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<rss version="2.0"><channel><title>Livres: Livres</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/page/15/?d=23</link><description>Livres: Livres</description><language>fr</language><item><title>Les Refugies De Roentgen&#xD;
</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/les-refugies-de-roentgen-r773/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/chronomachine-lente.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">L’explosion de l’étoile Sirius ayant balayé la Terre de ses rayons de mort, faune et flore ont péri sous un flux mortel de 8500 roentgens durant trois jours :<br><i>« Alpha Canis Majoris A, Sirius, l’Etoile du Chien. Une étoile gaspilleuse d’énergie à pas tout à fait neuf années-<wbr>lumière de la terre, deux fois aussi grosse que le Soleil et vingt-<wbr>cinq fois plus brillante, bien que possédant seulement le tiers de sa densité. Une candidate peu plausible au statut de supernova, vu sa position dans le diagramme de Hertzsprung-<wbr>Russel. <br>Elle explosa cependant, déchargeant entre 10(49) et 10(50) ergs d’énergie sous forme de rayons cosmiques, produisant une énorme marée dans les couches supérieures de l’atmosphère terrestre, et arrosant toute la planète d’une dose de radiation maximum atteignant 8500 roentgens au niveau de la mer, et pendant trois jours (…)<br>Trois milliards d’êtres humains périrent en conséquence. Ceux qui n’étaient pas à l’abri.La plupart des oiseaux et des autres animaux périrent également, ainsi que les poissons des eaux peu profondes. La plus grande partie de la flore fut défoliée –mais récupérait de façon asexuée, ou par l’intermédiaire de graines et de spores. Le ciel s’enflamma de rose, de vert, et de violet, à cause des particules chargées que piégeait le champ magnétique terrestre. Il n’avait jamais été plus beau.<br></wbr></wbr></wbr></i> Les vastes plaines de l’Afrique du Sud se sont transformées en d’immenses cimetières jonchés de squelettes blancs. La moitié de l’humanité est morte, mais pas les ressortissants blancs des pays développés qui ont pu se réfugier sous terre.<br>Aujourd’hui, un groupe d’ingénieurs agronomes, chargés de surveiller les champs de céréales indispensables à la survie, discutent entre eux de l’aspect moral de l’événement : comment Dieu a-<wbr>t-<wbr>il pu être aussi injuste en sauvant les favorisés et en condamnant à mort les misérables ? Pour le major Woltjer, positiviste, cela aura été providentiel pour la Blancs qui pourront prendre un nouveau départ :<br><i>« Bien d’autres créatures en-<wbr>dehors de nous, les gens de couleur, n’ont plus à se sentir coupable de prendre de la place » (…) Comme tous les grands mammifères. Une bonne chose, hein, Major ? Adieu éléphants, girafes et chameaux. Adieu baleines, phoques et dauphins. Adieu corbeaux, aigles, colombes et faucons. Adieu, adieu. (…) A partir de maintenant, le monde sera un monde de très petites créatures. L’homme sera énorme et triomphant. A part lui, il y aura les insectes, les micro-<wbr>organismes, et évidemment quelques poissons dans les mers. Mais principalement l’homme. Un homme de six pieds, dominant tout. Les graines sont très résistantes aux radiations, l’homme arrivera donc à se nourrir, de céréales et de plantes. Un monde végétarien, enfin! Quelques millions de gens mourront encore avant qu’il y ait assez à manger. Dans les pays les plus pauvres, inutile de le dire. </wbr></wbr></i>»<i><br></i>Andréa Diversley, la botaniste, se déculpabilise en faisant l’amour avec le généticien hindou, l’un des rares rescapés de sa race. Siméon, un autre technicien, se torture l’esprit pendant qu’ils roulent vers la ferme expérimentale de Smitsdrop. Leur rencontre inopinée avec une misérable troupe de Bantous conduit par un missionnaire blanc leur fait comprendre toute l’abomination de l’événement : Dieu ne les a pas sauvés ! Il les a condamnés à vivre en enfer pour très, très long temps…<br>Une nouvelle expérimentale dont le traitement messianique altère quelque peu la force.</wbr></wbr></span><span class="cf4 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">773</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Reaction Deluge</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/reaction-deluge-r771/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/reaction-deluge.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf3 fs24">Harry Scott, narrateur de SF réputé, fait une curieuse rencontre, celle de William Brent, un individu porteur d’un cristal , qui le force à le conduire à l’hôpital du Dr. Price, en service de neurologie. Puis, Brent lui abandonne sa pierre de cristal. L’individu sort rapidement de l’esprit de Scott qui a d’autres chats à fouetter. Notamment de mettre la touche finale à son dernier roman « Commandos pour Altaïr ». D’ailleurs les idées affluant de façon extraordinaire et avec une facilité déconcertante,  il termine son ouvrage.<br>C’est quand il est convoqué par le F.B.I en la personne du colonel Hendrix que tout se complique. Celui-<wbr>ci veut savoir comment Scott a pu décrire dans son roman, avec une telle exactitude, le mécanisme de l’anti-<wbr>gravitation sur lequel travaillent sans succès, et depuis longtemps, une pléiade de savants. D’autres troublantes rencontres accentuent le malaise de Scott : des agents délégués de tous les pays lui font un pont d’or pour ces mêmes informations. <br>Afin d’en avoir le cœur net et soupçonnant le cristal de jouer un rôle dans cette affaire, il contacte son ami, le professeur Stuart Hawkins. Peu après, un troisième personnage mystérieux, une jeune fille nommée Mira, enlève les deux amis à bord d’un engin extraordinaire et les entraîne en une cité située dans l’île de Kambora, en plein océan. Parallèlement, le climat terrestre se dégrade, des tempêtes, de la neige, des pluies incessantes affectant toutes les régions émergées de la Terre :<br><i>« En fin de journée, on devait annoncer qu’un violent raz de marée avait dévasté les côtes de la Floride tandis que de gigantesques tempêtes étaient signalées dans l’Atlantique. Des orages d’une puissance extraordinaire se manifestaient en Europe, en Allemagne principalement, mais on prévoyait une accalmie pour le lendemain. »<br></i>A Kambora, ils pourront apercevoir, grâce à un téléviseur spécial à ondes hertziennes rémanentes, les vestiges d’une civilisation passée, engloutie lors d’un déluge universel. Pourtant Hawkins et Scott sont bel et bien prisonniers dans cette île, en un lieu sauvage hanté par des créatures insensées, tels que cette femme-<wbr>féline, ou cet homme-<wbr>qui-<wbr>rit, ou ce géant triste, ou encore cet homme-<wbr>vampire, tout aussi prisonniers qu’eux, semble-<wbr>t-<wbr>il. Ils apprendront ultérieurement qu’ils se trouvent dans « le jardin des erreurs»,  de la bouche du véritable chef de Kambora, l’extraterrestre Vikroz, un être en provenance d’Aldébaran qui, depuis longtemps, s’était installé sur Terre. C’est lui qui, muni du cristal et avec ses connaissances avancées en génétique et en biologie a développé une race humaine synthétique, des androïdes, possédant une espérance de vie démesurée de plus de mille ans, destinés à remplacer l’espèce humaine traditionnelle, jugée trop brouillonne et trop remuante par Vikroz. <br>Malgré quelques tâtonnements au départ, des androïdes ratés qu’il a relégués au jardin des erreurs, sa race arrive à maturité. Elle scellera le sort de l’humanité.  Vikroz, a scellé celui des ressortissants de sa race installés sur terre avant lui. En provoquant un déluge universel, dont les désordres climatiques actuels sont les prémisses, il fera place nette sur terre pour ses créatures,  qui seraient déjà opérationnelles dans de nombreuses autres bases sous-<wbr>marines. S’il tergiverse encore, c’est parce que William Brent, un raté du jardin des erreurs, s’était échappé de la cité en volant le cristal dont Vikroz a un besoin urgent. Entre-<wbr>temps la synthonisation de cet objet avec l’esprit de Scott l’oblige à prendre le romancier en considération puisque une bactérie maligne fait périr ses androïdes. Seul le cristal, et par conséquent Scott, pourraient y remédier, sous son impulsion.<br>La situation déjà délicate pour Vikroz se détériore encore plus lorsque s’y ajoute un élément inattendu en la personne de Mira, tombée amoureuse de Scott. Elle s’arrangera pour libérer les Terriens du jardin des erreurs, envoyant deux de ses compagnons et complices faire sauter la cheminée d’évacuation  volcanique de l’île de Kambora. <br>Alors que Vikroz succombe déchiqueté par les griffes de l’homme-<wbr>vampire, nos amis s’échappent  de la cité maudite. La fin s’annonce prometteuse puisque le déluge sera remis à plus tard, les androïdes décimées par la bactérie tueuse, sauf Mira évidemment qui, en fin de compte, était une humaine enlevée jadis par Vikroz qui manquait d’éléments femelles. Acclamés par les leurs, Harry Scott et Stuart Hawkins recevront tous les honneurs avec, en prime pour le romancier, le cœur (et le corps) de Mira. Quel bonheur !<br>Toujours dans la veine des pulps, « Réaction Déluge » ne décevra pas les auteurs adolescents de la collection «Anticipation »,  qui y retrouveront leurs thèmes favoris.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf0 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">771</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Rayon Infernal</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-rayon-infernal-r770/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/rayon-infernal.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">L’ingénieur Claude Cardan et son fidèle meccano Zanzi désirent faire apprécier au ministre de l’Air leurs nouvelles inventions « le rayon de la Mort » et mieux encore, le «Radiardant», capable d’incendier tous les moteurs électriques.  Malheureusement pour eux, ils se découvrent un ennemi en la personne de « Fulgur », un puissant industriel vendeur d’armes, créateur de la « Fulgurite », un explosif extraordinaire, et commanditaire d’une puissance étrangère souhaitant déclarer la guerre à la France. Heureusement, ils ont des alliés en les personnes de Lucienne Morand, secrétaire de  Fulgur et de son frère Robert, spécialiste en maquillages dans un cabinet de cire.<br>Ecoeurée par les agissements de l’odieux Fulgur, Lucienne sauve Claude qui manque d’être assassiné par noyade. Déguisés tous deux par Robert sous les noms de Greta (pour Lucienne) et de Boris Horlevitz (pour Claude), ils seront engagés par Fulgur qui croit pouvoir s’approprier les secrets de Cardan.  Le jeune couple veille également à ce que Zanzi travaille avec eux. Fulgur est impatient d’observer le fonctionnement des armes nouvelles. Il programme un vol d’essai avec pour pilotes Claude et Zanzi. L’un des avions sera muni du Rayon de la Mort, l’autre du Radiardant. Zanzi et Claude qui dévoilent leur véritable identité à un Fulgur vert de rage éliminent les avions lancés à leur poursuite et font exploser le dépôt de Fulgurite dans le bruit et la fureur :<br><i>« Un cratère s’ouvrait sous ses pas. Une détonation dépassant en puissance les plus formidables explosions, secouait le sol. Un torrent furieux de flammes jaillit jusqu’aux nuages, entraînant avec lui les rocs calcinés et les charpentes de fer rougi des ateliers. Toutes les usines, désarçonnées par la secousse, semblaient s’écrouler une par une dans le cratère formidable. Puis une pluie de décombres commença à tomber interminablement. Il ne resta plus sur le plateau aride et désert que des ruines informes pour attester l’emplacement où se trouvait, deux heures avant ces événements, la plus grande usine de guerre du monde. »</i><br>Comme il se doit dans un si beau conte de fées, Fulgur meurt et Claude épouse Lucienne sur le conseil du ministre de l’Air. Quelle est belle la France de 1935 !</span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">770</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Ravage</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/ravage-r769/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/ravage-1.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Dans un monde uni et feutré dans lequel l’électricité fonde le  "village planétaire"  les villes sont toutes réunies en un tissu urbain, dense vers les centres et lâche vers les axes routiers, mais continu. Au-<wbr>delà des terrains vagues et des champs en friche, des monorails glissent sans bruit dans l’air conditionné, le métal est remplacé par le plastec, matière universelle qui structure l’architecture des dômes et des cités. Parfois subsistent quelques champs cultivés auxquels "<i>s’accrochent des paysans obstinés. "</i> François Deschamps (remarquons la transparence du nom) arrive à Paris. Il y retrouve Blanche, une amie d’enfance, laquelle, sous le pseudonyme de Régina Vox, est en proie aux assiduités de Jérôme Seita, directeur de Radio 3000. La situation dans les villes avant l’accident se caractérise par une fausse joie de vivre, une abondance, une sécurité, basées sur l’argent et les conventions sociales derrière lesquels prolifèrent toutes sortes d’arrangements économiques douteux.  Puis, c’est la sortie de la civilisation, la " Chute des villes ". L’électricité défaille et disparaît. Est-<wbr>ce à cause de cet imbécile d’Empereur noir, avec ses fusées ? Qu’importe. Le fait seul compte et les événements dramatiques se suivent en cascade; c’est le schéma classique d’un monde en décomposition:<br><i>" Alors des gens ont crié. Des hommes et des femmes sont tombés. On a marché dessus. Et puis des hommes ont voulu allumer un feu dans une voiture avec des journaux et des morceaux de banquette pour y voir clair (...) et les gens qui étaient serrés autour se sont mis à griller comme des saucisses. "</i><br>D’abord, quelques morts, dus à l’effet de surprise. Ensuite, l’inquiétude et l’angoisse qui pèsent sur les gens, l’impossibilité pour eux de sortir de la ville et la sensation d’être pris comme des rats dans un piège. Enfin, le processus s’emballe et le manque d’eau, les morts en masse déterminent des épidémies. Le vernis culturel se fissure de toutes parts. Il ne subsiste plus que la loi du plus fort.  Dans de telles conditions, pour survivre, il faut savoir s’imposer.  <br>François comprend tout cela. Rassemblant autour de lui les éléments d’une petite communauté, il en prendra la tête pour la conduire hors de Sodome foudroyée vers une nouvelle terre promise.  La ville est laissée à sa pourriture et François organise le départ de son groupe qui compte plusieurs femmes. Son but est d’atteindre la Provence, peut-<wbr>être épargnée par le fléau, en une longue marche. Les valeurs sociales basculent, seule compte la survie du groupe et l’objectif à atteindre. Le groupe affûte ses armes et tue pour se procurer le nécessaire. Sans pitié, une bande rivale, celle du Boucher, est anéantie:<br><i>" François marchait sur la chaussée, à deux mètres environ du trottoir. Il était décidé, sans colère, sans peur. Parvenu à la hauteur de la boucherie, il saisit la lance à pleine poigne, la pointa en avant et s’élança. L’homme eut à peine le temps de le voir venir. Comme il ouvrait la bouche pour crier,  le poignard, enveloppé de papier blanc s’enfonça tout entier entre ses dents et lui ressortit, nu parmi les cheveux. "<br></i>Durant le trajet, François fait preuve de la même violence quand il abattra une sentinelle qui s’était endormie et qui avait mis par cela même, la vie de la petite communauté en péril.  Arrivé en Provence, après avoir combattu mille dangers, François , devenu patriarche du groupe, instaure un nouvel humanisme.  Toute la vie sera désormais axée sur les "vraies" valeurs, soit le travail de la terre et la mise en commun des récoltes. Une société se fonde à partir de ses cent vingt-<wbr>huit fils,  le patriarche y interdisant toute nouveauté technologique (il fera mettre à mort le Forgeron inventeur d’une machine à vapeur). La nouvelle société écologique reste statique alors que les fils de François et de Blanche essaiment dans toutes les directions.  Finalement, le patriarche mourra, écrasé par la " machine "  inventée par le Forgeron coupable.<br>"Ravage" est l’un des romans les plus connus de Barjavel et l’un des plus représentatifs du genre. Bien que les apparentements avec l’oeuvre de Théo Varlet " la Grande Panne " soient patents, le récit est incomparablement mieux écrit, plus dense, plus réaliste. Les personnages principaux, simples mais bien typés, sont peu nombreux. A une intrigue linéaire au temps narratif univoque présentant l’action en trois phases -<wbr> avant, pendant, après, -<wbr> l’auteur superpose une morale écologiste avant l’heure, renoue avec le genre utopique et élabore une trajectoire initiatique.  Le périple de François et de son groupe peut se mettre en parallèle avec la fuite d’Egypte du peuple élu sous la conduite de Moïse. L’ensemble des valeurs s’articule autour de l’idée de la mort. François n’accède aux nouvelles valeurs (la Provence) qu’après un cycle d’épreuves (le voyage dans une France ravagée), ayant au préalable écarté la Maya (la Cité radieuse) et vaincu ses peurs (les vampires). <br>La mort et la renaissance sont les deux thèmes centraux du roman : mort  glacée des " Conservatoires ", mort hideuse de la décomposition des corps, mort épurée et diaphane des squelettes, renaissance dans la symbolique des travaux de la terre.  Une lecture idéologique du récit fera cependant apparaître ces mêmes valeurs prônées par le Maréchal Pétain dans une France de la collaboration. <br>Pourtant, les choses ne sont pas si simples. La question posée par le livre (et à laquelle ne répond pas Barjavel) est la suivante: La stagnation d’une société, donc sa régression,  est-<wbr>elle préférable au suicide technologique ? La cité de Provence est un avatar moderne de la République de Platon et des phalanstères fouriéristes. Ce qui la caractérise le plus est la mise en commun des fruits de la terre et l’horreur de l’innovation destructrice de l’équilibre social. Dans "Ravage" Barjavel redonne ses lettres de noblesse au roman de science-<wbr>fiction français en égalant les meilleurs romanciers anglo-<wbr>saxons du genre. Une oeuvre incontournable.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">769</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Le Rat Blanc&#xD;
</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/le-rat-blanc-r768/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/rat-blanc.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Alan Whitman est professeur d’université, marié à Isabel et père d’une jeune Sally. Avec sa mentalité d’appartenir à la classe blanche moyenne, il vit bourgeoisement près de Londres, en sa maison de banlieue. Mais des menaces s’accumulent avec les désordres en Afrique, fomentés par les Chinois qui font éclater là-<wbr>bas une dizaine de bombes atomiques provoquant la mort de millions de personnes. Les survivants – et il en reste !-<wbr> émigrent vaille que vaille,  délaissant leur continent agonisant pour l’Europe, plus particulièrement pour l’Angleterre.  Les premières arrivées, sur des bateaux pourris, seront suivies avec intérêt par les Anglais et des associations de bienfaisance se portent au-<wbr>devant des Noirs pour les accueillir :<br><i>« Nous les considérions avec une fascination mêlée d’angoisse. Il y avait des hommes, des femmes et des enfants. La plupart d’entre eux étaient dans un état d’inanition avancée : des membres squelettiques, un ventre gonflé, distendu, des yeux hagards dans un visage creux, et, chez les femmes, une poitrine plate, des seins tombants, translucides, attiraient les regards. La plupart étaient nus ou presque. Les enfants n’arrivaient pas à se tenir debout. Ceux que personne ne voulait porter restèrent sur le bateau.»<br></i>Cela dure peu de temps. L’arrivée continuelle des Africains (les « Afrims ») remet en cause l’équilibre sociale du pays. L’invasion pacifique sera prise très au sérieux mais divisera la population anglaise en deux camps, ceci jusque dans les rangs de la police et des forces militaires.  Les «Sécessionnistes » appuient les Afrims et les arment dans leur désir de s’implanter sur le territoire anglais. Les «Nationalistes», émanation du nouveau gouvernement d’extrême-<wbr>droite du président Treghar, les combattent violemment. En cette guerre civile d’un nouveau style, d’un côté comme de l’autre, les exactions sont nombreuses et horribles, le plus grave étant que les Afrims et leurs amis conquièrent pouce par pouce les villages et villes de Grande-<wbr>Bretagne, s’appropriant les maisons, tuant ou jetant sur la route des centaines de milliers d’Anglais légitimes.<br>Whitman et sa famille feront partie des spoliés. Sales et crasseux, ils vivront d’expédients, tandis que leurs conditions empirent au fur et à mesure. Leur voiture, prise immédiatement d’assaut, leur a été volée.  Dans leur errance, ils constatent la dégradation des niveaux de vie qui entraîne une dégradation morale. Whitman, se souvenant de la manière dont il a conquis Isabel, se rappelle aussi de sa frigidité et de sa mauvaise humeur. D’un commun accord, le couple décide de se séparer, Sally restant avec son père. Whitman, après une rencontre avec une bande de Blancs tirant des chariots, décide de se joindre à eux, faisant confiance au chef,  un dénommé Lateef qui, en homme avisé, prend les décisions pour l’ensemble du groupe. Grâce à un fusil trouvé dans des décombres, il deviendra même le bras droit de Lateef.  Le groupe doit être très prudent pour éviter les embuscades des Afrims ou les traquenards des Nationalistes, se terrant parfois dans les bois ou négociant leur passage.<br>Un jour, Whitman menacé par des Afrims, se vit enlever Sally dont il connaît d’avance le destin : soit assassinée en peu de temps, soit mise au travail dans le grand bordel collectif noir de la banlieue londonienne. Quittant Lateef,  il tente de retrouver Sally en se dirigeant d’abord vers la côte. Totalement clochardisé, il eut cependant la bonne fortune de se refaire une santé dans un village, sorte d’enclave fortifiée où, grâce à une discipline de fer, les habitants vivaient comme à l’habitude, essayant d’oublier coûte que coûte l’immense désastre du déclin de la société européenne.  Le désir de retrouver Sally revenant en force, Whitman quitte le village, cheminant le long de la plage vers une concentration afrim où il espère avoir des nouvelles fraîches. Celles-<wbr>ci lui parviendront plus vite que prévues sous la forme de deux cadavres souillés de pétrole, disposés sur le sable : les deux corps d’Isabel et de Sally :<br><i>« Tandis que je marchais, mes pieds s’enlisaient continuellement dans les plaques de goudron qui recouvraient les galets. Les corps étaient à peine visibles de loin ; si je n’avais pas su qu’ils étaient là, je les aurais confondus avec les larges taches d’huile figée ; Il y en avait dix-<wbr>sept tous noirs. Ils étaient nus  et à l’exception d’un seul, c’étaient des corps de femmes. La noirceur de leur peau n’était pas due à l’huile de la plage ou à la pigmentation naturelle, mais à de la peinture ou de la poix. J’errai parmi eux et ne tardai pas à découvrir Isabel et Sally. »<br></wbr></i>Alors qu’il était disposé à déposer ses armes et à se soumettre à son destin, cette vue ranime en lui toute la haine dont il est capable et le fait basculer dans la résistance aux Afrims. Il s’enfonce à l’intérieur des terres anglaises…<br>Sans aucune fioriture littéraire, en flash-<wbr>back permanents et par le montage alterné des épisodes, Christopher Priest nous fait part du désespoir vécu au quotidien d’un être médiocre à travers l’évocation forte d’une inquiétude contemporaine largement partagée par d’autres auteurs comme Jean Raspail dans son « Camp des saints » , par exemple.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">768</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Rainbow Six</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/rainbow-six-r766/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/rainbow-six-vol.-01.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">John Clarke, devenu général, a constitué une unité de combat anti-<wbr>terroriste ultra-<wbr>secrète qui s’entraîne en Angleterre sur la base de Hereford. Elle comprend les meilleurs éléments des diverses armes, se trouve nantie des gadgets électroniques les plus sophistiqués et est assistée par la force de frappe d’un hélicoptère de combat.  Avec son frère d’armes Chavez, qui depuis est devenu son gendre, Clarke assume un rôle de veille international dans la lutte contre le terrorisme. Il n’est donc pas étonnant qu’on leur demande leur aide lorsqu’un attentat est commis en Suisse. Le groupe 1 (il y en a deux) délivre les otages sans désemparer et les méchants passent à la trappe. La situation est identique, quoique plus complexe, lorsqu’un couple de terroristes allemands, émules de la Bande à Baader, s’emparent d’un richissime banquier autrichien, Herr Ostermann. Le succès de cette seconde opération leur rapporte une considération universelle.<br>Ce que John ignore, c’est que ces opérations ne sont que broutilles téléguidées pour instaurer une crainte salutaire à l’Occident. En effet, le véritable danger provient d’une vaste organisation écologiste ayant à sa tête le multimilliardaire d’un groupe de recherche biomédicales, John Brightling, patron de " Horizont Enterprises " et son épouse, Carol Brightling, divorcée pour la bonne cause, femme politique proche de la présidence. Ils sont appuyés par Kilgore, un médecin-<wbr>chercheur épidémiologiste, et Hendrikson, ancien membre du  FBI qui a viré sa cuti et fondé sa propre entreprise de protection, Global Surveyors. Tous, et bien d’autres encore, ont purement et simplement décidé l’élimination de l’espèce humaine, afin de redonner à la terre sa virginité :<br><i>" L’unanimité ne régnait pas au sein du Projet. Certains parmi les plus radicaux allaient jusqu’à soutenir que garder les médecins était contraire à la nature de la mission – parce que la médecine ne laissait pas la nature suivre son cours.  Ben tiens, ricana Kilgore. Laissons ces crétins pondre leurs bébés en pleine nature après avoir passé la matinée à la cueillette ou à la chasse et tous ces idéologues auront vite fait de s’éteindre. Il avait l’intention d’étudier et d’apprécier le milieu naturel mais il comptait bien le faire avec des chaussures et un blouson pour se protéger du froid. Il tenait à rester un homme cultivé, pas à régresser au stade du singe nu. Son esprit vagabonda…  Il y aurait une division du travail, bien entendu. Des fermiers pour faire croître les récoltes et soigner le bétail qu’ils mangeraient… ou des chasseurs pour tirer le bison dont la viande était plus saine, moins riche en cholestérol. Les bisons devaient revenir assez vite. Le blé sauvage continuerait d’envahir les régions des Grandes Plaines,  et les  bovidés ne tarderaient pas à engraisser " (…) " Il se demanda ce que penseraient ceux qui auraient l’occasion de visiter les cités mortes…  Ce serait sans doute une bonne idée de les laisser y aller, qu’ils puissent se rendre compte du nombre d’erreurs commises par l’homme et apprennent à ne pas les rééditer (…) <br>Il faudrait bien mille ans, sinon plus, pour que les gratte-<wbr>ciel finissent par s’effondrer par manque d’entretien, leurs poutrelles rongées de rouille…Les fondations de pierre ne bougeraient pas, mais assez vite, dans dix ans peut-<wbr>être, on verrait de nouveau des daims gambader à Central Park. "</wbr></wbr></i><br>Leur stratégie se déploie à plusieurs niveaux. Un homme-<wbr>clé en est Popov, ex-<wbr>agent du KGB mis à la retraite, motivé par l’argent, redoutablement efficace bien qu’ignorant tout du projet. <br>C’est lui qui, sur les instructions de Brightling, a fomenté les deux attentats terroristes afin de permettre à Global Surveyors l’exclusivité du service de protection pour les jeux olympiques de Sydney, puisque c’est là que devra se déclencher l’apocalypse. <br>Un deuxième pivot  en est le docteur Kilgore qui a développé, construit et conçu une arme bactériologique diabolique : le virus Shiva. Virus Ebola modifié, indécelable dans l’organisme, à effet retardé, Shiva est extrêmement contagieux :<br><i>" Le résultat le plus probable de la pandémie serait un rapide effondrement de la société. L’armée n’y échapperait pas non plus, mais le complexe du Kansas était à bonne distance de la base militaire la plus proche et les soldats de Fort Riley seraient d’abord dépêchés vers les villes pour assurer le maintien   jusqu’à ce qu’ils soient à leur tour atteints par les symptômes.  Ils seraient alors traités par des médecins militaires –ça leur ferait une belle jambe – et le temps que disparaisse la cohésion de leur unité, il serait alors bien trop tard pour que les survivants, même en uniforme, soient en mesure d’organiser une action quelconque. "<br></i>Shiva devra être libéré dans le système de brumisation des jeux olympiques de Sydney, respiré par des centaines de milliers de personnes qui s’empresseront de le transmettre au reste de la planète à leur retour des jeux. Horizont Enterprises a développé deux anticorps à Shiva, le A et le B. Le A renforce l’action du virus mortel, le B le rend inopérant. Lors de la première phase d’infection mondiale, l’entreprise médicale de Brightling fournira au monde entier le faux antidote, soit le virus A,  gardant pour les rares élus le virus B. En cinq mois, le sort de l’espèce humaine devra être réglé :<br><i>" Viendrait alors la phase deux. Horizon Corporation fabriquerait et mettrait sur le marché le vaccin A. Il serait aussitôt distribué par milliers de doses, livrées par avion dans le monde entier vers des pays où l’ensemble des personnels de santé publique se mobiliserait pour l’injecter au maximum de gens. (…)  Quatre à six semaines après l’injection du vaccin A, les receveurs commenceraient à tomber malades. Soit, calcula Gearing, trois semaines à partir de maintenant, plus six, plus deux, plus encore six, et enfin deux. En dix-<wbr>neuf semaines en tout, cinq mois à peine, même pas une saison de base-<wbr>ball, plus de quatre-<wbr>vingt-<wbr>dix-<wbr>neuf pour cent de la population mondiale aura disparu. Et la planète serait sauvée. "<br></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></i>Pour que tout se déroule sans anicroche, ils procèdent dans leur laboratoire à des tests in vivo sur des groupes de femmes et d’hommes enlevés qui serviront de cobayes à l’instar de la façon dont opéraient les nazis. Tous mourront et les preuves que représenterait leur existence seront détruites. Kirk Mc Lean, en enlevant le futur cobaye appelé F4, une certaine Marie Bannister, mettra la puce à l’oreille à des agents du FBI, sans toutefois les emmener très loin dans leur investigation. <br>Le troisième pivot est constitué par deux bases ultra-<wbr>secrètes édifiées en pleine nature, l’une au Kansas, l’autre, plus petite, au Brésil, près de Manaus. Sortes d’arches qui accueilleront les happy few écologistes survivants afin qu’ils puissent subsister plus tard avec délices sur une terre purifiée :<br><i>" L’Olympe , tel était le nom qu’il allait donner au complexe, décida-<wbr>t-<wbr>il sur le champ. La demeure des dieux, car c’était précisément ce qu’il espérait en</wbr></wbr></i> <i>faire. D’ici, ils pourraient observer le monde, l’étudier, en jouir… l’apprécier dans toute sa plénitude. Il choisirait Olympe-<wbr>1 comme indicatif pour sa radio portative. En partant d’ici, l pourrait d’un coup d’aile survoler la planète avec les compagnons de son choix, pour observer et comprendre comment l’écosystème était censé fonctionner. "</wbr></i><br>Enfin Edward Gearing est la main qui devra, à la clôture des J.O., introduire Shiva dans le circuit des brumisateurs. Mais toute cette belle mécanique va se dérégler à cause  de Rainbow Six. Clara Brightning ayant appris l’existence du groupe, se rendant compte de la menace potentielle qu’il constitue, envisage à son encontre une nouvelle action terroriste, sur la base même de Hereford par l’entremise de Popov qui recrute des Irlandais menés par leur chef Sean Grady. <br>Ceux-<wbr>ci enlèveront les épouses de John et Chavez, un prétexte pour éliminer les membres du groupe d’intervention. Les terroristes faillirent réussir mais seront finalement détruits et Sean Grady sera capturé. Par lui,  Clarke remonte jusqu’à Popov qui se hâte de fuir vers le refuge du Kansas. D’un autre côté, l’enquête sur Marie Bannister fournira des présomptions fortes à l’encontre de Kirk Mc Lean. Mais c’est par Popov, horrifié de ce qu’il apprendra au Kansas, que John sera mis au courant du Projet. <br>Chavez, délégué au J.O. avec son groupe, saura arrêter le bras d’Ed Gearson dans son acte meurtrier. La conclusion est à la hauteur du crime: alors que tous les responsables du Projet Shiva – une cinquantaine de personnes environ – cherchent refuge dans leur base brésilienne, John les poursuit dans leur retraite grâce à un réseau d’entraide militaire. La base des terroristes sera détruite et, puisque les écologistes aiment vivre en contact étroit avec la nature, il leur donnera satisfaction en les abandonnant nus et sans armes dans la jungle brésilienne.<br>Un techno-<wbr>thriller efficace comme tous les ouvrages de Clancy. Roman bien (trop ?) long – plus de 1200 page -<wbr>, il développe l’intrigue à travers des actions en parallèle qui amèneront le coup de théâtre final.  Le dénouement heureux sera dû au retournement de Popov et l’on sent toute la tendresse de l’auteur envers ce personnage. Malgré cette mise en place redondante (entraînements interminables du groupe, actions terroristes préparatoires), le récit une fois entamé ne se quitte plus et l’horreur qu’il distille s’insinue peu à peu dans le réel </wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">766</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Radio-Infernal</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/radio-infernal-r763/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/radio-infernal.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Une fête réunissant les grandes pontes de l’aéronautique mondiale eut lieu chez Raymond Garde, l’un d’entre eux, pour son anniversaire. Du pick-<wbr>up sortent des parasites puis une voix, celle de Radio-<wbr>Infernal, qui les menace de destruction. Pour appuyer ses dires, le hangar qui abrite le fameux prototype G-<wbr>5 explose, provoquant la mort de Raymond Garde.<br>Avec Patrice Maréchal, l’aviateur, Teddy Verano, le détective, recherche le site de Radio-<wbr>Infernal dont la puissance menace le monde civilisé. Ils volent vers son repaire situé au Labrador en se guidant sur des relevés goniométriques. Mais le fou fait exploser les divers avions les uns après les autres. Ils atterrissent donc en catastrophe près de sa base secrète ce qui leur permet de neutraliser l’antenne émettrice haute d’une centaine de mètres, coupant le criminel d’une partie de sa puissance.<br>Le véritable repaire se trouve sous terre. En y pénétrant, ils découvrent son poste de commandement, l’auditorium. Patrice Maréchal fait voler en éclats les miroirs du panorama photo-<wbr>électrique ce qui rend le savant fou encore plus fou. Poursuivis par les malfaiteurs, Radio-<wbr>Infernal en tête, nos deux héros devront la vie sauve à l’ingéniosité de Patrice qui a eu l’idée d’électrocuter tous les malfaiteurs en une seule fois :<br><i>« Le bandit se para de la main armée du révolver. Le fil électrique toucha le métal de l’arme. Une immense étincelle violette en jaillit. Epouvantés eux-<wbr>mêmes, Patrice Maréchal et Teddy Verano reculèrent. Le courant électrique foudroyait le speaker infernal et, de sa main, passait à son premier compagnon, de celui-<wbr>ci au second, et ainsi de suite. Toute la bande des six forbans de Radio-<wbr>Infernal, foudroyée en dix secondes, chancela comme une équipe de pantins. Les corps décomposés, devenus noirs comme du charbon, chavirèrent et tombèrent dans le torrent tous ensemble, comme une digne théorie de ceux qui avaient animé le poste de Radio-<wbr>Infernal. »<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">763</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Quinzinzinzilli</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/quinzinzinzilli-r762/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/quinzinzinzilli.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Ceci est un roman épouvantable. C’est l’histoire triste, traitée  avec une ironie désespérée par le narrateur, du dernier groupe d’enfants survivants à la surface du globe.  Tout commença ce jour où, après de nombreux pas de deux, le conflit mondial éclata enfin, coup de tonnerre dans un ciel  serein. Gérard Dumaurier, futur dernier survivant adulte était en train de faire visiter les grottes de Lozère à un groupe d’enfants tuberculeux,  lorsque les gaz des belligérants produisirent une réaction en chaîne dans l’atmosphère qu’ils polluèrent complètement et que de grands tremblements, des cyclones et autres joyeusetés ébranlèrent le monde. <br>Eux seuls -<wbr>Ils n’auront aucun moyen de le vérifier-<wbr> seront sauvés en se réfugiant sous terre.  Après une pénible période d’adaptation à la situation, Gérard Dumaurier devint le témoin privilégié de l’involution des enfants. L’auteur étudie, à la manière des "physiologies" du XIXème siècle, le langage, les rites, la philosophie des derniers petits d’hommes livrés à eux-<wbr>mêmes. <br>Ils sont neuf. Les voici: Tchaon, Manibal, TsiTroèn, Pantin, Bidovin, Lanroubin, Bredindin, Embrion, Sanlatin, Ilayne. Une seule fille. Le narrateur ne les aime pas beaucoup : <i>"Ecorché, boueux et sanglant, j’étais d’assez mauvaise humeur. La petite fille était au premier rang et hurlait sur un mode plus aigu que les autres. Je lui décochai une paire de claques qui la fit reculer, et éloignai les autres à coups de pied. (...) Le tour de la fille venu, elle s’accotait en geignant à la paroi rocheuse, se tenant la joue. J’avais tapé de toutes mes forces. Je lui tendis sans mot dire le gobelet plein. Elle fit un signe négatif. Sans hésiter, je vidai moi-<wbr>même la timbale. Le temps n’était plus aux douceurs. La fille resta jusqu’au soir à geindre avant de daigner accepter à boire. Quelle sale race de femelles sortira de ce ventre-<wbr>là! "<br></wbr></wbr></i>Sceptique voltairien, le narrateur, comme en un leitmotiv, répète:" je m’en fous! ".  Il " s’en fout " des enfants, de leurs tâtonnements, de leurs méprises, mais note avec une férocité joyeuse qui se veut lucide, leur dégradation. Les enfants créent donc un semblant d’organisation sociale, tout en régressant. Ils ne se lavent plus, leur langage est fait d’un sabir entièrement nasalisé. Le raisonnement mathématique a totalement disparu, et la causalité redevient magique. A cet égard, ils ont inventé " Quinzinzinzili ", la cause universelle, le "Grand Tout", déformation de "Qui est in Coeli", une ancienne prière.<br><i>«Les enfants se suffisent à eux-<wbr>mêmes, depuis longtemps. llayne entretient le feu dans la grotte. Ils ont élaboré un système à eux pour le faire couver et rallumer. Un système idiot. Il s’agit de mettre des bâtons d’une certaine longueur dans un certain ordre, suivant certaines figures géométriques, et de les combiner avec des braises.  Ils sont persuadés que s’ils omet un seul de leurs rites absurdes, le feu ne se rallumerait pas. Ainsi, ils ont trouvé un champ de fèves, je ne sais où. Mais comme ils s’en sont donnés une indigestion, ils ont décrété que les fèves était un poison. Mais ils n’appellent pas ça poison. Les fèves, toutes les fèves, appartiennent à Quinzinzinzili, et il se venge en vous donnant la colique Si on lui vole sa nourriture.  Dieu qu’ils sont bêtes! Effroyablement bêtes! Désespérément abrutis! Que sortira-<wbr>t-<wbr>il d’eux? Vaudrait-<wbr>il pas mieux qu’une nouvelle catastrophe arrive et balaye cette insignifiante vermine?»<br></wbr></wbr></wbr></wbr></i>De temps en temps le narrateur détaille la psychologie particulière d’un enfant. Par exemple, Lanroubin, qu’il trouve le plus fin, et sa rivalité avec Manibal, le plus costaud. Les deux s’affrontent. Lanroubin vaincu, réinvente le coup de poing américain, en assommant Manibal avec un fragment de cristal de roche détaché de la paroi.  Il ne nous cache rien non plus de la sensualité naissante des enfants. Ilayne est la seule femme. Elle domine le groupe et réinvente le matriarcat. Mais elle est laide:<br><i>" Le teint rouge brique avec un nez en bouton de porte, tout rond au bout, avec ça, des fesses saillantes qui lui ballottent sur les cuisses quand elle marche, et elle marche avec une grâce de canard boiteux, sur des jambes courtes et arquées, sur des pieds plats qui s’étalent longuement sur le sol, les orteils écartés en éventail.  Et puis, un ventre saillant, tout rond avec le nombril au milieu comme un oeil au fond d’un vase. Et sa poitrine déjà plus que basse à quatre ans... Qu’est ce que ce sera plus tard! Et voilà Vénus! Quelle immense rigolade! "<br></i>Qu’importe, telle qu’elle est, elle plaît à Tchaon, le fragile tuberculeux avec lequel elle fait l’amour, en méprisant Manibal, le baraqué. Alors ce qui devait arriver, arriva. En un tournemain, Manibal étrangle Tchaon. Ilayne, aussitôt,   laisse tomber un gros bloc sur la tête de Manibal et le tue. C’est donc Lanroubin qui profitera des largesses d’Ilayne et puis, plus tard, tous les autres, unis dans un grand amour communautaire. Tout ceci laisse le narrateur rêveur:<br><i>" Je suis un survivant des époques préhistoriques, littéralement un fossile vivant. Cette llayne que je trouve affreuse, odieuse, hideuse, cette llayne qui n’est pas belle, est en train de créer sous mes yeux, devant moi, et malgré moi, un nouvel idéal de beauté. Ses fesses molles, ses tétines basses et son ventre en chaudron seront désormais les modèles de la beauté future. Je prévois que dans l’avenir, des poètes inspirés et des amants élégiaques rêveront sans fin aux vastes dimensions de ses pieds plats et à la rougeur éclatante de son visage. "<br></i>Bien qu’Ilayne soit enceinte des oeuvres de tous (Quinzinzinzili!), il n’y a plus d’avenir. Ils n’enterrent même pas les cadavres qu’ils se contentent de jeter dans un ravin.  Cependant l’eau du lac (de l’océan?) qui les entoure  se met à baisser et les débris d’une civilisation morte apparaissent, tels que des allumettes par exemple, que le narrateur s’empresse d’allumer. Il observe Lanroubin qui essaye d’en faire autant:<br><i>" Un léger bruit pourtant me fait retourner. Lanroubin a pris la boîte de métal dans sa main gauche et frotte une allumette sur la surface rugueuse. Mais il s’y prend drôlement. Il tient l’allumette comme il tiendrait un bout de crayon. On dirait plutôt qu’il dessine quelque chose. En effet, oui, il écrit, ou plutôt il dessine. Car, si j’ai fait du feu, moi, c’est parce que j’ai tracé une figure magique avec l’allumette sur le côté de la boîte. Il s’agit de savoir laquelle. Est-<wbr>ce un carré, un octogone ou une étoile à cinq branches? Dommage seulement qu’il trace ses figures avec le bout non soufré. "<br></wbr></i>Les enfants se décident enfin à quitter leur abri et remontent dans l’arrière-<wbr>pays, en direction de la ville disparue de Lyon.  Le narrateur, de plus en plus malade, est proche de la mort. Mais il  "s’en fout". Il a encore le temps d’assister à la naissance de l’enfant d’Ilayne qu’il baptise "Eskato", le "dernier". Puis, c’est la fin : <br><i>" Quand je songe à l’avenir, je vois un nouveau calvaire collectif, une nouvelle ascension pénible et douloureuse vers un paradis illusoire, une longue suite de souffrances. Ah! si j’avais le choix, je n’hésiterai pas. Je les tuerai tous et je ferais éclater le faible crâne de cet enfançon sur les parois de la caverne, comme une noisette. Je ne sais plus.  Je ne sais plus qui je suis. Ni si je suis. Oh, et puis... Qu’est ce que ça peut me faire? M’en fous. Quinzinzinzili! Quinzin zinzili!"<br></i>Quinzinzinzili est une oeuvre majeure de la SF française. Régis Messac, mort en camp de concentration, livre tout son désespoir, son écoeurement en face d’une humanité symbolisée par ces enfants, humanité qu’il hait puisqu’elle ne sait se conduire avec dignité.  Prenant le contre-<wbr>pied de Rousseau dans son " Emile ", il raconte comment la disparition de la culture humaniste façonne la sauvagerie d’une nouvelle morale de l’espèce. Le tout est observé expérimentalement sur un échantillon  in vivo. A comparer avec le "Seigneur des mouches" de William Golding.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">762</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Qui Donc Seme La Mort?</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/qui-donc-seme-la-mort%3F-r760/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/qui-donc-seme-la-mort.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Jérôme Horus est fournisseur exclusif de cercueils pour les habitants de la ville. Il nourrit deux passions : celle de la mort et celle de sa fille Marie. Plus il y a de morts, plus il est heureux. Plus il contribue au bonheur de sa fille, plus il est heureux.Ses plus grands ennemis sont les médecins, accusés de réduire son commerce en lui enlevant des clients potentiels. Marie bouleversera sa vie en tombant amoureuse du docteur Henri Morin, chose inconcevable pour Horus. Mais le vieil homme trouvera une solution élégante à son problème. Concoctant dans sa réserve à cercueils un immonde cocktail microbien, à partir de rats crevés, de chiens en décomposition et autres déchets censés contaminer l’ensemble de la ville – si Dieu lui est favorable !-<wbr>, il gardera pour lui et pour Marie l’unique antidote, ne doutant pas un seul instant, que le docteur Morin éliminé, Marie lui reviendra.<br>Peu après, les gens meurent comme des mouches. La vie se défait dans la cité. Des grèves spontanées éclatent. Des cortèges de femmes contestataires réclament des autorités qu’elles sauvent leurs enfants. Même une augmentation exponentielle de l’ivrognerie sera impuissante à contenir le fléau ! Les cadavres s’amoncellent dans les rues. Le docteur Morin, sur la brèche, et supposant que la contamination se fait par voie aérienne, préconise l’usage de masques à gaz pour tous :<br><i>« Bref, trois jours après, la ville présentait un aspect diabolique : les passants n’avaient plus visage humain ; sur le cou, un groin s’allongeait, ignoble, repoussant. Leshommes avaient des groins de porc, les femmes des groins de truie, les enfants des groins de pourceau. Les pauvres petits s’effrayaient entre eux. Des mioches criaient et pleuraient en voyant leurs mamans aussi épouvantables. »<br></i>Marie, qui ne soupçonne toujours pas son père, s’étonne pourtant de le voir si joyeux. Elle ne comprend pas non plus qu’il veuille à tout prix lui injecter un vaccin de sa composition sans en référer au docteur Morin. Elle pense que son père est devenu fou et s’empresse de faire part de ses craintes à son fiancé. D’ailleurs, disait-<wbr>elle, mon père a également fait édifier sur le toit de notre maison un appareil constitué d’énormes cornets en étoile, comme une sirène d’alarme, destinés, d’après lui, au passage de courants d’air. (En réalité pour répandre les miasmes).<br>L’épidémie prend une dimension tragique. La vie sociale et économique est arrêtée. Les vivants se terrent chez eux et attendent la mort comme une délivrance. Les rues sont livrées aux animaux :<br><i>« Des animaux y circulaient en foule, hurlant, s’entredévorant ; des chiens au poil hérissé, la langue pendante, les yeux en feu, enragés, maigres ; des rats qui rongeaient les arbres, les bancs, les portes ; des chevaux galopants, affolés, hennissant, chargeant dans des roulements de tonnerre ; des chats sautant sur les fenêtres, s’élançant en bonds fantastiques sur les oiseaux ; des taureaux, des vaches suivies de leurs veaux, fonçant, tête baissée dans les devantures ; des ânes brayant, bêtement.<br>Car le fléau n’atteignait pas les animaux. Seulement, personne ne leur donnait plus à manger, et, échappés, ils couraient au hasard, renversant les derniers passants. Un matin, l’on trouva un enfant que se disputaient les chiens et les rats. »<br></i>Bientôt la végétation vient à la rescousse et envahit à son tour l’espace :<br><i>« Les vergers, les jardins s’étendaient, envahissaient les maisons ; les arbres débordant de sève,poussant avec une incroyable rapidité et une force extrême, défonçaient els obstacles qu’ils rencontraient, pénétrant dans les chambres, montant, montant toujours, renversant, brisant, engloutissant, submergeant. Bientôt cette végétation folle dépassa les toits. Les habitations disparurent complètement, la ville ne fut plus qu’une immense masse de verdure, une forêt.»<br></i>Morin, toujours vaillant –ce dont s’étonne Horus – demande conseil à ses deux confrères, Lelongt et L.andrin : Faut-<wbr>il ou non utiliser le vaccin d’Horus ? Entre temps, comme les médecins mettaient trop longtemps à mourir au gré du vieillard, ce dernier décide d’aider la nature. Muni de ses bacilles en flacon et d’un soufflet, il espère infecter l’air de la maison de Morin. Ce dernier, toujours méfiant dans le cas d’une propagation aérienne, avait fait calfeutrer toutes les issues possibles et avait tendu un  piège à l’assassin dont il découvre enfin l’identité. En une ultime discussion dans l’antre du criminel, Morus menace de le dénoncer s’il ne lui donne pas l’antidote pour l’ensemble de la cité. Marie, qui a tout entendu, cachée derrière un rideau, s’évanouit d’horreur. Morin pensant que la jeune fille est atteinte par le mal, supplie Horus que ce dernier lui injecte le vaccin. Horus s’exécute de mauvais gré car il sait maintenant que jamais Marie ne renoncera à son médecin. Echappant aux deux jeune gens, il s’isolera dans sa cave, au milieu de ses cercueils, s’immolant par le feu, pendant que le couple, muni du remède, fuit cette maison maudite pour apporter la potion salvatrice aux survivants. <br>Un récit populaire, parfois à la limite du grand guignol, vrai roman policier et faux roman d’anticipation, dont il présente malgré tout certains thèmes canoniques (l’invasion de la cité par les plantes, notamment). Le style est toujours soutenu et le récit propose de belles descriptions d’horreur. Que nous faut-<wbr>il de plus ?</wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">760</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item><item><title>Quelle Secousse!</title><link>https://fallout-generation.com/base-de-donn%C3%A9es/livres/quelle-secousse-r759/</link><description><![CDATA[
<p><img src="https://fallout-generation.com/stockage/cms/enregistrement/monthly_2016_05/quelle-secousse.jpg" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span class="ff1 cf4 fs24">Le « Big One » s’est déclaré. Toute la côte Ouest des Etats-<wbr>Unis subit des bouleversements dramatiques avec, pour corollaire, une désagrégation sociale et morale de l’Etat et des individus. Le narrateur, logé au moment fatidique dans un hôtel de Santa Monica, devient le témoin sans concession du retour à la barbarie de ses semblables, analysant et répertoriant les crimes les plus vils, les bassesses les plus odieuses, les actes les plus dégradants. Lorsqu’il se remet du choc causé par l’effondrement du plafond de sa chambre, il constate chez ses concitoyens un déni généralisée de la catastrophe : l’on continue de vivre comme si rien ne s’était passé ! Les uns font l’amour à côté des cadavres, les autres seront obsédés par l’unique idée d’une voiture à faire démarrer ou d’un bus à rattraper.En déambulant dans la ville sinistrée, il se montre sensible aux divers changements :<br><i>« Des égouts éventrés montait une odeur de merde et de gaz qui rendait l’air irrespirable. Au bord de la chaussée lézardée, couverte d’éclats de verre et de gravats, une canalisation béante lâchait des flots d’eau savonneuse. Des fils électriques sectionnés se tordaient sur le trottoir comme de serpents furieux. Une Chevrolet rouge avec une plaque du Texas avait échouée dans la devanture du snack. Au-<wbr>dessus du crâne écrabouillé du conducteur, aplati contre le pare-<wbr>brise, un petit crucifix en plastique oscillait tristement. »<br></wbr></wbr></i>La recherche de nourriture constitue son premier objectif. Il se méfie des gens qui, autour de lui, ne présentent plus un comportement normal. Il se fera tout de même embaucher – par qui exactement ?-<wbr> pour déblayer des gravats alors que les secousses telluriques se poursuivent en répliques rapprochées. Encadré de manière militaire et coercitive, il obéit à ces parfaits inconnus jusqu’à ce que des coups de feu le ramènent à la raison. D’autres individus, armés jusqu’aux dents, prêts à assassiner tous ceux qui résisteraient, le capturent pour le mener dans un camp de regroupement à quelques kilomètres de là :<br><i>« Nous marchions au milieu de la rue, suivis par les deux hommes qui portaient Helena. Les plaques de fibro-<wbr>ciment et les poteaux arrachés ralentissaient notre progression. Puis nous arrivâmes près d’une station Texaco dont le toit venait de céder. Un homme armé d’un fusil et adossé à un break familial rouge, fit un signe de la main à Orville. Tout autour de la station on avait installé un camp provisoire, délimité par une corde de nylon jaune fixée à des piquets. Derrière, une maison en bois de style colonial achevait de brûler. Il n’y avait que trois prisonniers dans ce camp. Deux, les mains liées dans le dos, étaient allongés sur le ventre. Le troisième nous regarda approcher. »<br></wbr></i>D’où viennent ces individus ? Qui sont-<wbr>ils ? De qui tiennent-<wbr>ils leur légitimité ? Nul ne le sait, car la force brute a remplacé le droit, la guerre civile venant de se déclarer sans raison, avec ses injustices et ses meurtres arbitraires :<br><i>« Quatre hommes, torse nu, approchaient. Ils tiraient un tombereau rempli de cadavres. A chaque tour de roue, un corps basculait et venait s’écraser par terre. Ils ne s’arrêtaient pas pour autant. Ils vinrent se ranger près de notre enclos. (…) Ils déchargeaient les corps et les jetaient par-<wbr>dessus la corde. Tous les morts avaient la nuque trouée.»<br></wbr></i>Ces « volontaires nationaux » l’obligeront à marcher pieds nus, puis arrivés au lieu de détention,  à se mettre entièrement nu, comme tous les autres. Gare à ceux qui n’obéiraient pas :<br><i>« Un couple de vieillards sortit de la colonne en titubant. Un garde les frappa à coups de crosse. Ils tombèrent l’un sur l’autre. L’homme se redressa et prit sa femme dans ses bras. –C’est notre argent que vous voulez ? On n’a plus rien. Vous nous avez tout pris. On n’a jamais fait de mal à personne, nous. C’est la faute aux types qui logeaient chez nous. On savait pas ce qu’ils faisaient. Allez, tuez-<wbr>nous. Tuez-<wbr>nous. Le garde posa le canon de son fusil sur le front ridé du vieil homme et pressa la gâchette. L’homme culbuta, foudroyé. »<br></wbr></wbr></i>Tout au long du chemin, les occasions de mourir ne manquent pas. Des balles sifflent au-<wbr>dessus de sa tête, tirées par des snipers isolés ; un hélicoptère survole la colonne, les menaçant tous. Sur le lieu même du rassemblement, dans une zone industrielle, une faille large et profonde entaille le terrain. Certains s’amuseront à la franchir en sautant. Quelques-<wbr>uns y laissent leur peau. Le repas improvisé de grillades que se préparent les miliciens déclenche la convoitise des prisonniers démunis et affamés. S’en suit une rébellion généralisée au cours de laquelle le narrateur prend la fuite… pour tomber sur une barricade, elle-<wbr>même tenue par d’autres assassins anonymes. Il sait maintenant que préserver sa vie est une entreprise désespérée. Lucide, il attend une mort qui ne tardera pas.<br>« Quelle Secousse ! » qui pourrait aussi s’intituler « Scènes de guerre civile » a été publié dans la collection du «Sagittaire », spécialisée dans les textes conjecturaux sulfureux. (Voir « Plein gaz » paru dans la même collection). Ici, plus que le sexe, la violence, l’absurdité des situations, l’arbitraire de la survie en temps de crise, forment l’objet du scandale. La vision cataclysmique permet la distanciation utile à l’auteur dont le but est de dévoiler la noirceur de l’animal humain, la haine qu’il voue inlassablement à son semblable et la part prédominante que prend en son esprit le cerveau archaïque. Un texte brut de décoffrage au style halluciné.</wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></wbr></span><span class="cf3 ff1 fs24"><br></span></p>]]></description><guid isPermaLink="false">759</guid><pubDate>Thu, 01 Jan 1970 00:00:00 +0000</pubDate></item></channel></rss>
