anéantie, s’étaient clairsemés en petits groupes, soldats affamés, livides, infirmes, malades, que seule une terreur justifiée par ce que les derniers journaux racontèrent du sort des prisonniers, empêchaient de se rendre aux vainqueurs. <br>L’Europe était battue après cinq ans de lutte formidable. Malgré l’armement perfectionné, les moyens de défense chimique, l’armée aérienne, les hordes défilant en ouragan avaient balayé d’abord la Russie, qui n’avait offert qu’une faible résistance… "<br></i>En compagnie de sa secrétaire-<wbr>esclave Diana, jeune Russe experte en plaisirs lesbiens, Elle,  l’Egale des Dieux,  n’a d’autre but que de réduire la papauté et d’instaurer le règne noir de la jouissance universelle. <br>Paris, conquise, lui tient lieu de capitale. De là, elle lance des expéditions punitives contre les Chrétiens d’Europe qu’il faut éradiquer. Le pape Pie XIII est finalement capturé, torturé et mis à mort au sommet de la tour Eiffel. <br>Rien ne semble plus contrecarrer l’Archimagesse et son règne obscur. Pourtant, Feng-<wbr>Nohr, le sculpteur émérite qu’elle a ramené d’Asie, s’appelle Monseigneur Tsen Ho Lin , le nouvel archevêque de Canton,   prêt à reprendre le flambeau tombé des mains de Pie XIII, en consacrant un nouveau pape, Benoît XVIII.  <br>Tel le phénix, la religion chrétienne renaît de ses cendres et des messes sont régulièrement dites dans les ruines du Vatican. L’Archimagesse mettra du temps à démasquer le traître dont elle tombera par ailleurs éperdument amoureuse. <br>Amour partagé,  puisque Tsen Ho Lin, pour un baiser d’elle, se damne, se parjure et livre le reste des croyants à la vindicte jaune. L’Ange Noir, le Grand Pan, l’Ombre maléfique, le patron de l’Archimagesse, lassé sans doute de régner sur un peuple d’esclaves, abandonne la terre à son triste sort. <br>Ainsi s’accomplissent les prédictions : deux lunes mortelles apparaissent dans le ciel terrestre ; invinciblement attirées l’une vers l’autre, elles provoquent, en se désintégrant, une situation cataclysmique sur notre globe, faisant se réveiller les volcans d’Auvergne, engloutir l’Amérique, s’écrouler toutes les cités. Paris ne fera pas exception à la règle. <br>L’Archimagesse, ayant refusé de s’enfuir dans son engin volant avec l’astronome de Chaldée Lysiclès qui seul a prévu la catastrophe, meurt dans les ruines de son palais en compagnie de Tsen Ho Lin, dans la convulsion d’un coït généralisé :<br><i>" Le monde en était aux derniers sursauts de l’agonie. L’Amérique entière s’était écroulée sus les eaux, l’ancien Continent se disloquait sous le bombardement des météores. <br>Entouré de charniers, Paris, aux maisons effondrées, brillait des milliers d’incendies allumés par les bolides. Dans les abris souterrains, les gens s’écrasaient et périssaient d’une horrible asphyxie. (…) <br>Partout des pleurs, des râles, des écroulements de tableaux et d’objets culturels, des crispements de soie.  Des chiens venus d’on ne sait où, couvraient les femmes en haletant. Un adolescent, les bras en croix, gémissait lentement, à demi -<wbr> étouffé sous quatre femmes. Trois hommes dans un coin s’étreignaient en miaulant comme des chats. Des jeunes filles entrelacées se tordaient sur un divan. "</wbr></i><br>Lysiclès, lui non plus, n’échappera pas à son destin et sera broyé dans la même étreinte cosmique qui réduit la terre en poussière, tué par son ancien maître Ashivérus.<br>Une œuvre marginale  du courant surréaliste, hautement symbolique et significative des rapports qu’entretient ce mouvement esthétique avec l’inconscient, le sexe et la mort : " la beauté sera convulsive ou ne sera pas ", selon les propres mots d’André Breton. Avec un habile entrelacement des thèmes plastiques, poétiques, littéraires et de science-<wbr>fiction, le récit mérite une place de choix dans notre thème.</wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">694</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Pandemie&#xD;
</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/pandemie-r692/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/pandemie_3.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Le narrateur, Philippe Sorlin, nous raconte son incroyable aventure liée à la pandémie qui a frappé les pays riches du monde occidental. Modeste fonctionnaire à la DEP (Département des Etudes et Prospectives), il vivait heureux jusqu'à présent, marié à la douce Zoé,  jusqu'à ce qu'un jour, comme des milliers d'autres hommes, il ne se réveille affligé d'une verge démesurée, immensément grossie:<br><i>"Un matin, je me suis réveillé avec une sensation de lourdeur entre les jambes. J'ai retiré le drap et secoué Zoé pour lui montrer ce qui m'arrivait. J'étais paniqué. Mes organes génitaux avaient triplé de volume pendant la nuit. Le moment de stupeur passé, Zoé a fait de son mieux pour me rassurer. Mais elle était pâle et sa voix tremblait. Je n'arrivais pas à me lever. Chaque tentative me causait des douleurs aiguës dans le dos et les gestes simples, que j'avais toujours faits machinalement pour sortir du lit, me demandaient de terribles efforts. Quand j'ai pu me mettre debout, le poids de mon bas-<wbr>ventre faillit m'entraîner en avant. J'avais l'impression que mon corps m'était devenu étranger. Je chancelais, en équilibre instable, incapable de marcher. Je me rendis compte de la gravité de mon état et je pleurai."<br></wbr></i>L'éléphantiasis, c'est ainsi que s'appelle dans la réalité cette maladie due à un virus transmis par un moustique dans les pays chauds. Mais dans le récit, les éléphantiasiens, de plus en plus nombreux, sont tous de race blanche, vivant dans des pays développés,  et sans doute victimes de la pollution:<br><i>"Le professeur Montoya confirma qu'il existait un lien direct entre certains polluants chimiques et la mutation des Hox. Des expériences effectuées avec la mouche du vinaigre -<wbr>la Drosophila melnogaster-<wbr> montraient que les spécimens exposés à des polluants organiques développaient des hypertrophies des pattes, des ailes et des yeux qui se résorbaient progressivement quand on replaçait les insectes dans un environnement préservé de toute pollution. Pour Montoya, les produits chimiques toxiques en suspension dans l'air étaient, à l'évidence, responsables de l'hypervergie."<br></wbr></wbr></i>Quoiqu'il en soit, cette maladie le rend inapte à une vie sociale normale. En attendant, sa honte passée de mise vu le grand nombre d'hommes atteints, adaptant ses vêtements à son état, il continue sa vie professionnelle, haï par sa chef de service Marie-<wbr>Paule Boron  (dite "MP" comme pour "Military Police"), et méprisé par sa voisine,  la naine, dite "Goldorak", une professionnelle du sexe adepte du sado-<wbr>masochisme.<br>Zoé l'entoure de toutes les prévenances et il reste l'ami de Krapolski, un voisin anarchiste, ainsi  que de Sadou, un squatter noir déniché dans l'immeuble que le couple accueillera chez lui. Avec le temps, l'ambiance de la vie quotidienne change subtilement:<br><i>"Les spectateurs ne s'identifiaient plus à des héros "plats". Les anthropologues avaient beau montrer tous les ossements prouvant que la morphologie de l'homo sapiens sapiens évoluait sous l'influence de son environnement depuis trente mille ans, l'éléphantiasis masculin n'en provoquait pas moins une rupture spectaculaire avec des millénaires de civilisation. l'homme représenté par l'art rupestre, magnifié par les artistes de l'Antiquité, dessiné par Vinci,  peint par Raphaël, sculpté par Michel-<wbr>Ange, chrono-<wbr>photographié par Marey, avait disparu sur la moitié de la planète."<br></wbr></wbr></i>Tous les domaines, éthique, ethnique, culturel, esthétique, etc.  se modifient. Par exemple, l'on adopte dorénavant un vêtement adapté à l'entrejambes des hommes atteints. Les femmes deviennent plus agressives et les hommes davantage misogynes. MP, qui connaît Goldorak, intrigue pour se hisser à un poste plus élevé dans la hiérarchie. Quant à la naine, elle crée, dans l'immeuble même, en dépit de toutes les lois,  un atelier de couture appelé "Profiline", qui connaît un succès phénoménal.<br>La deuxième phase de la maladie sonnera le glas de l'homme occidental. Un matin, Philippe Sorlin se réveille muni d'une verge pesant vingt kilos. L'hypervergie -<wbr>c'est le nom dont on la baptise -<wbr> crée un objet innommable faisant du mâle un total handicapé. Celui-<wbr>ci vivra dorénavant dans un fauteuil à roulettes en pensant à la cruauté de son sort. La maladie des Hox -<wbr>c'est le nom des gènes déficients qui provoquent l'hypertrophie -<wbr> aura des conséquences irréversibles. Les hommes, impotents, impuissants, ne servent plus à rien. Incapables de se maintenir au pouvoir, ils se trouvent à la merci totale des femmes. La société explose. Les femmes prennent le pouvoir. Tous les postes et fonctions occupés par les hommes le seront désormais par des femmes. Des lois seront votées qui favoriseront la coopération avec les PVD (Pays en Voie de Développement) et leurs populations à majorité noire non affectées par la maladie des Hox, ce qui favorisera les mariages mixtes et permettra aux femmes de compenser leur stress sexuel.<br>Même Zoé, la douce Zoé, quittera Philippe pour Sadou qui, cependant, restera l'ami fidèle du narrateur, avec l'humour et l'insouciance de ceux de sa race. L'amertume du narrateur est d'autant plus grande lorsqu'il apprend que MP se destine à la présidence, en passant d'abord par le ministère de la Santé, et que Goldorak se transforme en une capitaine d'industrie puissante, pliant les lois à son usage et adoubée par le nouveau régime féministe. Les malades mâles, sous le prétexte d'être mieux soignés, seront regroupés dans des ensembles médicalisés, anciennes ZUP ou ZEP, en fait des ghettos de banlieue,  où atterriront également une majorité d'anciens édiles politiques.<br>Il y pourtant pire. Le narrateur, ayant aperçu de sa fenêtre son voisin Hitch, handicapé comme lui, atterrir sur le pavé de la cour, soupçonne un assassinat perpétré par des femmes. D'ailleurs les cas se multiplient. Les femmes songeraient-<wbr>elles à se débarrasser des hommes?<br><i>"La criminalité avait augmenté" depuis le début de la pandémie. Cette recrudescence provenait essentiellement des agressions d'éléphantiasiens par des jeunes filles qui opéraient à deux ou trois, dans la journée, parfaitement renseignées sur les codes d'accès aux immeubles et les appartements où vivaient les hommes seuls. mais les complicités n'étaient pas faciles à établir. Les informations pouvaient aussi bien provenir de la gardienne que d'une ancienne locataire, une infirmière, une aide-<wbr>ménagère, une postière une dératiseuse, une peintre, un plombière, une livreuse, une employée du gaz ou de l'électricité, une ramoneuse, une voisine, une huissière,  une policière, une parente ou une familière."<br></wbr></i>MP, accédant à la présidence, assignera immédiatement en justice les hommes politiques du passé, responsables, selon elle, de ne pas avoir tenu compte  des dangers de la pollution et de ne pas avoir pris toutes les mesures nécessaires pour parer à la maladie en Occident. Ils seront déclarés coupables et emprisonnés. Quant à Philippe Sorlin, soulagé par Mélanie, une gentille aide-<wbr>soignante (ce qui le change de la précédente, Sylvie la féministe), il méditera amer sur son bonheur perdu, les jours enfuis, la défaite de la gent mâle et le regret de n'avoir su profiter en temps voulu des menus plaisirs de la vie.<br>En un style fluide, analysant avec délicatesse les sentiments et les émotions d'un malheureux soumis à son handicap, l'auteur explore les conséquences de sa pandémie avec une lucidité féroce, notamment en ce qui concerne les actions des femmes enfin libérées de la tutelle masculine. Il appuie aussi sur l'égoïsme des pays développés en inversant les situations comme l'a fait, dans un autre registre, John Christopher avec son "Hiver éternel".</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf1 ff2 fs24"><br><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">692</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>O&#xF9; Vas-Tu Bacille?</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/o%C3%B9-vas-tu-bacille%3F-r691/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/ou-vas-tu-bacille.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24"><i>«Les recherches et la fabrication des armes bactériologiques sont actuellement peu coûteuses. De plus, un conflit biologique laisse l’espoir à l’agresseur d’entrer en possession de territoires intacts. Jusqu’à ce qu’une nouvelle course aux armements rende cette forme de lutte aussi coûteuses que la guerre conventionnelle ou nucléaire, on est en droit de craindre qu’une nation ait envie de tenter une expérience qu’elle croirait profitable.<br>Mais il y a plus grave. La majorité des scientifiques redoute une réaction en chaîne apocalyptique. L’équilibre biologique terrestre est fragile et nul n’est capable de prévoir les conséquences qu’aurait la disparition dans la nature de milliards et de milliards de bactéries, de virus, de rickettsies fabriqués en masse. La disparition de toutes formes de vie à la surface du globe pourrait être provoquée par une guerre bactériologique… »<br></i>C’est en ces termes alléchants que s’ouvre le roman. Ce sont aussi les seules pistes cataclysmiques de l’ouvrage. Le reste est confié à Michel Launère, le héros, physicien de son état, travaillant à la fois dans le groupe de Pugwash (association de savants) et pour la DST. <br>Le professeur Orlando Faggianni , lors d’une conférence, aurait dû faire une intervention sensationnelle, fournissant la preuve qu’il a trouvé le vecteur microbien pour disséminer des virus létaux à grande échelle, dans le cas d’une guerre bactériologique. Or, il a disparu avec ses documents. Launère, un instant contrarié par l’explosion de sa voiture, qui le rend indisponible pour quelques temps, se met en chasse. Aidé par Andréi Mikalovitch, le Russe, qui joue double jeu et contre les Américains, talonné par ses adversaires de la C.I.A., Launère défait lentement l’écheveau des pistes pour localiser Faggianni, en résidence chez un ami de ce dernier à Naples.<br>Echappant à plusieurs coups tordus, s’appuyant sur la maîtresse de Fagianni, une richissime artiste-<wbr>peintre (bien sympathique au demeurant), Launère arrive trop tard au but : Faggianni a été tué par accident dans un engagement provoqué par les hommes de main de la C.I.A. Est-<wbr>ce à dire que tout est perdu ? Oh, que non pas ! Car le professeur avait eu l’idée lumineuse de dissimuler ses formules sous la forme d’un tableau abstrait peint par lui et glissé parmi ceux de sa maîtresse. Notre savant agent secret récupère le tableau, photographie les formules, brûle le tableau, fait parvenir l’information à la DST, dame le pion aux Américains, fait la nique aux Russes… et profite d’un repos bien mérité avec l’ex-<wbr>maîtresse de Faggiani. Mission remplie !<br>Un ouvrage marginal dans notre domaine qui ne vaut que par l’argument de la guerre bactériologique, roman d’espionnage à la phrase minimale, comme il y en eut tant dans les années soixante, et sans grand intérêt pour un lecteur assoiffé de conjectures.</wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">691</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>L'or En Folie</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/lor-en-folie-r689/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/or-en-folie.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Affolement dans les locaux de la banque de France. Un arrivage de lingots d’or en provenance de l’étranger s’est révélé être formé de barres de plomb. Vérification faite, monsieur le Gouverneur de ladite banque et ses collaborateurs s’aperçoivent que c’est l’ensemble des réserves d’or françaises qui se sont mystérieusement transformées :<br><i>" Les grands diamantaires ne perdaient pas tout. Mais pour les petits bijoutiers, c’était la fin. On rapporta un cas de morts subites véritablement tragique. Le père, un bon vieux juif du marais, en présence de sa vitrine ravagée, tombe raide. Sa femme se précipite : " Mon pauvre Jacob ! " Puis elle voit la devanture ruinée. C’en est trop ; elle tombe à son tour ! Le grand’père accourt, du fond de l’arrière-<wbr>boutique. Il porta la main à sa gorge. Il roule, troisième sur les deux cadavres. "</wbr></i><br>L’affolement gagne M. le préfet et les personnalités religieuses et politiques. Force est de constater que tout ce qui est or s’est transformé en plomb, y compris les fausses dents et les objets du culte. La rumeur publique s’amplifiant, le préfet, pour éviter le débordement de la foule, fait cerner les bâtiments publics par la troupe. La Bourse plonge et la presse se déchaîne. Le parti de " l’Action française ", sous la coupe d’Isaac Davidet, en attribue la responsabilité aux Démocrates et Républicains :<br><i>" Quand je disais à tous les suce-<wbr>pieds et podosuceurs du parlement et de la presse, que cette vieille guenippe de Stellar le locarnien, avec sa bobine de chien crevé –Tardieu dixit-<wbr> finirait par les conduire, derrière ses chausses, dans l’ordure la plus abjecte, il y avait encore de bons coyons pour insinuer que j’exagérais. Bons coyons et sublimes podosuceurs, vous y êtes ! vous y êtes jusqu’au ventre ! Tripes et boyaux (…) <br>Allons, gensses du gouvernement de la chose publique, précieux pédérastes et fustigés, tous les marinés dans le stupre, la simonie, l’escroquerie, le trafic d’influence, qu’est-<wbr>ce que vous faites ici ! Fichez le camp ! Place au bien-<wbr>aimé Roy !. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>De l’étranger parviennent des nouvelles préoccupantes. Devant le phénomène, qui ne semble toucher que la France à partir de Paris, l’Angleterre et l’Allemagne s’inquiètent. Ils exigent que la France rembourse immédiatement ses dettes, avec une fin de non recevoir de la part du président Stellar. Le vieux professeur Cymbol, en une séance remarquable à l’Académie Française, après une étude statistique de la propagation du mal, conclut à une " onde radiante " qui émanerait du centre de Paris. Quelque part, quelqu’un en veut à la France.<br>Une chasse à l’homme est annoncée et la tête des malfaiteurs mise à prix. C’est là qu’intervient le rondouillard mais perspicace Agénor Jubin, journaliste au " Métropole ". Il réussit le premier, grâce à son flair, à découvrir le responsable de la transmutation, le savant Paolo Arriegias, noble et vertueux vieillard , ainsi que sa jeune compagne, Fleur. Ce dernier a mis au point le " transmuteur " qui agit par " ondes inductrices " sur tel ou tel métal -<wbr> l’or en l’occurrence-<wbr>, par modification de la composition moléculaire.<br>Agénor Jubin, après une première explication orageuse, deviendra le chroniqueur officiel d’Arriegas, en distillant une information choisie en direction de son journal.  Le quotidien s’arrache, mais Jubin demeure introuvable. Dans les sphères politiques, l’atmosphère s’envenime, surtout à l’annonce d’une attaque aérienne conjointe des autres pays européens sur la capitale. Paris, affolée, se vide de ses habitants :<br><i>" Les autobus, pris d’assaut, la foule s’y entassait à étouffer, s’agrippait aux toits. " Chauffeur, conduis-<wbr>nous, vite, loin…" Ils se ruaient en avant, vers les portes les plus proches. Parfois il y avait de terribles accrochages. Ou un assaillant glissait du toit. La lourde machine avait alors un cahot mou et on entendait un cri horrible : elle venait d’écraser un homme. "<br></wbr></i>De longues files de fugitifs se traînent aux sorties de la ville. Le président Stellar, laissé pour mort, est remplacé par Tarval, le populiste. Lorsque Arriegas apprend la traîtrise des pays européens, il allonge le champ d’action de ses ondes, privant l’Angleterre, comme l’Allemagne ou la Russie de son or, ce qui change les données économiques et politiques :<br><i>" Le gouvernement de Berlin passa par des alternatives de décision et d’hésitation. L’attaque de la France sans le concours anglais devenait périlleuse. Et puis, on allait se battre contre quoi ? Que recélait en possibilités meurtrières cette force mystérieuse qui, contre toutes les lois connues de la physique et de la chimie, venait, aux ordres d’un homme, désintégrer un métal et spécialement ce métal-<wbr>là ? Si l’or, pourquoi pas le fer et l’acier ? Et, dans ce cas, les avions et les armes… "<br></wbr></i>Stellar, revenu de son éclipse politique, les gouvernements envisagent de mettre en place une "union monétaire européenne" pour parer à la menace, ce qui provoque la colère des Américains. Arriégas est satisfait. Son opération de déstabilisation dans le but de promouvoir la paix et l’union a porté ses fruits. Stellar, qui a analysé les motivations du savant, suggère qu’au lieu de le poursuivre en tant que criminel, on l’accueille au sein de l’hémicycle comme conseiller.<br>Arriégas, avec Agénor, se rend à l’invitation de Stellar, provoquant un étonnement sans bornes. Pendant que les Européens l’écoutent, médusés, l’hostilité des représentants des grands groupes industriels américains croît en proportion. Deux jours plus tard, au moment où les deux hommes allaient produire leur allocution au Parlement, ils sont mystérieusement assassinés. Fleur, qui apprend la mort de son compagnon, se suicide non sans avoir au préalable détruit le transmuteur.<br>"L’or en folie" d’une écriture mordante et ironique met l’accent sur le cynisme des mobiles humains et sur la difficulté des réformes. Pourtant, La belle idée d’une Europe unie, audacieuse dans ce roman  d’avant la guerre mondiale, actualise d’autant plus ce récit</wbr></wbr></span><span class="fs20 cf3 ff2"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">689</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>L'operation Libellule</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/loperation-libellule-r688/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/operation-libellule.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Trois actions parallèles se partagent le récit. Celle de Canning, agent spécial de la CIA chargé d’une mission à Peking pour y découvrir le déclencheur humain appelé "Libellule", un Chinois porteur d’une bombe bactériologique extraordinairement puissante. Le microbe libéré agit avec une virulence extrême, faisant des centaines de milliers de morts dans la nomenklatura du Parti, suffisamment pour que Taïwan intervienne et que les Russes, inquiets, entrent à leur tour en scène. <br>Le déclencheur passera à l’action par suggestion post-<wbr>hypnotique et ne peut être que l’une des trois taupes de la CIA infiltrée en Chine Populaire. Canning est aidé dans sa recherche par Tanaka,  une charmante  et efficace interprète.<br>Celle de Mc Allister, le supérieur de Canning et responsable de la CIA est toute aussi essentielle. En connection directe avec le président des Etats-<wbr>Unis, il a compris que certains des membres de la CIA étaient des infiltrés du "Comité", une synarchie d’extrême-<wbr>droite ayant déjà à son actif l’assassinat de Kennedy .  Dirigés par des milliardaires dont A.C. West, s’appuyant sur des fascistes notoires comme Herringtons, après avoir développé la bombe bactériologique dans un laboratoire secret, ils sont avertis des faits et gestes de Mc Allister par Rice, le propre secrétaire du président US, un homme-<wbr>lige à leur dévotion,  placé de longue date au sommet du pouvoir en ce but.<br>Le troisième est celle du clan des méchants. Leur objectif est de s’emparer du pouvoir présidentiel après avoir provoqué le déclenchement d’une guerre mondiale triangulaire russo-<wbr>sino-<wbr>américaine qui, espèrent-<wbr>ils, fera disparaître le communisme de la surface du globe.  A cet effet, dix autres  Libellules, russes cette fois-<wbr>ci, sont déjà en place dans le bloc de l’Est. Manipulant par induction post-<wbr>hypnotique  la pauvre Libellule afin de la contraindre à s’autodétruire, ils seraient déjà passés à l’action s’ils n’avaient commis une bévue.  <br>En simulant chez le porteur -<wbr> un important membre du Parti-<wbr> lors de l’implantation de la capsule bactérienne durant son séjour aux USA, un comportement décadent (il se serait laissé aller à voir une prostituée), ils n’ont pas prévu qu’il irait expier ce péché à l’égard du marxisme dans un camp agricole, ce qui l’éloignait pour quelques temps des personnalités visées.  Ce délai permet à Mc Allister et à Canning d’agir en vue de désamorcer in extremis la bombe. A cette fin, il aura fallu, pour l’un, de  remonter jusqu’à Rice trahi par son vice, et pour l’autre, jusqu’à Webster le propre ambassadeur américain  en poste à Péking,  afin d’écarter la terrible menace en tuant Choa-<wbr>Hong, le porteur de la bombe, Webster, le complice des fascistes et le général Ling, manipulé lui aussi par le Comité.<br>En définitive, la guerre mondiale sera remise à plus tard. Canning sortira de son état de célibataire en épousant Kanata, Mc Allister débarrassera le monde des derniers maillons du Comité trahis par un Rice manipulé à son tour. Fin heureuse suivie pourtant par une conclusion pessimiste quant au pouvoir des hommes de se diriger eux-<wbr>mêmes.<br>Un roman efficace, une action soutenue. De quoi lire sans désemparer…</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="ff0 fs20"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">688</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Operation Brouillard</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/operation-brouillard-r687/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/operation-brouillard.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Deltour, ancien lieutenant de l’armée et baroudeur interlope, est tiré de sa prison par le colonel Garnier qui lui demande d’intervenir, en ayant les coudées franches, en Suisse où les morts ne se comptent plus,  autour du discret et pacifique professeur Dowsky. Sous le pseudonyme de Maubert, jouant le chien dans un jeu de quilles, notre agent secret sur mesure s’attire immédiatement toutes les foudres. Celle de Dupré, l’ami de Natacha, fille du professeur Dowsky. Acoquiné avec Seldon, un militant moldo-<wbr>valache,  et ses sbires, Dupré a monté une ingénieuse combinaison pour voler les plans du professeur ainsi que les échantillons biologiques de ce dernier,  en vue de les revendre au plus offrant. <br>Car le professeur Dowsky a un passé trouble. Ancien collaborateur nazi récupéré par les Soviétiques, il élabore depuis, patiemment, les éléments d’une guerre biologique totale. De nombreux laboratoires disséminés dans le monde, et surtout dans sa maison de Lausanne, située au Chemin des Dames, contiennent de nombreux échantillons utilisables de suite :<i> <br>« -<wbr>Les recherches de ton père présentent donc un grand intérêt ?<br>-<wbr>En elles-<wbr>mêmes certainement ; et, en fonction de la guerre, encore plus. Il a fait équiper des laboratoires semblables à celui qu’il dirige à Neuchâtel dans la plupart des pays européens… Ce sont des laboratoires secrets, bien entendu.<br>-<wbr>Une sorte de cinquième colonne biologique ?<br>-<wbr>Si tu veux. »<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>La situation se complique lorsque Maubert tombe amoureux de la seconde fille de Dowsky, Nadia, qui elle, contrairement à Natacha, ignore tout des menées subversives de son père. Lorsque l’on saura que Dupré et l’agent ABZ7384, le contact de Maubert initié par  Garnier,  sont une seule et même personne, l’on comprendra que tout ce beau monde à intérêt à s’éliminer mutuellement, l’arrivée de Stephenson, chef du FBI sur le terrain suisse, servant de déclencheur. D’un autre côté, les Russes ne restent pas inactifs. La mort accidentelle de Dowsky, tué maladroitement par Seldon, donne le signal de la tuerie. Les morts s’accumulent sans que l’on sache (surtout le héros !) sur qui l’on tire et pourquoi. <br>Recomposant peu à peu le puzzle, Maubert, avec l’aide de Nadia, échappe aux meurtriers moldo-<wbr>valaches et à Dupré, se sort des griffes du FBI, évite les balles de Natacha. Avec un coup de pouce de Petrov (agent russe), qui voue une admiration inconditionnelle à Nadia, il récupère les documents dans la villa du professeur, ne laissant en lice que Stephenson et Dupré :<br><i>« Stephenson a mis une chambre à ma disposition et je suis réveillé à neuf heures par le chauffeur noir qui m’apporte mon petit déjeuner sur un plateau. Je n’ai pas dormi beaucoup, mais j’ai dormi fort. Tous mes muscles tiennent encore un meeting de protestation, mais je crois qu’en faisant un gros effort, je parviendrai à me traîner jusqu’à la fenêtre. Bien entendu, si je réussis cet exploit, rien en s’opposera à ce que je le répète jusqu’au bout du monde. »<br></i>Quant à la police helvétique, totalement débordée en cet échange, elle a fort à faire avec l’occupation armée de l’ambassade de Valachie à Neufchâtel que des terroristes radicaux à la solde de Seldon tiennent, tel un fort Chabrol. Eux aussi ignorent qu’ils sont manipulés par Dupré qui élimine Seldon, lequel a fini de lui servir. Finalement c’est Maubert qui tirera les marrons du feu (en doutions-<wbr>nous ?). Non seulement il gagne le cœur de Nadia (et le reste) mais aussi sa liberté définitive en remettant les documents top secrets à Garnier.<br>« Opération Brouillard », au titre bien trouvé, est un roman d’espionnage lisible se déroulant sur fond de guerre froide et de menace biologique. Le style savoureux et distancié ne manque pas d’humour, l’auteur s’amusant beaucoup avec l’imbroglio dans lequel il lance ses multiples personnages.</wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">687</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>L'operation Adam Et Eve</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/loperation-adam-et-eve-r686/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/operation-adam-et-eve-ok.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Un inspecteur de police, appelé sur les lieux d’un accident routier aux USA, prend possession d’un curieux carnet qui relate la biographie du mort, celle du colonel Lucius Light. <br>Adopté par un couple de savants, Koenig et Mary, ce dernier vivait avec eux à Los Alamos, dans l’enceinte où l’on mettait au point la première bombe atomique. Puis, plus tard, à Spiritu Sancto, sur une nouvelle base, où le professeur Koenig entreprend un projet différent entouré d’un total mystère. <br>Intégré par Koenig dans l’équipe de surveillance de la base, les T.O.S., Lucius apprendra qu’en face de l’incroyable menace que fait planer l’arme nucléaire sur l’humanité, les deux principaux meneurs du monde, Roosevelt et Staline, lors du pacte de Yalta, ont scellé un accord secret. Convaincus que l’atome provoquera la perte de l’espèce humaine, ils ont mis sur pied le projet « Adam et Eve », qui surpasse infiniment tous les clivages politiques.<br>Les USA, sous la direction de Koenig, ont construit deux tores gigantesques, des espaces d’habitation, dans lesquels, totalement isolés du monde, seront élevés, puis laissés à eux-<wbr>mêmes, deux adolescents, un garçon et une fille, des Géorgiens, fournis par la Russie :<br><i>« -<wbr>D’accord pour des Géorgiens, interrompit Truman. <br>–Je voudrais savoir maintenant si vous accepteriez une condition. <br>-<wbr>Laquelle ?<br>-<wbr>Je ne sais ce que réserve l’avenir et ce qu’il adviendra des relations américano-<wbr>soviétiques. Et pourtant, je puis vous avouer que l’une des plus grandes émotions de ma vie politique aura été ce moment historique où le président Franklin Roosevelt et moi-<wbr>même, nous imaginâmes une évasion pour sauver le genre humain en nous sentant fraternellement responsables du monde entier. Je désirerais que le jour où se produira le départ, dans votre pays, le Président des Etats-<wbr>Unis et le Chef de l’U.R.S.S. y assistent ensemble côte à côte, dans une communion d’esprit totale renouvelant l’amitié de Yalta.<br>Truman répondit aussitôt avec chaleur :<br>-<wbr>Moi, ou mon successeur, nous vous accueillerons avec joie.»</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i><br>Le plan du professeur sera de rendre apte à un vol cosmique les deux jeunes gens sauvegardés purs de toute intervention et tare humaines afin d’essaimer, longtemps après que l’homme aura disparu, sur une nouvelle planète. La fusée, elle, sera conçue et acheminée aux USA par les Russes. Le jeune Lucius, qui monte régulièrement en grade, est la seule personne extérieure au projet à en avoir percé le secret et il suit avec passion à l’insu de son père,  l’évolution positive «d’Adam et d’Eve ». <br>Alors que tous les pas politiques des deux grands (guerre froide, mise en orbite du premier Spoutnik, crise de Cuba) s’expliquent par le voile qu’ils veulent faire tomber sur leur projet commun, Truman, puis plus tard Eisenhower et Khrouchtchev, poursuivent indéfectiblement la vision de leurs illustres prédécesseurs. <br>Les événements, de plus en plus menaçants, semblent leur donner raison. Lucius a pris rang de colonel mais d’un naturel jaloux et envieux, il voit d’un mauvais œil le fait d’être évincé sur le terrain par un concurrent à son poste de chef suprême de la sécurité. Une gigantesque fusée russe,  arrivée à bon port aux USA, est lancée en 1959, lors de la visite de Khrouchtchev qui en profite pour se recueillir sur la tombe de Roosevelt :<br><i>« Je n’avais pu qu’imaginer, d’après les plans que j’avais</i> <i>vus, les dimensions du véhicule spatial. Mais elles étaient restées dans mon esprit des nombres théoriques. La vision était écrasante. Il fallait renverser la tête pour apercevoir le tore et la fusée. C’était l’impression que j’avais ressentie en voyant pour la première fois l’Empire State Building. Je comprenais maintenant que le colossal engin pût être un univers. Le gisant de Moscou pouvait dormir en paix dans son cercueil. Khrouchtchev avait magistralement rempli l’engagement de Staline. »</i><br>Les deux jeunes gens, adolescents accomplis, sont maintenant mis en contact l’un avec l’autre dans leur éden artificiel, sous l’œil télévisuel de Dieu le Père, c’est à dire de Koenig. Afin qu’ils subissent un interdit, il leur est défendu d’abaisser un certain levier rouge sous peine de mort prématurée. Ce monde paradisiaque sera perverti par Lucius (Lucifer ?), dans le rôle du serpent. <br>Ses agissements sont cependant percés à jour par son père. Hélas ! il est déjà trop tard. Lucius a volé le téléviseur de secours, ce qui lui permet d’observer les faits et gestes d’Adam et d’Eve, s’est enfui dans les montagnes et, depuis longtemps, avait retranscrit son récit dans le petit carnet que tient en mains notre inspecteur de police du début de l’histoire. <br>Avec pour témoin un Koenig effondré, il suggère au couple de désobéir aux ordres « divins », en abaissant le levier. Tandis que la fusée poursuit sa route vers l’infini, Lucius sera arrêté, puis victime d’un accident. Plus tard,  Mac, un ami américain de Lucius, envoie à un couple français l’ensemble de ce récit,  taxé, renseignements pris auprès des autorités, de pure invention romanesque et paranoïaque. Pourtant le roman se clôt sur le couple Koenig et Mary, entr’aperçus à Paris. Alors, info ou intox ?<br>Un récit de type uchronique ou « histoire secrète » mêlant irréalisme et faits politiques, aux ficelles parfois un peu grosses. Quant au concept de « pureté », il apparaît bien douteux…</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">686</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>On Va Faire Sauter Paris</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/on-va-faire-sauter-paris-r685/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/on-va-faire-sauter-paris-ok.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Sarnain, garçon franc et rieur, intelligent aussi, en 1ère  au lycée Ronsard à Paris, vit une curieuse aventure avec ses amis Raget, Bigounas et cie. Ayant l’amitié du professeur Philippot, il survient dans le laboratoire de celui-<wbr>ci et le trouve à l’article de la mort.  Le professeur, un grand savant, essaye de lui faire comprendre qu’il lui faut détruire les documents cachés de son invention, car convoités par une puissance étrangère, dans l’intention de faire sauter la ville de Paris.<br>Le soir venu, à l’insu des autorités du lycée, Sarnain et sa bande se glissent à nouveau dans la laboratoire, fouillent et découvrent les papiers à détruire d’urgence. Mais, à leur grande épouvante, l’ennemi est déjà dans la place, en la personne d’un lourd espion allemand du nom de Bachkorft, qui leur reprend les papiers et disparaît. Alors que le petit Thécret s’empoisonne  en passant devant un appareil à rayons X surpuissants, Sarnain, sur la piste de Bachkorft, est kidnappé par ce dernier. Thécret, de son lit d’infirmerie, découvre un fil de cuivre qui sort d’une maison proche du lycée : c’est l’antenne reliant Bachkorft à l’Allemagne lui servant à communiquer sa trouvaille :<br><i>« Hoch ! Wie schwer, du heiliger Gott !!! Cela est lourd tant de saucisses coulantes… Schöne Restauration… Bon Restaurant – Sakrament – s’il savait qu’il a l’honneur de nourrir Herr Professor Bachkorft, de la section spéciale du Führer. – Heil !-<wbr> Quelle gloire ! Hoch ! Je vais envoyer la dépêche, enfin ! Et sous les yeux de ce sale petit Français, Schweinhund ! Et dans huit jours, avec la grâce du Führer – Heil !-<wbr> Paris kaput ! France kaput ! Europe kaput ! Hoch ! Hoch ! Kolossal !!! Et tout cela, tout cela à cause du Herr Professor Bachkorft. Heil ! Heil ! »<br></wbr></wbr></i>Avertie par Thécret, la bande passe à l’action, neutralise l’espion en expérimentant sur sa personne leurs connaissances théoriques en électricité: au moment même où Bachkorft s’apprête à émettre, il est électrocuté. Tous ses amis au complet, Sarnain en tête, révèlent la vérité au censeur du lycée Ronsard qui les félicite chaudement pour leur patriotisme. <br>Une courte nouvelle qui fleure bon la vieille France franchouillarde et la tartine beurrée d’un temps scolaire irrémédiablement révolu. Le style de Suquet, lisible et amusant, rachète quelque peu celui de « la Guerre des forces».</wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">685</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>On Se Bat Dans L'air</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/on-se-bat-dans-lair-r684/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/on-se-bat-dans-l-air.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Des avions stratosphériques du type U-<wbr>1236, en provenance de Minsk, bombardent sans préavis la capitale française. La Russie soviétique, avec la neutralité bienveillante de l’Allemagne, entre en guerre contre la France, une guerre essentiellement aérienne qui devrait donner aux Soviétiques la domination du ciel : <i><br>« Il était bien établi que chaque avion stratosphérique était porteur de cent bombes de cinq kilos, dénommées « bombes vertes » et terriblement offensives, en raison de leur action incendiaire immédiate et puissante.  Ces bombes lancées en « arrosage » et tombant de 15000 mètres d’altitude sur une ville comme Paris, devaient provoquer une multitude de foyers d’incendie, absolument impossibles à éteindre par les moyens actuels. » </i><br>Les Français les attendent de pied ferme et lorsque l’escadre russe bombarde Metz-<wbr>Frescaty, lorsque le danger se fait pressant, toujours disciplinés, les Parisiens se dirigent en masse vers leurs abris souterrains. <br>Le pays se repose entièrement sur ses pilotes. Ce sont les exploits héroïques d’une de ces patrouilles aériennes qui feront l‘objet du récit. Le groupe du capitaine Servin, un brin paternaliste (« <i>En route les enfants !…</i> »), qui compte notamment en ses rangs Anceny le héros, fonce « crânement» au-<wbr>devant de ses adversaires. Audacieux dans les combats aériens, ils défont les escadrilles ennemies, porteuses de bombes mortelles. L’escadrille 135, celle de Servin, basée à Neufchâteau, se verra confier une mission particulière : détruire les immenses aérostats volants qui servent de porte-<wbr>avions aux armées ennemies. Sans préavis, Paris est à nouveau sauvagement bombardé : <i><br>« Des ruines fumantes, des immeubles écroulés montaient des cris de douleur, tandis que la nappe nocive des gaz s’infiltrait par les prises d’air éventrées de certains abris qui avaient cédé sous la violence d’explosion des projectiles, des bombes vertes « Elektron » de 10 kilos, exclusivement incendiaires, dont l’incandescence dépassait très certainement 3000 degrés. » </i><br>C’en est trop. L’escadrille 135 se réunit au-<wbr>dessus du SkagerRak, en mer du Nord, près du Jutland : là sont basés les dirigeables porte-<wbr>avions ennemis. Une lutte serrée s’engage contre les monolithes qu’il est très difficile d’atteindre. Lorsque, désespérée, l’escadrille des Français décroche, Anceny se met en embuscade dans les nuages, attend le moment favorable et, seul, se lance à l’assaut :<br><i>« Un fracas terrible soudain déchirait l’air, Anceny avait bien placé ses bombes. Le dirigeable S-<wbr>17, touché à mort, faisait explosion et de l’énorme carcasse métallique qui se repliait en deux avant de s’abattre, les hommes d’équipage atterrés, mi-<wbr>asphyxiés, cherchaient à s’enfuir par toutes les issues. D’aucuns sautaient en parachute, d’autres se jetaient par-<wbr>dessus bord pour ne pas périr calcinés dans l’immense brasier qui, durant quelques minutes, allait incendier le ciel.»<br></wbr></wbr></wbr></i>Il regagne sa base de Neuchâteau où l’attend une surprise: l’arrivée d’une escadrille de femmes, elles aussi décidées à en découdre. Il y retrouve une amie d’enfance, Ariane de Rivet, à qui le lie bientôt un tendre sentiment. Il propose au général Hardier un plan risqué et grandiose : celui de s’infiltrer en territoire ennemi, accompagné d’Ariane (elle seule maîtrise parfaitement le russe) afin de saboter l’usine de production des dirigeables-<wbr>cargos. Hardier accepte. La mission, quoique périlleuse, se déroulera sans anicroche. Près de Smolensk, leur objectif, ils camouflent leur petit avion de reconnaissance, infiltrent la base en se fondant parmi les Russes, y déposent des explosifs à retardement et reprennent la voie des airs. A Smolensk, se déchaîne le chaos: <i><br>« En dix minutes, le centre de Smolensk, si majestueux dans le calme paisible qui l’entourait alors , était devenu une véritable cité de l’horreur et du désastre. Sur la ville même, d’énormes blocs de granit ou d’acier, projetés en l’air par la déflagration, avaient crevé les toits des habitations. Femmes et enfants s’enfuyaient en pleines ténèbres et l’on n’entendait qu’un seul cri de détresse se prolongeant dans la nuit : -<wbr>Smolensk brûle !… Smolensk brûle ! » </wbr></i><br>Les Russes en colère (on les comprend) ont décidé d’abattre les téméraires. Sur le chemin du retour, alors que les deux tourtereaux se croyaient déjà à l’abri, s’abat sur eux l’escadrille de Smirnoff, en embuscade au-<wbr>dessus du territoire allemand. Un combat homérique allait se dérouler là, à un contre quarante… Anceny, stimulé par Ariane et l’odeur de la poudre, accomplit des prouesses, mais ne peut s’empêcher d’être grièvement blessé dans son cockpit et… sauvé finalement par ses amis de la 135 qui s’étaient portés opportunément à son secours.<br>La guerre se poursuit. Les Soviétiques, prêts de perdre la supériorité aérienne, engagent leur infanterie <i>: <br>« Les derniers rapports reçus ce soir des groupes II et III, après plusieurs missions de reconnaissance à basse altitude, situent la position des armées ennemies sur une ligne fictive Aix-<wbr>la Chapelle-<wbr>Mayence-<wbr>Fribourg., avec de très nombreux renforts dissimulés dans l’Eifel et dans la Forêt-<wbr>Noire. »</wbr></wbr></wbr></wbr></i> <br>La nouvelle cible est Le Creusot que les Russes espèrent détruire pour priver les Français de leur production d’acier. La 135, toujours d’attaque avec Servin en tête, est sommé de briser l’offensive. Dans l’engagement, les Russes fléchissent et commencent à se replier, mais, lors d’un dernier accrochage au-<wbr>dessus de Lunéville, Servin est blessé à mort. Comme Bayard  jadis, il meurt en héros : <i><br>« Le major, qui s’apprêtait à faire une nouvelle piqûre, se releva et à voix basse : -<wbr>C’est fini, dit-<wbr>il, le cœur ne bat plus. Un lourd silence suivit ces paroles. Muets, au garde à vous, ces hommes rudes et courageux refoulaient difficilement leurs sanglots, tandis que dans le ciel d’une limpidité rare, d’un bleu intense, d’une pureté due à tant d’héroïsme, montait l’âme généreuse et fière du capitaine Servin, mort pour la France. » <br></wbr></wbr></i>Grâce à l’armement perfectionné des Français, à leur courage et leur ténacité, à ses alliés tardifs (le Japon et la flotte américaine du Pacifique), les Soviétiques demanderont grâce.<br>Une guerre future et… rêvée, telle que les  Français auraient aimé qu’elle se déroulât dans la réalité. Ce roman, écrit par un spécialiste de l’aviation, comporte tout un descriptif technique qui le rend vraisemblable et intéressant malgré les défauts inhérents à ce type d’ouvrage : sentimentalisme doucereux, patriotisme exacerbé, paternalisme et culte du chef, mythe du héros  combattant.<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">684</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Omegar Ou Le Dernier Homme</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/omegar-ou-le-dernier-homme-r683/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/omegar.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">C’est à Cousin de Grainville qu’Elise Gagne a emprunté le personnage d’Omégar, dernier homme sur terre.<br>Les péripéties du premier « Omégar » se déployaient dans un environnement que l’on peut considérer comme rationnel, avec une intrigue crédible,  malgré l’emphase et la boursouflure du style. <br>Ici, au contraire, le personnage sert de support à l’apologétique. Tout entier dévolu à sa mission, soit la défense et l’illustration de la foi chrétienne, il montre la voie de l’excellence par la pratique de la dévotion et de la vertu. Car ce qui attend le méchant, c’est la fin du monde. <br>L’œuvre, qui n’est pas un roman mais « une proso-<wbr>poésie dramatique », c’est-<wbr>à-<wbr>dire une épopée théâtrale précédée et entrelardée de poèmes, prend sa source dans « l’Unitéide », œuvre de son mari, Paulin Gagne, cité en tant que « fou littéraire » dans l’excellent ouvrage d’André Blavier.<br>L’Unitéide  est un personnage féminin, l’Eglise incarnée sur terre, missionnée par Jésus lui-<wbr>même pour asseoir la foi en ce siècle impie :<br><i>« L’Unitéide, Eliavas, était, je vous l’ai déjà dit, la personnification vivante de l’Eglise de Jesus-<wbr>Christ. Tant qu’elle l’a pu, ou, pour mieux dire, tant que Dieu l’a permis, elle a continué l’œuvre du divin Crucifié en ce monde ; moi, je ne suis qu’une sorte de bouc émissaire plié sous le poids des iniquités d’autrui, et chargé de les laver dans les eaux de la pénitence, de la douleur et de l’expiation. »<br></wbr></i>Le personnage d’Omégar qui apparaît à la fin de ce pesant ouvrage,  a inspiré l’épouse de Paulin,  qui l’en a extrait pour lui faire vivre une aventure autonome, celle de sa rédemption à la mort de toutes choses. <br>Le deuxième pilier sur lequel s’appuie l’ouvrage d’Elise Gagne est l’apocalypse de Jean et ses sombres visions. Omégar sera entouré d’une pléiade de personnages représentatifs et symboliques, ou du mal, ou du bien.<br>Théolinde, l’épouse d’Omégar, est une sainte femme,  lui ayant donné deux enfants, Romualt et Nésilda. Les domestiques fidèles font partie de la famille depuis le début : Omégar peut compter sur Babolein et Fabiane pour traquer le démon sous ses divers déguisements. <br>L’Unitéide, déjà citée, est une figure extraordinaire avec laquelle Omégar s’entretient à plusieurs reprises et qui l’aide dans sa mission. Eliavas, évêque de Provence et directeur de conscience d’Omégar,  est aussi son ami. Il lui donne la réplique et l’aide à découvrir son moi profond. Adam, le premier homme est le mentor d’Omégar, Rosaniel, un ange(!),  amoureux de Nésilda. Enfin Satan, le tentateur,  apparaîtra sous diverses formes, notamment lors du jugement final où seront aussi convoqués tous les saints et les archanges, ainsi que la Sainte Trinité, les rois de France, etc., etc.<br>Une quantité non moins grande de personnages porteurs de tares sociales ou anti-<wbr>chrétiens,  servent de repoussoir à l’auteur. En vrac, on citera Babylas, le journaliste prétentieux et médisant, Hélémus, le poète médiocre, et Berthas, l’écrivain scandaleux. <br>Ceux que Dieu vomit, bien sûr :<br><i>« Au courroux tout-<wbr>puissant  de la Divinité,<br>Seule, la noble France a longtemps résisté ;<br>Mais, se courbant enfin sous l’horrible tempête,<br>D’un crêpe funéraire elle a voilé sa tête.<br>Par vingt fléaux divers Hercule terrassé,<br>Du livre des vivants son peuple est effacé ;<br>Une trombe de feu s’est ouverte autour d’elle<br>Et forme un noir volcan d’où la lave ruisselle…<br>Maintenant sur les bords de ce volcan qui bout,<br>Une seule famille est encore debout !<br>Par le glaive divin jusqu’alors épargnée,<br>Elle attend son arrêt, pieuse et résignée…<br>Cette noble famille a pour chef Omégar. »<br></wbr></i>Cette noble famille se réunit en divers lieux, soit à l’Hôtel-<wbr>Dieu, à Paris, où se réfugient les survivants lors de l’écroulement de la cité, soit dans le domaine d’Omégar,  appelé le « Bouton d’or » ou la « Rose d’Or », près de Marseille, soit encore dans les ruines du vatican.<br>Omégar, qui est enfin arrivé au bout de sa longue route, a connu un destin extraordinaire voulu par Dieu afin qu’il puisse par sa vie, racheter  à travers ses souffrances, les péchés des derniers humains. A l’instar du Juif errant, il traverse les millénaires. Très vieux, mais d’apparence mûre, il a connu bien des hommes et fait bien des sottises narrées sans complaisance par l’auteur, mais il n’a jamais perdu de vue sa mission, épaulé par Adam, et malgré les nombreuses tentations à son encontre permises par Dieu à Satan.<br>Il a vu mourir avant lui –ce qui est logique puisqu’il est le «Dernier Homme »-<wbr> sa femme Théolinde, sa fille Nesilda, sa bru Néréline, fauchée à la fleur de l’âge, et Romualt, qui, fou de jalousie et sous l’emprise du démon, s’est suicidé; Eliavas même, son quasi-<wbr>frère, dont Dieu en personne a organisé les pompes funèbres. Les prémisses de la fin de toutes choses apparaissent sans équivoque :<i><br>« Les villes, veuves des nombreux habitants qui les peuplaient, ne sont plus que des déserts sillonnés de cendres et de débris ; les plaines et les vallées ressemblent à des ravins profonds qu’une pluie sulfureuse aurait creusés ; le vent impétueux de la colère divine a tout balayé, tout anéanti, depuis le grand chêne jusqu’à l’humble violette, depuis l’aigle superbe jusqu’au timide moucheron. »<br></i>Dieu est irrité par ce siècle menteur et pervers, par les immondices que charrient quantité de littérateurs pervers, principaux responsables du mal ambiant, boucs émissaires d’Elise qui les envoient dans les feux de l’enfer :<br><i>« Entraînés sur la pente funeste de l’incrédulité, séduits par les dangereux sophismes de cette horde coupable d’écrivains dont les aïeux remontent surtout au XVIIIème et XIXème siècle, ils ont méprisé tous les signes qui leur annonçaient, d’une manière bien évidente pourtant que le triomphe du mal touchait à sa fin ; ils ont redoublé de bravades et de folies, et quand l’heure de la punition a sonné, ils ont osé se plaindre de n’avoir pas été avertis. Les malheureux ! <br>Comment étaient-<wbr>ils assez dépourvus de raison pour ne pas voir dans le dévergondage des mœurs de la société, dans les révolutions, dans les guerres, dans les pestes et les famines qui fondaient sur eux rapides comme la foudre, des preuves incontestables du courroux de ce maître puissant qu’ils bravaient avec tant d’insolence et d’audace. »<br></wbr></i>A la « Rose des Vents », Eliavas annonce à Omégar la survenue de la fin. L’agonie de la terre a commencé. D’ailleurs l’Antéchrist règne sur le monde, pourtant puissamment combattu par l’Unitéide. <br>Nésilda annonce à son père qu’elle est amoureuse d’une colombe qui n’est autre que l’ange Rosaniel. Omégar attend des nouvelles de Romualt se trouvant à Paris, ou plutôt dans ce qui reste des ruines de la ville-<wbr>lumière :<br><i>« A la place où jadis trônait le Panthéon,<br>Croissent en liberté l’ortie et le chardon,<br>Ton Louvre colossal, tes vieilles Tuileries,<br>Ton Luxembourg propice aux douces rêveries,<br>Ton grand arc de triomphe où le nom des guerriers<br>Flamboyait entouré d’un cadre de lauriers,<br>Ta Notre-<wbr>Dame au front tant de fois séculaire,<br>Tout cela n’est plus rien qu’un amas de poussière !... »<br></wbr></i>A l’Hôtel-<wbr>Dieu encore debout,  les rares survivants viennent raconter leurs bienfaits ou leurs exactions, dressant ainsi un tableau des turpitudes morales de la société française de l’époque:<br><i>« Les lois ? on les méprise ! Les enseignements que les ministres de l’Evangile laissent tomber du haut des chaires sacrées ? on va les écouter comme un drame o un opéra nouveau, sans en être touché, sans y puiser un seul motif de réformer sa conduite !...  Les liens de famille ne sont plus qu’une chaîne usée ; le mariage, une association mercantile; l’autorité paternelle a perdu toute sa puissance; la vieillesse, si respectée dans les premiers âges du monde, est devenue l’objet des plus cyniques railleries ! Prêché par des livres auprès desquels ceux des Balzac, des George Sand, Eugène Sue, des Frédéric Soulié étaient des traités de haute morale, l’adultère ne prend plus la peine de se cacher (…) <br>Le luxe surpasse toutes les extravagances, toutes les modes ruineuses qu’on lui reprochait si justement autrefois : grandes dames, artisannes, bourgeoises, paysannes même, c’est à qui inventera les costumes les plus bizarres, c’est à qui se livrera aux excentricités les plus monstrueuses pour attirer les regards ! En un mot, le monde n’est plus qu’une vaste succursale de Charenton, de la Roquette, de Saint-<wbr>Lazare, où la folie, le crime et le vice s’abandonnent sans aucune retenue à des excès qu’ont ignorés Sodome, Gomorrhe, Ninive, Babylone, voluptueuses et coupables cités que la colère divine a réduites en cendres ; »<br></wbr></i>Perpétue, une bonne sœur et Thaïs, une prostituée, se repentent, et l’une et l’autre. Gaëtan, un jeune noble, reconnaît en Thaïs l’objet de ses désordres. L’abbé Philoxène, un saint homme, a sauvé la vie de Marc, l’oncle d’Omégare. Alors que le fringant Gaëtan est stigmatisé comme symbole de la jeune impiété, d’autres personnages, encore plus lourdement pécheurs, font leur apparition. <br>Ainsi en est-<wbr>il de Babylas, le corrupteur des mœurs, rédacteur du scandaleux journal « le Messager des étoiles ». Et Berthas, le critique, en qui Hélémus le poète reconnaît son « assassin littéraire ». Tous mourront dans l’écroulement de l’Hôtel-<wbr>Dieu, sauf Romualt et Géréline transportés à bord du char de l’Unitéide vers la « Rose d’Or ». <br>Durant le déplacement, le jeune couple perçoit le chœur des âmes de leurs compagnons défunts reçus malgré tout au paradis tant la mansuétude du Christ est grande; (Quoique Babylas…)<br>A la Rose d’Or, les événements ne s’arrangent pas vraiment,  bien qu’Omégar a la certitude que c’est l’endroit du monde qui résistera le plus longtemps à la dégradation universelle, ce qui donnera le temps à Elise Gagne d’approfondir longuement le passé des principaux personnages. Elle ne nous cachera rien de l’amour éclos entre Romualt et Géréline, des soupçons que Géréline partage avec Nésilda, de la peine qu’elle a ressentie envers Gaëtan qui s’abandonna jadis à la débauche. L’arrivée de Satan déguisé en vieille femme, lequel espère attirer Géréline dans son piège,  permettra au lecteur de souffler un peu, jusqu’à ce que Eliavas déjoue le complot.<br>Puis l’auteur se penche sur le passé d’Omégar. Celui-<wbr>ci est né à Rochemaure, en Languedoc, en 1770. Nous sommes en 2800. Son enfance souffreteuse de petit garçon chétif rencontrera bientôt les annonces du curé de Candale qui lui prédit un destin exceptionnel.  Plus tard, toujours épaulé par Adam (qu’il ne reconnaît pas), il s’éloigne des grands centres urbains, à la vie agitée ; son austérité et son parler-<wbr>vrai le livrent à la vindicte de ses ennemis à la cour du roi de France ; sa vision de l’histoire, son abjection devant la Terreur, son horreur en face de l’exécution de Louis XVI considérée comme un assassinat, son voyage en Suisse et en Europe avec d’autres émigrés,  lui permettent d’accumuler une grande expérience de vie. <br>Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin. Son opinion (défavorable !) devant les grands mouvements littéraires de son époque, Romantisme surtout, l’instauration de la République, un voyage en Inde puis dans le monde entier, enfin un retour tardif en France, lui font préférer une installation en une retraite sûre qui deviendra « la Rose d’Or».<br>Entre temps de si profonds changements avaient affecté son pays qu’il demanda conseil à l’Unitéide. Il confia aussi à Eliavas l’histoire de ses égarements féminins ou comment il a pu être berné par la perfide Mme de Boisgonthier «<i> une nouvelle Armide, un serpent venimeux </i>», en espérant que Dieu lui pardonnerait ce faux-<wbr>pas. Eliavas le rassure. D’ailleurs d’autres sujets de préoccupation le retiennent, dont notamment, la mort de Romualt dans les ruines du Vatican, dont il ne peut que constater le décès, après son arrivée expresse sur les lieux par ballon dirigeable. En d’ultimes instants de doute partagés par Eliavas, assis devant un décor méditerranéen, après l’agonie de sa fille , Omégar constate qu’il reste le dernier vivant. Autour de lui croule la Terre :<br><i>« Le vent hurlait, la nuit d’un lugubre suaire<br>Recouvrait tous les points de ce vaste hémisphère,<br>On entendait au loin le bruit sourd des grands monts<br>Qui roulaient foudroyés dans les gouffres profonds,<br>Les arbres se tordaient sous l’orage en furie,<br>Les derniers animaux râlaient leur agonie,<br>Des blocs de feux, poussés par l’aquilon fougueux,<br>Tombaient en allumant l’incendie après eux,<br>La terre s’enfonçait par degré dans l’abîme,<br>Et l’avide Chaos attendait sa victime… »<br></i>Au ciel se prépare le Jugement Dernier, le dernier acte. <br>En concertation avec David et Isaïe, Saint Jean, la Sainte Vierge et bien d’autres, Jésus déplore la sévérité dont il va faire preuve mais, que voulez-<wbr>vous, il ne peut se délaisser de sa rigueur et remettre le jugement des iniquités à plus tard : la Terre devra disparaître, Omégar devra être sauvé en dernier, puis, tout étant consommé, la Jérusalem céleste accueillera les âmes méritantes et l’Enfer les corrompues :<br><i>« Quand la famille humaine, en deux camps partagée,<br>Par l’arrêt sans appel tout entière est jugée, <br>Il (=Dieu) se recueille et fait un geste de la main,<br>Auxquels les morts-<wbr>vivants obéissent soudain. <br>A sa droite, et conduits par la paix et la grâce,<br>Sur des trônes d’éclairs les élus prennent place,<br>Tandis que précédés d’un groupe de démons<br>Aux pieds tors, à l’œil louche, aux impudiques fronts,<br>Les maudits, exhalant des plaintes sépulcrales,<br>Prennent le noir chemin des rives infernales.<br>La haine de son dard aiguillonne leurs pas,<br>Derrière eux les rochers croulent avec fracas ;<br>Comme un vaisseau géant, la terre ballottée<br>Sur les vagues de feu d’une mer agitée<br>Lutte avec l’ouragan, dont le choc furieux<br>Tout à tour la rapproche et l’éloigne des cieux »<br></wbr></i>Si nous avons analysé aussi longuement cet ouvrage d’une rareté extrême, c’est qu’il représente un exemple typique du dévoiement du thème du « Dernier homme », utilisé dans le seul but d’édification morale et pieuse,  et considéré comme un brûlot contre les hérétiques de tous poils. Personnage préféré des « Hétéroclites », le « Dernier Homme » souffrira, jusqu’à une époque avancée de son histoire, de cette thématique religieuse et de sa proximité avec l’Apocalypse de Jean. Il lui aura fallu très longtemps pour redevenir enfin le dernier homme sur une terre libérée de l’espèce humaine (Voir à ce sujet « le dernier Homme » d’Atwood ou « le Monde, enfin » d’Andrevon). <br>Quoique l’ouvrage soit composé en un style soutenu,  et bien que sa prose poétique ne nous émeut plus guère, malgré ses interminables digressions, romans dans le roman qui alourdissent l’intrigue – déjà bien lourde en soi – Elise Gagne possède certaines qualités de style,  gâchées , hélas ! par sa monomanie anti-<wbr>sexe et sa haine hystérique à l’égard des littérateurs « pervers ». Son conservatisme politique et son aigreur de n’avoir su percer dans le champ romanesque ne font aucun doute. Ce qui a pour conséquence qu’Omégar, le dernier homme dormira enfin tranquille du sommeil de l’éternité.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">683</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
