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    L'immonde Invasion

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    Fiche du livre :

    Type : livre

    Auteur : Harry Adam KNIGHT

    Parution : 1985

    Thème : menaces végétales


    Sur l'auteur :


    Préambule :

    L’Immonde invasion par Harry Adam Knight, Fleuve Noir éd., 1988, coll. « Gore » N°77, 1 vol. broché, in-12 ème , 153 pp. couverture illustrée par Topor. roman d’expression anglaise (Australie)
    1 ère  parution : 1985   titre original: the Fungus
    menaces végétales


    Synopsis :

    A Londres, une série de contaminations par des Champignons terrifiants inquiètent les autorités. La responsable en est une biologiste, Jane Wilson, qui,  avec les meilleures intentions d’éradiquer la faim dans le monde, a provoqué une mutation du mycélium à l’aide d’un virus. Les résultats, par suite d’une dispersion accidentelle du catalyseur, dépassent toutes les espérances. Les spores, par milliards, s’infiltrent dans les corps animaux et humains, en les transformant en « choses » monstrueuses :
    « A première vue, la grosse femme noire semblait intacte. Puis Carter remarqua les profondes gerçures qui crevassaient ses membres et son torse. Il étudia son visage. Les yeux étaient ouverts mais la surface des globes oculaires étaient ternies par un voile gris. Le même duvet gris tapissait les fissures dans sa peau. Heureusement, elle ne respirait pas. »
    Carter lui-même, le médecin qui avait donné l’alerte, n’échappera pas à l’infection :
    « La tête de Carter disparaissait sous
    d’épaisses écailles brunes aussi rugueuses que l’écorce d’un arbre. Elles s’enfonçaient à l’intérieur du col de sa chemise trop ample pour en gonfler les épaules. Seul son œil gauche était encore visible au fond d’une fente dans les croûtes. Une crevasse s’ouvrit à l’endroit où aurait dû se trouver sa bouche. Sa voix était rauque et sifflante. »
    La contamination se répand à une vitesse foudroyante, transformant la ville de Londres et ses habitants. Une équipe d’intervention est mise en place pour récupérer la formule du Dr. Wilson qui seule permettra de sortir de la catastrophe. La Task force comprend le mari de Jane, Barry, enlevé de force à Belfast où il résidait, et qui seul sera capable de retrouver son épouse à Londres, Le Dr. Kimberly Fairchild, une jeune femme spécialiste des champignons et Gloocok, un baroudeur sans scrupules, exclu de l’armée pour meurtre.
    Dans un half-track puissamment armé, ils s‘ouvrent un chemin vers l’enfer, temporairement immunisés contre l’infection. Ils n’auront qu’une semaine devant eux pour éviter une dissémination  de l’horreur à l’échelle de la Grande-Bretagne.
    Les hostilités entre Barry et Gloocok, qui auraient pu mettre en péril la mission, seront gommées par la vision d’apocalypse qu’offre la ville noyée sous le mycélium :
    « A l’approche de Londres le paysage devint terriblement déprimant. Le tissu urbain était trop dense pour qu’ils puissent éviter systématiquement les agglomérations. Elles étaient méconnaissables sous leurs couvertures surréalistes. Aucun angle droit, les maisons disparaissaient sous des tumulus informes. Entre les bâtiments poussaient de monstrueux bolets, coulemelles ou clavaires. Des coprins chevelus étalaient leurs tignasses noires et gluantes sur les trottoirs. Les boules blanches des vesses-de-loup avaient la taille de stations radar. Les champignons sortaient à l’évidence vainqueurs de la guerre qu’ils livraient à l’humanité. »

    Autour d’eux des zombies, êtres vivants transformés, les traquent sans relâche. Ils subissent aussi des bombardements d’une variété géante de spores, les « sphaerobolus », attirées par la chaleur dégagée par le half-track. Lorsque les spores envahissent finalement l’habitacle, les membres de l’équipe présentent un début de contamination alarmant :
    « Wilson continuait à dormir. La moisissure remplissait tout l’habitacle mais elle n’était pas assez dense pour vraiment gêner sa respiration. Elle avait dévoré ses vêtements et sa couverture sans qu’il en prît conscience. Ses hyphes, en fait, n’avait rien laissé d’organique qui leur fût accessible ; Ils avaient dissous ses cheveux et digéré les particules de nourriture coincées entre ses dents. S’infiltrant dans tous ses orifices, ils avaient vidé ses intestins, curé ses oreilles, dégagé ses narines du mucus desséché. En même temps, ils s’attaquaient aux cellules mortes de son épiderme. Ce fut ce qui le réveilla : une insupportable démangeaison. »

    Obligés de laisser leur véhicule, ils poursuivent la quête à pieds ; s’ouvrant la voie aux lance-flammes qui grille d’innombrables formes semi-humaines et semi-végétales, ils progressent très lentement. Kimberly sera capturée, puis violée par un Gloocok répugnant, tout couvert de mycélium. Wilson, poursuivant bravement sa route vers le quartier d’Oxford découvre enfin le repaire de Jane, au sommet de la tour de la Grande Poste de Londres,  où elle réside, gardée par des fidèles végétaux. La rencontre avec Jane est explosive. Son ex-épouse semble encore normale et veut persuader son ex-époux de se « convertir au nouvel ordre », comme s’il devait entrer en religion. Mais  Barry ne s’en laisse pas conter : décapitant Jane à coups de barre de fer, il met à jour un être monstrueux, une forme de vie symbiotique intelligente, totalement étrangère à l’humanité :
    « Décapité, le corps de Jane chancela devant lui. Un filet de liquide vert suinta de la blessure et se perdit dans le col de la blouse. Battant des bras, le cadavre fonça vers Kimberly. Il frappa de sa barre de fer. La lance improvisée transperça la poitrine sans rencontrer de résistance. La chose fit encore quelques pas puis s’écroula. »
    Il n’en est pas sauvé pour autant ; traqué par les autres entités, il se réfugiera sur la terrasse du toit de l’immeuble pour y attendre un hypothétique secours.
    « L’immonde invasion » se présente comme un roman gore, mais aussi comme une texte enlevé d’épouvante pure, aux descriptions soignées. Les scènes de frénésie, l’étrangeté d’une nature devenue folle, nous empêchent de quitter le récit, qui, pour une fois, s’achève dans le pessimisme le plus noir. Le roman se donne comme l’exercice de style d’un grand écrivain qui semble s’y être beaucoup amusé.


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