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1. BIENVENUE À NUKA WO... Ce truc est branché?

 

Chapt. 1: Tuer Colter

Part. 1    

Révélation

 

      Les acclamations étaient plus rageuses aux premiers instants, lorsque l'homme dans sa boîte de conserve a reçu le coup qui l'a fait s’asseoir, sonné et docile, sur la voiturette. Sans un visage pour suggérer son humanité, et en se repassant les insanités que renvoyait les micro-parleurs de son armure automatisé, alors le choix en fut simplement plus facile. Il a sûrement senti passer les deux pieds de métal froid dans son gosier; juste sous le casque, là où l'armure était plus vulnérable. Et comme si ça, ainsi que la douche électrifiée qu'il a reçu plutôt, n'avaient pas suffit, un petit bouton sur le côté du manche qui empêchait de respirer cet homme, lui envoya une nouvelle décharge. Il a arrêté de sentir ce qui lui arrivait, une fois que sa meurtrière lâcha prise. Vic, elle, respirait rapidement.
      - Les gens applaudissent de moins en moins, fit-elle pour elle-même, en regardant vers les cages qui entouraient l'arène.
      Cette arène était remplie de voiturettes à tamponner. Les couleurs étaient nombreuses, jaillissant des guirlandes qu'on avait suspendus ici et là, pour donner un air festif à toute cette violence. Il n'y eu pas de satisfactions, ni remord, pour l’infamie qui venait de se produire. Juste un nouveau vide et une tension dans la tête de la combattante, qui se tenait parmi les fous. Pour elle, tout ce monde pouvait être hostile. Ses yeux se laissèrent aller sur toutes les âmes qui ne clamaient plus la victime, et son audace. Ils restaient sous silence face à sa victoire.
      - C'était quoi ça, Gage?! avait encore laissé entendre cette voix invisible qui l'a suivi tout au long de son Parcours.
      Peut-être une victoire trop rapidement assumé. Elle était pourtant passée à travers une pièce remplie de canons automatiques qui captaient ses mouvements. Puis le stationnement… Elle a été brûlé, frappé et pire. On lui a demandé de vaincre quelqu'un dans un combat à mort et ce combat était arranger pour qu'elle réussisse. Pourtant, on ne semblait pas tous unanimes concernant son sort. Il leur en fallait plus.
      - Vous avez vu. On a tous vu ça. On a une nouveau Grand Patron.
      - Cette meuf?! T'es certain que tu confonds pas ta queue avec ta tête?
      Ça venait du deuxième étage, sur les estrades du côté jardin. On y trouvait trois loges improvisées, coupés de la scène plus bas par un simple grillage. Un mec se tenait debout dans celle la plus éloignée. Sa stature était droite, avec le torse remonté fièrement vers l'avant. Blond, et peut-être était-il peinturé au visage. À ses côté, il y avait deux personnes accroupis à ses genoux, rappelant une posture très bestiale. Ils portaient des masques de bêtes, d’ailleurs. La voix du chef se voulait un peu suave, comme s'il tenait à murmurer malgré qu’il parlait pour se faire entendre.
      - T'es mieux de savoir ce que tu fais, Gage, fit une voix féminine la loge la plus près.
      Sa voix à elle se voulait tout aussi suave que celle du Roi de la Jungle, traduisant volontairement un manque de santé mentale, voire une psychose assumée.
      - Hey! On en a déjà parlé. Elle a survécu. Elle a été assez futée pour suivre mes conseils. Assez dure pour buté Colter. C'est ce qu'on a besoin, maintenant. Quelqu'un qui pense. Montrez-lui du respect, merde!
      - Elle aura du respect si elle le mérite, fit une autre voix féminine, plus austère que la précédente.
      Vic se sentait jugé devant une cours d'injustices. C'était insensé de devoir faire la preuve qu'elle pouvait être aussi violente que tous ces cinglés, alors qu'elle n'a jamais demandé de s'intégrer à eux. On l'avait amené jusque là par la ruse, forcé à se battre contre son gré, sans se demander si elle avait le potentiel de survivre au Parcours d'abord. Puis elle se demanda qu'est-ce qu'ils faisaient tous là. C'était une sacré foule, pour assister au combat. Comment savaient-ils qu'ils devaient se rassembler pour ça? À moins que su été le jour-du-combat et qu'ils se sont déplacé AU CAS où quelqu'un se pointerait pour défier leur chef. Ça n'étonnait pas Vic une seconde, bizarrement. Elle a été enlevée par des idiots compulsifs pour gagner son droit de vivre, en plus d’un droit de régner Et eux, ils se refusaient à reconnaître sa réussite. Ça l’a mit très en colère.
      - Écoutez-moi bien, les ordures! s’enflamma elle en se positionnant vis-à-vis les trois loges rudimentaires de cette arène sordide. J'ai rien demandé, bordel! Vous enlevez des gens pour participer à ce défis de cinglés, avec pour récompense... HEY!
      Inutile. Après la troisième phrase, elle ne parlait plus qu'à des dos qui s'effacèrent derrière des murs. La championne de Nuka World s'est retrouvé noyée dans un marré de hurlements. Elle pouvait entendre les postillons être crachés de ses bouches infectes, empestant le vieux soda. Elle venait tout juste de gagner une journée de plus, ainsi que les clés d'un parc d'attraction. Un parc d'attraction recyclé en... quelque chose qu'elle ne savait pas encore jusque là. Et tout le monde s'en foutait. Même l'assemblée lançait un "rentre chez toi, gamine", à travers les souffles qui alimentaient tant de furie. Dans ses cris, ces coups-de-poings sur les grillages qui les séparaient du spectacle tout aussi sordide que les lieux, on pouvait sentir la rage du sang. Ils prenaient plaisir à regarder mourir. Vic caressa son flanc gauche qui brûlait de plus en plus, alors que l'adrénaline se faisait plus rare dans son système. Si ce n'était pas une mort violente qui l'entendait en-dehors de ces murs, une infection qui allait s’en charger lentement. Très lentement.
      - C'est bon, c'est bon, lança ce Gage pour freiner les ardeurs, comme si les spectateurs allaient se jeter sur cette pauvre fille pour la manger toute entière. Là, foutez le camp d'ici. Je vais montrer au Patron dans quoi elle s'est plantée.


      Le plan est simple. Tu trouves un guignole avec ce qu'il faut pour tenir ses trips dans son ventre tout au long du Parcours. Ça peut être une "Une". En regardant Mags et Nisha dans les yeux, tu sais que les femmes sont capables du pire. Quand tu l'as sous la main, tu la convaincs qu'elle est le patron, et que tout ce qui foulera son pied sera à elle. Des capsules étoilées doivent briller dans ses yeux alors qu'elle finit par se sentir en sécurité. Elle voudra alors rester, mais faire attention qu'elle n'enfle pas du bocal. Faut l'envoyer parler aux autres. Aux Familles. Et c'est pour ça que Nisha sera parfaite pour la ramener sur Terre.
      C'est ce que se dit Porter Gage.
      Nisha, à la tête des Disciples, est sûrement la plus folle dans trois chefs de Familles. Et rien ne le démontre mieux que son repaire. Elle s’est installée avec ses fidèles sanguinaires sous une montagne qui frôle effectivement la vallée dérangeante, quand on y regarde de près. Pas une seule lumière naturelle ne passe à l'intérieur. De nuit comme de jour. L'éclairage éternellement orangé écrase les contrastes du rouge-sang répandu un peu partout, tout en accentuant les teintes de rouilles presque à l'éblouissement. Mais rien ne peut atténuer ce qu'il se passe en ces lieux, car l'odeur de la mort y est terrible. Elle flotte comme les centaines de fantômes qui hantent l'endroit. Il n'est pas rare d'y entendre des cris. Que ce soit les victimes dans leur agonie, ou les tortionnaires qui font un mauvais trip. On ne connait pas sa belle mort, chez les Disciples et nos derniers souvenirs sont la violence.
      Là où la bande traîne, c'est l'ancien le dépôt de maintenance de la propriété. Au centre de ce rocher creux, une structure de béton a été érigée pour servir de fondation au Fizztop Grille, le restaurant-bar pour adultes du parc. Perché en plein milieu de la montagne. C'est là que Gage a emmené Vic.
      Vic, le diminutif de Victime, c'était le nom qu'on lui avait donné depuis le début de cette erreur. Elle venait de tuer Colter. Le patron de ce cirque. La pluie nocturne glaciale de mi-novembre coulait encore sur son visage. Elle était détrempée après le 1,7 kilomètre qu'il a fallu pour traverser Nuka Town. Jusqu'à ce lit. Sous la supervision du seul oeil de son... "bienfaiteur". Porter Gage, comme il s'est présenté. Il portait un flingue à la hanche et sa main opposée n'était jamais posée bien loin. Tout le monde était armé, dans cet abattoir, pas un seul permis nulle part. Elle ne se sentait pas plus en sécurité là, au-dessus de la petite multi-centaine de fusils et leurs gachetes faciles, qu'à la sortie de ce foutu tramway aérien.
      Ça, c'était le lit de Colter, et juste derrière elle, les affaires de Colter. Lui, il s'était installé dans la terrasse du grill, posé sur des piliers d'acier rouillé, à même le mont artificielle. S’ouvrant sur le sud, d’est en ouest, on s’y trouvait baigné dans la lumière, la plupart du temps. Sauf qu'à la sortie de la Grande Patronne de ce stade à auto-tamponneuse, il faisait nuit. Vic jetait son regard par le verre brisé qui faisait le tour du bâtiment, ce chaque fois qu'un éclaire s’y éclaboussait. Puis elle le fixait presque immédiatement sur cet homme, borgne, armée et avec cet air impatient, qui n'était pas l'ami de Colter. Probablement pas le sien non plus. Elle aurait aimé que ce qui venait de commencé puisse mettre fin à l'instant. Une fin heureuse, peut-être.
      - Tu veux crever, ou quoi?
      Il a remarqué qu'elle ne savait pas du tout comment gérer cette situation. C'est généralement là que le commun des mortels fait des gestes inconsidérés.
      - Et toi? riposta alors leur "Vic" qui a pourtant passé leur teste de merde. C'est pour ça que tu assumes pas le rôle de patron, pas vrai? C'est "pas ton genre". T'as la trouille, toi aussi.
      Porter Gage lui avait tout déballé. Le plan, suggéré ses motivations. Il lui a même dit donné un conseil, celui qu'il a suivi pour survivre à ce bordel. Savoir écouter, c'était apparemment toute la clé.
      - Parce que tu crois que ta grande gueule va te faire sortir d'ici? grogna Gage, qui ne voulait toutefois rien entendre.
      - Non c'est avec ton visage de borgne et le décalage vers la gauche du champ de vision que ça doit te donner.
      - Tu te crois maline, hein? Ce sera exactement l'excuse pour pas t'donner un coup-de-main, quand Nicha va faire de toi sa marionnette, suspendue à tes propres entrailles.
      C'était une solide répartie, elle lui a donné ça. Au même moment, sa brûlure au flanc, comme une alarme agressante à ses oreilles qui suivait les battements de son coeur, s'était mise à piquer douloureusement. Ce se trouvait être une lacération profond d'au-moins sept centimètres, qui fendait sa peau en deux comme un pain hot-dog. Le stimpack que Gage lui avait donné pris son temps à tout refermer. Sans parler de la brûlure qu'elle s'est fait au visage. Ces salauds ont enfermés leurs victimes dans la chambre de contrôle des générateurs, qui était remplie de gaz inflammable et de cafards géants. Eux, n’avait apparemment aucun mal à respirer les fumées invisibles. Il n'a suffit que d'une seule de ces bestioles pour percuter le pistolet qu'elle portait à sa hanche, puis l’envoyer au sol. L'arme sensible a éjecté une de ses balles en tombant et la flammèche qui en sortie enflamma tout le gaz contenu dans l'air. Vic s'est pourtant couvert le visage comme elle l'a pu.
      - Je ne verrai personne ce soir, vu? J'ai assez donné pour votre royaume de monstres illettrés. Je suis le boss? J'ai pas de compte à vous rendre, alors.
      Porter allait dire quelque...
      - Merci, bonsoir. Je vais essayer de dormir un peu et récupéré parce que demain, je vais chez les dingues pour parler business. Et par business, je veux dire leur dire qu'ils peuvent en faire ce qu'ils veulent, de ce trou à rat. Et de ta gueule. J'en ai rien à...
      Elle s'était mise en tête de s’asseoir sur le lit et commencer à enlever ses bottes. Mais ce Gage a coupé sa phrase, lui aussi, s'est mis à avancer vers elle de manière très sérieuse. Le temps qu'elle agrippe son .10mm pour viser, son adversaire avait déjà en main une bouteille vide. Le lancé fut si bien synchronisé que Vic perdit son momentum, surprise d'admiration devant cette prouesse. Elle l'a pris un plein figure et son assaillant en profita pour lancer son dernier élan. Il la plaqua au lit et martelas son nez énergiquement. Le rideau tomba alors que le spectacle avait toujours lieu. On y faisait jouer une lumière clignotante suivant les percutions. Le chef d'orchestre clamait un discours que Vic n'arrivait pas à enregistrer, qui se trouvait sous un assaut violent de coups-de-poing.

 
      Par terre, Gage regarde cette femme. Une vraie énigme. Il lui a fait une jolie arche de sang juste au-dessus des fausses nasales. Et elle ne s'est pas défendu plus que ça. Elle ne pleure pas non plus. Oh oui, il l'a bien entendu gindre, tout-à-l'heure. Quelques soubresauts muet et un couinement de détresse. Rien qu’il n’ait jamais vu. Sauf que c'est le genre d’attitude des couilles-molles à qui on met des colliers explosifs, ici. Pas à ceux qui survivent au Parcours et qui finissent pas tuer le chef du royaume. Ceux-là, ils festoient en arrivant. Ils boivent, ils prennent qui ils veulent, inspirent de bonnes doses de Jet. C’est la vie qui leur sourit, après tout. Plus besoin d’errer dans le wasteland avec les mutants, les scorpions géants. Même les synths de cette… Institue… ne passent pas la grande porte. Et elle, elle sent le besoin de chialer sur son sort. Gage va devoir sortir son arsenal de patience.
      Devant cette gonzesse, avec le poing légèrement abîmé, il vient de sérieusement compromettre son plan pour réunir les Familles de Nuka World. S'il faut qu'elle se pointe devant Nisha avec ce nez et cet air de chien en cage, autant se tirer une balle de 7.75mm toute propre dans le crâne. Pas question de laisser une seule neurone capter ce qui l'attend si elle foire. Parce que s'ils l'a butent, il sera le prochain. Heureusement qu'il a une idée.
      - Aller, lèves-toi, fait-il en lui tendant la main.
      Elle ne la prend pas, évidemment. Elle se lève comme une grande. Une femme, une vraie, ne va pas accepter de l'aide du mec qui l'a passé à tabas. Faudrait qu'il lui manque une sérieuse emprise sur la réalité pour faire une chose pareille.
      - Vas-y, ajoute-t-il en pointant la joue sous son oeil manquant. Elle ne met pas beaucoup de temps à comprendre où s'en va cette invitation. Elle devait déjà être prête. Tant mieux, c'était déjà assez difficile pour lui de le proposer.

 

 

Part. 2

Révélation

      Ce qui surprit le plus Vic, au sortant au grand jour pour la première fois, c'était le silence. Le wasteland était un endroit bien discret, la plupart du temps. Pas de circulation automobile de près où de loin, très peu d'oiseaux. Lorsqu'il n'y avait pas de vent, les journées chaudes, le silence prenait forme. C'était comme un brouillard invisible et électrique qui traversait le corps subtilement. Sauf le son. Les sons lointains semblaient presque pris au piège dans un enchevêtrement qui n'était tout simplement pas là. Elle l'a senti une fois. Elle était assise au milieu d'une mezzanine, sur le toit des Abernathy, qui était une petite ferme construite au sud-ouest d'où elle était sortie. Cela a fait changement des vrombissements tranquilles et constants dont Vic s'était habituée, dans son abri.
      Elle n'a pas trouvé un seul miroir, à l'intérieur du Fizztop Grille. Le restaurant avait d'or et déjà perdu le plus gros de sa gloire d’antan. L'entrée avait des tableaux accrochés à chaque mur sur un fond tapissé bleu, sur lequel des formes ovales se dessinaient avec des traits dorés, s'entre-croisant de mur-à-mur. La pièce principale se trouvait être une petite salle de danse, avec une scène très basse et des étoiles pétillantes qui jaillissaient et filaient sur fond noir. Les dessins invoquaient les bulles de Nuka-Cola, le soda à l'effigie du parc. Les tapisseries avaient été dévorés par l'âge à plusieurs endroits et cela n'avait plus l'air d'une salle de danse, avec ses stations de travail ici et là, ses tables et ses chaise dans le chemin. Cependant, elle tentait désespérément scintiller comme avant, avec ses petites bulles étoilés et malgré cette odeur de graisse brûlé venant des cuisines. Elle ne serait jamais plus que ça: une tentative d'éclat. Tout comme le visage de Vic. Son nez était probablement fracturé et s'était une chance que la seringue du Stimpack que Gage lui a laissé a réduit l'enflure. Elle espérait être présentable devant les tarés qui dirigeaient le cirque. Déformation professionnelle, sûrement.

      Elle voulait y aller seule, devant le jury. De toute manière, le coup qu'elle a donné à la gorge de son ravisseur a sûrement enflé son larynx. Il ne pourra pas respiré aussi bien, pendant un petit moment. Du coup, il était allé se tenir tranquille ailleurs. Elle s'était seulement arrêtée dans le monte-charge de fortune qui montait jusqu'à son palais, avant de partir. Les mains sur les parois en bois de la nacelle, la Reine d'un Parc des Dégentés écoutait les quelques sons qui animaient son royaume. Elle devait être à une cinquantaine de mètres du sol, tout au plus. Elle regardait l'humidité onduler devant les fenêtres chaudes de sa secoupe volante, après le violent orage de la nuit passée. Les dalles de ciments, et les herbes qui y poussaient au travers, avaient ce teint doré sec. Même la fontaine turquoise pourrie, au sud-ouest de la plate-forme du restaurant, était presque déjà vide de son contenu, malgré que les averses de la veille aient été abondantes. Et la plupart des feuilles qui ne se trouvaient pas en contact avec l'eau se faisaient ramasser sous une faible brise. Le Parc était de toute évidence dans une vallée, entourée de montagnes. Elle devait être immense pour éviter ainsi les inondations. Mais les entrepreneurs du parc avaient probablement fait construire un système d'évacuation des eaux. Tout comme ils ont construit ce Cola-hymalaya de cent mètres de haut, avec le gland tout blanc peinturé au sommet, pour faire croire à de la neige. À moins que su été l'écume de la fausse bouteille de soda géante, cambrée sur le versant est, qui s'était déversée il y a deux-cent ans.
      Pour ce que Gage lui a dit, la totalité des forces de Nuka World se trouvait dans le périmètre de Nuka Town USA, où elle-même se trouvait. Vic jeta un regard très attentif sur son environnement. Un étang gisait devant son "mountain palace". Elle s'est rappelé avoir contourné une zone, la veille. Sa douleure, dut à la blessure qu’elle avait au flanc qui résonnait comme une alarme dans son cerveau, lui a empêché d'entendre la pluie qui frappait sur le bassin. Elle ne réalisa que ce matin pourquoi le chemin pour se mettre à l'abri lui avait paru si long. Au matin, un mec était installé au centre de cette marre toute noire parsemée de feuille à ses extimités. On l'entendait piocher dans l'eau et jurer dés les premières lueurs du soleil. Puis un peu plus tard, des tirs se sont mis à retentir par intervalle régulier. Vic les entendait encore, alors qu'elle se trouvait appuyée sur son ascenseur de bois, dont la suspension se voulait minimaliste avec ses câbles rouillés et ses crochets hurlants. Le tireur venait de gaspiller plus d'une centaine de balles et ce, par cycles irréguliers durant près de deux heures. Ces sauvages ont soit un chargement de munitions très très importants, ou ils sont assez débiles pour les gaspiller sans réfléchir. Mais ce qui troubla Vic plus encore, c'est qu'elle s'était rendu compte que ce même "silence du wasteland" semblait engouffrer les tirs isolés de cette personne, alors qu’elle avait enfin trouvé une parcelle de civilisation, pour disparaître dans un inquiétant nul part. Comme si c'était un rêve. Alors cette douleure n'existait pas?
      Ici et là, les gens se levaient des différentes structures, que ce soit des bâtiments mêmes du parc ou des constructions de leur propre chef. Certains étaient encore en armure. Plusieurs de ces modèles étaient constitués de pièces en acier très encombrantes. Elle n'osa même pas s'imaginer comment les nuits pouvaient être pénibles, s'ils ne les enlevaient pas pour dormir. Et à leur réveil, ils se dirigeaient à peu près tous vers l'étang en premier. Vic eu un haut-le-coeur en pensant dans quoi ce mec pataugeait, avant même qu'il fasse assez claire pour y voir quelque chose.
      Elle pouvait compter dix-sept individus, par la vue ou le son. Comme on lui avait appris, Vic mémorisait se qu'elle pouvait de chacun d'eux. Leur apparence, leur ton de voix, une simple chose qu'il aurait été dit. La majorité de ses gens que Vic arrivait à percevoir portait un masque, également métallique. C'était un genre de voile cagoulé d’une visière d'acier travaillé, afin de couvrir la partie supérieur du visage. Seul un trait mince fendait la plaque solide. Pour la vue. On lui a aussi montré qu'il ne faut pas se laisser distraire par un détail manquant. L'information se manifeste toujours à un moment donné.
      Le terrain devant elle s'ouvrait sur ce qui était davantage un bassin pour embarcations de croisière plus qu'une pataugeuse. On pouvait voir une de ces barques toujours à flot, laissée statique dans son bassin immobile. Le périmètre de la coure était fermé par des murs de pierres ondulant et inégales ou des structures intérieures. Des arches la coupait des autres zones du Nuka Town. L’architecture faisait très française, alors que l'idée fermer ses coures intérieures ainsi lui rappelait davantage le château de Bolsover, en Angleterre. Vic admirait le caractère royal que prenaient ses privilèges, ce qui ne lui fit pas oublié assez longtemps qu’on l'avait enlevée pour jouer les Reines de l'Enfer. Vic se souvenait aussi qu'il y avait une structure circulaire, en plein milieu de la première coure qu'elle a traversée à sa sortie de l'arène. Elle pouvait se tromper sur la forme exacte, mais elle n'oublia pas ce qu'elle avait pu voir.
      La brique qui constituait les murs, ainsi que la taule de la partie inférieure de sa tour, semblaient avoir été peint en un blanc-laiteux qui a pu être rafraîchissant à regarder, autrefois. Les toits qui longeaient ce mur arboraient plusieurs teintes de bleu, parfois très claires. Seule la pointe des tours qui fermaient les arches était rouge.
      Les conversations ambiantes de ses sujets montaient pour lui rappeler qu'elle devait tomber dans un piège sordide, en allant rencontrer la bourgeoisie de Nuka World. Vic dû avancer pour répondre de sa victoire, mais elle ne comprenait toujours pas pourquoi.


      Gage ne perd pas son temps à s'apitoyer sur son sort, lui. Il connait trop bien le monde dans lequel il vit. Il regarde cette nana descendre de son nuage, comme si elle venait d'une autre planète. Il espère qu’elle saura faire face à la musique. Parce qu'elle n'a pas du tout la gueule d'un compositeur. Il commence à se demander en vain de quoi aura l'air le prochain candidat.
      "Quel prochain candidat?" se demande-t-il à voix basse, couverte par le son du moteur à poulie qui lui ramène sa dernière chance de remettre ce foutoir sur les railles.
      En parlant de railles, ça faisait un sacré bout de temps que personne n'avait emprunté le train d'embauche pour leur amener de nouvelles victimes. Des rumeurs d'un groupe militarisé qui garde l'entrée, de l'autre côté des montagnes naturelles, se faisait oublier peu à peu. Porter Gage, étant encore à ce moment-là le petit protégé de Colter la brute, pensait que c’aurait été ces mecs-là qui auraient débarqué. Peut-être qu'un où plusieurs seraient arrivés pour défier le Grand Chef. Des putains de soldats, merde! Ils n'ont pas dû faire long feu, à peine une bougie, si c'est elle qui est là. Alors quand cette gonzesse s'est pointée, le vieux raider n'y croyait déjà plus. Colter si, étrangement.
      En entendant les wagons glisser sur ce raille ancien suspendu et tout rouillé, tout Nuka Town s'est jeté sur les portes de l'Arène. RedEye, la voix de Nuka World du haut de son poste de radio, n'a même pas eu le temps de faire une annonce. Il jouait encore une de ses stupides chansons avec cette guitare qu'il maltraite en tapant trop fort sur les cordes, comme si de rien n'était. Et les chefs de Familles ont eu beaucoup de mal à appliquer la restriction. Car comme il faut surveiller les esclaves qu'ils ont à leur disposition, seulement la première moitié des hommes peuvent aller voir les massacres. Premier arrivé, premier servit.
      Colter disait sentir la tension monter chez ses hommes, comme le ciel qui se prépare à une de ses tempêtes radioactives. Il n'a pas regardé Gage lorsqu'il a dit:
      "Ce sang... Ce sang est bon. Va avoir tout un spec, cette fois."
      Gage frisonne en se rappelant à quel point ce mec était cinglé. Et elle, elle sera quoi dans toute cette histoire?
      Le petit monte-charge est à quai. Son nez n'a pas trop enflé. C'est déjà ça.
      - Bien dormit?
      Elle ne répond pas. Pas tout du tout. Gage remarque un peu mieux ses grand yeux pâles presque argentés, maintenant qu'il fait plein jour. Ils sont braqués sur lui comme les capteurs optiques d'une tourelle de défense automatisée. Ça ne va pas impressionner les autres, ça non plus. Elle n'a pas encore pigé.
      - Écoute. C'est Nisha que tu vas voir en premier. Elle va s'attendre à ce que tu la regarde comme ça. Elle va pas être tendre avec toi. Si tu essais de l'intimider avec ton feu dans l'regard, elle va te montrer que ce sera elle, la patronne. Tu veux éviter ça, je veux éviter ça et les trois autres guignoles aussi. Son truc, c'est les bains de sang. Et pour elle, t'es un p'tit canard en platoche.
      Combien de fois il lui faudra lui répéter ses avertissements? Gage a entendu dire que leurs ancêtres aimaient bien foutre des canards tout jaune dans l'eau quand ils se lavaient. Si la civilisation a tombé, c'est parce que plus personne n'avait le sens des réalités. Comme cette fille.
      - Tu comprends c'que j'te dis?
      La bouche scellée. Sa tête est légèrement inclinée vers le bas et elle a toujours ce feu dans les yeux. Comme si elle allait gindre plus que détruire ce maudit chateau. Ce n'est pas parti pour un tour.
      - Les Disciples sont par-là, sur la gauche. Longe la montagne et tu trouveras une porte gardée.
      Elle ne lui répond pas. Pas du tout. Elle marche vers sa mort et celle de Gage. Il lui reste quoi, après tout, sauf peut-être attendre qu’elle vienne à lui pour de bon?

 
      - Allé, ma belle! Tu sais qu'c'est nous qui d'vrait diriger. Pas cette fiotte que Gage nous a trainé.
      - On lui laisse une deuxième chance. Si Gage se fout le doigt là où j'pense, il sait dans son froc qu'on va l'écorcher vif. Alors vous la fermez et patience.
      Dixie, la petite Dixie personnelle de Nisha, ne se contentera pas de ce faire dire le plan. Elle a attendu ce bain de sang trop longtemps, où elle pourrait danser avec la tête des "jumeaux" Blacks entre les bras, à pieds joints dans une compote de bouffe à Yao Guai, faite des restes de ces crétins du Pacte. Elle le veut tellement qu'elle se tourne vers un mec pour la seconder sur cette motion.
      - Et toi, gros taré? T'as rien à dire à c'sujet?
      - Tant qu'elle s'met pas dans mon ch'min, rien à foutre, fait Savoy, l'un des deux lieutenants de Nisha, en tournant sa tête vers la louve qui fait son entrée au même moment.
      - M'attendais pas plus de toi.
      Autant Nisha est obligée de s'avouer qu'elle leur doit tous les deux ces dernières années, qui furent très productives. Elle n'a pas à supporter leurs enfantillages et après tout, elle ne leur doit rien. Mais maintenant que la petite nouvelle est arrivée, la cheffe des Disciples a un bon prétexte pour changer de disque et les mettre dehors. Il est temps de jouer la musique qu'elle préfère à ses oreilles. Elle aura peut-être l'occasion de la faire monter au crescendo, ce matin.
      - Vous deux, sortez d'ici. Et assurez-vous que les autres ont le message.
      Ça se voit que Dixie-chérie veut ajouter quelque chose. Mais maman ne va pas la laisser finir. Elle s'en va et ne dit rien. Elle ne bouscule même pas son invité. Savoy, lui, il prend son air instigateur envers leur invité et va sortir une phrase toute fait. Voilà, et lorsqu'il lui dit, à cette Patronne, de se référer à sa maîtresse, il a une pointe d'amusement. Il lui a laissé savoir sans rien dire que Nisha voulait barbouiller le visage de cette intrus pour de bon. Et pas seulement d'un nez fracturer.
      - Heh.
      Elle s'introduit d'elle-même. Nisha se doutait que la Patronne viendrait à se montrer du respect pour sa personne, maintenant qu’elle se croit en-haut de la chaîne.
      - Alors, c'est toi le nouveau projet de Gage. T'es... son p'tit chaton, au moins?
      - Et toi t'es qui? Sa mamie?
      Nisha prend un temps pour répondre. Agressive. La Guide des Disciples n'a pas oublié comment cette fille bougeait, dans l'arène avec Colter. Un des rares moments récents qu'elle a osé regarder de ses yeux. Elle n'a pas oublié sa précision. Pourtant, la voilà avec un son jeu de femme forte, alors qu'elle suit les ordres de Gage comme un bon petit soldat effrayé. Puis, il y a ce nez. Elle a perdu un premier round. Elle ne gagnera pas celui-ci non plus.
      - Si j'l'avais été, j'aurais tranché la gorge de ce merdeux y'a des années. Gage ne sera jamais l'un des nôtres. C'est un échec, suspend Nisha avant de sourire sous la visière sans fente de son masque infernal. Il est chanceux qu'on lui donne cette seconde chance.
      Nisha s'arrête encore. Son interlocuteur est immobile. Elle peut le sentir sans la voir. Si elle est prête à charger, vaut mieux qu'elle bouge déjà. D'une reine à une autre, elle l'invite à escalader sa tour. Voir si elle peut la déstabiliser un peu.
      - Tout le monde sait qu'on voulait la fin de Colter, lance-t-elle plus amusée. Bien sûr, si on m'avait laissé faire, la procédure aurait été plus lente et douloureuse.
      La vantardise n'est pas autant le fort de Nisha, plus la philosophie. Et ces salutations commencent déjà à l'ennuyer.
      - Je guide les Disciples. On a qu'une seule règle ici, et ça a accordé une certaine paix à cette... alliance. Sinon, de la façon que j'le vois, ce monde a cessé de se préoccuper de règles le jour où il s'est lancé des bombes dessus.
      - Je paris que vous tenez des teufs d'enfer.
      Sarcastique. La petit suit presque au pas, à un peu plus de deux mètres de distance de Nisha, qui la précédé dans son antre des laideurs. Tous les malheurs et la cruauté de ce wasteland aurait pu avoir connu naissance ici. Nisha en est très fière.
      - Si tu prends notre côté, tu verras bien. Seulement, ne lésine pas sur le travail.
      Alors que les deux femmes montent l’échafaudage de passerelles qui grimpent tout le monticule de béton qui centre l’intérieur de cette montagne artificielle, les pas de sa suivante se font peu hésitants. Peut-être qu'elle craint d’arrivée là-haut, tout en aillant peur de retourner en bas et devoir repasser devant Papy-Veut-Ses-Têtes, puis les Triplets, embrochés à l'entrée du baraquement aux pieds de l’échafaud. Ça ou elle écoute les lamentations des deux prisonniers qu'ils ont enchaîné au rez-de-chaussé. Oui... ce doit être ça, car la respiration coupé que lui lance cette gamine est emprunte de crainte et de colère. C’est amusant, on dirait qu'elle n'a jamais vu à quel point ce monde est cruel. Plus cruel que Nisha, encore. Si elle voyait le mannequin, un peu plus bas, sur lequel ses Disciples ont accroché d’eux-mêmes une tête d'où pendouille encore la colonne vertébrale entre ses mains de plastiques. Les deux se font un gros bisou et ça a fait marrer pas mal tout le monde.
      - On a pris Nuka Town pour Colter. Et juste comme ça, il a décidé d'oublier le plan d'assemble.
      Puis Nisha se tourne vers le nouveau pion pour lui montrer clairement qu'il s'agit d’une menace:
      - On sait tous comment ça a fini.
      Mais Colter n'avait pas que de mauvais côtés.
      - Je lui donne ce crédit, par-contre. Il a monté ce "Parcours", après tout. Ça a gardé nos hommes divertis. Les Opérateurs aussi, même si les Blacks ne voudront pas avouer qu'ils sont une bande de meurtriers.
      Comme tous ceux qui portent une arme, ici, pense Nisha. Au départ, le petit jou-jou de Colter n'avait rien de bien méchant. Ce type n'avait aucune imagination. Alors les Disciples ont apporté leurs modifications personnelles au Parcours.
      - C'était assez... impressionnant... fait la "Patronne"
      ... pour un piège mortel, doit se dire la carcasse parlante qu'on a mit sur le trône. Nisha ne veut pas d'un coeur tendre chez elle, s'il n'est pas enfermé dans l'une de ses cages, au sommet de leur destination.
      - Bon de savoir que la Patronne a du goût, répond Nisha, jouant la comédie, ignorant les sentiments derrière ce que disait son invité, et pour donner un impacte différent à sa prochaine réplique. Peut-être que je vais te laisser garder ta tête, après tout.
      Le froid acide de la peur est une chose délectable, pour la cheffe des Disciples. Elles poursuivent leur ascension. Elles passent devant pentagramme inversé qu'elle et Dixie ont fait avec des files de barbelé, pour y accrocher des corps. La lumière qui tape sur le sang par terre renforce l'effet de rouille orangée qui sert d’ambiance dans leur repère. Toutefois, l'odeur ne semble pas déranger l'étrangère. Il y a définitivement quelque chose de contradictoire chez cette fille. Espérons que Gage a raison sur elle. Il a fait tellement de promesses pour les conduire jusqu'ici. Elles n'ont jamais donné suite. Nisha ne va pas tolérer un autre round de conneries.
      - On a besoin de quelqu'un qui n'aura pas peur de se salir les mains de sang, qui est prêt à faire de vrais changements, dans le coin. Tu vois, on fait pas de menaces en l'air, ici. On sait les tenir. On est pas épris par les capsules comme ces obsédés des belles coiffures d'Opérateurs, ou ses sauvages qui savent se t'nir en public du Pacte.
      Les deux sont arrivés au sommet. La pauvre enfant est prise au piège. Elle va devoir traverser une armée de ses psychopathes en puissance, tous armés, pour éviter ce qui l'attend. Ça, ou lui dire exactement ce que Nisha désire entendre. Elle se tourne vers la victime, le regard fixé sur elle sans la voir. La petite a peur. Elle tourne les yeux sur les cages remplis de restes de cadavres sans noms, ou la piaule de Nisha derrière elle. Des bras, des jambes, des viscères sont amassés dans ces cages, rouges du sang qui abonde sur tout l'étage. Nisha note les signes d'angoisse juste par le son et par les muscles des mollets de la petite qui se tortillent dans les deux sens.
      - Fous la merde, et je vais te tuer. Quoique, j'ai de meilleurs plans concernant Gage. Mais si tu penches pour nous et que tu remplis tes promesses, comme une gentille petite Patronne, on va te couvrir, tu vas vivre, et tout le monde y gagne.
      C'est le moment. Nisha attend sa réponse. Allé! Joue ta dernière carte.
      - J'fais pas de promesses, et tu vas faire c'que j'te dis.

 

Part. 3

Révélation

     - Mags, on a un problème.
     C'est ce qu'a dit son frère, William, alors qu'ils s'apprêtaient tous les deux à se faire arrêter par les autorités de Diamond City, le joyau du Commonwealth du Massachusetts. Les gardes de la ville, avec leurs plastrons en cuir à peine assez bons pour résister aux balles, sont venus les chercher dans leur demeure située sur les niveaux supérieurs. C'est sur les estrades de "Stade-de-Baseball-City" qu'on retrouve la classe privilégiée. Leurs parents étaient absents, ce jour-là. Ça en disait long sur leur implication dans cette arrestation.
     "Papa et maman nous ont vendu aux gardes".
     C'étaient deux jeunes de la bourgeoisie qui s'en sont allés en prison. Ça a fait tout un scandale, dans la communauté et il y avait un nouveau journal en ville pour couvrir l'affaire. "Le Suicide? de Darlen Summers. La petite muette des ruelles du City Market, membre tout à fait fonctionnelle et inoffensif de la communauté, se serait jetée du haut des balcons. Trois articles en trois jours, détaillant la vie de la victime, ses habitudes de toxicomane malgré son maigre salaire de pilleuse. Son rapport avec la population du marché central était très bon; et ce foutu papier n'a pas oublié de mentionner l’étrangeté du putain d’angle de chute du corps. Cette vipère de Piper Wright est allée jusqu'à faire appelle au détective de la ville pour analyser la scène du "crime". Mags aurait dû pousser l'exile de cette boîte à boulons avec sa face de cadavre synthétique qui sert de privé à ce maudit stade, avant que ce soit lui qui pousse la sienne.
    Il flottait un mince brouillard étouffant, au bloque cellulaire: c'était la fumée de ces gardiens qui alignaient clops après clops à l'intérieur même des murs. L'odeur était tout simplement écoeurante. Ce gros lardon de maire McDonough a retenu Lizzie pour conclure un marché, alors elle n'a pas supporté l'air infect des lieux aussi longtemps que ses amis. Elle aurait pu témoigner contre les enfants Black pour la mort de Darlen Summers et éviter l'exile. En bonne fille qu’elle est, elle n'en a rien fait et a accepté courageusement les conséquences de sa "nouvelle liberté", a-t-elle dit durant son interrogatoire.
     Après ce qui a semblé être toute une journée sans voir le soleil, Mags et Willaim reçurent un holotape avec un enregistrement de leurs géniteurs. Maman a parlé pour les deux, parce que papa n'est né qu'avec une seule couille. C'est une chance qu'elle ait eu le temps de faire naître ces deux prodiges avant de se ramollir. Même si ces deux prodiges venaient d'être bannis de Diamond City par leurs parents. Les trois contrevenants ont pu rire grassement de ce dernier message, qui fut le moment le plus agréable de cette journée. Par nostalgie, il arrive à Lizzie de personnifier maman Black avec une grimace si ridicule que Mags ne peut s'empêcher de pouffer rire. Ça l'amuse encore de se dire qu'elle tombe chaque fois pour cette blague, comme si sa protégée était un gaz hilarant à elle seul.
     "Toi et Bill avez trainé le nom de Black dans la boue pour la dernière fois" avait laissé entendre leur mère sur ce bout de platique merdique. Pourtant, ce n'était que de la came, comme on en trouve à profusion dans tout le wasteland. C'est à croire que ce désert putride en est lui-même le producteur. Sauf que Lizzie a ce talent unique pour en fabriquer. Mags n'a trouvé personne qui ait son pareil pour jouer avec le bon enzine afin de faire ce qu'elle veut de quelqu'un. Et comme tous les commerces du marché central avaient déjà été pris depuis la nuit des temps, plus moyen de tenter sa propre chance ailleurs que dans les secteurs que Diamond City avait procrit. Cela vallait-il de défier l'autorité despotique des Black Séniors? Cela vallait-il la peine de tuer cette junky? Mags s'est répété ces questions en silence, alors qu'elle attendait d'être jetée dehors des murs de ce vieux stade pourri, rempli d'imbéciles qui se foutaient hypocritement de tout le monde. Elle savait que ce choix, celui que William, elle et Lizzie avaient fait, était justifié. C'était un moyen rapide et sécuritaire de faire plus de caps que n'importe qui dans ce troufion tout vert et lumineux, comme un panneau "VENEZ NOUS PLANTER" en pleine nuit, en plein centre-ville de la vieille citée de Boston. Mags décida alors que ce monde était une mine d'opportunités, et la cruauté s'installait très confortablement entre chacune d'elles.
     - Qu'est-ce qu'il y a, William? demande Mags, alors que sa puce à l'oreille se doute bien de ce qui inquiète son frère.
     Sauf que Bill n'est pas seul. Le laquait de feue Colter est avec lui, et ce dernier a les mains imbibés de sang, tout en tenant ce qui semblait être un gros bracelet avec un écran dans l'une d'elles.
     - Qu'est-ce que tu as fait, Gage? demande maintenant Mags en claquant des doigts pour appeler la gâchette la plus proche.
     - Relaxe, chérie, soupir le coupable en se foutant complètement d'être mis en joue. J'ai rien fait qui s'répare pas.
     - Tu m'appelles encore comme ça...
     - Ouais ouais. Ça va, j'veux garder l'oeil qui m'reste. Super original, ton truc. Mais on a des problèmes plus graves que mes manières, votre reineté. Nisha va gagner la partie.


     ... et tu vas faire c'que j'dis. Je sais, moi, les vraies raisons pourquoi personne ne s'est encore entre-tuer, ici. Vous avez la trouille de la petite armée, dehors. Oui, des militaires... entraînés... des machines à tuer qui ne causent pas avant de buter. Qui ne montent pas des plans entre eux pour descendre l'un des leurs. Ils s'amassent de l'autre côté de ces foutues montagnes. Et ils vont pas arriver en train, eux. Quand ils seront débarqués, ce sera la guerre. Vous allez avoir besoin de monde, et puis de quelqu'un avec la tête froide. Si vous êtes trop occupés à vous tirer à la gueule, ça va être une boucherie, ici, et c'est vous l'tartare. "Fous la merde, et je vais te tuer"? J’vous dois rien. C'est VOUS qui m'avez piégée ici, et j'suis pas celle qui a démarrée une putain d'guerre-civile dans ce parc de merde. Alors tu m'donnes pas d'ordres.
     Vic a trouvé que c'était logique. C'étaient de bons arguments, mais cette folle n'était sûrement pas au courant pour les militaires rassemblés à l'extérieur de Nuka World. Vic n'a pas remarqué que Nisha souriait derrière son casque. Elle l'a fait uniquement en tirant les joues vers le haut, de sorte qu'elle sourit avec ces yeux plissés plus qu'avec sa bouche. Un sourire de prédateur que Vic ne pouvait voir, sous le heaume terrifiant qu'elle portait.
     Elle a commencé par saisir la lame que cette gamine avait confectionnée pour Vic à parti de pièces de robots, et que cette dernière avait laissée dans la gorge de Colter, après le combat. "C'est une belle lame" lui a Nisha dit avant de lui enfoncer sous la clavicule gauche. Surprise, elle s'est étonnement laissé traîner jusqu'à un bassin monté sur pieds rempli de sang et d'instruments de mort. Vic voulut se débattre, mais la tension qui dévorait chaque muscle de son bras gauche, après que son attaquant est envoyé le courant qui avait achevé ce Colter, sur-stimulait également son cerveau. Elle a pourtant vu la scène se produire devant ses yeux, sans qu'elle y fasse quoique ce soit pour l'éviter. Ces réflexes s'étaient barrés probablement après ces coups que Porter Gage lui a logés en plein visage. Puis elle s'est dite que peut-être se serait une bonne chose de se laisser échouer. Encore.
     "Tu sais, on en a vu d'autres, et des plus coriasses. Colter était un vrai taré, lui", a commencé Nisha, penchée sur sa Patronne, tournant la lame dentelée légèrement pour toucher l'os. "Quand tu veux intimider quelqu'un, tu cause pas. Tu y vas par l'action. Ça peut pas être seulement avec ta grande gueule. Même ça, je lui reconnais à cette limace de Gage. Il sait comment ça marche et la preuve est sur ton nez, connasse. Si on s'est pas tous foutu sur la gueule, dans ce château de merde, c'est parce que l'avenir de Nuka World, ET du Commonwealth, se décide ici. Maintenant. On veut tous not'e part. Et pour une raison qui m'échappe, tu vas y jouer un rôle. Vois ça comme ton destin, j'en ai rien à chier. Fais-toi un beau rêve tout mignon dans ta tête pour échapper à la réalité. Ça va vite passer, crois-moi."
     Puis elle l'a relâché. Son sourire se voulait plus franc avec des dents incroyablement blanches pour l'époque. Elle respirait avec une certaine exaltation. Le monstre qu'était Nisha disait avoir attendu ce moment si longtemps : celui de tenir le Patron de Nuka World sous ses griffes. Il aurait manqué qu'elle se caresse d’extase devant la scène.
     "Mais tu vois, ce plan me répugne. Heureusement, il va pas t'nir debout. Toi et cette crotte de Gage non plus. Mais si je me débarrasse de vous deux moi-même, on va avoir les deux autres Familles sous le deux. Le Pacte a de féroces combattants, malgré que ce soient des animaux sans cervelles. Et cette garce de Mags pourrait nous empoisonner tous d'un coup, avec les concoctions de sa chimiste. Elle pourrait saisir l'occasion pour rafler tout le parc et ça, c'est hors de question."
     Tout aussi heureusement pour elle, Nuka World était un endroit dangereux, selon elle. Derrière chacun de ses attractions, on pouvait y trouver un danger mortel certain. C’est exactement ce qu’espère Nisha pour les deux clowns savants qui se croyaient maîtres du château. Elle et Porter. Ils allaient se faire tuer par leur propre royaume.
     Il n'y a plus de miroirs sur le wasteland et la prisonnière de ce cauchemar commençait à comprendre pourquoi. Des casques ailés en acier tranchant, avec des visières bosselés qui couvrent la vue... et la raison. Nisha est revenue auprès de Vic et après un moment d'intimité, très sensuel où elle laissait glisser ses doigts sur son visage comme sur une pente de ski, elle a enfin retiré son haume. Ses yeux étaient grand-ouverts, entourés de maquillage noir pour en faire ressortir tout le plaisir qu’elle eut en torturant Vic. La pointe d'une des trois dents, qui descendaient sur la visière de métal opaque, servit à tracer plusieurs parcours tout autour des traits de sa victime. Elle lui racontait des histoires tandis qu'elle s'exécutait. Comme la rencontre de Colter et ce RedEye, qu'on pouvait sur tous les postes de radio de la zone. Le contexte ne s'y prêtait pas du tout. C'était d'une platitude débile. Nisha voulait que Vic comprenne la différence entre les Disciples et le reste des idiots qui habitaient ce parc.
     Elle prenait son temps alors que Vic ne faisait toujours pas d'histoires. Les cicatrices rouges que cette sadique lui laissait ne touchaient aucune fonction importante de son visage. Elle prenait soin de ne pas entailler un oeil, ou s'acharner autour de la bouche. "Je vais te laisser ton nez comme ça", a-t-elle ajouté avec un ton presque enfantin. "Il te va à merveille." Quand elle eu fini, elle conclu en disant que maintenant que Vic est marquée par les Disciples, elle n'avait plus intérêt à les décevoir.
     "Cours vers ton petit chien-chien borgne, fillette. Oublis pas c'qu'on attend d'toi. Tu vas faire ce que JE te dis, et crever loin d’ici" fit la dominatrice du pire donjon de la création. Nisha arracha l'arme de l'épaule mutilé en prenant soin que les dents du revers de la lame ne finissent pas le boulot. Elle voulait également lui laisser son bras. Vic tremblait de tout son corps et ses yeux convulsaient par moment. Ce n’était qu’un cauchemar, alors pas la peine de se défendre. C'était inutile de remuer la ruche alors qu'elle se trouvait encore à l'intérieur. Elle s'est seulement redressée pour courir tout l’échafaud de passerelles qui la sortie de cet enfer, les mains sur son âme tailladé et manquant de trébucher par-dessus les rempares de sécurité. Vic a affronté les regards de tout les Disciples qui passèrent devant elle, les voyants comme des abeilles prêtes à finir ce que la reine avait commencé.
     Gage l'attendait devant les portes du Fizztop Mountain, au rez-de-chaussé. Ils ont passé par la réception au lieu de prendre le monte-charge, pour rester à l'abri des autres cinglés du parc. "Putain, mais qu'est-ce que t'as fait, merde?!" consolait le raider, alors qu'il lui injectait des doses et des doses de Stimpack qui la perçaient jusqu'aux os. Certaines plaies saignaient encore malgré le traitement à la seringue magique. Porter a dit que c'est probablement à cause des radiations qu'elle s’est prise durant le Parcours. Il parait que ça freine l'agent d'accélération cellulaire jusqu'à un certain point, ou quelque chose comme ça. Vic allait devoir se faire à ce nouveau visage.
     Elle se voyait maintenant tombée dans le cul-de-sac d'une ruelle sombre, la nuit, poursuivit par une horde de maniacs. Au moins, elle était toujours en vie. Gage est resté avec elle le reste de la journée, à changer ses bandages et ne pas dire un traître mot. Vic comprit que passer par ce cul-de-sac, c'était son idée à lui. Il devait commencer à s'en rendre compte, également, car il courait main dans la main avec son "pet-project" ambulant. Gage a mentionné qu'il restait encore deux autres gangs à rencontrer. Vic en a eu assez pour une journée, sauf que la manière qu'elle lui a exprimée la chose a laissé croire à ce tas de merdes qu'elle n'en avait plus rien à foutre. Que ce dernier panique un peu, elle trouvait que c'était de bonne guerre. Mais ça n'avait peut-être plus d'importance, désormais.


     - Où a tu trouvé ça? demande Mags à Gage, pointant le bracelet qu'il avait en main.
     - Caché dans une de ces boîtes rouges, à côté du train; juste à l'entrée du Parcours.
     - Alors...
     - Alors, soit on a un cadavre sous les bras, avec une bombe à retardement dans les tripes qui va nous sauter à la gueule, en mourant... soit elle va flipper et travailler pour  Nisha, synthétise William. Dans les deux cas, on est mal.
     - C'est pas ça que j'dis, bordel.
     - Du calme, William.
     Mags trouve en effet cette situation très fâcheuse. Nisha qui gagne du terrain par l'intimidation, ça n'a rien de nouveau et ils auraient tous pu s'y attendre, venant d'elle. Sauf que ça fait tellement longtemps qu'ils ont tous attendu que ce moment arrive, les Black ont fini par cesser de s'y préparer. Concentrés sur leur sérum pour manipuler les esprits, ils ont perdu leur vigilance face aux problèmes que posent les deux autres Familles.
     - Gage, tu crois pouvoir lui parler?
     - J'sais pas.
     - Tu n'as vraiment rien pu en tirer? Qui elle est, ce qu’elle fait dans le coin? D’où elle sait se battre?
     - Désolé, Mags. Tout c'qu'on sait jusque là, c'est qu'elle a un de ces Pip-Boy.
     Le Pip-boy. Un artefact rare encore de nos jours. Ce petit ordinateur portable fait tout ce qu'un explorateur du wasteland, du débutant incapable à l'expert de la survie, veut. Son écran vert à haute résolution graphique offre une carte en temps réel de sa localité, une interface médicale qui affiche les signaux vitaux de son porteur, enregistre des holotapes ou perçoit les signaux de télécommunication; on peut même y jouer des jeux-vidéos d'avant-guerre. Cet engin se porte au poignet et est offert en version droitier ou gaucher. Seuls les habitants d'abris souterrains de chez Vault-Tech portent ce genre de technologie, en général. Si ce que Gage dit est vrai, c’est un peu dissonant car cette fille ne l'avait pas, à son arrivé dans l'arène. Mais effectivement, elle aurait pus le cacher en débarquant du train. Mais pourquoi?
     - Tu es certain que c'est l'sien? demande Mags.
     - Ça expliqu'rait son air de vierge qui s'est pas encore fait passé sur l'cul.
     - Alors notre Patronne est l'un de ces Habitants de l’Abri?
     - Ou elle en a refroidi un, suggère William, plus pragmatique. On l'a quand-même vu buter Colter comme une tueuse.
     - Hum...
     Mags ne sait pas trop quoi penser de tout ça. Suivant la théorie de "l'habitant de l'abri", ou même celle de la tueuse "d'habitant de l'abri", elle ne peut qu'être d'accord avec Gage: cette petite connasse est spéciale. Sa réserve et son tempérament de victime ne collent pas avec la combattante qu'il y avait dans l'arène. Elle cache quelque chose... et c'est le bon moment de lui tirer les verres-de-sang du nez, puisque la voilà qui arrive.
     - Tu peux y aller, Gage. On s'en occupe.
     La Reine de Nuka World pénètre la pièce comme si de rien n'était; comme si elle n'avait pas un douloureux graffiti sur le visage et que ses vêtements n'étaient pas tachés de sang.
     Le Parlor est un autre de ces restaurants où on s'y assoyait pour prendre du bon temps et y écouter des crooners. Là où c'est la mezzanine du Fizztop Grille, avec sa baie vitrée donnant sur l'étang de Nuka Town et le ciel ensoleilé du sud, qui constituait tout son intérêt, le Parlor, qui se voulait plus familliale, avait une grande salle à manger qui pouvait accueillir près de deux cents personnes. Cette pièce centre tout l'établissement et bien sûr, maintenant, toutes les pièces ont été reconvertis. Toutes sauf peut-être la cuisine, qui est bien plus importante que celle du 'Grille. Et  contrairement au 'Grille, la décoration se voulait plus classique et sobre, avec ses murs de lamelles en bois brunes, ses rideaux rouges qui pendouillent encore autour de la scène qui trône les tables-à-manger, elles aussi rescapés du destin. On peut également y voir un vieux micro Acapalooza tenir devant un public absent. Mags et ses hommes ont fait des efforts afin de garder l'héritage de ce lieu de rassemblement à leurs ailleux. À quelques exceptions près. Un peu partout, les Opérateurs ont greffé un symbole peints sur toute sorte de surfaces, comme derrière le bureau de la réception. C'est un coeur noir au milieu d'une mire de tir, orné de trois points dégoulinants comme trois empruntes de balles encore sanglantes. Mags en est très fier, de ce petit palais.
     Cette fille, qui vient tout juste de débarquer dans ce monde, regarde Gage passer devant elle sans émotion. Ou plutôt, oui, elle fait tout ce qu'elle peut pour les cacher. Ça promet d'être amusant.
     - Eh bien... Je suppose qu'on vous est tous très redevables d'avoir descendu Colter, vouvoit Mags, pour faire sentir à son invité qu’elle pourrait être importante.
     - Ce mec était un crétin, ne peut s'empêcher de couper le petit frère, comme en symbiose avec l'esprit de sa soeur. Il nous a tous fait passer pour des cons.
     - Un clown coincé dans sa petite voiture, ajoute Mags en référant à l'armure automatique qui le traînait partout.
     - Je suppose que c'est d'un certain réconfort que j'lui ai donné ce qu'il méritait, lance cette femme qui se croit aux commandes.
     Amusant, c'est exactement ce à quoi Mags pensait.
     - Je veux savoir: qu'avez-vous senti quand vous l’avez fait? Quand vous avez mis ce tas de merde à genou pour lui enfoncer cette lame dans la gorge?
     - Vous voulez savoir quoi, vous deux? Si ça m'a excité à l'intérieur? Si je regrette ce que j'ai fait? Pour savoir si j'ai ce qu'il faut pour le poste? Ou est-ce que ça m'a gonflé de le faire? Tout comme cette conversation, d'ailleurs. Et pour votre gouverne, cette "lame" dont vous parlez, m'a défoncé l'épaule, merci de vous en soucier. Et puis j'en ai une question pour vous, moi. De quoi vous parliez avant qu'j'arrive?
     Mags n'a rien d'une personne empathique. Elle vendait de la came aux jeunes de Diamond City avant que cette pouffiasse sorte de son cocon souterrain pour arriver dans le vrai monde. Sauf qu'elle est réfléchis, modérée et elle sait que ça ne sert à rien d'afficher son autorité par la violence, ou encore répondre à celle-ci. C'est bas et c'est le meilleur moyen de tout foutre en l'air quand l'oeuvre de sa vie ne tient qu'à un fil.
     - Hey! Tu lui parles pas comme ça.
     William, par-contre, ne réfléchit pas toujours aussi calmement. Il les aime, ses muscles sous son armure de "chevalier" rouillée. Pour Mags, la sienne ne fait qu'arrêter les balles.
     - Ça va, William. Eh bien, vous, Patronne. Vous êtes... une donnée inquantifiable. Et on est intéressé de savoir à qui on a affaire.
     - Alors, si tu pouvais juste répondre à la question, ça nous arrangerait.
     Bill traite leur invité de marque comme n'importe qui, annulant l'effet sécurisant que Mags essaie de créer. Peut-être faudra-t-il qu'ils en discutent après que cet entretient soit terminé.
     - Exactement. Qu'est-ce qui vous est passé par la tête quand vous avez écrasé la vie de ce lourdaud?
     - Des chocs électriques. Vous avez essayez de vous approcher de son armure géante? Ce champ de force fait pas juste repousser les balles, vous savez! C'est pas tout à fait comme être excité à Noël, si vous voyez ce que j’veux dire.
     Les Black savent ce qu'est Noël. Les cadeaux, les guirlandes illuminées de rouge, bleu, jaune et vert à tous les ans, les faux sapins de plastique autour du Power Noodles, qui centre la place du marché de Diamond City, ou encore sur les toits du "Super Salon" de coiffure à l'entrée de la ville, et tout et tout. Mags sait que c'est une vieille tradition ringarde de l'ancienne civilisation. Elle n'est pas surprise non plus qu'on la célèbre aussi dans les abris anti-atomiques.
     - Hum. Gage a peut-être raison de dire que vous convenez à ce poste plus que les autres. Et c’est pas exactement grâce à votre attitude. Mais voyant votre fiasco avec Nisha, et les conséquences visibles que ça vous a apporté, je ne m'attendais pas à ça. Vous avez du cran. Mais trêve d'insulte, vous voulez bien? Je suis Mags. Et lui, c'est mon frère, William.
     Bill se montre poli. Il a au moins compris qu'il allait trop loin, avec la pauvre Patronne. Mags a présenté Lizzie, qui brille de son absence, ainsi que tout leur groupe. Les Opérateurs. Elle lui a aussi expliqué ce qu'ils font tous ici, à Nuka World. Ce que cet endroit doit devenir. Ce que ces imbéciles de Disciples et du Pacte ne semblent pas comprendre. Ce lieu est un temple à l’effigie de la seule chose qui compte vraiment dans ce monde. Mags a regardé son interlocuteur ne pas prendre du tout cela au sérieux. "Hum… le soda?" a-t-elle dit pour rigoler. Se montrer décontracté malgré ces cicatrices au visage qui lui faisaient encore mal, à chaque grimace et blague qu'elle pouvait faire, est déconcertant, au final.
     - Les caps, a corrigé la cheffe des Opérateurs, sans se montrer consternée. Les capsules de bouteille. Les "caps" servent de monaie officielle à cette époque trouble de l'Histoire. Cet endroit fut construit dans le seul et unique but de soutirer ces caps des poches des crétins du Commonwealth. On s’est joint la petite ménagerie de Colter et Gage uniquement pour restaurer cet endroit à son but premier… peut-être de façon moins coupe-gorge que son fondateur d’origine s’est imaginé.
     - À la place, Colter nous a assis sur nos fesses presque tout l’année alors que lui, il se prélassait dans sa foutue montagne.
     - Ce qui veut dire que si vous deviez diriger, dans le coin, on aimerait une certaine assurance que vous allez ramener ce parc sur sa vraie voie. Comme ça, on va pouvoir retourner dévaliser les gens que leur putain d’monaie.
     Avec ce discours conjoint, Mags espère avoir été claire. Après tout, cette conne de taupe-humaine a tout à gagner de se joindre à eux. Il y a assez de caps pour ceux qui sont intelligents.
     - Ok. Et tu veux bien m'expliquer pourquoi je devais appuyer les... "Opérateurs"? Les deux autres semblent bien plus féroces et avides de diriger que votre bande. Surtout cette salope de Nisha.
     Mags n’en démord pas. Elle reprend avec le même élan qu’au tout début de ses explications. La bataille n’est tout simplement pas finie, mais elle sait qu’ils vont gagner. Ils doivent gagner.
     - Parce qu'on fait pas dans la connerie. Mes hommes ne sont pas dirigés par des fous-furieux ou des animaux aux bas-instincts, précise-t-elle, qui sent malgré tout l’agacement commencer à prendre le pas. Alors si tu t'attends à me faire sortir de mes gonds avec ton arrogance, ça va te gonfler autant que cette conversation. On les seuls joueurs rationnels dans ce zoo, et ça fait de nous des alliés pertinents… aussi longtemps que tu travailles pour nous ramener aux caps.
     - Vous êtes pas des fous furieux… J'avais oublié que c'était parfaitement normal de donner des couteaux à des mannequins automatiques et de les laisser à l'entrée de chez soi, ou encore de les peinturer de sang humain, comme celui-là, là bas.
     Puis elle s'est calmée et la discussion a pu reprendre là où elle devait être civilisée. William, qui montrait très bien qu’il en avait marre de la voir, voulait savoir si la belle avait un plan. Elle répondit qu’en fait, elle n’était vraiment là que pour le soda. S’en était trop.
     - Merde, encore une conn…
     - William, coupe sa sœur calmement en se tournant vers son frère pour lui faire un signe caché de la main droite. Bien sûr, Grande Patronne. Vous êtes la bienvenue au Parlor quand vous voulez. Faites comme chez vous.
     Bill sait ce que voulait dire son signe. Mags a mimé un tir de pistolet. Il sait aussi que le temps n’est pas le meilleur. S’ils la butent ici, et maintenant, Masson du Pacte ne va pas bien le prendre de ne pas avoir eu la chance de rencontrer la Patronne. Malgré que son index le chatouille terriblement, il va se montrer patient. L’heure des Opérateurs va sonner, et tout le Commonwealth sera sur le même fuseau-horaire.
     Pour le moment, il regarde cette connasse quitter la pièce sans regarder en arrière, comme si elle se foutait de se faire poignarder dans le dos.

 

Modifié par Gabriel D. Arouth (Voir l’historique des modifications)

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Il me semble qu'il y a moins de fautes que dans tes textes précédents. Mais il y en a encore pas mal, ce qui réduit le confort de lecture.

Il y a un certain style, je trouves que c'est le meilleur des textes que tu as posté ici. Il y a aussi pas mal de mystères sur les interprétations à avoir. En gros, je n'ai pas tout compris mais c'est sympa.

 

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Merci. T'es pas le seul qui n'a pas bien digéré ces textes. Les publications ont cessé aussi. J'ai même essayé d'effacer ceux sur N., mais incapable. Mais comme je connais un peu  mieux le jeu et que j'ai déjà toute l'idée pour cette histoire, je vais essayer de faire vite et surtout, garder cela concis pour le format Internet. Super idée de mettre la couleur des lettres plus grisâtre, en passant.

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La suite s'en vient aujourd'hui! Je finalise les corrections et je vous l'envois. Je sais que les publications prennent du temps, mais étudier les différents contextes du jeu, l'histoires des lieux, celles des différents personnages, les différentes possibilité de dialogue et comment les implanter dans mon histoire, est une tâche plus difficile que je croyais. Et bizarrement, Internet ne m'aide pas beaucoup.

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