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    L'armee Invisible

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    Fiche du livre :

    Type : livre

    Auteur : H.J. MAGOG

    Parution : 1933

    Thème : guerres futures 1


    Sur l'auteur :


    Préambule :

    l’Armée invisible par H.J. Magog, Maurice d’Hartoy éd., 1933, 1 vol. broché, in-12 ème , coll. " les Romans du mystère ",  206 pp. couverture illustrée. roman d’expression française
    1 ère  parution : 1933
    guerres futures 1


    Synopsis :

    Le narrateur se trouve sur un champ de bataille. Sans que l’on sache de quelle guerre il s’agit, les Prussiens, une fois de plus, comme en 17, tentent d’envahir la France. La bataille tourne à leur avantage et le narrateur s’aperçoit avec horreur de l’avance ennemie, lorsque soudain :
    " Du tertre le plus proche, une main surgit… puis un bras… Rejetée de part et d’autre par des efforts désespérés, la terre, enfin, desserra son étreinte . Le linceul d’humus écarta ses plis, découvrit une épaule, une tête, un buste… Pâle, avec les mêmes cheveux longs, la même barbe terreuse, poussée sur les joues creuses, les mêmes yeux flamboyants, un nouveau soldat se dressa sur son séant. "
    L’ «armée invisible» se lève, aux soldats nombreux comme les épis dans un champ de blé, ceux de 14-18, ceux de 70, mais surtout ceux de la grande Armée. Avec stupéfaction et sans en comprendre la raison, le narrateur assiste à cette résurrection bouleversante :
    " A travers champs, à travers bois, sautant haies et fossés, franchissant les ruisseaux, dédaignant les routes ravagées qui coupaient sa ruée, la charge passait, piétinant l’herbe rase des prés. Et nulle troupe régulière, correctement alignée et équipée, marchant au feu, conduite par ses chefs, n’aurait davantage impressionné que ce torrent déchaîné, menaçant déjà un ennemi encore invisible. "
    Les libérateurs fantômes sont pourtant décontenancés par les armes modernes et hésitent à s’engager tant qu’ils ne perçoivent pas l’ennemi en chair et en os :
    " Les ressuscités s’étaient arrêtés et considéraient avec surprise les horribles blessures des cadavres. Le bouleversement du sol, éventré par la chute des projectiles, parut aussi retenir leur attention. Mais ils n’accordèrent  même pas un regard aux fragments de ferraille qui avaient causé ces dégâts. L’homme épiait leur ébahissement. Il jubilait, envahi par un sentiment de vanité puérile, comme si la supériorité destructrice de ses contemporains eût augmenté ses mérites personnels. Et il dit, sans prendre garde que nul ne semblait l’entendre, ni même l’écouter :
    - C’est un peu mieux que vos boulets. Ah ! dame, en fait d’artillerie nous avons quelque chose… Vous n’étiez que des enfants. "
    La mise à sac d’un village perpétrée par les bandits prussiens avec leur brutalité coutumière, les décide soudain. Ecoeurés par le lâche et vil comportement de l’envahisseur, ils foncent sur lui, le hachent menu avec leurs sabres invisibles. L’ennemi, ne sachant d’où vient le coup mortel, prend la fuite, épouvanté.  L’armée invisible continue de s’étoffer, tous les vieux fidèles répondent à l’appel mais demeurent hésitants car il leur manque le Chef, l’Unique, l’Empereur lui-même.
    Le narrateur se trouve toujours engagé à la suite de la masse fantomatique et guerrière. En un clin d’œil, il survole Paris, où une tornade invisible souffle sur la capitale et se dirige vers les Invalides. Il comprend le but des grognards désincarnés : ils sont à la recherche de l’Empereur !. Tout aussi soudainement, il saisit son rôle : si lui seul voit ces êtres fantastiques, c’est parce qu’il est le "Témoin", celui qui devra rapporter aux siens, plus tard, l’exploit des ancêtres. Terrifié, il assiste à la résurrection de Napoléon :
    " Un vide s’était fait, ouvrant dans la foule une sorte de couloir qui allait de l’autel à la balustrade de la crypte. Dans ce couloir s’avançait un groupe chamarré, précédé d’un petit homme habillé en gris. Sous les ailes noires du chapeau, un visage pâle, au fond noyé d’ombre. Les yeux brûlaient au fond des orbites. La bouche, sévère, se pinçait. Le menton se perdait dans les profondeurs du collet, frileusement relevé.
    -Lui ! murmura l’homme, cloué au sol. "
    Reprenant la tête de son armée, l’Empereur procure son appui aux troupes françaises bien réelles engagées dans un combat incertain. Le revirement de situation est foudroyant :
    " Devant les yeux émerveillés du témoin se déroulait un panorama triomphal. Soudés en une ligne unique, reliant l’Ouest à l’Est, cavaliers et fantassins refoulaient devant eux une autre ligne grise, celle des Allemands. A cette apothéose victorieuse figuraient tous les uniformes : le modeste bleu horizon, les capotes et les vareuses bleu ardoise, les culottes au passepoil jaune et jusqu’au pantalon jadis garance, maintenant gris et poussiéreux, fraternisaient avec les couleurs éclatantes des guerriers exhumés. Drapeaux déployés, clairons sonnant, les régiments chargeaient en chantant. "
    Lorsqu’il se réveillera, plus tard, au lazaret où il avait été admis pour choc traumatique, le "Témoin", malgré toute sa sincérité n’arrivera pas à persuader le médecin-chef de la véracité de sa vision. A vrai dire, nous non plus.
    Un texte curieux, atypique dans le domaine, qui traduit à la fois l’angoisse d’un nouveau conflit (le texte est écrit en 1933) et un patriotisme cocardier.


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