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7 messages dans ce sujet

Salut à tous !
Une belle news, concoctée par Naerk pour démarrer la nouvelle année 2014 dans la joie et la bonne humeur. Un grand merci à lui et à Crazy pour la pêche aux infos :P
 
Durant l’apogée de la guerre Froide, l’armée américaine comptait sur une réponse rapide en cas d’attaque nucléaire sur son sol. Pour minimiser les délais de ripostes dans les lancements de leurs propres missiles, pendant presque 20 ans, l’armée américaine a volontairement paramétré ses codes de lancement sur 00000000.
 
C’est une information révélée en 2004 par Bruce Blair, un officier US en charge de 50 missiles intercontinentaux LGM-30F « MinuteMan-II », stationnés au « Strategic Air Command » (SAC) dans l’état du Nebraska. Les « MinuteMan » sont les premiers missiles MIRV de l’histoire et étaient le fer de lance du feu nucléaire américain dans les années 60 et on estime que les américains en possédaient un millier à cette période.

Image IPB
Missile intercontinental américain "MinuteMan"

 
Avant les années 60, seul un dispositif mécanique, déverrouillé par un code détenu par les autorités (dont le responsable d’une unité de lancement), prévenait le lancement des missiles. Après la crise de Cuba (1962), et la crainte qu’un général pête les plombs sous la pression (Cf plus bas), le président Kennedy instaura un nouvel échelon de sécurité dans le lancement de missiles nucléaires par la signature du « National Security Action Memorandum 160 ». Ce texte impose le dispositif PAL (Permissive Action Link) aux ogives américaines, qui met en place le Two-man rule, qui assure que le lancement d’un missile doit être validé par deux entités compétentes distinctes, pour éviter des lancements intempestifs.
Cependant, la généralisation de ce dispositif fut lente et ne concernait que les unités de lancement stationnées en Europe occidentale. Ainsi, jusqu’en 1977, certaines unités de lancement américaines étaient encore uniquement munies du verrou mécanique.
En effet, l’armée US s’inquiétait de la possibilité que les communications avec les centres de commandements compétents soient rompues dans une guerre nucléaire se déroulant sur le territoire américain, et empêcherait une riposte par le personnel responsable du lancement des missiles. Le responsable du SAC, le général Thomas Power a alors paramétré le code de déverrouillage sur 8 zéros et empêché la mise en place du dispositif PAL. Pour rappel, en pleine crise des missiles de Cuba, le général Power décréta le passage des États-Unis en plan DEFCON 2 le 24 octobre 1962, le dernier cran d’alerte avant une guerre nucléaire totale, et pris l’initiative (non autorisée) d’informer les soviétiques que son pays et que le SAC était prêt à lancer le déluge nucléaire. Pour cerner un peu le personnage, quand la stratégie américaine se demandait si les villes soviétiques étaient des cibles valides à frapper en cas de guerre,  il déclara :
Restraint? Why are you so concerned with saving their lives? The whole idea is to kill the bastards. At the end of the war if there are two Americans and one Russian left alive, we win!*
*Restreindre (nos bombardements) ? Pourquoi voulez-vous absolument épargner des vies soviétiques ? L’idée principale est de butter ces connards. A la fin de la guerre, s’il reste deux américains et un russe en vie, c’est qu’on a gagné !

Image IPB
Photo officielle du général Tomas S. Power

 
Bruce Blair ajoute même que ce code était connu de tous les opérateurs de missile dans sa base, puisque la check-list de lancement de missile affirmait « de vérifier deux fois qu’aucun numéro autre que 0 n’a été composé par inadvertance sur le panneau de lancement. ».
Bruce Blair quitta le service en 1974, et informa sa hiérarchie des risques terroristes liés à ce défaut évident de sécurité mais ne fut pas écouté. Il écrivit alors en 1977 un article intitulé « The Terrorist Threat to World Nuclear Programs», qui explique qu’il suffit uniquement de 4 personnes travaillant de concert pour lancer 50 missiles intercontinentaux dans l’unité dans laquelle il travaillait. Il notait également l’absence d’enquête de sécurité sur le personnel autorisé à visiter les installations de sa base de lancement.

Image IPB
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Heureusement, le SAC a modifié le code de lancement et instauré le dispositif PAL, en 1977, à la suite de la publication de l’article. Coïncidence ?  ;)
Merci a Crazy pour l'info.

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On s'en fout on était pas né et si ça avait eut lieu et qu'on était né, un monde post-nucléaire nous aurait paru tout à fait normal puisqu'on aurait connu que ça.

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Pour info, la dernière photo (avec la console de lancement) est issue du site "November-33 Launch Facility", disposant de missiles MinuteMan-II dans le Dakota du Nord, operationnel dans les années 60s. Il a été démantelé en 1991 suite aux accords de non-prolifération des armes nucléaires (traité START-1).

Le site a été reconverti en "musée" en 2007 et comporte encore toutes les infrastructures d'origines (porte anti-souffle, consoles, communications, systèmes de survie, ...) et peut être visité.

Plus d'info ici :

http://history.nd.gov/historicsites/minutemanmissile/index.html

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