Gabriel D. Arouth

Commonwealth Chronicles - Nuka World Chapter 2

11 messages dans ce sujet

1. BIENVENUE À NUKA WO... Ce truc est branché?

 

Chapt. 2 : Real-Deal with It

Part. 1

Révélation

      Nisha rassemble ses Disciples à tous les huit jours, suivants les modifications dans le cycle lunaire. Elle ne peut laisser son territoire autour de la montagne sans surveillance, or c'est pourquoi seulement la moitié de ses enfants y assistent. Même chose qu'avec les combats au Nuka-Cars Arena: il faut le mériter. 
      Durant la messe, La Mère parle des projets entourant Nuka World, de la suprématie des Disciples, qui est le seul clan être modelé par et pour le monde moderne. Parfois, elle cloue la cérémonie avec un sacrifice, question de satisfaire les besoins de ses suivants. Nisha a compris quelle race d'êtres humains elle a sous sa domination. Si tu sais que le loup aime voir rouge, tu te prends des ampoules en conséquence, dit-elle souvent comme ça. 
      Elle n'a pas fait de rassemblements spéciales pour annoncer la nomination de la nouvelle Patronne. Aujourd'hui est le moment qu'elle a choisi pour cela : la Patronne s’est barrée de Nuka World. Tout le monde a le goût du sang aux lèvres et attendait d’assister à cette messe. Sauf que Midget est restée derrière. C'est pourtant une bonne fille. Elle a tout fait pour plaire à sa nouvelle mère. L'autre jour, les "marchands" (oui, la plupart aiment s'appeler comme ça, alors le nom est resté) qui avaient fuit à l'arrivée de Colter et ses Familles, voulaient se réfugier dans le Galactic Zone. C'est un autre château dans ce parc d'attraction. Il est seulement rempli de robots tueurs. Comment elle sait que ce sont des robots tueurs? Parce que les robots tuent. Et comment elle sait qu'il y a des robots qui tuent là-bas? Les mecs sont des cons. 
      Elle, Swifer et Magnet, qui était après son vagin depuis son arrivée, ont entendu les coups-de-feu. Ça a éclaté avec les robots. Ils sont tous trois allés intervenir car tuer des "marchands", c’est le genre de trucs que maman aime voir ses enfants faire. Et le Galactic Zone est tout près du Fizztop... 
      Les deux lourdauds n'ont pas voulu tirer dans le tas puisque ce n'était pas leur style. Ils n'avaient qu'un seul magasin pour artillerie. Ce n'est pas exactement le genre de choses à faire lorsque résonnent des coups-de-feu, s’armer pour l’entrainement. Ils espéraient sûrement n’avoir à tuer que les humains, et comme les Disciples cachent leur visage avec des cagoules, les robots tueurs penseraient que ce sont des robots amis. Et quoi, après? Leur trancher la gorge à eux aussi pour laisser couler l'huile lubrificatrice pour s'en induire partout? Midget reconnait que c'est un truc de Disciples, ce côté brutal. Elle, elle adore tirer. Parce que si tu tires le premier, tu gagnes. C'est pour ça qu'elle porte toujours trois magasins bien chargés, inspectés et protégés de la poussière. Et c'est aussi pour cette raison qu'elle n'est pas à la messe de ce soir.
      Les Disciples, ils aiment poignarder, trancher, dessiner sur les gens avec une lame. Ce sont des artistes. Sauf que ce qu'il fallait faire, c'est d'abord arrêter les robots. Puis ensuite, il fallait faire ami-ami avec les "marchands", question qu'ils se croient sauvés. Et alors, il fallait les amener à Nisha, pour qu'elle soit si content, si reconnaissante et fière de ses Disciples, elle les aurait laissé assister à la foutue cérémonie. À la place, Swifer et ce crétin de Magnet sont morts, et Midget a passé pour une jeune ambitieuse frustrée ou quelque chose du genre. Elle n'est plus autorisée à se présenter à la porte de l'Entre. Elle a l'impression d'avoir perdu sa deuxième famille. 
      C'est une chance qu'elle aime tirer sur tout ce qui bouge... même ce qui ne bouge pas. Toutes les excuses sont bonnes pour se servir de son flingue. La nuit où ils ont changé de parton, elle est allée s'entraîner sur les mascottes. Comme elle a su que le nouveau patron était une femme, elle a remit ça très tôt le lendemain matin. La jeune rebelle de seize ans voulait que sa nouvelle Grande Tante sache qu'elle était là. Elle est allée apprendre la dure réalité de la vie à cette capsule géante de merde. Cette chose n'a pas perdu ses parents de la main sauvage du wasteland, elle. Midget espérait effacer son stupide sourire. Avec assez de balle, ça aurait marché. Mais comme les Disciples préfèrent les couteaux, alors leur réserve de munitions est limitée et Midget s'est déjà amplement servit. On ne la laisse plus en prendre davantage.
      Elle était également là quand la Patronne est ressortie de l’Entre la queue enfoncée dans le cul. Son visage ne sera plus jamais le même et malgré que ça fasse sourire Midget, elle est déçue de sa Grande Tante. Une femme qui explose ainsi une grosse merde dégueulasses comme Colter, avec son haleine infecte d'irlandais légendaire, devait se tenir fière devant les maîtres du Parcours. Elle a brisé deux records impensables entourant l'épreuve: celui de l'avoir tout bonnement réussi mais surtout d'y avoir pris le plus longtemps. Ce dernier n'avait alors même jamais été envisagé. Personne n’a fini la Parcours. 
      Cette femme-là se devait être incomparable. Elle a littéralement rampé centimètres par centimètres toute la pièce des canons automatiques pour éviter de se faire repérer pour leurs capteurs de mouvements. En sortant, elle a expédié quelques grenades, détruisant plusieurs tourelles, seulement pour leur montrer que ça l'a emmerdé de faire ça. Elle n'a déclenché aucun piège dans les salles suivantes. Ni le Piège-à-Rats du garage, ou même les mines du stationnement souterrain. Avec toutes ces voitures à moteur nucléaire... entassées les unes sur les autres...
      Elle a bien faillit y rester, une fois dans le Puit-des-Fonds-Marains. Elle a bousillé les premières planches de la mince passerelle au-dessus de la fausse aux crabes géants, ce dés les premiers pas. Ils appellent ça des Mirelucks, par ici. Il y a toute une petite famille dans ce trou et les petits sont affamés lorsqu'ils sortent de l'oeuf. Alors tout Nuka World a pensé que ça s'était arrêté là pour la concourante. Sauf Colter. Il a dit que ce sang-là était le bon, ou quelque chose comme ça, et il avait cette manie de ne pas finir certains mots, souvent. Midget s'en rappelle car le gros dégueulasse de l'intérieur lui empoignait le centre du fessier à ce moment. Il a même joué de ses doigts du milieu, ce porc. 
      Après cinq heures d'attente, la porte de Boom-Dead Street s'est ouverte. C'est un couloir étroit et sombre, croisé en L et qui monte sur plusieurs paliers et qui est bourré d’explosifs de toutes sortes. Des grenades sont suspendues au plafond de béton, au-dessus de barils remplis de substances inflammables, le tout relié à ces plaques qui prend notre poids lorsqu’on marche dessus. Dans ce cas-ci, ils coupaient la ficelle liée à toutes les grenades pour qu’elles tombent, ou quelque chose comme ça. Encore là, Personne n'arrivait à le croire. Cette meuf est restée croupir avec les bestioles près de cinq heures avant de trouver une fenêtre de sortie. Ensuite, elle est passée dans un couloir obscur comme l’enfer, encore sans déclencher aucun piège. Par la suite, Gage a dit comprendre pourquoi Colter a attendu. Personne n'avait pas entendu la gonzesse hurler sa vie, après sa chute. 
      Puis elle s'est fait cramer dans la salle-des-machines, avant d'affronter le patron. Elle est montée sur le ring avec Colter, comme une Patronne. Elle a d'abord sortie une grenade et l'a lancé à la face de Colter-en-Power-Armor-Pourrie pour l'aveugler par l'explosion. Après avoir contourné les voiturettes sur sa droite, elle a profité de la désorientation de son adversaire pour lui grimper dans le dos. Oui, merde! comme une Vraie-de-Vraie et malgré le danger d’être électrocutée! Elle avait en main ce pistolet Nuke-Zapper à eau que l'on peut trouve dans le Nuka-Cade pour faire cette course idiote. Elle lui a simplement brisé sur la tête, puis le liquide a fait disjoncter le générateur à pulsion électromagnétique de l'armure. Ils ont grillé tous les deux assez gravement. Cette fille a été projetée en arrière tandis que le Gras Postérieur sentait enfin "passer le courant". Mais la gonzesse n'en avait pas fini. Elle s'est quand-même levée la première pour péter la gueule à ce con et lui mettre un bon coup lame électrique dans la gorge. Oui, la lame de cette meuf a percée l'armure rouillée de cette grosse merde humaine.
      La nouvelle Patronne a montré que son ventre a été fait en vrai-de-vrai, comme dit souvent RedEye à la radio. Tout le monde s'attendait à festoyer en roi, après le combat, et cette fille aurait fait un discours ou quelque chose. Puis voilà, elle s'est agenouillée devant la mère Nisha le lendemain-matin, comme une victime. Maintenant qu’elle s'est enfuie, Midget ne croit plus en l'héroïsme. La Patronne les a laissé moisir dans cette forteresse en carton mâché, sans chef pour calmer les assoiffés de sang sans contrôle. C'est pour cette raison qu'elle aurait adoré être là, à la messe des Disciples: pour savoir le plan de chasse. Elle aurait aimé être choisie pour partir à travers le Commonwealth, à la traque de cette lâche. Mais "Midget, elle aime pas les lames", alors cette connasse de Dixie l'a refusé à la porte. Reba, comme elle se faisait appeler avant d’arriver ici, veut sa revanche envers tous ces connards de Nuka World.

      - Merde, Mags!
      Gage n'en revient toujours pas. La surprise est pourtant passée depuis un bon moment, mais le choc est encore frais dans ses tripes. C'est Katelyn que lui a apporté le coup-de-bat dans le ventre et son moral a dégringolé jusqu’en bas du Fizztop Mountain. Comme elle se rendait à la station de transit, le tramway a foutu le camp. Elle était aussi furax que Porter en annonçant la nouvelle. Elle a un rendez-vous avec Hancock, le maire de GoodNeighbor, demain matin. La route est longue, à pieds, et ce n’est pas évident d’avoir un moment avec Hancock. Maintenant que le train est parti, elle est trop en pétard pour franchir la montagne. Et elle préfère éviter ça à Minerva. D'abord, cette conne agresse des gens inoffensifs en public, et là ça. Cependant, elle a eu une bonne heure d'avance pour cracher toute sa rage. Gage, lui, l'a fait payer à plusieurs bouteilles de Nuka Cola vides et s'est ouvert la main. Il a même arraché son cache oeil pour le lancer au fond de la pièce. Katelyn sait maintenant qu'il n'est pas vraiment borgne. Son oeil droit est de la bonne couleur et en parfait coordination avec l'autre. Quoique, Gage a confessé y voir plus floue à travers celui-là. 
      Maintenant qu'il a passé l'après-midi à vouloir la peau de cette foutue idiote, son corps ne vibre plus sur la colère. Il n'a pas oublié ce que cette trahison implique pour sa propre vie. Il en tremble superficiellement devant Mags et Williams et espère qu’ils n’y voient que du feu. Il est au bord d'une larme tant son impuissance lui paraît de plus en plus évidente.
      - Que veux-tu qu'je fasse, Porter? C'est l'accord que nous nous sommes tous donnés dés notre arrivé ici. Je ne crois plus avoir à te le répéter. 
      - Au foutre l’accord! Tu sais que j'peux être foutrement utile, Mags. Accepte-moi dans l'équipe pour ça. J'te dis qu'ça va marcher. 
      L'accord de Nuka World. Instauré et accepté par tous les partis à l’établissement du Nuka World, il devait y avoir un Patron qui laisse la place pour trois clans. Les Familles. Gage leur trouve un gros taré qui en veut une grosse, et devait lui chuchoter à l’oreille de faire avancer les choses pour tout le monde. Les membres subalternes des trois Familles devaient s'identifier à lui. Donc un pauvre cons avec des instincts primaires, un certain appétit pour la brutalité, calme et réfléchit pour savoir écouter. Colter avait se flaire pour plaire aux dégénérés de tous Nuka Town. Il savait à la base ce que les autres voulaient et son idée du Parcours n'était pas mal! Après, il a commencé à en avoir marre d'écouter, et Gage de lui répéter. Il s'est fait descendre et sa remplaçante s'est barrée. À partir de là, l'accord tombe dans sa deuxième phase.
      - Tu veux vraiment partir à la suite de cette connasse avec un Disciple, à travers le Commonwealth? Ce n'est pas Nuka Town, là-bas. Les Disciples te veulent morts et patron pour te protégé…
      - Un p'tit soldat me fait pas peur. C'est l'armée au complet que je peux pas affronter tout seul.
      Dans le cas où le nouveau patron se tire, c'est là qu’entre la deuxième partie de l'accord. Dans ce cas-là, les trois Familles envoient quelqu'un pour le retrouver. Le clan dont le chasseur rapporte le mec, gagne le droit d'élire le nouveau Grand Patron. Évidemment, il sera à la botte de la Famille gagnante. C'était un genre de sous-entendu entre les trois Têtes de clan. Et dans ce cas-là, Gage meurt. Si les trois chasseurs ne reviennent pas, un combat entre trois autres membres de familles est organisé. Gage au milieu, s'il est capturé vivant. Les trois combattants armés, Gage non. Le résultat est le même que dans l'option précédente, si Gage meurt. S'il vit, et pas les autres, il doit enfin assumer la responsabilité de Nuka World et affronter sa plus grande peur: se faire poignarder dans le dos par un cafard ambitieux. C'est Nisha qui a eu l'idée du combat, et des possibilités selon telle ou telle éventualité. Masson, qui n'aime pas du tout cette diablesse, a toutefois approuvé le plan tout de suite. Il adore résoudre ses trucs à la bagarre.  Il n’y a pas plus humiliant que de perdre, selon le Grand Blond à Moustache.
      - Et tu ne vas sûrement pas en profiter pour fuir quelque part... hein? Porter?
      Porter regarde Mags dans les yeux. Il ne veut... rien montrer. Williams est aux côtés de sa soeur chérie et il arbore le même regard. Foutus jumeaux... Gage ignorait que les Blacks le voulaient mort au moins autant que Nisha.
      - Non Gage. J'ai un peu mieux pour toi. Mais avant que je te dévoile tout, je suis d'accord pour te garder sous mon aile. Pour l'instant. Tu peux effectivement te rendre utiles, et lorsque j'aurai trouvé en quoi, on reparlera des Disciples et de ton avenir.

      Nisha et Mags peuvent faire ce qu'elles veulent de cette jument écervelée qu'elles ont laissé à la tête de Nuka World. Elle n'est bonne que pour courir, de toute manière et la preuve, elle a quitté le secteur au galop. C'est ce que Mason se dit à répétition alors qu'il regarde Gimms, le nouveau favori de la Fausse des Gagnants, bousiller la tronche de Macro. Gimms a défoncé chaque opposant qu’on lui a imposé avec férocité, ce depuis les trois dernières semaines. Pourtant, ils lui ont donné ce nom pour rire. Personne ne croyait que le gorille irait plus loin qu'un combat. Puis, il s'en ait pris à deux ours yao-guai, des bêtes mutantes terrifiantes. Les deux complètements éclatés. Mais Macro, ce gros lard avec sa tête d'éléphant en peau de rad-rats, voulait prouver que son gros cul pouvait vaincre un gorille qui veut vivre à ce point. Et le Roi, en regardant la fin du spectacle, a une pensée qui vient illuminer son cerveau, quoiqu'un peu triste à la fois. S'il avait décidé de participer à la chasse pour retrouver cette petite souris, la Patronne qui leur avait filée entre les griffes, il l'aurait jeté dans la fausse avec Gimms. Mason aurait adoré voir ce qu’il lui aurait fait. Ou le contraire, voir ce qu'elle, elle a dans le ventre contre un vrai prédateur.
      Cette pensée le ramène à la réalité un peu. Mason sait fort bien que son troupeau n'est pas content de sa décision. Le Pacte doit être les premiers à mettre la main sur la traîtresse. Le Pacte doit régner sur Nuka World, selon la loi si nécessaire. Une femme ne sera jamais aussi intimidante qu'un Roi. Si un ennemi du royaume arrivait devant eux, même cette fiotte de Williams Black ne saurait inquiéter son adversaire sur son avenir. Les ordures doivent comprendre dés le départ qu'il n'y aura pas de retour possible à toutes tentatives contre royaume des raiders. Ils doivent pouvoir le voir dans leurs yeux à la seconde, le sentir dans leur haleine. Les Blacks sont intéressés que par la fortune et les vêtements tous propres. Dans ce monde, sans leurs alliés, ce sont deux chattons de ferme sans défense. Alors pourquoi se retirer de la chasse et ne pas prendre part à l'accord que les chefs de Familles ont décidé?
      Mason n’est pas faible et comprend qu'il est peut-être moment de faire un discours, pendant que la meute s'extasie devant la nouvelle victoire de Gimms.
      - SILENCE! SILENCE!!!
      Son troupeau n'est pas difficile.
      - Notre Pacte est fort! Chacun d'entre vous faites parti de cette force. Vos yeux et vos mains sont ses instruments. Et cette force, elle repousse nos ennemis depuis assez longtemps déjà. Nisha et ses Disciples! Ces moues de Black et leurs Opérateurs. Oui! Oui. Durant tout ce temps, Colter et Gage ont joué leur rôle dans cette défense. Maintenant qu'ils sont partis, maintenant que notre "nouveau Grand Patron" a foutu le camp, sommes-nous vulnérables? Non. Ils ont joué leur rôle, comme j'ai dis. Notre Pacte en a profiter pour s’agrandir. Il s'est renforcé. IL EST PLUS FORT QU'AVANT!!!
      Mason ne se lasse pas de les entendre hurler leur confiance en lui comme des loups, des singes ou tout autre animal, dans les sonorités les plus graves comme les plus aigues.
      - Nous avons passé les derniers jours à perdre des frères et soeurs des mains de ces foutus Opérateurs! Mags et sa couille de frère ne prennent même pas la peine "d'opérer" leurs propres hommes. Comme des chiens sans leur laisse! Et aujourd'hui, eux et cette cinglé de Nisha, s'apprêtent à relâcher chacun un de leur gars dans la nature: pour chasser... chasser cette salope de Patronne qui nous a abandonné. EST-CE QUE LE PACTE A BESOIN D'ELLE?! VAUT-ELLE NOTRE ATTENTION?! 
      Tout le petit zoo s'est fait entendre jusqu'aux pieds de cette maudite montagne artificielle. Le Pacte s'est prononcé dans l'idée d'avoir un Grand Patron avec un "Nooooon!" très bestial.
      - Alors j'ai envoyé aucun d'entre vous aux trousses d'une petite chatte. Parce que lorsque la soif de sang des Disciples et des Opérateurs sera assouvie, VA-T-ELLE S'ARRÊTER LÀ?!
      Un autre "Noooooon!" de la part de la foule devant le trône du Roi du Pacte.
      - La guerre approche, mes frères. ALORS NOUS DEVONS TOUS RESTER FORTS, ENSEMBLE!
      L'idée dans la tête de Mason serait d'attaquer bientôt. Le Pacte a peut-être enfin l'opportunité de prendre Nuka Town. Au retour de la chasse, Mason veut tenir deux groupes de frappes prêts à attaquer le Parlor. Lorsque la prisonnière y sera amenée, le Pacte va lancer l'assaut. Cette petite voudra vivre, au moins aussi fort que Gimms, alors elle va sûrement se joindre à la bagarre pour en finir avec les Blacks. Pour s'assurer que l'attaque se passe bien, la deuxième meute restera à l'entrée pour éliminer le reste des Opérateurs dehors. Ils vont probablement être attirés par le bruit. Les Disciples n'ont rien d'une bande de traqueurs, alors ce sera forcément les Blacks qui vont tomber sur la Patronne. Mais au cas où ils vivraient tous dans un monde virtuel, comme Mason en a déjà entendu parler, et que ce soit le Disciple ramenant cette connasse... il faudra que le Roi envoie un de ses hommes pour le neutraliser au transit. Il n’aura alors qu'à se déguiser en lui et le reste du plan sera le même qu'avec les Blacks.
      Mason voudrait expliquer son plan à son Pacte, mais l'amphithéâtre où ils se trouvent tous n'est pas si loin du marché central... là où les tous les membres de familles aiment traîner pour emmerder les "marchands".
      - Vous m'avez fait confiance jusqu'ici. Vous êtes l'emprunte fière de notre meute, laissée sur la poussière de Nuka Town. Un jour, nous marcherons en maîtres entre ces murs. Car seul le Pacte... EST DIGNE DE S’ASSEOIR AU SOMMET DE CETTE FOUTUE MONTAGNE!!!
      La jungle appelle à la Lune devant ces paroles. La plupart des femelles vont se faire prendre, ce soir, qu'elles le veuillent ou non.

      Bull, que Sara connaissait sous le nom d’Eric, écoute le discours du chef. Tout le monde s’exclament dans un même torrent de rage, d'excitation et d'anticipation. Mason fait ce que Mason a toujours fait: des promesses. Il n'y a pas de plan et si jamais il y a un, un peu plus tard, ce sera sûrement un peu boiteux, rempli d'issues pour leurs ennemis ou centré uniquement sur la réponse des deux autres Familles. Le monde ne tourne pas autour des trois clans de Nuka World, Bull le sait bien. Les possibilités que ça tourne mal sont infinies et personne ne va s’en rendre compte avant trop tard. Il a pas mal voyagé avec Sara, Rabies-Mouse pour le Pacte, avant qu'ils atterrissent chez les bêtes. Ils ont toujours été loyaux, braves. Comme ils ne se séparaient, pour des raisons évidentes, c'était plus facile peur eux de garder la tête froide devant n'importe quelle merde sur leur route. Des vrais de vrais du Pacte.
      Sauf que Sara va être exposée bientôt dans les sous-sols de l’amphithéâtre. Morte, bien entendu. Un mannequin va lui rentrer une lame dans le cul comme une queue bien dure. Son cadavre va pourrir en position de chienne bonne à se faire fourrer par derrière. Bull a vu les yeux sans vie de son amie d'enfance. Ils n'ont pas pris la peine de les refermer, ces connards. Ainsi, le message pour les autres femelles du Pacte sera clair. Aucune faute ne sera passée sous silence. Aucune maladresse ne sera pardonnée. Ne soyez pas faibles.
      Sara s'est fait attaquer par trois Opérateurs, il n’y a pas si longtemps. Quand? Bull a du mal à s’en rappeler. La principale raison, c’est que malgré qu’ils étaient inséparables, ces deux-là, Eric était occupé ailleurs. Sara, elle a gérée comme une vraie! Personne n'a rien vu et elle a caché les corps dans une benne à ordures. Bull était parti faire autre chose, pour quelque raison que ce soit et maintenant, ça lui dévore le ventre. Il ne se rappelle pas trop ce qu’il faisait, mais c’était moins important que d’être avec son amie pour se débarrasser des preuves. Rabies-Mouse lui avait laissé un holotape lui demandant de 1- rassembler des mecs de confiance avec des scies chirurgicales, pour en finir avec ces cadavres et 2- effacer l'enregistrement. Les Blacks n'auraient pu légitimement s'en prendre au Pacte, pour leur perte, et comme personne n’en a rien dit durant des jours, elle s’est sûrement crue tirée d’affaire. Sauf que Sara a fait trois erreurs majeures. La première était d'avoir laisser cet holotape. Eric était introuvable durant plusieurs jours et il ne sait vraiment pas où il se trouvait durant tout ce temps. Sara non plus. C'est ce qui lui pèse le plus car il n'allait jamais nul part sans Sara. La seconde, ce fut de cacher les corps là où elle et lui planquaient leur réserve de médocs. Il n'y avait qu'elle qui se rendait à cette benne, alors c'était facile de la pointer comme responsable des meurtres. Mais si ce n'était que les meurtres de ces Opérateurs... Mason se contre-fout complètement que son Pacte tue des membres des autres Familles. Il est tout-à-fait d'accord de les livrer aux concernés si ses membres à lui  venaient à se faire prendre en fragrant délit. Non. Car dans ce cas, ce ne sont que des faibles et tant mieux s’il peut en être débarrassé. Ce qui a dérangé le Roi dans toute cette histoire, c'est que ce soit une femme qui ait pris cette initiative. Pour lui, les femmes ne sont bonnes qu'à une chose et il est grand temps qu'elles le comprennent. Il n'a jamais vu une gonzesse enfoncer une tourne-vis dans le crâne d'un mec par le menton, pour le voir ressortir par le cap ensuite. Ce mec ne sait pas ce que ces femelles sont capables, ou il n'en a rien à faire.
      Tout le monde du Pacte s'énerve devant le non-plan de leur chef. Sauf Eric; Bull, pour les idiots. Il n'était pas encore revenu à lui lorsqu'on lui a annoncé que l'exécution de Rabies-Mouse avait eu lieu... sans lui. Ça l'a tenu réveillé durant le reste de son trip. Il est allé s’asseoir devant son amie qui ne bougera plus jamais. Elle était déjà rigide et en position pour se faire enculer par un couteau de combat de conception militaire. Et ses yeux... grands ouverts comme si la Mort elle-même voulait qu'elle voie ce qui allait lui arriver, ce qui arrive aux femelles qui prennent des décisions au sein du Pacte. Eric, lui, n'oublie pas que ce connard a tué sa meilleure amie. Il veut rétribution. À n'importe quel prix. Même si ça doit lui coûter un oeil et une dent.
 

 

 

 

Chapt. 1: Tuer Colter

Part. 1    

Révélation

 

      Les acclamations étaient plus rageuses aux premiers instants, lorsque l'homme dans sa boîte de conserve a reçu le coup qui l'a fait s’asseoir, sonné et docile, sur la voiturette. Sans un visage pour suggérer son humanité, et en se repassant les insanités que renvoyait les micro-parleurs de son armure automatisé, alors le choix en fut simplement plus facile. Il a sûrement senti passer les deux pieds de métal froid dans son gosier; juste sous le casque, là où l'armure était plus vulnérable. Et comme si ça, ainsi que la douche électrifiée qu'il a reçu plutôt, n'avaient pas suffit, un petit bouton sur le côté du manche qui empêchait de respirer cet homme, lui envoya une nouvelle décharge. Il a arrêté de sentir ce qui lui arrivait, une fois que sa meurtrière lâcha prise. Vic, elle, respirait rapidement.
      - Les gens applaudissent de moins en moins, fit-elle pour elle-même, en regardant vers les cages qui entouraient l'arène.
      Cette arène était remplie de voiturettes à tamponner. Les couleurs étaient nombreuses, jaillissant des guirlandes qu'on avait suspendus ici et là, pour donner un air festif à toute cette violence. Il n'y eu pas de satisfactions, ni remord, pour l’infamie qui venait de se produire. Juste un nouveau vide et une tension dans la tête de la combattante, qui se tenait parmi les fous. Pour elle, tout ce monde pouvait être hostile. Ses yeux se laissèrent aller sur toutes les âmes qui ne clamaient plus la victime, et son audace. Ils restaient sous silence face à sa victoire.
      - C'était quoi ça, Gage?! avait encore laissé entendre cette voix invisible qui l'a suivi tout au long de son Parcours.
      Peut-être une victoire trop rapidement assumé. Elle était pourtant passée à travers une pièce remplie de canons automatiques qui captaient ses mouvements. Puis le stationnement… Elle a été brûlé, frappé et pire. On lui a demandé de vaincre quelqu'un dans un combat à mort et ce combat était arranger pour qu'elle réussisse. Pourtant, on ne semblait pas tous unanimes concernant son sort. Il leur en fallait plus.
      - Vous avez vu. On a tous vu ça. On a une nouveau Grand Patron.
      - Cette meuf?! T'es certain que tu confonds pas ta queue avec ta tête?
      Ça venait du deuxième étage, sur les estrades du côté jardin. On y trouvait trois loges improvisées, coupés de la scène plus bas par un simple grillage. Un mec se tenait debout dans celle la plus éloignée. Sa stature était droite, avec le torse remonté fièrement vers l'avant. Blond, et peut-être était-il peinturé au visage. À ses côté, il y avait deux personnes accroupis à ses genoux, rappelant une posture très bestiale. Ils portaient des masques de bêtes, d’ailleurs. La voix du chef se voulait un peu suave, comme s'il tenait à murmurer malgré qu’il parlait pour se faire entendre.
      - T'es mieux de savoir ce que tu fais, Gage, fit une voix féminine la loge la plus près.
      Sa voix à elle se voulait tout aussi suave que celle du Roi de la Jungle, traduisant volontairement un manque de santé mentale, voire une psychose assumée.
      - Hey! On en a déjà parlé. Elle a survécu. Elle a été assez futée pour suivre mes conseils. Assez dure pour buté Colter. C'est ce qu'on a besoin, maintenant. Quelqu'un qui pense. Montrez-lui du respect, merde!
      - Elle aura du respect si elle le mérite, fit une autre voix féminine, plus austère que la précédente.
      Vic se sentait jugé devant une cours d'injustices. C'était insensé de devoir faire la preuve qu'elle pouvait être aussi violente que tous ces cinglés, alors qu'elle n'a jamais demandé de s'intégrer à eux. On l'avait amené jusque là par la ruse, forcé à se battre contre son gré, sans se demander si elle avait le potentiel de survivre au Parcours d'abord. Puis elle se demanda qu'est-ce qu'ils faisaient tous là. C'était une sacré foule, pour assister au combat. Comment savaient-ils qu'ils devaient se rassembler pour ça? À moins que su été le jour-du-combat et qu'ils se sont déplacé AU CAS où quelqu'un se pointerait pour défier leur chef. Ça n'étonnait pas Vic une seconde, bizarrement. Elle a été enlevée par des idiots compulsifs pour gagner son droit de vivre, en plus d’un droit de régner Et eux, ils se refusaient à reconnaître sa réussite. Ça l’a mit très en colère.
      - Écoutez-moi bien, les ordures! s’enflamma elle en se positionnant vis-à-vis les trois loges rudimentaires de cette arène sordide. J'ai rien demandé, bordel! Vous enlevez des gens pour participer à ce défis de cinglés, avec pour récompense... HEY!
      Inutile. Après la troisième phrase, elle ne parlait plus qu'à des dos qui s'effacèrent derrière des murs. La championne de Nuka World s'est retrouvé noyée dans un marré de hurlements. Elle pouvait entendre les postillons être crachés de ses bouches infectes, empestant le vieux soda. Elle venait tout juste de gagner une journée de plus, ainsi que les clés d'un parc d'attraction. Un parc d'attraction recyclé en... quelque chose qu'elle ne savait pas encore jusque là. Et tout le monde s'en foutait. Même l'assemblée lançait un "rentre chez toi, gamine", à travers les souffles qui alimentaient tant de furie. Dans ses cris, ces coups-de-poings sur les grillages qui les séparaient du spectacle tout aussi sordide que les lieux, on pouvait sentir la rage du sang. Ils prenaient plaisir à regarder mourir. Vic caressa son flanc gauche qui brûlait de plus en plus, alors que l'adrénaline se faisait plus rare dans son système. Si ce n'était pas une mort violente qui l'entendait en-dehors de ces murs, une infection qui allait s’en charger lentement. Très lentement.
      - C'est bon, c'est bon, lança ce Gage pour freiner les ardeurs, comme si les spectateurs allaient se jeter sur cette pauvre fille pour la manger toute entière. Là, foutez le camp d'ici. Je vais montrer au Patron dans quoi elle s'est plantée.


      Le plan est simple. Tu trouves un guignole avec ce qu'il faut pour tenir ses trips dans son ventre tout au long du Parcours. Ça peut être une "Une". En regardant Mags et Nisha dans les yeux, tu sais que les femmes sont capables du pire. Quand tu l'as sous la main, tu la convaincs qu'elle est le patron, et que tout ce qui foulera son pied sera à elle. Des capsules étoilées doivent briller dans ses yeux alors qu'elle finit par se sentir en sécurité. Elle voudra alors rester, mais faire attention qu'elle n'enfle pas du bocal. Faut l'envoyer parler aux autres. Aux Familles. Et c'est pour ça que Nisha sera parfaite pour la ramener sur Terre.
      C'est ce que se dit Porter Gage.
      Nisha, à la tête des Disciples, est sûrement la plus folle dans trois chefs de Familles. Et rien ne le démontre mieux que son repaire. Elle s’est installée avec ses fidèles sanguinaires sous une montagne qui frôle effectivement la vallée dérangeante, quand on y regarde de près. Pas une seule lumière naturelle ne passe à l'intérieur. De nuit comme de jour. L'éclairage éternellement orangé écrase les contrastes du rouge-sang répandu un peu partout, tout en accentuant les teintes de rouilles presque à l'éblouissement. Mais rien ne peut atténuer ce qu'il se passe en ces lieux, car l'odeur de la mort y est terrible. Elle flotte comme les centaines de fantômes qui hantent l'endroit. Il n'est pas rare d'y entendre des cris. Que ce soit les victimes dans leur agonie, ou les tortionnaires qui font un mauvais trip. On ne connait pas sa belle mort, chez les Disciples et nos derniers souvenirs sont la violence.
      Là où la bande traîne, c'est l'ancien le dépôt de maintenance de la propriété. Au centre de ce rocher creux, une structure de béton a été érigée pour servir de fondation au Fizztop Grille, le restaurant-bar pour adultes du parc. Perché en plein milieu de la montagne. C'est là que Gage a emmené Vic.
      Vic, le diminutif de Victime, c'était le nom qu'on lui avait donné depuis le début de cette erreur. Elle venait de tuer Colter. Le patron de ce cirque. La pluie nocturne glaciale de mi-novembre coulait encore sur son visage. Elle était détrempée après le 1,7 kilomètre qu'il a fallu pour traverser Nuka Town. Jusqu'à ce lit. Sous la supervision du seul oeil de son... "bienfaiteur". Porter Gage, comme il s'est présenté. Il portait un flingue à la hanche et sa main opposée n'était jamais posée bien loin. Tout le monde était armé, dans cet abattoir, pas un seul permis nulle part. Elle ne se sentait pas plus en sécurité là, au-dessus de la petite multi-centaine de fusils et leurs gachetes faciles, qu'à la sortie de ce foutu tramway aérien.
      Ça, c'était le lit de Colter, et juste derrière elle, les affaires de Colter. Lui, il s'était installé dans la terrasse du grill, posé sur des piliers d'acier rouillé, à même le mont artificielle. S’ouvrant sur le sud, d’est en ouest, on s’y trouvait baigné dans la lumière, la plupart du temps. Sauf qu'à la sortie de la Grande Patronne de ce stade à auto-tamponneuse, il faisait nuit. Vic jetait son regard par le verre brisé qui faisait le tour du bâtiment, ce chaque fois qu'un éclaire s’y éclaboussait. Puis elle le fixait presque immédiatement sur cet homme, borgne, armée et avec cet air impatient, qui n'était pas l'ami de Colter. Probablement pas le sien non plus. Elle aurait aimé que ce qui venait de commencé puisse mettre fin à l'instant. Une fin heureuse, peut-être.
      - Tu veux crever, ou quoi?
      Il a remarqué qu'elle ne savait pas du tout comment gérer cette situation. C'est généralement là que le commun des mortels fait des gestes inconsidérés.
      - Et toi? riposta alors leur "Vic" qui a pourtant passé leur teste de merde. C'est pour ça que tu assumes pas le rôle de patron, pas vrai? C'est "pas ton genre". T'as la trouille, toi aussi.
      Porter Gage lui avait tout déballé. Le plan, suggéré ses motivations. Il lui a même dit donné un conseil, celui qu'il a suivi pour survivre à ce bordel. Savoir écouter, c'était apparemment toute la clé.
      - Parce que tu crois que ta grande gueule va te faire sortir d'ici? grogna Gage, qui ne voulait toutefois rien entendre.
      - Non c'est avec ton visage de borgne et le décalage vers la gauche du champ de vision que ça doit te donner.
      - Tu te crois maline, hein? Ce sera exactement l'excuse pour pas t'donner un coup-de-main, quand Nicha va faire de toi sa marionnette, suspendue à tes propres entrailles.
      C'était une solide répartie, elle lui a donné ça. Au même moment, sa brûlure au flanc, comme une alarme agressante à ses oreilles qui suivait les battements de son coeur, s'était mise à piquer douloureusement. Ce se trouvait être une lacération profond d'au-moins sept centimètres, qui fendait sa peau en deux comme un pain hot-dog. Le stimpack que Gage lui avait donné pris son temps à tout refermer. Sans parler de la brûlure qu'elle s'est fait au visage. Ces salauds ont enfermés leurs victimes dans la chambre de contrôle des générateurs, qui était remplie de gaz inflammable et de cafards géants. Eux, n’avait apparemment aucun mal à respirer les fumées invisibles. Il n'a suffit que d'une seule de ces bestioles pour percuter le pistolet qu'elle portait à sa hanche, puis l’envoyer au sol. L'arme sensible a éjecté une de ses balles en tombant et la flammèche qui en sortie enflamma tout le gaz contenu dans l'air. Vic s'est pourtant couvert le visage comme elle l'a pu.
      - Je ne verrai personne ce soir, vu? J'ai assez donné pour votre royaume de monstres illettrés. Je suis le boss? J'ai pas de compte à vous rendre, alors.
      Porter allait dire quelque...
      - Merci, bonsoir. Je vais essayer de dormir un peu et récupéré parce que demain, je vais chez les dingues pour parler business. Et par business, je veux dire leur dire qu'ils peuvent en faire ce qu'ils veulent, de ce trou à rat. Et de ta gueule. J'en ai rien à...
      Elle s'était mise en tête de s’asseoir sur le lit et commencer à enlever ses bottes. Mais ce Gage a coupé sa phrase, lui aussi, s'est mis à avancer vers elle de manière très sérieuse. Le temps qu'elle agrippe son .10mm pour viser, son adversaire avait déjà en main une bouteille vide. Le lancé fut si bien synchronisé que Vic perdit son momentum, surprise d'admiration devant cette prouesse. Elle l'a pris un plein figure et son assaillant en profita pour lancer son dernier élan. Il la plaqua au lit et martelas son nez énergiquement. Le rideau tomba alors que le spectacle avait toujours lieu. On y faisait jouer une lumière clignotante suivant les percutions. Le chef d'orchestre clamait un discours que Vic n'arrivait pas à enregistrer, qui se trouvait sous un assaut violent de coups-de-poing.

 
      Par terre, Gage regarde cette femme. Une vraie énigme. Il lui a fait une jolie arche de sang juste au-dessus des fausses nasales. Et elle ne s'est pas défendu plus que ça. Elle ne pleure pas non plus. Oh oui, il l'a bien entendu gindre, tout-à-l'heure. Quelques soubresauts muet et un couinement de détresse. Rien qu’il n’ait jamais vu. Sauf que c'est le genre d’attitude des couilles-molles à qui on met des colliers explosifs, ici. Pas à ceux qui survivent au Parcours et qui finissent pas tuer le chef du royaume. Ceux-là, ils festoient en arrivant. Ils boivent, ils prennent qui ils veulent, inspirent de bonnes doses de Jet. C’est la vie qui leur sourit, après tout. Plus besoin d’errer dans le wasteland avec les mutants, les scorpions géants. Même les synths de cette… Institue… ne passent pas la grande porte. Et elle, elle sent le besoin de chialer sur son sort. Gage va devoir sortir son arsenal de patience.
      Devant cette gonzesse, avec le poing légèrement abîmé, il vient de sérieusement compromettre son plan pour réunir les Familles de Nuka World. S'il faut qu'elle se pointe devant Nisha avec ce nez et cet air de chien en cage, autant se tirer une balle de 7.75mm toute propre dans le crâne. Pas question de laisser une seule neurone capter ce qui l'attend si elle foire. Parce que s'ils l'a butent, il sera le prochain. Heureusement qu'il a une idée.
      - Aller, lèves-toi, fait-il en lui tendant la main.
      Elle ne la prend pas, évidemment. Elle se lève comme une grande. Une femme, une vraie, ne va pas accepter de l'aide du mec qui l'a passé à tabas. Faudrait qu'il lui manque une sérieuse emprise sur la réalité pour faire une chose pareille.
      - Vas-y, ajoute-t-il en pointant la joue sous son oeil manquant. Elle ne met pas beaucoup de temps à comprendre où s'en va cette invitation. Elle devait déjà être prête. Tant mieux, c'était déjà assez difficile pour lui de le proposer.

 

 

Part. 2

Révélation

      Ce qui surprit le plus Vic, au sortant au grand jour pour la première fois, c'était le silence. Le wasteland était un endroit bien discret, la plupart du temps. Pas de circulation automobile de près où de loin, très peu d'oiseaux. Lorsqu'il n'y avait pas de vent, les journées chaudes, le silence prenait forme. C'était comme un brouillard invisible et électrique qui traversait le corps subtilement. Sauf le son. Les sons lointains semblaient presque pris au piège dans un enchevêtrement qui n'était tout simplement pas là. Elle l'a senti une fois. Elle était assise au milieu d'une mezzanine, sur le toit des Abernathy, qui était une petite ferme construite au sud-ouest d'où elle était sortie. Cela a fait changement des vrombissements tranquilles et constants dont Vic s'était habituée, dans son abri.
      Elle n'a pas trouvé un seul miroir, à l'intérieur du Fizztop Grille. Le restaurant avait d'or et déjà perdu le plus gros de sa gloire d’antan. L'entrée avait des tableaux accrochés à chaque mur sur un fond tapissé bleu, sur lequel des formes ovales se dessinaient avec des traits dorés, s'entre-croisant de mur-à-mur. La pièce principale se trouvait être une petite salle de danse, avec une scène très basse et des étoiles pétillantes qui jaillissaient et filaient sur fond noir. Les dessins invoquaient les bulles de Nuka-Cola, le soda à l'effigie du parc. Les tapisseries avaient été dévorés par l'âge à plusieurs endroits et cela n'avait plus l'air d'une salle de danse, avec ses stations de travail ici et là, ses tables et ses chaise dans le chemin. Cependant, elle tentait désespérément scintiller comme avant, avec ses petites bulles étoilés et malgré cette odeur de graisse brûlé venant des cuisines. Elle ne serait jamais plus que ça: une tentative d'éclat. Tout comme le visage de Vic. Son nez était probablement fracturé et s'était une chance que la seringue du Stimpack que Gage lui a laissé a réduit l'enflure. Elle espérait être présentable devant les tarés qui dirigeaient le cirque. Déformation professionnelle, sûrement.

      Elle voulait y aller seule, devant le jury. De toute manière, le coup qu'elle a donné à la gorge de son ravisseur a sûrement enflé son larynx. Il ne pourra pas respiré aussi bien, pendant un petit moment. Du coup, il était allé se tenir tranquille ailleurs. Elle s'était seulement arrêtée dans le monte-charge de fortune qui montait jusqu'à son palais, avant de partir. Les mains sur les parois en bois de la nacelle, la Reine d'un Parc des Dégentés écoutait les quelques sons qui animaient son royaume. Elle devait être à une cinquantaine de mètres du sol, tout au plus. Elle regardait l'humidité onduler devant les fenêtres chaudes de sa secoupe volante, après le violent orage de la nuit passée. Les dalles de ciments, et les herbes qui y poussaient au travers, avaient ce teint doré sec. Même la fontaine turquoise pourrie, au sud-ouest de la plate-forme du restaurant, était presque déjà vide de son contenu, malgré que les averses de la veille aient été abondantes. Et la plupart des feuilles qui ne se trouvaient pas en contact avec l'eau se faisaient ramasser sous une faible brise. Le Parc était de toute évidence dans une vallée, entourée de montagnes. Elle devait être immense pour éviter ainsi les inondations. Mais les entrepreneurs du parc avaient probablement fait construire un système d'évacuation des eaux. Tout comme ils ont construit ce Cola-hymalaya de cent mètres de haut, avec le gland tout blanc peinturé au sommet, pour faire croire à de la neige. À moins que su été l'écume de la fausse bouteille de soda géante, cambrée sur le versant est, qui s'était déversée il y a deux-cent ans.
      Pour ce que Gage lui a dit, la totalité des forces de Nuka World se trouvait dans le périmètre de Nuka Town USA, où elle-même se trouvait. Vic jeta un regard très attentif sur son environnement. Un étang gisait devant son "mountain palace". Elle s'est rappelé avoir contourné une zone, la veille. Sa douleure, dut à la blessure qu’elle avait au flanc qui résonnait comme une alarme dans son cerveau, lui a empêché d'entendre la pluie qui frappait sur le bassin. Elle ne réalisa que ce matin pourquoi le chemin pour se mettre à l'abri lui avait paru si long. Au matin, un mec était installé au centre de cette marre toute noire parsemée de feuille à ses extimités. On l'entendait piocher dans l'eau et jurer dés les premières lueurs du soleil. Puis un peu plus tard, des tirs se sont mis à retentir par intervalle régulier. Vic les entendait encore, alors qu'elle se trouvait appuyée sur son ascenseur de bois, dont la suspension se voulait minimaliste avec ses câbles rouillés et ses crochets hurlants. Le tireur venait de gaspiller plus d'une centaine de balles et ce, par cycles irréguliers durant près de deux heures. Ces sauvages ont soit un chargement de munitions très très importants, ou ils sont assez débiles pour les gaspiller sans réfléchir. Mais ce qui troubla Vic plus encore, c'est qu'elle s'était rendu compte que ce même "silence du wasteland" semblait engouffrer les tirs isolés de cette personne, alors qu’elle avait enfin trouvé une parcelle de civilisation, pour disparaître dans un inquiétant nul part. Comme si c'était un rêve. Alors cette douleure n'existait pas?
      Ici et là, les gens se levaient des différentes structures, que ce soit des bâtiments mêmes du parc ou des constructions de leur propre chef. Certains étaient encore en armure. Plusieurs de ces modèles étaient constitués de pièces en acier très encombrantes. Elle n'osa même pas s'imaginer comment les nuits pouvaient être pénibles, s'ils ne les enlevaient pas pour dormir. Et à leur réveil, ils se dirigeaient à peu près tous vers l'étang en premier. Vic eu un haut-le-coeur en pensant dans quoi ce mec pataugeait, avant même qu'il fasse assez claire pour y voir quelque chose.
      Elle pouvait compter dix-sept individus, par la vue ou le son. Comme on lui avait appris, Vic mémorisait se qu'elle pouvait de chacun d'eux. Leur apparence, leur ton de voix, une simple chose qu'il aurait été dit. La majorité de ses gens que Vic arrivait à percevoir portait un masque, également métallique. C'était un genre de voile cagoulé d’une visière d'acier travaillé, afin de couvrir la partie supérieur du visage. Seul un trait mince fendait la plaque solide. Pour la vue. On lui a aussi montré qu'il ne faut pas se laisser distraire par un détail manquant. L'information se manifeste toujours à un moment donné.
      Le terrain devant elle s'ouvrait sur ce qui était davantage un bassin pour embarcations de croisière plus qu'une pataugeuse. On pouvait voir une de ces barques toujours à flot, laissée statique dans son bassin immobile. Le périmètre de la coure était fermé par des murs de pierres ondulant et inégales ou des structures intérieures. Des arches la coupait des autres zones du Nuka Town. L’architecture faisait très française, alors que l'idée fermer ses coures intérieures ainsi lui rappelait davantage le château de Bolsover, en Angleterre. Vic admirait le caractère royal que prenaient ses privilèges, ce qui ne lui fit pas oublié assez longtemps qu’on l'avait enlevée pour jouer les Reines de l'Enfer. Vic se souvenait aussi qu'il y avait une structure circulaire, en plein milieu de la première coure qu'elle a traversée à sa sortie de l'arène. Elle pouvait se tromper sur la forme exacte, mais elle n'oublia pas ce qu'elle avait pu voir.
      La brique qui constituait les murs, ainsi que la taule de la partie inférieure de sa tour, semblaient avoir été peint en un blanc-laiteux qui a pu être rafraîchissant à regarder, autrefois. Les toits qui longeaient ce mur arboraient plusieurs teintes de bleu, parfois très claires. Seule la pointe des tours qui fermaient les arches était rouge.
      Les conversations ambiantes de ses sujets montaient pour lui rappeler qu'elle devait tomber dans un piège sordide, en allant rencontrer la bourgeoisie de Nuka World. Vic dû avancer pour répondre de sa victoire, mais elle ne comprenait toujours pas pourquoi.


      Gage ne perd pas son temps à s'apitoyer sur son sort, lui. Il connait trop bien le monde dans lequel il vit. Il regarde cette nana descendre de son nuage, comme si elle venait d'une autre planète. Il espère qu’elle saura faire face à la musique. Parce qu'elle n'a pas du tout la gueule d'un compositeur. Il commence à se demander en vain de quoi aura l'air le prochain candidat.
      "Quel prochain candidat?" se demande-t-il à voix basse, couverte par le son du moteur à poulie qui lui ramène sa dernière chance de remettre ce foutoir sur les railles.
      En parlant de railles, ça faisait un sacré bout de temps que personne n'avait emprunté le train d'embauche pour leur amener de nouvelles victimes. Des rumeurs d'un groupe militarisé qui garde l'entrée, de l'autre côté des montagnes naturelles, se faisait oublier peu à peu. Porter Gage, étant encore à ce moment-là le petit protégé de Colter la brute, pensait que c’aurait été ces mecs-là qui auraient débarqué. Peut-être qu'un où plusieurs seraient arrivés pour défier le Grand Chef. Des putains de soldats, merde! Ils n'ont pas dû faire long feu, à peine une bougie, si c'est elle qui est là. Alors quand cette gonzesse s'est pointée, le vieux raider n'y croyait déjà plus. Colter si, étrangement.
      En entendant les wagons glisser sur ce raille ancien suspendu et tout rouillé, tout Nuka Town s'est jeté sur les portes de l'Arène. RedEye, la voix de Nuka World du haut de son poste de radio, n'a même pas eu le temps de faire une annonce. Il jouait encore une de ses stupides chansons avec cette guitare qu'il maltraite en tapant trop fort sur les cordes, comme si de rien n'était. Et les chefs de Familles ont eu beaucoup de mal à appliquer la restriction. Car comme il faut surveiller les esclaves qu'ils ont à leur disposition, seulement la première moitié des hommes peuvent aller voir les massacres. Premier arrivé, premier servit.
      Colter disait sentir la tension monter chez ses hommes, comme le ciel qui se prépare à une de ses tempêtes radioactives. Il n'a pas regardé Gage lorsqu'il a dit:
      "Ce sang... Ce sang est bon. Va avoir tout un spec, cette fois."
      Gage frisonne en se rappelant à quel point ce mec était cinglé. Et elle, elle sera quoi dans toute cette histoire?
      Le petit monte-charge est à quai. Son nez n'a pas trop enflé. C'est déjà ça.
      - Bien dormit?
      Elle ne répond pas. Pas tout du tout. Gage remarque un peu mieux ses grand yeux pâles presque argentés, maintenant qu'il fait plein jour. Ils sont braqués sur lui comme les capteurs optiques d'une tourelle de défense automatisée. Ça ne va pas impressionner les autres, ça non plus. Elle n'a pas encore pigé.
      - Écoute. C'est Nisha que tu vas voir en premier. Elle va s'attendre à ce que tu la regarde comme ça. Elle va pas être tendre avec toi. Si tu essais de l'intimider avec ton feu dans l'regard, elle va te montrer que ce sera elle, la patronne. Tu veux éviter ça, je veux éviter ça et les trois autres guignoles aussi. Son truc, c'est les bains de sang. Et pour elle, t'es un p'tit canard en platoche.
      Combien de fois il lui faudra lui répéter ses avertissements? Gage a entendu dire que leurs ancêtres aimaient bien foutre des canards tout jaune dans l'eau quand ils se lavaient. Si la civilisation a tombé, c'est parce que plus personne n'avait le sens des réalités. Comme cette fille.
      - Tu comprends c'que j'te dis?
      La bouche scellée. Sa tête est légèrement inclinée vers le bas et elle a toujours ce feu dans les yeux. Comme si elle allait gindre plus que détruire ce maudit chateau. Ce n'est pas parti pour un tour.
      - Les Disciples sont par-là, sur la gauche. Longe la montagne et tu trouveras une porte gardée.
      Elle ne lui répond pas. Pas du tout. Elle marche vers sa mort et celle de Gage. Il lui reste quoi, après tout, sauf peut-être attendre qu’elle vienne à lui pour de bon?

 
      - Allé, ma belle! Tu sais qu'c'est nous qui d'vrait diriger. Pas cette fiotte que Gage nous a trainé.
      - On lui laisse une deuxième chance. Si Gage se fout le doigt là où j'pense, il sait dans son froc qu'on va l'écorcher vif. Alors vous la fermez et patience.
      Dixie, la petite Dixie personnelle de Nisha, ne se contentera pas de ce faire dire le plan. Elle a attendu ce bain de sang trop longtemps, où elle pourrait danser avec la tête des "jumeaux" Blacks entre les bras, à pieds joints dans une compote de bouffe à Yao Guai, faite des restes de ces crétins du Pacte. Elle le veut tellement qu'elle se tourne vers un mec pour la seconder sur cette motion.
      - Et toi, gros taré? T'as rien à dire à c'sujet?
      - Tant qu'elle s'met pas dans mon ch'min, rien à foutre, fait Savoy, l'un des deux lieutenants de Nisha, en tournant sa tête vers la louve qui fait son entrée au même moment.
      - M'attendais pas plus de toi.
      Autant Nisha est obligée de s'avouer qu'elle leur doit tous les deux ces dernières années, qui furent très productives. Elle n'a pas à supporter leurs enfantillages et après tout, elle ne leur doit rien. Mais maintenant que la petite nouvelle est arrivée, la cheffe des Disciples a un bon prétexte pour changer de disque et les mettre dehors. Il est temps de jouer la musique qu'elle préfère à ses oreilles. Elle aura peut-être l'occasion de la faire monter au crescendo, ce matin.
      - Vous deux, sortez d'ici. Et assurez-vous que les autres ont le message.
      Ça se voit que Dixie-chérie veut ajouter quelque chose. Mais maman ne va pas la laisser finir. Elle s'en va et ne dit rien. Elle ne bouscule même pas son invité. Savoy, lui, il prend son air instigateur envers leur invité et va sortir une phrase toute fait. Voilà, et lorsqu'il lui dit, à cette Patronne, de se référer à sa maîtresse, il a une pointe d'amusement. Il lui a laissé savoir sans rien dire que Nisha voulait barbouiller le visage de cette intrus pour de bon. Et pas seulement d'un nez fracturer.
      - Heh.
      Elle s'introduit d'elle-même. Nisha se doutait que la Patronne viendrait à se montrer du respect pour sa personne, maintenant qu’elle se croit en-haut de la chaîne.
      - Alors, c'est toi le nouveau projet de Gage. T'es... son p'tit chaton, au moins?
      - Et toi t'es qui? Sa mamie?
      Nisha prend un temps pour répondre. Agressive. La Guide des Disciples n'a pas oublié comment cette fille bougeait, dans l'arène avec Colter. Un des rares moments récents qu'elle a osé regarder de ses yeux. Elle n'a pas oublié sa précision. Pourtant, la voilà avec un son jeu de femme forte, alors qu'elle suit les ordres de Gage comme un bon petit soldat effrayé. Puis, il y a ce nez. Elle a perdu un premier round. Elle ne gagnera pas celui-ci non plus.
      - Si j'l'avais été, j'aurais tranché la gorge de ce merdeux y'a des années. Gage ne sera jamais l'un des nôtres. C'est un échec, suspend Nisha avant de sourire sous la visière sans fente de son masque infernal. Il est chanceux qu'on lui donne cette seconde chance.
      Nisha s'arrête encore. Son interlocuteur est immobile. Elle peut le sentir sans la voir. Si elle est prête à charger, vaut mieux qu'elle bouge déjà. D'une reine à une autre, elle l'invite à escalader sa tour. Voir si elle peut la déstabiliser un peu.
      - Tout le monde sait qu'on voulait la fin de Colter, lance-t-elle plus amusée. Bien sûr, si on m'avait laissé faire, la procédure aurait été plus lente et douloureuse.
      La vantardise n'est pas autant le fort de Nisha, plus la philosophie. Et ces salutations commencent déjà à l'ennuyer.
      - Je guide les Disciples. On a qu'une seule règle ici, et ça a accordé une certaine paix à cette... alliance. Sinon, de la façon que j'le vois, ce monde a cessé de se préoccuper de règles le jour où il s'est lancé des bombes dessus.
      - Je paris que vous tenez des teufs d'enfer.
      Sarcastique. La petit suit presque au pas, à un peu plus de deux mètres de distance de Nisha, qui la précédé dans son antre des laideurs. Tous les malheurs et la cruauté de ce wasteland aurait pu avoir connu naissance ici. Nisha en est très fière.
      - Si tu prends notre côté, tu verras bien. Seulement, ne lésine pas sur le travail.
      Alors que les deux femmes montent l’échafaudage de passerelles qui grimpent tout le monticule de béton qui centre l’intérieur de cette montagne artificielle, les pas de sa suivante se font peu hésitants. Peut-être qu'elle craint d’arrivée là-haut, tout en aillant peur de retourner en bas et devoir repasser devant Papy-Veut-Ses-Têtes, puis les Triplets, embrochés à l'entrée du baraquement aux pieds de l’échafaud. Ça ou elle écoute les lamentations des deux prisonniers qu'ils ont enchaîné au rez-de-chaussé. Oui... ce doit être ça, car la respiration coupé que lui lance cette gamine est emprunte de crainte et de colère. C’est amusant, on dirait qu'elle n'a jamais vu à quel point ce monde est cruel. Plus cruel que Nisha, encore. Si elle voyait le mannequin, un peu plus bas, sur lequel ses Disciples ont accroché d’eux-mêmes une tête d'où pendouille encore la colonne vertébrale entre ses mains de plastiques. Les deux se font un gros bisou et ça a fait marrer pas mal tout le monde.
      - On a pris Nuka Town pour Colter. Et juste comme ça, il a décidé d'oublier le plan d'assemble.
      Puis Nisha se tourne vers le nouveau pion pour lui montrer clairement qu'il s'agit d’une menace:
      - On sait tous comment ça a fini.
      Mais Colter n'avait pas que de mauvais côtés.
      - Je lui donne ce crédit, par-contre. Il a monté ce "Parcours", après tout. Ça a gardé nos hommes divertis. Les Opérateurs aussi, même si les Blacks ne voudront pas avouer qu'ils sont une bande de meurtriers.
      Comme tous ceux qui portent une arme, ici, pense Nisha. Au départ, le petit jou-jou de Colter n'avait rien de bien méchant. Ce type n'avait aucune imagination. Alors les Disciples ont apporté leurs modifications personnelles au Parcours.
      - C'était assez... impressionnant... fait la "Patronne"
      ... pour un piège mortel, doit se dire la carcasse parlante qu'on a mit sur le trône. Nisha ne veut pas d'un coeur tendre chez elle, s'il n'est pas enfermé dans l'une de ses cages, au sommet de leur destination.
      - Bon de savoir que la Patronne a du goût, répond Nisha, jouant la comédie, ignorant les sentiments derrière ce que disait son invité, et pour donner un impacte différent à sa prochaine réplique. Peut-être que je vais te laisser garder ta tête, après tout.
      Le froid acide de la peur est une chose délectable, pour la cheffe des Disciples. Elles poursuivent leur ascension. Elles passent devant pentagramme inversé qu'elle et Dixie ont fait avec des files de barbelé, pour y accrocher des corps. La lumière qui tape sur le sang par terre renforce l'effet de rouille orangée qui sert d’ambiance dans leur repère. Toutefois, l'odeur ne semble pas déranger l'étrangère. Il y a définitivement quelque chose de contradictoire chez cette fille. Espérons que Gage a raison sur elle. Il a fait tellement de promesses pour les conduire jusqu'ici. Elles n'ont jamais donné suite. Nisha ne va pas tolérer un autre round de conneries.
      - On a besoin de quelqu'un qui n'aura pas peur de se salir les mains de sang, qui est prêt à faire de vrais changements, dans le coin. Tu vois, on fait pas de menaces en l'air, ici. On sait les tenir. On est pas épris par les capsules comme ces obsédés des belles coiffures d'Opérateurs, ou ses sauvages qui savent se t'nir en public du Pacte.
      Les deux sont arrivés au sommet. La pauvre enfant est prise au piège. Elle va devoir traverser une armée de ses psychopathes en puissance, tous armés, pour éviter ce qui l'attend. Ça, ou lui dire exactement ce que Nisha désire entendre. Elle se tourne vers la victime, le regard fixé sur elle sans la voir. La petite a peur. Elle tourne les yeux sur les cages remplis de restes de cadavres sans noms, ou la piaule de Nisha derrière elle. Des bras, des jambes, des viscères sont amassés dans ces cages, rouges du sang qui abonde sur tout l'étage. Nisha note les signes d'angoisse juste par le son et par les muscles des mollets de la petite qui se tortillent dans les deux sens.
      - Fous la merde, et je vais te tuer. Quoique, j'ai de meilleurs plans concernant Gage. Mais si tu penches pour nous et que tu remplis tes promesses, comme une gentille petite Patronne, on va te couvrir, tu vas vivre, et tout le monde y gagne.
      C'est le moment. Nisha attend sa réponse. Allé! Joue ta dernière carte.
      - J'fais pas de promesses, et tu vas faire c'que j'te dis.

 

Part. 3

Révélation

     - Mags, on a un problème.
     C'est ce qu'a dit son frère, William, alors qu'ils s'apprêtaient tous les deux à se faire arrêter par les autorités de Diamond City, le joyau du Commonwealth du Massachusetts. Les gardes de la ville, avec leurs plastrons en cuir à peine assez bons pour résister aux balles, sont venus les chercher dans leur demeure située sur les niveaux supérieurs. C'est sur les estrades de "Stade-de-Baseball-City" qu'on retrouve la classe privilégiée. Leurs parents étaient absents, ce jour-là. Ça en disait long sur leur implication dans cette arrestation.
     "Papa et maman nous ont vendu aux gardes".
     C'étaient deux jeunes de la bourgeoisie qui s'en sont allés en prison. Ça a fait tout un scandale, dans la communauté et il y avait un nouveau journal en ville pour couvrir l'affaire. "Le Suicide? de Darlen Summers. La petite muette des ruelles du City Market, membre tout à fait fonctionnelle et inoffensif de la communauté, se serait jetée du haut des balcons. Trois articles en trois jours, détaillant la vie de la victime, ses habitudes de toxicomane malgré son maigre salaire de pilleuse. Son rapport avec la population du marché central était très bon; et ce foutu papier n'a pas oublié de mentionner l’étrangeté du putain d’angle de chute du corps. Cette vipère de Piper Wright est allée jusqu'à faire appelle au détective de la ville pour analyser la scène du "crime". Mags aurait dû pousser l'exile de cette boîte à boulons avec sa face de cadavre synthétique qui sert de privé à ce maudit stade, avant que ce soit lui qui pousse la sienne.
    Il flottait un mince brouillard étouffant, au bloque cellulaire: c'était la fumée de ces gardiens qui alignaient clops après clops à l'intérieur même des murs. L'odeur était tout simplement écoeurante. Ce gros lardon de maire McDonough a retenu Lizzie pour conclure un marché, alors elle n'a pas supporté l'air infect des lieux aussi longtemps que ses amis. Elle aurait pu témoigner contre les enfants Black pour la mort de Darlen Summers et éviter l'exile. En bonne fille qu’elle est, elle n'en a rien fait et a accepté courageusement les conséquences de sa "nouvelle liberté", a-t-elle dit durant son interrogatoire.
     Après ce qui a semblé être toute une journée sans voir le soleil, Mags et Willaim reçurent un holotape avec un enregistrement de leurs géniteurs. Maman a parlé pour les deux, parce que papa n'est né qu'avec une seule couille. C'est une chance qu'elle ait eu le temps de faire naître ces deux prodiges avant de se ramollir. Même si ces deux prodiges venaient d'être bannis de Diamond City par leurs parents. Les trois contrevenants ont pu rire grassement de ce dernier message, qui fut le moment le plus agréable de cette journée. Par nostalgie, il arrive à Lizzie de personnifier maman Black avec une grimace si ridicule que Mags ne peut s'empêcher de pouffer rire. Ça l'amuse encore de se dire qu'elle tombe chaque fois pour cette blague, comme si sa protégée était un gaz hilarant à elle seul.
     "Toi et Bill avez trainé le nom de Black dans la boue pour la dernière fois" avait laissé entendre leur mère sur ce bout de platique merdique. Pourtant, ce n'était que de la came, comme on en trouve à profusion dans tout le wasteland. C'est à croire que ce désert putride en est lui-même le producteur. Sauf que Lizzie a ce talent unique pour en fabriquer. Mags n'a trouvé personne qui ait son pareil pour jouer avec le bon enzine afin de faire ce qu'elle veut de quelqu'un. Et comme tous les commerces du marché central avaient déjà été pris depuis la nuit des temps, plus moyen de tenter sa propre chance ailleurs que dans les secteurs que Diamond City avait procrit. Cela vallait-il de défier l'autorité despotique des Black Séniors? Cela vallait-il la peine de tuer cette junky? Mags s'est répété ces questions en silence, alors qu'elle attendait d'être jetée dehors des murs de ce vieux stade pourri, rempli d'imbéciles qui se foutaient hypocritement de tout le monde. Elle savait que ce choix, celui que William, elle et Lizzie avaient fait, était justifié. C'était un moyen rapide et sécuritaire de faire plus de caps que n'importe qui dans ce troufion tout vert et lumineux, comme un panneau "VENEZ NOUS PLANTER" en pleine nuit, en plein centre-ville de la vieille citée de Boston. Mags décida alors que ce monde était une mine d'opportunités, et la cruauté s'installait très confortablement entre chacune d'elles.
     - Qu'est-ce qu'il y a, William? demande Mags, alors que sa puce à l'oreille se doute bien de ce qui inquiète son frère.
     Sauf que Bill n'est pas seul. Le laquait de feue Colter est avec lui, et ce dernier a les mains imbibés de sang, tout en tenant ce qui semblait être un gros bracelet avec un écran dans l'une d'elles.
     - Qu'est-ce que tu as fait, Gage? demande maintenant Mags en claquant des doigts pour appeler la gâchette la plus proche.
     - Relaxe, chérie, soupir le coupable en se foutant complètement d'être mis en joue. J'ai rien fait qui s'répare pas.
     - Tu m'appelles encore comme ça...
     - Ouais ouais. Ça va, j'veux garder l'oeil qui m'reste. Super original, ton truc. Mais on a des problèmes plus graves que mes manières, votre reineté. Nisha va gagner la partie.


     ... et tu vas faire c'que j'dis. Je sais, moi, les vraies raisons pourquoi personne ne s'est encore entre-tuer, ici. Vous avez la trouille de la petite armée, dehors. Oui, des militaires... entraînés... des machines à tuer qui ne causent pas avant de buter. Qui ne montent pas des plans entre eux pour descendre l'un des leurs. Ils s'amassent de l'autre côté de ces foutues montagnes. Et ils vont pas arriver en train, eux. Quand ils seront débarqués, ce sera la guerre. Vous allez avoir besoin de monde, et puis de quelqu'un avec la tête froide. Si vous êtes trop occupés à vous tirer à la gueule, ça va être une boucherie, ici, et c'est vous l'tartare. "Fous la merde, et je vais te tuer"? J’vous dois rien. C'est VOUS qui m'avez piégée ici, et j'suis pas celle qui a démarrée une putain d'guerre-civile dans ce parc de merde. Alors tu m'donnes pas d'ordres.
     Vic a trouvé que c'était logique. C'étaient de bons arguments, mais cette folle n'était sûrement pas au courant pour les militaires rassemblés à l'extérieur de Nuka World. Vic n'a pas remarqué que Nisha souriait derrière son casque. Elle l'a fait uniquement en tirant les joues vers le haut, de sorte qu'elle sourit avec ces yeux plissés plus qu'avec sa bouche. Un sourire de prédateur que Vic ne pouvait voir, sous le heaume terrifiant qu'elle portait.
     Elle a commencé par saisir la lame que cette gamine avait confectionnée pour Vic à parti de pièces de robots, et que cette dernière avait laissée dans la gorge de Colter, après le combat. "C'est une belle lame" lui a Nisha dit avant de lui enfoncer sous la clavicule gauche. Surprise, elle s'est étonnement laissé traîner jusqu'à un bassin monté sur pieds rempli de sang et d'instruments de mort. Vic voulut se débattre, mais la tension qui dévorait chaque muscle de son bras gauche, après que son attaquant est envoyé le courant qui avait achevé ce Colter, sur-stimulait également son cerveau. Elle a pourtant vu la scène se produire devant ses yeux, sans qu'elle y fasse quoique ce soit pour l'éviter. Ces réflexes s'étaient barrés probablement après ces coups que Porter Gage lui a logés en plein visage. Puis elle s'est dite que peut-être se serait une bonne chose de se laisser échouer. Encore.
     "Tu sais, on en a vu d'autres, et des plus coriasses. Colter était un vrai taré, lui", a commencé Nisha, penchée sur sa Patronne, tournant la lame dentelée légèrement pour toucher l'os. "Quand tu veux intimider quelqu'un, tu cause pas. Tu y vas par l'action. Ça peut pas être seulement avec ta grande gueule. Même ça, je lui reconnais à cette limace de Gage. Il sait comment ça marche et la preuve est sur ton nez, connasse. Si on s'est pas tous foutu sur la gueule, dans ce château de merde, c'est parce que l'avenir de Nuka World, ET du Commonwealth, se décide ici. Maintenant. On veut tous not'e part. Et pour une raison qui m'échappe, tu vas y jouer un rôle. Vois ça comme ton destin, j'en ai rien à chier. Fais-toi un beau rêve tout mignon dans ta tête pour échapper à la réalité. Ça va vite passer, crois-moi."
     Puis elle l'a relâché. Son sourire se voulait plus franc avec des dents incroyablement blanches pour l'époque. Elle respirait avec une certaine exaltation. Le monstre qu'était Nisha disait avoir attendu ce moment si longtemps : celui de tenir le Patron de Nuka World sous ses griffes. Il aurait manqué qu'elle se caresse d’extase devant la scène.
     "Mais tu vois, ce plan me répugne. Heureusement, il va pas t'nir debout. Toi et cette crotte de Gage non plus. Mais si je me débarrasse de vous deux moi-même, on va avoir les deux autres Familles sous le deux. Le Pacte a de féroces combattants, malgré que ce soient des animaux sans cervelles. Et cette garce de Mags pourrait nous empoisonner tous d'un coup, avec les concoctions de sa chimiste. Elle pourrait saisir l'occasion pour rafler tout le parc et ça, c'est hors de question."
     Tout aussi heureusement pour elle, Nuka World était un endroit dangereux, selon elle. Derrière chacun de ses attractions, on pouvait y trouver un danger mortel certain. C’est exactement ce qu’espère Nisha pour les deux clowns savants qui se croyaient maîtres du château. Elle et Porter. Ils allaient se faire tuer par leur propre royaume.
     Il n'y a plus de miroirs sur le wasteland et la prisonnière de ce cauchemar commençait à comprendre pourquoi. Des casques ailés en acier tranchant, avec des visières bosselés qui couvrent la vue... et la raison. Nisha est revenue auprès de Vic et après un moment d'intimité, très sensuel où elle laissait glisser ses doigts sur son visage comme sur une pente de ski, elle a enfin retiré son haume. Ses yeux étaient grand-ouverts, entourés de maquillage noir pour en faire ressortir tout le plaisir qu’elle eut en torturant Vic. La pointe d'une des trois dents, qui descendaient sur la visière de métal opaque, servit à tracer plusieurs parcours tout autour des traits de sa victime. Elle lui racontait des histoires tandis qu'elle s'exécutait. Comme la rencontre de Colter et ce RedEye, qu'on pouvait sur tous les postes de radio de la zone. Le contexte ne s'y prêtait pas du tout. C'était d'une platitude débile. Nisha voulait que Vic comprenne la différence entre les Disciples et le reste des idiots qui habitaient ce parc.
     Elle prenait son temps alors que Vic ne faisait toujours pas d'histoires. Les cicatrices rouges que cette sadique lui laissait ne touchaient aucune fonction importante de son visage. Elle prenait soin de ne pas entailler un oeil, ou s'acharner autour de la bouche. "Je vais te laisser ton nez comme ça", a-t-elle ajouté avec un ton presque enfantin. "Il te va à merveille." Quand elle eu fini, elle conclu en disant que maintenant que Vic est marquée par les Disciples, elle n'avait plus intérêt à les décevoir.
     "Cours vers ton petit chien-chien borgne, fillette. Oublis pas c'qu'on attend d'toi. Tu vas faire ce que JE te dis, et crever loin d’ici" fit la dominatrice du pire donjon de la création. Nisha arracha l'arme de l'épaule mutilé en prenant soin que les dents du revers de la lame ne finissent pas le boulot. Elle voulait également lui laisser son bras. Vic tremblait de tout son corps et ses yeux convulsaient par moment. Ce n’était qu’un cauchemar, alors pas la peine de se défendre. C'était inutile de remuer la ruche alors qu'elle se trouvait encore à l'intérieur. Elle s'est seulement redressée pour courir tout l’échafaud de passerelles qui la sortie de cet enfer, les mains sur son âme tailladé et manquant de trébucher par-dessus les rempares de sécurité. Vic a affronté les regards de tout les Disciples qui passèrent devant elle, les voyants comme des abeilles prêtes à finir ce que la reine avait commencé.
     Gage l'attendait devant les portes du Fizztop Mountain, au rez-de-chaussé. Ils ont passé par la réception au lieu de prendre le monte-charge, pour rester à l'abri des autres cinglés du parc. "Putain, mais qu'est-ce que t'as fait, merde?!" consolait le raider, alors qu'il lui injectait des doses et des doses de Stimpack qui la perçaient jusqu'aux os. Certaines plaies saignaient encore malgré le traitement à la seringue magique. Porter a dit que c'est probablement à cause des radiations qu'elle s’est prise durant le Parcours. Il parait que ça freine l'agent d'accélération cellulaire jusqu'à un certain point, ou quelque chose comme ça. Vic allait devoir se faire à ce nouveau visage.
     Elle se voyait maintenant tombée dans le cul-de-sac d'une ruelle sombre, la nuit, poursuivit par une horde de maniacs. Au moins, elle était toujours en vie. Gage est resté avec elle le reste de la journée, à changer ses bandages et ne pas dire un traître mot. Vic comprit que passer par ce cul-de-sac, c'était son idée à lui. Il devait commencer à s'en rendre compte, également, car il courait main dans la main avec son "pet-project" ambulant. Gage a mentionné qu'il restait encore deux autres gangs à rencontrer. Vic en a eu assez pour une journée, sauf que la manière qu'elle lui a exprimée la chose a laissé croire à ce tas de merdes qu'elle n'en avait plus rien à foutre. Que ce dernier panique un peu, elle trouvait que c'était de bonne guerre. Mais ça n'avait peut-être plus d'importance, désormais.


     - Où a tu trouvé ça? demande Mags à Gage, pointant le bracelet qu'il avait en main.
     - Caché dans une de ces boîtes rouges, à côté du train; juste à l'entrée du Parcours.
     - Alors...
     - Alors, soit on a un cadavre sous les bras, avec une bombe à retardement dans les tripes qui va nous sauter à la gueule, en mourant... soit elle va flipper et travailler pour  Nisha, synthétise William. Dans les deux cas, on est mal.
     - C'est pas ça que j'dis, bordel.
     - Du calme, William.
     Mags trouve en effet cette situation très fâcheuse. Nisha qui gagne du terrain par l'intimidation, ça n'a rien de nouveau et ils auraient tous pu s'y attendre, venant d'elle. Sauf que ça fait tellement longtemps qu'ils ont tous attendu que ce moment arrive, les Black ont fini par cesser de s'y préparer. Concentrés sur leur sérum pour manipuler les esprits, ils ont perdu leur vigilance face aux problèmes que posent les deux autres Familles.
     - Gage, tu crois pouvoir lui parler?
     - J'sais pas.
     - Tu n'as vraiment rien pu en tirer? Qui elle est, ce qu’elle fait dans le coin? D’où elle sait se battre?
     - Désolé, Mags. Tout c'qu'on sait jusque là, c'est qu'elle a un de ces Pip-Boy.
     Le Pip-boy. Un artefact rare encore de nos jours. Ce petit ordinateur portable fait tout ce qu'un explorateur du wasteland, du débutant incapable à l'expert de la survie, veut. Son écran vert à haute résolution graphique offre une carte en temps réel de sa localité, une interface médicale qui affiche les signaux vitaux de son porteur, enregistre des holotapes ou perçoit les signaux de télécommunication; on peut même y jouer des jeux-vidéos d'avant-guerre. Cet engin se porte au poignet et est offert en version droitier ou gaucher. Seuls les habitants d'abris souterrains de chez Vault-Tech portent ce genre de technologie, en général. Si ce que Gage dit est vrai, c’est un peu dissonant car cette fille ne l'avait pas, à son arrivé dans l'arène. Mais effectivement, elle aurait pus le cacher en débarquant du train. Mais pourquoi?
     - Tu es certain que c'est l'sien? demande Mags.
     - Ça expliqu'rait son air de vierge qui s'est pas encore fait passé sur l'cul.
     - Alors notre Patronne est l'un de ces Habitants de l’Abri?
     - Ou elle en a refroidi un, suggère William, plus pragmatique. On l'a quand-même vu buter Colter comme une tueuse.
     - Hum...
     Mags ne sait pas trop quoi penser de tout ça. Suivant la théorie de "l'habitant de l'abri", ou même celle de la tueuse "d'habitant de l'abri", elle ne peut qu'être d'accord avec Gage: cette petite connasse est spéciale. Sa réserve et son tempérament de victime ne collent pas avec la combattante qu'il y avait dans l'arène. Elle cache quelque chose... et c'est le bon moment de lui tirer les verres-de-sang du nez, puisque la voilà qui arrive.
     - Tu peux y aller, Gage. On s'en occupe.
     La Reine de Nuka World pénètre la pièce comme si de rien n'était; comme si elle n'avait pas un douloureux graffiti sur le visage et que ses vêtements n'étaient pas tachés de sang.
     Le Parlor est un autre de ces restaurants où on s'y assoyait pour prendre du bon temps et y écouter des crooners. Là où c'est la mezzanine du Fizztop Grille, avec sa baie vitrée donnant sur l'étang de Nuka Town et le ciel ensoleilé du sud, qui constituait tout son intérêt, le Parlor, qui se voulait plus familliale, avait une grande salle à manger qui pouvait accueillir près de deux cents personnes. Cette pièce centre tout l'établissement et bien sûr, maintenant, toutes les pièces ont été reconvertis. Toutes sauf peut-être la cuisine, qui est bien plus importante que celle du 'Grille. Et  contrairement au 'Grille, la décoration se voulait plus classique et sobre, avec ses murs de lamelles en bois brunes, ses rideaux rouges qui pendouillent encore autour de la scène qui trône les tables-à-manger, elles aussi rescapés du destin. On peut également y voir un vieux micro Acapalooza tenir devant un public absent. Mags et ses hommes ont fait des efforts afin de garder l'héritage de ce lieu de rassemblement à leurs ailleux. À quelques exceptions près. Un peu partout, les Opérateurs ont greffé un symbole peints sur toute sorte de surfaces, comme derrière le bureau de la réception. C'est un coeur noir au milieu d'une mire de tir, orné de trois points dégoulinants comme trois empruntes de balles encore sanglantes. Mags en est très fier, de ce petit palais.
     Cette fille, qui vient tout juste de débarquer dans ce monde, regarde Gage passer devant elle sans émotion. Ou plutôt, oui, elle fait tout ce qu'elle peut pour les cacher. Ça promet d'être amusant.
     - Eh bien... Je suppose qu'on vous est tous très redevables d'avoir descendu Colter, vouvoit Mags, pour faire sentir à son invité qu’elle pourrait être importante.
     - Ce mec était un crétin, ne peut s'empêcher de couper le petit frère, comme en symbiose avec l'esprit de sa soeur. Il nous a tous fait passer pour des cons.
     - Un clown coincé dans sa petite voiture, ajoute Mags en référant à l'armure automatique qui le traînait partout.
     - Je suppose que c'est d'un certain réconfort que j'lui ai donné ce qu'il méritait, lance cette femme qui se croit aux commandes.
     Amusant, c'est exactement ce à quoi Mags pensait.
     - Je veux savoir: qu'avez-vous senti quand vous l’avez fait? Quand vous avez mis ce tas de merde à genou pour lui enfoncer cette lame dans la gorge?
     - Vous voulez savoir quoi, vous deux? Si ça m'a excité à l'intérieur? Si je regrette ce que j'ai fait? Pour savoir si j'ai ce qu'il faut pour le poste? Ou est-ce que ça m'a gonflé de le faire? Tout comme cette conversation, d'ailleurs. Et pour votre gouverne, cette "lame" dont vous parlez, m'a défoncé l'épaule, merci de vous en soucier. Et puis j'en ai une question pour vous, moi. De quoi vous parliez avant qu'j'arrive?
     Mags n'a rien d'une personne empathique. Elle vendait de la came aux jeunes de Diamond City avant que cette pouffiasse sorte de son cocon souterrain pour arriver dans le vrai monde. Sauf qu'elle est réfléchis, modérée et elle sait que ça ne sert à rien d'afficher son autorité par la violence, ou encore répondre à celle-ci. C'est bas et c'est le meilleur moyen de tout foutre en l'air quand l'oeuvre de sa vie ne tient qu'à un fil.
     - Hey! Tu lui parles pas comme ça.
     William, par-contre, ne réfléchit pas toujours aussi calmement. Il les aime, ses muscles sous son armure de "chevalier" rouillée. Pour Mags, la sienne ne fait qu'arrêter les balles.
     - Ça va, William. Eh bien, vous, Patronne. Vous êtes... une donnée inquantifiable. Et on est intéressé de savoir à qui on a affaire.
     - Alors, si tu pouvais juste répondre à la question, ça nous arrangerait.
     Bill traite leur invité de marque comme n'importe qui, annulant l'effet sécurisant que Mags essaie de créer. Peut-être faudra-t-il qu'ils en discutent après que cet entretient soit terminé.
     - Exactement. Qu'est-ce qui vous est passé par la tête quand vous avez écrasé la vie de ce lourdaud?
     - Des chocs électriques. Vous avez essayez de vous approcher de son armure géante? Ce champ de force fait pas juste repousser les balles, vous savez! C'est pas tout à fait comme être excité à Noël, si vous voyez ce que j’veux dire.
     Les Black savent ce qu'est Noël. Les cadeaux, les guirlandes illuminées de rouge, bleu, jaune et vert à tous les ans, les faux sapins de plastique autour du Power Noodles, qui centre la place du marché de Diamond City, ou encore sur les toits du "Super Salon" de coiffure à l'entrée de la ville, et tout et tout. Mags sait que c'est une vieille tradition ringarde de l'ancienne civilisation. Elle n'est pas surprise non plus qu'on la célèbre aussi dans les abris anti-atomiques.
     - Hum. Gage a peut-être raison de dire que vous convenez à ce poste plus que les autres. Et c’est pas exactement grâce à votre attitude. Mais voyant votre fiasco avec Nisha, et les conséquences visibles que ça vous a apporté, je ne m'attendais pas à ça. Vous avez du cran. Mais trêve d'insulte, vous voulez bien? Je suis Mags. Et lui, c'est mon frère, William.
     Bill se montre poli. Il a au moins compris qu'il allait trop loin, avec la pauvre Patronne. Mags a présenté Lizzie, qui brille de son absence, ainsi que tout leur groupe. Les Opérateurs. Elle lui a aussi expliqué ce qu'ils font tous ici, à Nuka World. Ce que cet endroit doit devenir. Ce que ces imbéciles de Disciples et du Pacte ne semblent pas comprendre. Ce lieu est un temple à l’effigie de la seule chose qui compte vraiment dans ce monde. Mags a regardé son interlocuteur ne pas prendre du tout cela au sérieux. "Hum… le soda?" a-t-elle dit pour rigoler. Se montrer décontracté malgré ces cicatrices au visage qui lui faisaient encore mal, à chaque grimace et blague qu'elle pouvait faire, est déconcertant, au final.
     - Les caps, a corrigé la cheffe des Opérateurs, sans se montrer consternée. Les capsules de bouteille. Les "caps" servent de monaie officielle à cette époque trouble de l'Histoire. Cet endroit fut construit dans le seul et unique but de soutirer ces caps des poches des crétins du Commonwealth. On s’est joint la petite ménagerie de Colter et Gage uniquement pour restaurer cet endroit à son but premier… peut-être de façon moins coupe-gorge que son fondateur d’origine s’est imaginé.
     - À la place, Colter nous a assis sur nos fesses presque tout l’année alors que lui, il se prélassait dans sa foutue montagne.
     - Ce qui veut dire que si vous deviez diriger, dans le coin, on aimerait une certaine assurance que vous allez ramener ce parc sur sa vraie voie. Comme ça, on va pouvoir retourner dévaliser les gens que leur putain d’monaie.
     Avec ce discours conjoint, Mags espère avoir été claire. Après tout, cette conne de taupe-humaine a tout à gagner de se joindre à eux. Il y a assez de caps pour ceux qui sont intelligents.
     - Ok. Et tu veux bien m'expliquer pourquoi je devais appuyer les... "Opérateurs"? Les deux autres semblent bien plus féroces et avides de diriger que votre bande. Surtout cette salope de Nisha.
     Mags n’en démord pas. Elle reprend avec le même élan qu’au tout début de ses explications. La bataille n’est tout simplement pas finie, mais elle sait qu’ils vont gagner. Ils doivent gagner.
     - Parce qu'on fait pas dans la connerie. Mes hommes ne sont pas dirigés par des fous-furieux ou des animaux aux bas-instincts, précise-t-elle, qui sent malgré tout l’agacement commencer à prendre le pas. Alors si tu t'attends à me faire sortir de mes gonds avec ton arrogance, ça va te gonfler autant que cette conversation. On les seuls joueurs rationnels dans ce zoo, et ça fait de nous des alliés pertinents… aussi longtemps que tu travailles pour nous ramener aux caps.
     - Vous êtes pas des fous furieux… J'avais oublié que c'était parfaitement normal de donner des couteaux à des mannequins automatiques et de les laisser à l'entrée de chez soi, ou encore de les peinturer de sang humain, comme celui-là, là bas.
     Puis elle s'est calmée et la discussion a pu reprendre là où elle devait être civilisée. William, qui montrait très bien qu’il en avait marre de la voir, voulait savoir si la belle avait un plan. Elle répondit qu’en fait, elle n’était vraiment là que pour le soda. S’en était trop.
     - Merde, encore une conn…
     - William, coupe sa sœur calmement en se tournant vers son frère pour lui faire un signe caché de la main droite. Bien sûr, Grande Patronne. Vous êtes la bienvenue au Parlor quand vous voulez. Faites comme chez vous.
     Bill sait ce que voulait dire son signe. Mags a mimé un tir de pistolet. Il sait aussi que le temps n’est pas le meilleur. S’ils la butent ici, et maintenant, Masson du Pacte ne va pas bien le prendre de ne pas avoir eu la chance de rencontrer la Patronne. Malgré que son index le chatouille terriblement, il va se montrer patient. L’heure des Opérateurs va sonner, et tout le Commonwealth sera sur le même fuseau-horaire.
     Pour le moment, il regarde cette connasse quitter la pièce sans regarder en arrière, comme si elle se foutait de se faire poignarder dans le dos.

 

Final Part

Révélation

Chapitre 1: Tuer Colter
Partie Finale

      Le Parlor était situé dans une coure intermédiaire entre celle de la montagne, plus au nord, et là d'où Vic est arrivée, en sortant de l'arène. L'architecture devait invoquer le côté féerique du moyen-âge, mais les fenêtres à hublots carrés et ses couleurs fluorescentes trahissaient la modernité des lieux. Sur le toit du Nuka-Cade, par exemple, le rebord des toitures était peint d'un bleu déjà très pâle, voire laiteux. En ajoutant cet effet fluorescent, on pouvait encore en voir transpirer la lumière la nuit venue, même après deux-cents ans. Ça a rappelé à Vic son transport en tramway, pour aboutir ici. L'une des attractions, une fausse usine à sodas selon la carte du parc, avait un genre de système de douves. Elles servaient pour la visite guidée en amoureux, avec probablement toute l'histoire du Nuka-Cola et de sa commercialisation. L'eau utilisée pour pousser les embarcations avait cette teinte bleutée, lumineuse dans le noir. Même chose pour le Nuka-Cade. 
      Le Nuka-Cade se voulait autrefois une salle d'amusement avec des jeux d'adresse. Vous aviez le Nuka Zapper Race, où il faut faire monter une bouteille de Nuka-Cola avec un pistolet à eau. Le Bandit RoundUp, plus pour papa, qui se trouvait être un simple jeu de tir sur des cibles en mouvement. Il y avait aussi une salle pleine de bornes de jeu tel que Red Menace ou Hoop Shot, qui était ce jeu où on devait mettre des paniers de basket. Les portes peintes en rouge de l'édifice étaient ouvertes. On pouvait l'y entendre une mélodie à la trompette infantile et, une très forte lueur de bleuté filtrait par l'ouverture. Le rouge des vieilles poubelles qui reposaient un peu partout, toutes remplis à comble jusqu'à l'irruption, jurait avec ces couleurs plus froides qui faisaient la décoration et la lumière. Vic compris l'ironie dans ce mélange. Le bleu et le rouge. Un endroit où les enfants pouvaient s'amuser librement, sous la vigilence des couleurs binaires du contrôle. Elle se demandait si elles avaient également une influence sur les enragés qui peuplaient le château de Nuka-Town USA. Car il y avait clairement un parallèle entre ces deux époques. Sinon, tout était un peu dans dans un sale état. Le côté far-west de ces vieux films de cowboys brûlait la rétine au fer chaud.
      Vic a regardé l'appel bleu de Nuka-Cade durant quelques bonnes minutes. C’aurait été très attirant, en temps normal. Sauf que ces endroits remplis d'obscurité et de musiques brouillantes aurait fini par baisser sa vigilence. Dans cette fourillière de psychopathes, c'était peu judicieux de jouer avec cela. Vic a décidé d'éviter. Elle a tourné son attention plus près. 
      La fille qui s’entraînait au tir, la veille, se trouvait juste en face de là où elle se tenait. La gamine avait l'air jeune. Moins d’une vingtaine d’années. Une Disciple. Elle gaspillait ses balles sur une des mascottes en acier du parc. C’était son compagnon "Capsule" qui en avait bavé le plus. En passant devant elle, tout-à-l'heure, sur le chemin pour se rendre chez les "Opérateurs", Vic l'a aperçu inspecter son flingue devant sa cible, voulant remettre ça. La Patronne se demandait si elle pourrait exiger qu'elle ne le fasse pas. Mais il devait avoir quelque chose avec le percuteur, car testant la gâchette, aucune balle n'en était sortie. Elle esquissa un sourire risqué, avec tous ces points de sutures encore fragiles. Cependant, sa main s'était mise à faire des tremblements sporadiques, ce qui était anormal. Ce sourire aura été un petit moment de bonheur.
      Et encore plus sur sa gauche, vers ses huit heures, il y avait cette terrasse de fortune juste à côté du Parlor. Les Opérateurs ont dù la faire eux-mêmes. Il y avait un sofa model courbé blanc avec des coussins en faux velours rouge et un de ces comptoirs en points d'exclamations, pour faire le bar. Derrière se trouvait un réfrigérateur sans porte avec deux bouteilles de Nuka Cola pleines. Vic se rendait compte qu'elle n'a jamais essayé cette boisson. Elle ne désirait pas savoir ce que tout ce sucre dilué et conservé deux-cent ans pouvait faire à son estomac. Ni les vieilles cigarettes. La machine distributrice devant la terrasse n'a plus rien donné depuis longtemps, de toute manière.
      Vic s'est dirigé plus au sud en se remémorant son morceau de classique préféré. Au-delà un autre mur ouvert en arcades, il y avait cette structure circulaire qu'elle a vue en arrivant. Elle centrait la coure et, en s'enfonçant plus profondément, on trouvait cette horrible arène. Le Cola-Cars Arena. Vic se demandait si elle avait le droit de raser le bâtiment. C'était son royaume, se disait-elle. 
      La fameuse structure circulaire en question ressemblait à un petit agora grec, mais toutes les voûtes avaient été bloqués par des murs de planches et autres retailles en bois. En s'approchant, on pouvait y voir des inscriptions faites par une bombe à peinture. "Junk Inside". En faisant un rapide tour du bâtiment, on remarquait aussi les autres inscriptions, peintes au-dessus de chaque porte. Elles annonçaient le marché central de Nuka Town. Voyant cet endroit comme peut-être le seul territoire neutre du parc, elle est aussitôt devenue intéressée par sa visite. 
      À l’intérieur, un large kiosque monté sur une base d’échafaudages de tuyaux en acier, était posé au centre de la place, à moins de quinze mètres de la porte. Une passerelle de bois reliait le kiosque à une petite étable abritant déjà des bêtes à deux têtes, directement sur la droite de l'entrée par où Vic est passée. On y apercevait un faux rouquin barbu avec un masque de porc emplumé sur les yeux, vêtue d'une tenue une-pièce toute rose, perché au-dessus des occupants tel un oiseau de proie. Des tuyaux soudés ensemble s'accrochaient à sa poitrine. Son fusil d'assaut avait un manche d'une pelle à la place de la crosse. Ce n'eut jamais l'air de le déranger durant sa ronde, grognant comme un animal, une main sur la coquille.
      Sur la gauche, Vic trouva un comptoir d'armes et munitions. Celui qui le tenait était un homme d'un certain âge, tout habillé en gris, qui allait de paire avec la couronne de cheveux qui lui restait. Un collier massif était fixé autour de son cou. Sur ce collier se trouvait une boîte, et cette boîte avait un témoin clignotant. Ce devait être les colliers dont Gage lui avait parlé, l'avant-veille. 
      Vic se demandait si elle pouvait prendre ce qu'elle voulait. C'était elle, le Boss.

      C'est Corbett qui voit la Patronne en premier. Elle entre par la porte juste à côté de son kiosque. Elle regarde partout comme s'il y avait des notes de musique flottant dans les airs. Son visage ne démontre aucune marque d'inquiétude pour le sort du vieux Aaron Corbett, dans sa vie d'esclave. Mackenzie ne voudrait pas qu'Aaron se défoule sur la pauvre femme. Elle a traversé la mort de toute sorte de façon, puis on lui a offert les clés d'une prison, sans qu'elle ait demandé rien à quiconque. Le vieux Aaron n'est pas dupe. Si elle était si sensible que ça, cette nana, elle se serait barrée d'ici avant qu'on lui demande de tuer quelqu'un d'autre. Elle aurait dû tenté sa chance dans le wasteland dés le premier jour. Et hop! par-dessus la montagne, bon soir, elle leur aurait foutu la paix. Aaron sait que des militaires sont passés de leur coté par là, il n'y a pas longtemps. Les gus qui passent par ici parlent. 
      Non, au lieu de cela, elle est restée. Elle a parlé avec ces enfoirés de Familles, elle s'est laissé faire quand Nisha s'amusait sur elle. Trois jours de tortures; jamais elle ne va retrouver une vie normal, disait Mack; et elle essaie pourtant de se garder sur le trône. Elle n'est pas si misérable que ça, ce n’est qu’une autre Colter.
      En passant devant lui, la tête haute avec ses cicatrices qui tirent sur ses muscles tout autour de son ossature crânienne, des joux au front, elle s'arrête pour regarder tout ce qu'il tenait en boutique. Le vieil Aaron Corbett en a déjà marre, de ses conneries. Si Mackenzie veut des preuves que c'est une autre cinglée...
      - Wow! R'gardez qui va là. Seriez pas là pour gratifier mon humble comptoir de vot'e présence ô vot'e grande partonne m'dame?
      Il rale sa dernière phrase sans mettre une seule virgule, sur le ton d'une machine sans émotions. Sauf que lui, il en a et pas les meilleures. Ce n'était pas si déplacé, comme commentaire. Mais l'arrogance était palpable et maintenant, on va voir ce que la nouvelle Patronne a sur le cœur.
      Il s'était penché de tout son dos craquant pour l'avoir au niveau des yeux, cette grande dame. Ça presque été un moment de profonde intimité avec sa supérieur, pour ce vieux "marchand" frustré. On n'a pas osé parler d'elle si souvent ou sans se cacher, et maintenant qu'elle est là, tout le monde s'en fout. Il doit y avoir pas loin d'une quinzaine de personnes, sur une superficie d'une trentaine de mètre de diamètre, et personne ne regarde dans leur direction. Corbett est en train de se dire qu'elle n'a pas su gagner le respect de Nuka World, que ce n'est un futur cadavre de plus sous ce pavé en miettes. Alors qu'il eu un sourire de mépris pour cette personne, sa cliente tend la main vers une marchandise à l'aveuglette.
      Elle pense faire quoi, cette chipie? se demande Corbett.
      - Tout le monde doit payer, ici. Même vous, m'dame.
      La main qui lui sert à empêcher un vol sur son comptoir se met à faire très mal. Cette douleur monte sur tout l'avant-bras, alors que son assaillante n'a eu qu'à tourner la paume de sa victime sur son propre poignet. Corbett n'a senti que le mouvement de l'indexe et du pouce, tournant comme on roule une douille entre ses doigts ou une cigarette. Le pauvre n'a rien pu faire. Tantôt il arrêtait un voleur, puis au même instant, il y a cette douleur insupportable à la main. Ce sont ce genre d'initiatives qui ont donné Nuka World aux raiders. C'est ce talent pour la souffrance qui leur à permis de le garder.
      Elle braque son arme sur lui. Elle tient son pistolet d'une main au niveau de sa poitrine, le bras bien comme pré-tendu dans un angle bien fermé. Elle met lui canon derrière l'oreille. Le vieil homme panique, car avec la réputation des raiders du coin, son heure est venue. Il décide de ne plus rien faire. Il n'aura pas pu l'éviter. Il n'aura plus à le faire: éviter le pire. Deux simples doigts sont en train de le tourner sur lui-même, comme un tube de friandise en spirale. Alors qu'il fait finalement dos à ce monstre, la tension sur son bras se relâche puis une autre vient écraser sa trachée si fort qu'il est projeté vers l'arrière. Ce qu'il voit après les étincelles aveuglantes qui ont suivi son coup à la tête, c'est cette femme défigurée qui s'assoit sur son ventre grassouillet. Il peut aussi apercevoir la crosse du pistolet .10mm qui s'appuie sur son front. Les lettres "riend" sortent d'entre le pouce et le majeur, peintes directement sur la crosse avec des traits courbés blanc et jaune empilés l'une sur l'autre. Le centre du lettrage est rempli de rouge et un autre trait tout noir referme le graphisme. Un 8 ou un B dépasse du petit doigt. Elle presse maintenant le canon si fort qu'elle essaie sûrement de préparer un trou pour que la balle pénètre mieux, comme on le fait avec une vis. C'est fou ce qu'on retient comme détails merdiques quand on se retrouve braqué d'une arme, en état de choc.
      La Patronne ne dit rien. Elle ne fait que gonfler et dégonfler ses poumons comme si elle respirait très fort, mais sans émettre aucun son. Cela effraie d'autant plus le vétéran de Nuka World. Mais Aaron a les oreilles qui bourdonnent et son corps redevient calme. C'est lui qui devrait dire quelque chose. Ou aurait dû dire quelque chose. Il aurait dù ajouter que ce n'est pas la faute de cette fille, s'ils en sont tous là à faire les esclaves pour des tueurs. Avec ces colliers de la mort autour de leurs cous, ils font tout le boulot, puis ce sont les raiders qui empochent. Et sans ce leurrer, elle en profite bien plus que n'importe qui de ce marché, avec son statu de patronat. Encore plus si la Croisade de Nuka World arrive. Elle débarque ici et bute un mec. Ça fait d'elle la cheffe de tout ce qui se passe ici depuis des années… et de ce qui se passera dans l’avenir. Alors Aaron voudrait s'excuser de s'être montré salé avec elle, mais c'est à cause de ce qui se passe ici depuis si longtemps qu'il s'est présenté comme ça. Ce sont tous des "marchands", ceux qui pourrissent de trouille dans cet bol de toilette géante en plein-air. Ils s'étaient des MARCHANDS, pas des esclaves! Aaron voudrait bien s'excuser, mais il n'arrive qu'à prononcer des "non" très nerveux alors qu'il est maintenu au sol devant la fin.
      L'index enfonce légèrement la détente, ça peut s'entendre. Avant de fermer les yeux pour de bon, Corbett voit Katelyn sortir de derrière la Patronne.
      
      Mackenzie Bridgeman ne vient pas de Nuka World. Personne ne vient plus vraiment de Nuka World, sauf peut-être ce grincheux de Corbett et Chip Morse... et Harvey, c'est vrai. Elle comprend Aaron, par moment. Elle saisi très bien l'envie de se montrer peu commode et presque associable. Personne n'a choisi d'être ici, après tout. Et même si ce n'était pas le cas pour cette pauvre fille d'Hudson Road, Mackenzie arrive à ressentir de l'empathie pour ses amis d'ici. Elle sait qu'elle possède assez d'imagination pour se mettre dans la peau de n'importe qui. C'était une sorte de don, de là où elle vient. Ici, avec les marchands qui se plaignent des conditions de travail, et ces raiders qui se plaignent de s'ennuyer, les histoires sont toutes un peu les mêmes. La seule façon que Mack pu s'intégrer calmement au milieu de toute cette tension, c'était de rester vigilante, ouverte et ne pas avoir peur de faire le premier pas. C'est ainsi qu'elle est toujours prête lorsque quiconque se blesse dans Nuka Town. Sa civière est toujours accessible. Sinon, il reste la clinique devant le Parlor, dirigée par les Opérateurs. Elle est en bon terme avec les Black. Elle peut parler presque d'égale-à-égale avec n'importe qui. Nisha et Masson y compris; c'est elle, le seul médecin du secteur. Et quand la violence escalade le canyon pour éclater sur le monde entier, Docteur Bridgeman se dresse droite devant elle les mains tendus en signe de paix. C'est étrangement toujours que ces moments-là qu’elle est le plus calme.
      Ça n'a rien de trop étonnant, car chaque Famille est consciente de l'importance que cette femme a. Elles ont conditionnés leurs meutes respectives pour qu'elles laissent Mackenzie en vie. Il y a toujours une limite à ce que les Stimpacks peuvent soigner et leur marchandise est limitée. 
      Par-exemple, Masson a fait comprendre à son troupeau que c'était SA femelle. Masson n'est pas un con de primate, contrairement au personnage qu'on lui attache. Il savait que c'était le seul moyen de garantir son statu de protectorat envers Mackenzie. Avec Nisha, ce fut encore plus facile. En fait, le docteur est sous la protection de Dixie. Le champignon nucléaire qu'elle a en guise de tête s'est mis dans l'idée de tomber amoureuse de la chirurgie. Cette façon de trancher la chaire pour en découper des bouts, sans abattre tout son oeuvre. Personne n'avait le droit d’enlever cela à la princesse des Disciples sans risquer devenir son prochain cobaye.
      Les Black, eux, sont plus quartésiens. Il va de soit qu'ils aient compris que garder leur médecin en vie est un réflexe corporel.
      - Wow! R'gardez qui va là.
      Corbett n'a pas arrêté depuis deux jours. Lorsqu'il venait leur parler, c'était pour demander si "on avait vu" la gonzesse qui leur sert de Patronne, ou pourquoi n'est-elle pas encore venue les voir. Un "on" tout ce qu’il y a de plus général. Il commence ses conversations comme ça alors qu'en fait, il s'en détache de toute responsabilité. Il veut simplement que l'on sache comment il se sent sans impliquer aucune émotion directement. En ce moment, il est prêt à exploser. Mackenzie sait que ce doit être le sentiment d'injustice accentué par les hormones de sa soixantaine. Là, il s'en prend aux autres. Docteur Bridgeman avait peur que ça arrive, hier. On ne vit pas reclus sans ruminer toute son énergie atomique propre. Comme une pile à fusion en surcharge, prête à l'autodestruction.
      Il parle avec une nouvelle venue. Mackenzie fige sous le choc de sa question: c'est bien elle? La fille est penchée sur l'étalage de flingues et de couteaux, et ce vieux con essaie de la dominer du regard, comme si elle n'était qu'une vermine.
      - Tout le monde doit payer, ici. Même vous...
      Mais ce n'est pas tant le sous-entendu dans le ton qui fait défaut, que la direction que prend cette conversation. Pour lui, ce n'est qu'une femme qui a eu de la chance. Il répétait sans arrêt que les raiders ne se battent pas à la loyale, en dehors de ces spectacles de tuerie ridicules que Colter aimait tant. Il a demandé sept fois combien de temps ça allait prendre avant que la "Patronne" se fasse violer, selon eux. Mack aurait aimé que ça ne devienne pas obscène, en insistant pour en parler encore et encore. Il refusait de la voir s'en sortir. Comme si elle n'était pas assez forte pour y arriver. Tout-le-monde a entendu l'histoire de la veille, entre cette fille et Nisha. Pourtant, elle s'est levée ce matin pour aller voir les Opéraeurs. Comme si de rien n’était. Toute la clique du marché central est d'accord de saluer son courage, sauf Aaron Corbett. Mackenzie comprend que l'aîné débile du parc a besoin de défouler le stresse, ce stresse qu'ils vivent tous. Colter le violent est mort. Pourquoi continuer à faire la gueule et et refuser sa chance à cette étrangère? Ça ne peut qu'être différent. Mais Corbett s'entête, s'acharne, se bute à ne pas vouloir comprendre. Au fond, il n'a probablement pas eu son catharisme, à la mort de l'ancien patron. Il semble déterminer se donner l'impression de participer à la chute de celui-ci. Le vieux Aaron est un sexiste, mais pas bien méchants. 
      Oh non, le vieux Aaron est allé trop loin.

      Katelyn Alden revient de GoodNeighbor. Elle a l'info que Nisha voulait: son gars se cache dans ce coin là. C'est quand même con, cette idée de se planqué sur l'unique territoire neutre du Commonwealth, là où des raiders y sont accueillis pour se détendre et se défoncer. 
      L'entrée du côté est du tramway était dans un état, aujourd'hui. Peu importe qui s'était rassemblé là, ils n'ont eu aucune chance. On les a dépouillés et alignés sans tête près de la grande porte. Du côté ouest, au quai de débarquement, ça sentait le brûlé à l'étage inférieur. Quelqu'un est entré dans le Parcours. En allant voir par elle-même, Kate s'est rendu compte que plusieurs tourelles automatiques avaient explosées. Ça faisait un moment, il semble bien, mais l’odeur a persisté comme une famille de radroaches. Elle a donc manqué cet horrible spectacle encore une fois. Une fois installée au marché central, Colter allait lui faire le coup du "T'aurais dû assisté à ce triomphe!", trop défoncé pour se rendre compte du dégoût que Katelyn éprouve pour lui et son Parcours. Mais voilà, elle est le "grand projet" de cette bite molle.
      Ce n'est pas pour ça que ses ovaires se sont s'exciter du fond de son ventre, alors qu'elle marchait avec la brahmin-à-double-meuh-meuh nommée Miverva jusqu'à l'entrée principale de Nuka Town. Il y règne encore la même faune grillée du cerveau qu'au quotidien. C'est pour ça que Kate ne reste jamais bien longtemps. En voyant Shank, sa sensation au ventre devient simplement plus violente. 
      Elle a entendu que le mois dernier, un mec en T-60 serait entré dans Trinity Tower pour descendre tous les Super-Mutants à coups de lance-missile. L'endroit est vide depuis un mois, mais personne du milieu ne s'en est approché depuis. La pilleuse avait remarqué qu'ils faisaient un peu moins de bruit dans le secteur, justement. Même la bande qui se tenait au coin avant GoodNeighbor s'est fait atomiser, il y a trois semaines. Alors ce qu'a dit Fifou doit être vrai. Ce type ne la jamais laissé tomber, jusque là. C'est excellente nouvelle pour le commerce sur le Commonwealth et Katelyn a vraiment hâte d’en parler à Shank.
      Son client est à l'entré de Nuka town, en face du marché central. À cet endroit, il y  un creux concave dans le cercle qui écrase la circonférence dans le périmètre du marché. Beaucoup de passants ou de résidents s'amassent dans cette zone pour flâner, jouer avec les terminaux d’accueil du parc, et emmerder la nouvelle clientèle la plus part du temps.
      Shank, l’homme, le lieutenant de Colter le violent, avec ses airs de serpent. Elle se plante devant lui et parle avec le volume du secret. Katelyn l'a aperçu une fois, adossé aux épaules sur ce même mur de pierres blanches ou grises. Avec sa chemise et son pantalon de cowboy du nord de la Californie, il lui a effectivement rappelé l'image qu'elle a vue d'un cobra. Les épaules larges un peu retroussées vers l'intérieur, puis sa tête inclinée. C'est le chapeau qui s'était occupé de sculpter la forme du crâne reptilien. L'angle en biais de la tête désaxait juste assez la mâchoire sur le reste du déguisement, ce qui donnait l'illusion d'une gueule de lézard grande ouverte, garnit d’un sourire de prédateur.
      - Le mot est qu'une autre troupe de supers Géants Verts aurait investi les lieux. Ils essaient de remettre l'endroit à leur confort, alors ils seront vulnérables durant encore une ou deux journées. Un petit coup vite-fait et on a peut-être un mois d'approvisionnement pour Nuka World. 
      - Est-ce qu'il en reste quelque chose?
      Il ne l'a pas écouté, quand elle a dit que personne n'était allé dans ce gratte-ciel depuis au moins quatre semaines? Et les Mutants sont tout sauf des pillards. Alors, ils vont juste s'installer et manger des passants, car c'est ce qu'ils font. 
      Kate voit des choses bien plus grandes, pour cette tour en plein centre de Boston.
      - Et si on la prenait pour nous. On aurait un bureau en plein centre, entre Diamond City et GoodNeighbor. Un Bureau d'Pillards aux profits de Nuka World. Tout ce qu'il nous faut, ce sont des muscles, des bras fiables et des gâchettes pour t'nir la racaille loin de là. Juste le temps de s’installer! On pourrait héberger à bon prix, coordonner des équipes à distance: oui! y'a un poste de radio sur le toit qui diffusait des appels à l'aide, le mois dernier. J'me demandais justement pourquoi ils avaient cessés...
      Kate ne s’en tire pas assez bien, en regardant les réactions de son patron.  Pour se redonner sur courage, elle fixe ailleurs un moment. Elle a repéré un nouveau visage en ville apparaître sur sa gauche, sortant du coin de mur. Des traits noirs serpentaient de son menton jusqu'à son front. L’inconnu a regardé un peu tout autour et s'en est retourné.
      - Tu t'écoutes, là? objecte Shank pour ramener Katelyn à la conversation tout en l'empêchant de se reprendre. Et de plus: on parle d’un mois, Kate. Toute vide, après que sûrement tout le Centre l'ait entendu se faire défoncer par des missiles? Et on te dit ça maintenant? Elle est fiable, ta source? C'est qui?
      Shank ne doute pas souvent d'elle, alors c'est encore très agaçant à se défendre devant lui. C'est du solide. Duffkegg, Pubis ET Daisy-2 auraient commencé à prendre cette route pour s'éloigner du bord de la rivière. Entre pillards, ils ont ce code de ne jamais se dire de conneries. Les mauvaises informations, c’est foutrement dangereux dans le Centre. Katelyn a transposé ce code dans son rapport avec Shank. Il fait parti de la bande, en quelque sorte. Elle n'a encore jamais reporté de la merde et le cowboy veut garder ça comme ça, c'est tout.
      - Allé Shank! Et si on faisait appelle à ces nouveaux mercenaires? Ceux qui se servent de robots pour leurs missions?
      - Tu démordras pas, avec ces Mechanists, hein? C'est foutrement lent et limité dans ses actions, une stupide machine.
      - Les Super-Mutants aussi, et ils coûtent tellement moins cher que les Gunners. Et ils veulent sûrement se faire un bon nom dans le coin, alors il y aura pas d’embrouilles avec eux. Merde, Shank! Si ce foutu Commonwealth tombe belle et bien entre les mains des cinglés de ce foutu château, il ne restera plus de place pour les espèces comme nous. Tu le sais, alors réveilles-toi!  
      Shank ne bouge pas sur sa position, mais n'argumente pas davantage. Il lui prend seulement la main et lui remet son due en lui faisant le "Mérite-le". Katelyn sait très bien ce que cela veut dire, même si monsieur joue les papas en désaccords. Elle sourit de toute sa chaleur en se ré-imaginant les perspectives que ce petit rêve apportera. Une fois payée, elle s'en va installer Minerva avec les autres bêtes. Sauf qu'un instant…
      - Au fait, y'a un paquet de gens morts, de l'autre côté du train. On dirait que l'endroit a subit un pillage, ou j’sais pas quoi. Et quand je suis passé de l'autre côté, j'ai vu la porte du Parcours ouverte.
      Shank sourit bizarement.
      - Y'a pas mal de trucs qui se sont passés en ton absence, p'tite chérie. On entre dans une nouvelle ère.
      Katelyne se demandait si ça veut dire ce que ça veut dire. Elle a tellement du mal de s'imaginer cette endroit sans Colter que l'impression qu'elle va l'apercevoir, rugissant encore sa nouvelle victoire de l'autre côté de la porte, matérialise presque ce porc devant ses yeux, dés qu’elle aura passé la porte. Ça s'énerve au marché, d'ailleurs. Encore un crétin qui va se faire descendre par Piggy-Tyson!
      De l’autre côté de la porte, Katelyn est plutôt mortifiée de voir une rouquine sur le ventre de Corbett. C'est le visage de tordu de tout-à-l'heure. Pourquoi personne ne fait rien? Même ce gros lardon rit de la scène, du haut de son foutu perchoir. Le vieux Aaron est inoffensif et pas si méchant bougre. Elle ne sait pas qui c'est, cette folle, mais si Colter ne surveille plus sa fourrière, il risque de tout perdre.

      Elle se réveille tard après la tombée de la nuit. Mackenzie ne voulait pas la laisser seule, alors elle a été installée dans le lit de Corbett, qui se trouvait le plus près de là où elle était étendue. Elle a été bien sonnée et n'a pas ré-ouvert les yeux depuis. Aaron est couché sur le matelas à la clinique et les Blacks ont accueillit Mack chez eux. 
      En ouvrant finalement les yeux, elle n'a pas l'air si étourdie que ça. Elle bondit sur son lit et s'adosse au mur de bois du kiosque. Son regard porte sur tout ce qui peut tuer, elle en jette même un sur la sortie juste derrière. C'est bien.
      - J'allais pas vous laisser votre arme, pensant que ce serait exactement votre réaction, une fois revenue à vous. 
      Elle regarde son flingue, inscrit "Best Friend" sur la crosse, qui il lui est tendu et s'avance prudemment. Elle ressemble à un animal affamé et sans défense à qui on tend un bout de rat. Faut faire attention de ne pas garder la main trop prêt, une fois le cadeau remis.
      - On est pas tous des sauvages.
      Elle regarde le collier explosif lorsqu'il lui est pointé. Ces fonctions cérébrales ne semblent pas avoir été touchées. Ni sa vision.
      - Vous n'êtes pas dehors depuis longtemps, hein?
      Difficile de faire plus évident que ça, à en juger par son regard sur les alentours et sa frayeur de son environnement. Elle ne bronche pas et respire très fort. Fascinant. Elle a peut-être besoin d'explication.
      - C'est parce qu'on voit beaucoup de monde passer et j'ai entendu parler de vous, vous savez? J’ai une bonne oreille. Celle qui vous a frappé aussi. Elle est plutôt... bien meilleure que moi. D'ailleurs, faut pas trop lui en vouloir. Elle nous aime bien, vous savez. Assez pour défendre chacun d’entre nous, au marché. Oh! et à Harvey non plus. Celui qui... vous a conduit ici, à l'entrée du train?
      Aucun changement dans son attitude. Il serait temps de changer de tactique?
      - C'est une fichue raclée, que vous avez donné à Colter. C'était quelque chose, sérieusement. Je suppose que ça va refroidir ses projets pour le parc.
      Elle note l'admiration dans les deux premières phrases, et elle détecte même la déception derrière l'air faussement candide, au sujet des projets de Colter. Impressionnant. Elle est attentive.
      - Ses projets? Comme ceux de se faire tuer dans cette arène?
      Elle reste sur une défensive très agressive. Mackenzie a dit qu'elle avait tous les signes d'une insomnie prolongée. Ça peut affecter son humeur, sa perception des autres et faire d’elle un bâton de dynamite allumé. Son système nerveux est saisi de spasmes, qui se sont dissipés avec le fil de la conversation. Probablement qu'elle fait encore des cauchemars dù aux récents chocs et traumas qu'elle a subis dernièrement. 
      Un Opérateur passe à ce moment là. Il mentionne que les Opérateurs sont la seule ligue en règle qui n'est pas composée d'animaux ou de psychopathes. Mieux vaut miser sur eux que sur les autres. Le message passé, elle revient à la conversation sans que rien n’y paraisse. Oui, Colter…
      - Le jour où Colter a officiellement pris possession de la propriété, il avait des idées visionnaires. Il a fait des promesses. Il planifiait remettre le courant et illuminer tout le parc; il aurait été plus facile à conquérir et plus sûr pour tout le monde.
      Elle ne montre aucune surprise face à ses affirmations. Son esprit est ouvert, alors. C’est une bonne chose. Ça va rassurer Mack. D’ailleur, elle voulait enregistrer ses signes vitaux, à son réveil. C'est peut-être le temps de lui demander.
      - Vous avez pris un sacré coup, vous aussi. Notre toubib veut qu'on vous examine. Ça vous dérange pas? Vous avez déjà fait ça avant, pas vrai?
      C'est une chance qu'elle porte les manches courtes. Elle s'assoit sur le coin du lit avec les yeux fixés sur la poussière, au sol. Docile. Elle tend le bras et attend de reçoit les soins.
      - Et on y serait arrivé, vous savez, mais ça a changé. Parti à la dérive. Colter a mis un cran là-dessus, a arrêté de s'y intéressé.
      - Pourquoi? Ça un lien avec les autres gangs?
      Sans avoir aucune information pour enrichir cette théorie, il pouvait être compliqué, voire mortel, de s’y avancer. Mais elle n'est pas bête d'avoir fait une connexion pareille. Cette partie là d'elle-même aussi, son intuition, semble bien aller.
      - Certains gangs pensent qu'il s'est seulement assis sur son succès. Les Opérateurs, surtout. Mais je sais pas vraiment. Moi, je suis qu'un marchand, alors je sais que mon opinion compte pour rien du tout.
      Cet autre teste sur sa compassion est remarquable. 
      - Moi, j'crois toujours qu'c'est un bon projet. Merde! ça pourrait donner une chance à ses pauvres diables du Dry Rock Gluch de combattre.
      - Pauvres diables? De qui on parle?
      Peut-être qu'elle serait digne d'une certaine confiance. Peut-être que Mack devrait venir lui parler à l'ouverture, demain matin.
      - Quand les raiders ont pris les lieux, quelques-uns d'entre nous - les marchands qui étaient ici avant, je veux dire - se sont enfuis. La dernière fois que j'ai entendu parler d’eux, ils s'étaient terrés au Dry Rock Gulch, une des attractions du parc. Ils doivent galérer, s'ils sont encore en vie.
      Elle n'y peut rien, à elle seule, alors pas besoin de la laisser ruminer cet histoire. Mack a tenu qu'elle reste détendue durant la prise de ses signes vitaux.
      - Vous croyez pouvoir suivre les projets de Colter? Remettre le courant et tout?
      - Vous semblez en savoir pas mal, sur les projets de Colter?
      Ce qui aurait pu être une gaffe plutôt gauche réussit surprenamment.
      - Eh bien, ouais. Colter avait besoin de savoir comment repartir les générateurs. J'suis non-officiellement le chef touche-à-tout du coin, ou de ce qui s'en rapproche. Disons que j'ai mes propres intérêts à vouloir remettre le courant dans le parc. En parlant de ça, vous pensez que vous pourrez vous en occuper?
      Elle ne dit rien mais ne se montre pas agacée. C'est une bonne chose. Elle pourrait être en mesure d'accepter, avec un peu de travaille sur son esprit. Elle n'affiche plus une seule tension de violence, défensive ou offensive. C'est un très bon départ.
      - J'espère que oui. Pour être honnête, j'ai rêvé de ce moment à plusieurs reprises. Pas certain de savoir pourquoi. J'pense être juste attaché à cet endroit, avec tout le travail que j'y ai fait. Ça parait con, je sais, mais j'pense que Nuka World a quelque chose de spécial. Tout est si brillant de joie, sous la couche hermétique raider. Ce parc mérite de retrouver ses lumières étincelantes. Et imaginez! ... la nuit, vous la verriez illuminer à des kilomètres. Les gens vont commencer à en parler. Ils viendront de loin pour faire leur marché. Ça ferait un beau tas de capsules pour vous et les gangs.
      Elle le regarde finalement dans les yeux, visiblement curieuse.
      - Vous êtes ici depuis combien de temps?
      - Ça fait bien vingt ans, maintenant, je suppose. Pour le meilleur et pour le pire. Nuka World est ma maison.
      Voilà. Tout est fait. Il se fait vraiment très tard et tout semble bien aller pour la Patronne. Elle ne présente pas de signe d'agressivité ou de rancune. Chip a bien fait exactement comme Mack lui a demandé. Il se rend compte que lire les gens, ce n'est pas si difficile. Kate l'a grandement aidé dans cette voie, même si elle semble se méfier de la nouvelle reine du royaume. Kate est une bonne personne.
      - Bon, j'ai encore des trucs à finir avant de dormir un peu. Mack suggère que vous restiez, juste au cas où vous auriez encore des migraines, ou que vous ne vous sentiez pas bien. Elle voudrait beaucoup vous parler, aussi. Vous savez, les salutations. On aimerait bien vous connaître un peu. On s'en reparlera demain? Moi, c'est Chip Morse.

      Ce Morse ne faisait pas sa cinquantaine.
      La tête de Vic lui témoignait divers messages de douleur. C'était trois bonnes zones de bourdonnements sporadiques, suivis par des contractions nerveuses poignantes et insupportables. Elle avait toujours mal à son épaule. Le matin, c'était comme si la lame coinçait toujours sa clavicule. Il semblait vraiment que certains muscles refusaient de se régénérer. Gage n'a pas voulu donner à Vic une nouvelle dose de ce Stimpack. Il disait que ce n'était pas donner de s'en avoir, et "y'aura toujours une urgence, baby".
      Sauf que Vic n'était pas un bébé.
      Elle ne voulait pas rester là et dormir dans le lit de ce vieille homme pour qui elle a mangé un coup. Surtout que le kiosque était dans un sale état. Elle ne voulait pas en vouloir à cette fille pour le coup à la tête, non plus. Elle n'avait qu'un peu de mal à s'intégrer, surtout après tout ce qui lui était arrivé. Cette pression dans son crâne n'était que trois gouttes de trop en même temps. 
      Elle est parvenue à se relever sans trop de mal, surprenamment. Ses pas étaient feutrés mais pas trop discrets. Elle voulait simplement que les gens se foutent complètement de la voir sortir. Et puisqu’il n’y avait que le bar d’ouvert, à quelques mètres vers le sud de là où elle se trouvait, il y avait que peu de chance qu’on ne la remarque. Elle pouvait se rendre au Fizztop Mountain, là où il faisait noir et où c'était elle qui surveillait les autres. Elle était tombée dans le jeu de son époque : les uns dominant les autres; tout le monde se voulait à la tête du Monde. Alors pourquoi ne pas se mettre bien haut et mettre qui on voulait sous une ligne de tir?

      Sauf peut-être Harvey. Harvey était un quelqu'un de simple qui veut survivre. Un pacifiste. C'est moins aisé dans un monde qui ne demande qu'à finir. Il a entendu ces histoires comme n'importe qui, du temps où l'humanité ne se tirait pas autant dessus qu'aujourd'hui. Ils existaient des moments pour ça, et tout le monde était d'accord lorsque cela arrivait. Ils se tiraient dessus jusqu'à ce que la personne derrière en aille assez, ce qui faisait de l'autre gang le gagnant. On appelait ça une Werre.
      Entraîner des gens pour se faire tuer dans ce Parcours, ce n'est pas la pire chose que cet esclave ait fait. Très peu savent cela, mais Harvey fait parti des habitants d'origine de ce parc. C'est surtout qu'on le garde à part de ses amis, et puis il a passé pas mal plus de temps de l'autre côté de ce train express pour le Commonwealth, à appâter de pauvres âmes perdues, ou des maniaques tueurs un peu trop sûrs d’eux. D'ailleurs, ce soir-là, celui où ils ont changé de Patron, jamais sa survie n'a paru lui échapper autant. Des militaires s'étaient rassemblés en dehors de la station. Alors lui, il est resté à l'intérieur, jouant les blessés graves inquiet pour ses proches, souhaitant inspirer la sympathie. Tout un groupe armé, entraînés et coordonnés. Harvey s'était fait des images d'espoir et d'horreur dans sa tête. Avec des renforts, ou même à eux seuls!, ils auraient pu s'en prendre aux raiders qui tiennent le parc en otage. Ça aurait probablement été pour les remplacer, voir exécuter ses habitants jusqu’au dernier pour avoir un camp de base rien qu'à eux. Et lui, l'esclave de Nuka World, qu'aurait-il pu faire pour éviter ça? Mis à part tenter de fuir, laissant derrière Chip et Aaron, Mackenzie, Katelyn, Maddox et les autres, pas grand-chose n’aurait pu être entrepris. Sauf que ces soldats auraient laissé quelqu'un pour le surveiller, et Harvey est tout sauf un combattant.
      Puis il y a eu ces coups de feu. Horribles. La Werre tonnait si fort, elle enterrait le vrombissement de ces foutus machines qui réchauffaient le train pour l'enfer. Puis, quand tout se fut calmé, après une interminable éternité, la porte de la station s’est ouverte. Des pas ont descendus les escaliers encombré de débris.
      C'est elle qui faisait son entrée. Passant une porte vers de la violence gratuite, comme elle vient de le faire juste là, en sortant du marché. 
      Harvey regarde son nouveau visage. Elles n'étaient pas là, ces marques, à leur première rencontre. Elles sont de sa faute à lui. Il a passé les deux derniers jours à vivre un certain réconfort de se voir rapatrié sur ce versant de la montagne, sans que ça occulte sa culpabilité. La rumeur de ce qui s'était passé avec Nisha lui est venue aux oreilles, évidemment. Devant les le résultat, il regrette amèrement que sa demeure ait fait une autre victime. Une victime sur le trône. Peut-être qu'avec des excuses... Ce fut ça seule préoccupation, depuis ce matin. 
      - Hey! Voulais juste dire... sans rancune, ok? lance le maître d'hôtel de cet auberge de la mort, le dos recourbé par l'anticipation et la honte.
      Elle ne le regardait pas avant qu'il ait parlé. Elle le reconnait. Maintenant qu'il a son attention, le regret de ses actions passées lui prend au tripes.
      La Patronne se dirige vers lui d'un pas décidé : décidé à se défouler; ça se voyait à son regard. Une fois à deux mètres de lui, elle sort son arme qu'elle tient à bout de bras, le canon vers sa cible. Elle avance l'épaule gauche devant, comme pour se protéger de quelque chose, comme si son corps était suffisant pour arrêter les attaques qui arriveraient de côté. Harvey n'avait jamais vu une telle posture, ce qui rendait la situation encore plus terrifiante.
      - Avance, ordonne la Patronne.
      Harvey n'a le temps de reculer que de deux ou trois pas, avant que sa reine ne commence à le traîner de force vers l'entrée principale.
      - Attends! Attends! C'est pas parce que j't'ai conduis ici que je regrètes pas c'que j'ai fait!
      Elle pousse quand-même, donnant des coups anormalement violents de sa main gauche sur son omoplate, l'obligeant à continuer.
      - Tu ne m'as pas dis que j'irais dans un piège mortel.
      - Je sais, supplie Harvey, et j'suis désolé.
      La seule famille qu'il lui est dans ce parc : une poignée d'étrangers, réunie avec les trois seuls vétérans de tout ce merdier, est tout ce qu'il lui reste. Il a bien essayé de s'expliquer à celle qui l'amène loin des regards.
      - Tu comprends ce que j'dis?
      - Ça va, j'ai pigé.
      C'est à ce moment qu'ils sont supposés arrêter de marcher vers la sortie, et à lui de soupirer "Merci, Grand Dieu!".
      - Si ça peut te consoler, je suis foutrement content que tu t'en sois sortie. Puisque que j'te dis que j'ai perdu les miens, quand Colter est ses chiens nous ont pris cet endroit...
      Elle range son pistolet .10mm pour saisir le fusil automatique d'un raider qui dormait là, complètement saoul.
      - Chaque fois que Colter m'envoyait pour attirer des gens dans son Parcours, j'ai pas eu le choix.
      - Peu importe, j'ai pas besoin d'entendre ton histoire de merde. Et tu baisses d'un ton si tu veux pas te faire trouer de balles.
      Là non plus, il sent qu'il n'a pas le choix. Ils ont échangé un Colter pour un autre Colter.
      Ils sont à l'extérieur des murs de Nuka World. Devant lui, le désert abandonné et silencieux déchire férocement ses espoirs de continuer ainsi encore longtemps. Il entend sa Patronne qui arrête sa progression. Harvey se retourne. Elle le regarde, son arme d'emprunt baissée à sa taille, pointant sur rien de dangereux. Derrière elle, la grande voûte à l'entrée, avec l'écriteau en grosses lettres attachées, tracés en couleur crème annonçant "Nuka World", comme une promesse sucrée venue tout droit d'un lointain passé, sourit à Harvey comme si cette promesse était toujours valide. Ça et avoir une plus longue vie.
      - Ça va, Harvey. Je comprends.
      Elle connait son nom. Elle semble plus détendue, également. Elle a changé d’avis, Dieu merci! L'homme dans la quarantaine peut soupirer de soulagement. C'est bon à entendre, pour lui. Il explique qu'il ne se voyait pas tomber dans ce genre de situations. Tout seul, au fond de son trou avec une Werre qui avait lieu au dessus de sa tête, il se croyait foutu. Tout comme à cet instant...
      - ... Bon, peut-être que je devrais y retourner, finit-il avant de faire un premier pas vers Nuka Town.
      Il la contourne sans respirer, juste au cas. Elle ne bouge pas. Pauvre fille. Ce qu'elle a dù endurer depuis son arrivée ici... Un bruit épouvantable le libère de sa réflexion. Ce sont plusieurs bouts de plomb qui sont passés par son dos pour que seulement quelques-uns finissent sur les piliers de briques, grises et poussiéreuses, qui forment les voûtes de la grande arcade à l'entrée du parc. Rien de si grave, si ce n'est des pointes très froides qui semblent avoir déplacé quelque chose de très solide, en plein milieu de ses épaules. Et puis il y a eu ces claquements insupportables, dans son ventre. Le déchirement et l'explosion de certains organes vitaux firent une sensation de brûlure qui s’estompa au moment où Harvey toucha le sol. Maintenant, il avait froid et oubliait déjà ce que ça faisait que d'avoir un corps. C'était donc que ça, se faire tirer dessus. Des pointes qui se glissent violemment à l'intérieurs, emportant chair et sang avec elles, des brûlures infernales momentanées et puis du froid.
      Cette dernière image ne restera pas longtemps dans sa mémoire, alors qu'il se laisse enfin succomber à la noirceur de cette nuit, comme lorsqu'il se forçait à dormir durant le jour. Cette fille, qui n'a plus rien à voir avec lui, s'éloignait pour retourner près des amis d'Harvey. Il a tout juste le temps de l'apercevoir laisser le fusil d'assaut à son propriétaire avant de disparaître. Plus rien ne semble si grave que ça, désormais. 


 

Modifié par Gabriel D. Arouth (Voir l’historique des modifications)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Il me semble qu'il y a moins de fautes que dans tes textes précédents. Mais il y en a encore pas mal, ce qui réduit le confort de lecture.

Il y a un certain style, je trouves que c'est le meilleur des textes que tu as posté ici. Il y a aussi pas mal de mystères sur les interprétations à avoir. En gros, je n'ai pas tout compris mais c'est sympa.

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Merci. T'es pas le seul qui n'a pas bien digéré ces textes. Les publications ont cessé aussi. J'ai même essayé d'effacer ceux sur N., mais incapable. Mais comme je connais un peu  mieux le jeu et que j'ai déjà toute l'idée pour cette histoire, je vais essayer de faire vite et surtout, garder cela concis pour le format Internet. Super idée de mettre la couleur des lettres plus grisâtre, en passant.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

La suite s'en vient aujourd'hui! Je finalise les corrections et je vous l'envois. Je sais que les publications prennent du temps, mais étudier les différents contextes du jeu, l'histoires des lieux, celles des différents personnages, les différentes possibilité de dialogue et comment les implanter dans mon histoire, est une tâche plus difficile que je croyais. Et bizarrement, Internet ne m'aide pas beaucoup.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Voilà la fin du Chapitre 1. :) 

Ouf! ça a été difficile à produire, avec ma vie personnelle dans tout le lot. Mais je suis toujours aussi motivé. Surtout après ce chapitre qui pose les bases de mon idée sur Nuka World. Même si je commence à avoir marre de ce DLC. D'ailleurs, est-ce moi ou Fallout 4 est moins percutant, niveau scénario, que fallout 3?

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Voilà la suite! Désolé encore pour le manque d'action violente, mais plein d'idées sont arrivées avec ce texte qui démarre le Chapt. 2. Va falloir encore une certaine mise en contexte, mise en place pour ce que je prépare à ces raiders sans scrupules de Nuka World :)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant

  • En ligne récemment   0 membre est en ligne

    Aucun utilisateur enregistré regarde cette page.