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  • Le Dernier Rivage

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    Fiche du livre :

    Type : livre

    Auteur : Nevil SHUTE

    Parution : 1957

    Thème : menaces et guerres nucléaires


    Sur l'auteur :

    (1889-1960) Diplômé d'Oxford. Ecrivain anglais reconnu. Egalement ingénieur aéronautique, aviateur. A fondé sa propre compagnie d'aviation. Correspondant de guerre en Birmanie. Emigre avec sa famille en Australie. Plusieurs de ses romans furent adaptés au cinéma, notamment "le Dernier Rivage"


    Préambule :

    le Dernier rivage par Nevil Shute, Stock éd., 1970, coll. " Le Livre de poche " N°2786, 1 vol. broché, in-12 ème , 382 pp. couverture illustrée (paru également sous le titre «Sur la plage», Stock éd.,1959,) roman d’expression anglaise (USA)
    1ère  parution : 1957 titre original : On the beach
    menaces et guerres nucléaires


    Synopsis :

    L’Australie reste la seule région du monde épargnée de façon transitoire  par les retombées radioactives. Une guerre nucléaire a eu lieu, sans que l’on sache exactement pourquoi et pour qui. L’hémisphère boréal, entièrement contaminé, a vu mourir tous les êtres humains. Les grandes capitales d’Europe, d’Amérique, d’Asie ont cessé d’exister.  
    Peter Holmes, de la Royal Australian Navy, sa femme Mary et leur fille Jennifer, sont en sursis. Habitants le sud de l’Australie, près de Falmouth, ils savent, comme tous les autres autochtones, que leur temps de vie est compté car les nuages radioactifs, qui suivent les courants atmosphériques habituels, descendent graduellement vers l’hémisphère austral, recouvrant de leur manteau de mort les dernières régions encore épargnées.En attendant la résolution finale, la vie continue dans une ambiance feutrée, doucereuse, morbide où chaque protagoniste fait semblant d’ignorer l‘échéance fatale :
    « Il y avait très peu de circulation sur la route. Il croisa un véhicule qui avait été un jour une automobile ; maintenant, moteur et pare-brise enlevés, un bœuf Angus le traînait. Il vit également deux hommes à cheval, se tenant avec précaution sur le bord sablé de la route et évitant l’asphalte.(…) » Les magasins étaient encore, pour la plupart, bien achalandés, mais il y en avait peu d’ouverts. Les restaurants et les cafés étaient tous pleins et faisaient des affaires d’or ; les bars étaient fermés, mais les rues fourmillaient d’ivrognes(…) Pas de circulation dans les rues, sauf les trams, et les chaussées regorgeaient de monde.»
    En ce décor Peter Holmes est chargé, avec le scientifique John Osborne, de prendre ses quartiers sur l’USS Scorpion, le dernier sous-marin nucléaire de la flotte des Etats-Unis. Le submersible est commandé par Dwight Taylor sommé de vérifier, en longeant la côte Ouest des Etats-Unis, s’il subsiste encore une trace de vie en ces régions.
    Avant l’appareillage, Peter se prend d’amitié pour Dwight et, comme il est privé de la compagnie de sa femme Sharon et de sa fille Helen (vraisemblablement déjà mortes,  ce que Dwight affecte d’ignorer), Peter l’invite à passer le week-end chez lui, dans sa maison de campagne en compagnie de Mary. Pour qu’il ne se sente pas trop seul, il invite aussi une jeune femme délurée, Moira Dickinson. Moira ne fonctionne qu’au brandy mais,  insensiblement, s’attache à Dwight qui restera un homme de principe jusqu’à l’instant fatal du dénouement.
    Lors d’une première sortie de l’USS Scorpion dans les eaux de l’Amérique du Sud, les marins survivants pourront contempler, le long des côtes, des cités mortes :
    «Ils restèrent quelques heures devant San Francisco et prirent des photographies au périscope. Ils retournèrent ensuite au sud jusqu’à Half Moon Bay et s’approchèrent à un demi-mille de la côte, naviguant en surface pendant un certain temps et lançant des appels par le haut-parleur. Ici les maisons ne semblaient pas avoir été fortement endommagées, mais il n’y avait aucune trace de vie à terre. Ils demeurèrent dans les parages jusqu’à la tombée de la nuit, puis mirent le cap au nord. »
    Une deuxième sortie, plus lointaine, a pour objectif de vérifier l’origine de signaux morse, de type aléatoire, réceptionné par les Australiens. Quelqu’un serait-il encore en vie ? Muni d’une combinaison anti-radiations, un marin spécialiste se rend sur les lieux. Il ne découvre que pur caprice du hasard dans l’origine du signal. Le retour d’expédition est morose. Les hommes sont fatigués et l’échéance mortelle de septembre est proche. Le sous-marin, désarmé relâche dans le port de Melbourne. Dwight, l’unique survivant militaire américain a été nommé amiral suprême de la flotte des Etats-Unis. Désoeuvré, sa « flotte » étant à quai, il se retrouve souvent en compagnie de Moira qui a décidé de redevenir sérieuse et à faire « comme si… » Elle s’est inscrite à un cours de comptabilité.
    Peter et Mary poursuivent une vie heureuse dans leur ferme qu’ils s’efforcent d’enjoliver. John, dont le rêve est tourné vers la mécanique, a déniché une Ferrari qu’il bichonne consciencieusement. Ainsi se continue la vie, toute en douceur et en joie amère jusque vers la fin du mois d’août où les premières retombées se font sentir. Melbourne est laissé à l’abandon, les gens se repliant sur eux-mêmes comme des animaux à l’agonie :
    « (…) Dwight regarda les rues et les maisons, dans la lumière grise de ce jour d’hiver. Bientôt, dans un mois peut-être, il n’y aurait plus personne ici, plus une créature vivante, sauf les chats et les chiens qui bénéficiaient d’un bref sursis. Bientôt eux aussi auraient disparu ; hivers et étés se succéderaient et, avec le temps, la radio-activité finirait par se dissiper. Dans une vingtaine d’années, et probablement beaucoup plus tôt, ces rues et ces maisons seront de nouveau habitables. Fallait-il que la race humaine fut exterminée et l’univers débarrassé de toutes ses souillures pour laisser sa place à des occupants plus sages?»
    Les pharmacies distribuent gratuitement des pilules euthanasiques pour ceux qui souhaiteraient en finir, plutôt que de traîner entre diarrhées et vomissements :
    « Le pharmacien en prit une de chaque  et défit la plus petite; elle contenait une petite fiole en plastique renfermant deux comprimés blancs. Il l’ouvrit, en retira les comprimés, les rangea soigneusement dans un tiroir et mit à leur place deux comprimés d’aspirine. Il replaça la fiole dans la boîte rouge, qu’il referma et tendit à Peter. -Voici ce que nous distribuerons à tous ceux qui veulent en finir, dit-il. Prenez cette boîte, et montrez-la à Mrs Holmes. Un seul de ces comprimés provoque la mort, presque instantanément. L’autre est un comprimé de réserve. Quand le moment viendra , nous servirons tout le monde au comptoir. »
    Lorsque la fin est imminente, Dwight reprendra la mer sur l’USS Scorpion qu’il coulera au large de l’Australie. John se suicidera dans sa Ferrari lors d’un grand prix d’Australie simulé. Peter et Mary décideront de mourir en couple après avoir euthanasié leur enfant :
    « Il fit l’injection au bébé dans le bras. Puis se déshabilla, mit un pyjama propre, éteignit toutes les lumières sauf la lampe de chevet, posa l’écran devant la cheminée du salon et alluma une bougie qu’il plaça sur la table à côté de leur lit ; ensuite, il coupa le courant.
    Peter se coucha auprès de Mary, prépara les boissons et sortit les comprimés des boîtes rouges.
    « Ma vie avec toi a été un rêve, dit Mary à voix basse. Merci pour tout, Peter. »
    Il la serra contre lui et l’embrassa tendrement .
    « Oui, un rêve ; c’était trop beau. »

    Ce furent leurs derniers mots. Ils mirent les comprimés dans leur bouche et burent. »
    Moira, sera la dernière à suivre des yeux, le long de la plage, le sous-marin qui sombre. Puis, un dernier verre de brandy empoisonné lui permettra de rejoindre Dwight.  Le rideau tombe définitivement sur l’espèce humaine.
    «Le Dernier rivage » relate une fin du monde morne et triste, en demi-teinte, au désespoir total. L’effet des radiations, dont le processus d’action n’est pas encore bien connu à l’époque du livre, ressemble à ce que pourrait signifier aujourd’hui l’emploi de bombes à neutron : toute chair qui disparaît et l’architecture seule qui reste debout. Apocalypse douce, fin totale de l’homme due à sa sottise, rarement les accents de la tragédie n’auront été si vrais. Une belle œuvre qui n’a rien perdu de sa puissance.


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