• bdd_livre.png.38ca27d0c9044ccbdbae2e058729c401.jpg

    Bienvenue dans la Base de Données des livres !

    Vous y trouverez des ouvrages post-apo que la communauté souhaite partager. Il vous est possible de rajouter des fiches de livres, alors partagez vos trouvailles avec la communauté FoGen ! Une grande partie des ouvrages que vous trouverez sont ici grâce au travail de Jacques Haesslé sur son site : http://destination-armageddon.fr/index.html. Un grand merci à lui pour son travail exceptionnel !

    Accédez au flux RSS :

  • Sign in to follow this  

    livres

    711 books

    1. Type: livre Thème: le dernier homme, guerre des sexes, matriarcat Auteur: Pia GUERRA et Brian K. VAUGHAN Parution: 1992
      Vol. 01 : le dernier homme, Sémic éd., 2004, 1 vol. broché, in-octavo, npag. (128 pl. couleurs) BD d’expression anglaise (USA)
      1 ère parution : 2002     titre original : the last man (réunissant les comics US1 à 5)
      Où l’on fait connaissance avec les principaux protagonistes, quelques heures avant le drame. Tout d’abord, le héros, Yorick, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui étudie la prestidigitation. Il sera le seul survivant humain mâle mais ne le sait pas encore. Il est amoureux d’Elizabeth qu’il pense épouser, actuellement en voyage en Australie. Il sera accompagné dans son périple par Esperluette, un macaque rhésus mâle, mis à sa disposition par des scientifiques de Boston en un but d’expérience.
      A Naplouse, se trouve le colonel Alter, une femme juive, très volontaire et traumatisée par la lutte contre les Palestiniens qui ont déjà tué ses parents. Elle se mettra à la poursuite de Yorick pour le récupérer. La mère de Yorick, à Washington, qui assume un rôle politique. Elle est sénatrice démocrate à la Maison Blanche, à la fois soulagée d’apprendre que son fils est en vie et préoccupée par l’enjeu qu’il incarnera. 355 est une jeune femme agent secret, légaliste et loyale à son pays, très efficace, dont la mission est de retrouver le Dr. Mann, responsable de la mise au jour du premier clone humain (et peut-être de la catastrophe).  Elle fournira aussi une protection à Yorick dans son périple à travers les USA sinistrés.
      Puis, à l’heure H, dans le monde entier, tous les mâles de toutes les espèces, y compris l’espèce humaine, meurent soudainement en crachant du sang, laissant les femmes seules sur cette terre. Sauf deux exceptions ; Yorick et Esperluette ! Tandis que certaines femmes tentent de réorganiser la société, jouant aux jeux de pouvoir coutumiers des hommes, Yorick erre dans les rues à visage caché. Se sachant l’objet de toutes les convoitises, il veut rejoindre l’Australie pour y retrouver sa fiancée, en un monde devenu terriblement hostile. 355, ayant protégé la future présidente des Etats Unis, la seule capable de reprendre en mains les rênes du pouvoir politique, se voit confirmer par celle-ci son rôle de tuteur à l’égard de Yorick et d’Esperluette. Sa première quête les amènera à Boston où sont censés se trouver le Dr. Mann et son laboratoire .De son côté, le colonel Alter, obéissant à un mystérieux coup de téléphone l’affranchissant sur l’existence et l’importance de Yorick, se met à leur poursuite. Quant au jeune homme, qui se demande ce qu’il est advenu de sa jeune sœur « Héro » (c’est son prénom), il affrontera un groupe de femmes en furie, « les Amazones », en un combat dont il sort vainqueur grâce à l’appui de 355.  Après avoir retrouvé le Dr. Mann dont le laboratoire avait été incendié, les deux femmes et Yorick, avec Esperluette perché sur son dos, prennent la direction de la Californie où subsisteraient encore des échantillons d’ADN susceptibles d’éradiquer le virus responsable du fléau.
      Vol. 02 : Un petit coin de paradis, Sémic éd.,2004, 1 vol. broché, in-octavo, npag. (128 pl. couleurs). BD d’expression anglaise (USA)
      Pendant que Yorick monnaye leur passage vers l’Ouest à bord d’un  train, dans un wagon à bestiaux, les Amazones, menées par Victoria, une théoricienne du féminisme, ne désarment pas. En effet, la reine s’est prise d’affection pour Hero, une petite jeune, qu’elle presse de suivre la piste du dernier mâle de la planète, c’est-à-dire son frère. Dans leur train, les trois fugitifs attaquées par d’autres méchantes filles, seront éjectés du train et 355, blessée dans l’action, ne sera plus d’aucun secours. Yorick, à sa grande stupeur, se réveille entre les mains de Sonia, l’une des soixante quatre femmes du village de Marisville, échappées d’un pénitencier proche. Elles ont réorganisées leur vie là, dans cette région désertique de l’Ohio, loin du monde, pour y faire oublier leur condamnation et la survenue de Yorick et de ses deux amies bouleversent leur tranquillité. Néanmoins, galvanisées par Sonia qui est tombée amoureuse de Yorick, elles s’apprêtent à leur dire la vérité lorsque la survenue intempestive des Amazones change tous les plans.
      La confrontation entre Yorick et sa sœur Hero tourne au tragique à cause de Victoria qui veut à tout prix éliminer le jeune homme. Sonia tue Victoria, Hero tue Sonia, Yorick, sur le point de tuer Hero en est empêché par 355, qui calme tout le monde. Finalement, alors que Yorick, désespéré, reprend la route avec ses compagnes, les femmes de Marisville enferment le reste des Amazones dans leur ancien pénitencier. L’action est relancée cependant par Alea et ses femmes-soldates, lesquelles, en direction de l’Ohio par hélicoptère, selon les informations d’une mystérieuse informatrice, se mettent aussi à la recherche du dernier homme tandis qu’une stupéfiante nouvelle nous parvient : trois spacionautes russes en bonne santé, parmi lesquels une femme, s’apprêtent à atterrir sur la terre américaine.
      Vol. 03 : Un petit pas, Panini Comics, 2004, coll. «Vertigo», 1 vol. broché, in-octavo, n pag. (128 pl. couleurs). BD d’expression anglaise (USA)
      1 ère parution : 2003
      Continuant leur avancée vers l'Ouest, à bord d'un train, 355 y fait la connaissance musclée d'une de ses consoeurs russe, Natalya Zamiatine. Après une franche explication sur  le toit d'un des wagons, il s'avère que Natalya a été envoyée de Russie pour réceptionner, elle aussi, le trio venu de l'espace. La capsule, qui aurait du atterrir dans les plaines russes, arrivera dans les plaines du Kansas par défaut, la Russie présentant de grandes zones irradiées.
      En attendant, la générale israélienne Alter , se déplaçant en hélicoptère, ne reste pas inerte avec ses soldates. Traquant elle aussi Yorick , la seule "usine à sperme" disponible, selon ses propres mots, elle a été mise sur sa piste par la propre mère du garçon qui, croyant en la loyauté des Israéliennes, leur a confirmé le point de rendez-vous grâce à un traqueur disposé dans le collier d'Esperluette. La ferme du Kansas, proche du point de chute de la navette, est en réalité une bio-base secrète tenue par deux jumelles , des médecins. Alter, déjà sur site, capture Yorick, désirant l'évacuer en hélicoptère. Au même moment, la capsule atterrit. 355 passe un marché avec Alter: pour Yorick, elle échangerait les deux astronautes mâles. Alter feint d'accepter car son seul désir est d'éliminer tous les autres protagonistes (surtout mâles) pour ne garder que le jeune garçon à sa disposition. Mais cela ne se passe pas comme prévu. La capsule prend feu. Les deux astronautes mâles sont carbonisés. Seule en réchappe la femme astronaute, sortie la première, étant donné qu'elle est enceinte. Elle sera aussitôt mise sous surveillance par les jumelles.
      Quant à Yorick, il ne se laissera pas mener comme un mouton à l'abattoir. Durant les tractations,  il assomme Alter tout en convainquant Saddie, l'adjointe de cette dernière de lui venir en aide. Celle-ci, convenant qu'Alter a dévié de sa mission, la neutralisera définitivement, libérera Yorick et prendra la direction des opérations militaires. Elle ne pourra toutefois empêcher l'action du groupe- commando dépêchée par Alter sur le terrain. Heureusement Natalya, avec ses aptitudes de sniper, les éliminera les unes après les autres. Au final, nos amis sont vainqueurs sur toute la ligne. Le périple vers le labo du Dr. Mann à San Francisco pourra continuer.
      Ailleurs, dans une autre localité située non loin de la ferme, un groupe de théâtre féminin joue une pièce de théâtre appelée "le dernier homme". Avant la représentation, elles ont la surprise de recueillir un petit singe, dont elles reconnaissent avec émotion le caractère mâle (car le virus avait atteint tous les mâles du règne animal). Il s'agit bien d'Esperluette et le lecteur se demande comment il a pu arriver en ce lieu. D'autre part, durant la pièce, l'on découvre une mystérieuse guerrière ninja qui surveille la scène... et Esperluette. Le spectacle, qui n'a pas le bonheur de plaire à une faction féministe et rétrograde de femmes menées par la maire de la petite bourgade, dégénère en pugilat général. C'est alors que trois formes voilées - Yorick, 355 et le Dr. Mann -interviennent armes au poing pour récupérer Esperluette. La chose faite, ils reprennent la route.
      Vol. 04 : Stop/Encore, Panini Comics, 2004, coll. «Vertigo», 1 vol. broché, in-octavo, npag. (128 pl. couleurs). BD d’expression anglaise (USA)
      1 ère parution : 2004
      Esperluette, malade, a besoin de soins. A Allenspark dans le Colorado, 355 connaît une retraite sûre où elle pourra confier Yorick à une de ses collègues, 711, avant de repartir avec le Dr. Mann à la recherche d'antibiotiques pour le petit animal. Yorick reste donc seul en compagnie de 711, une charmante jeune femme, mais ce qu'il vivra sera plutôt inattendu. Ayant bu du thé drogué, le jeune homme à son réveil, pendu au plafond et saucissonné comme un jambon, découvre 711 habillée en maîtresse sado-masochiste, un fouet à la main. En suspension, celui-ci subira un traitement de choc, d'une violence extrême, l'obligeant à fouiller dans les profondeurs de son inconscient pour y faire émerger ses angoisses existentielles et notamment, pour s'avouer sa crainte des femmes, qui l'oblige constamment à adopter une attitude suicidaire envers elles. Proche de la noyade et de l'étranglement, sommé de dire toute l'attirance qu'il ressent envers sa tortionnaire, il subit un programme thérapeutique de choc mis au point au sein du Culper Ring dans le but de le débarrasser de ses fantasmes morbides, son existence étant bien trop précieuse pour l'avenir de l'espèce humaine.
      Lorsque ses deux compagnes reviennent, Yorick est différent, plus mûr, moins impulsif. Le trio repart à nouveau, laissant en arrière 711 dont on apprendra que le mari, agent secret lui aussi, avait été tué  en mission. Elle ne jouira pourtant pas longtemps de sa solitude. Elle sera achevée par un mystérieux trio d'agresseurs voilés, agentes d'un service secret concurrent. Sur la route de Queensbrock en Arizona,  ils feront la connaissance de P.J., une mécanicienne, maîtresse-femme, mais sympathique, qui les prévient que plus loin, la route est barrée par des camions disposés en travers de la chaussée. Les successeurs des "Fils de l'Arizona", les "Veuves Noires", un groupe de militantes d'extrême droite tiennent le pays. Elles se sont données pour mission de veiller sur un pays meurtri par les armes. La mère dirige d'une poigne de fer toutes ses filles, aussi fanatisées qu'elle.
      Le Dr. Mann, sans en faire part à quiconque, tente de négocier seule leur passage. Le seul résultat fut qu'elle se retrouva le visage tuméfiée à force d'avoir été battue et emprisonnée, en attendant de passer par les armes. Yorick restera avec la gentille P.J. pendant que 355 vole au secours de sa compagne. Malgré une résistance héroïque, elle sera elle aussi prise dans les filets des Veuves Noires. La mère-générale, voulant savoir de quoi il en retourne précisément, envoie une de ses filles sanguinaires vers le garage de P.J. où elle découvre Yorick et Esperluette. La confrontation tourne mal. P.J. sera tuéee et Yorick devra éliminer l'agresseur.
      A la base de Queensbrock les nouvelles ne sont pas meilleures. Attendant d'être exécutées toutes les deux , le Dr. Mann fait part à 355 de ses intentions, qui ne sont pas aussi sincères qu'elles le paraissaient. Au moment fatidique, seuls les réflexes foudroyants de l'agent 355 leur permettront de survivre. Les Veuves Noires seront toutes abattues, sans aucun remord. Alors que leur pérégrination se poursuit malgré tous ces contretemps, dans la bio-base du Texas où les deux jumelles veillent sur la rescapée du ciel, se profile une nouvelle menace: l'arrivée de Hero, la soeur de Yorick, qui traque son frère.
      Vol. 05 : Alliance contre nature, Panini Comics, 2007, coll. « Vertigo », 1 vol. broché, in-octavo, npag ; (128 pl. couleurs). BD d’expression anglaise (USA)
      1 ère parution : 2004
      Ce cinquième épisode est tout en ruptures et reconnaissances, chaque personnage poursuivant le fil de sa destinée individuelle ou se rappelant son passé. Yorick, venu se recueillir dans une église désaffectée, fera la connaissance de Beth, une ancienne hôtesse de l'air à vocation religieuse. Ils se racontent leur malheurs, lui, qui vient de tuer une jeune fille, et Beth, responsable du crash de son avion. Ils se plaisent bien et font l'amour dans le cimetière attenant, interrompus pourtant par des amazones violemment anti-religieuses dont ils arrivent à se débarrasser avec difficulté.
      En Australie, la véritable Beth, fiancée de Yorick, vient d'être enlevée par des aborigènes femmes. Flash-back sur Hero, la soeur de Yorick, qui se rappelle son adolescence révoltée, comment, à la mort brutale de son fiancée, après une errance dans les rues, elle a intégré un groupe d'amazones, sous l'influence d'une figure terrifiante, Victoria, qui est devenue son mentor néfaste. S'étant libérée à grand peine, elle a entrepris un long périple pour retrouver son frère, le poursuivant d'étape en étape. Elle n'est d'ailleurs pas la seule à chercher.
      Trois formes féminines voilées en veulent à 355. Ce sont elles qui ont tué 711. Elles font partie d'un groupe dissident du "Culper ring" et veulent récupérer à tout prix l'amulette que 355 a en sa possession. Après des rencontres musclées et des tractations, l'échange a lieu de nuit dans le stade de San Francisco, en présence de Hero. Celle-ci apprend à 355 la mort de son amie 711. Folle de rage, l'agente secrète liquide ses trois adversaires. Les deux femmes reviennent vers le laboratoire du Dr. Mann. Yorick, lui, est malade et soigné par le Dr. Mann, très inquiète, qui pense que le jeune homme, vu les symptômes qu'il présente, vient d'être atteint à son tour par le virus qui a éradiqué les mâles de la planète. Il n'en est rien, heureusement. Ayant ouvert une boîte de conserve avariée, il présente une contamination d'ordre botulinique. En lui prodiguant ses soins, le Dr. Mann fait tout à coup une découverte fondamentale: les anticorps qui ont protégé Yorick contre le virus proviendraient du singe Esperluette, plus exactement des excréments que ce dernier avait l'habitude de projeter un peu partout, et qui contiennent les éléments naturels d'une défense que le petit singe avait élaboré dans son corps. Un grand pas vient donc d'être fait,  même si l'on ne sait pas encore pourquoi ce singe-ci a pu évoluer de la sorte.
      La rencontre de Hero et de son frère sera orageuse, car le garçon pardonne difficilement à sa soeur ses agissements passés. C'est ce moment précis que choisira Toyota, la mystérieuse guerrière ninja, pour intervenir et enlever Esperluette. Elles sera poursuivie par 355, qui traque Toyota sur les toits glissants de pluie, et qui sera blessée dans l'action, alors que Hero, munie d'une éprouvette contenant de l'ADN du singe, prendra la route du Kansas pour apporter l'espoir d'une guérison à l'astronaute russe et à son bébé-bulle. Pour ce qui est de nos amis, il ne leur reste plus, s'ils veulent récupérer Esperluette, qu'à s'embarquer pour le Japon sur un bateau dont le port d'attache est Yokogata.
      Vol. 06 : Entre filles, Panini Comics, 2008, coll. « Vertigo », 1 vol. broché, in-octavo, npag ; (128 pl. couleurs). BD d’expression anglaise (USA)
      1 ère parution : 2004
      Embarqué sur la Baleine pour voguer vers le Japon, Yorick est découvert , caché dans une caisse, et amené avec  355 devant la capitaine. Après moult explications, celle-ci, sensible au charme du dernier homme, l'invite à passer la nuit dans sa cabine au grand déplaisir de 355, qui se consolera dans les bras du Dr. Mann. Après tout, une petite séquence homosexuelle , quoi de plus normal dans ce monde rempli de femmes.
      Une espionne à bord, qui a pour nom Rose, ayant neutralisé l'opératrice radio, communique les coordonnées du navire à un sous marin militaire en provenance d'Australie, et dont elle dépend. Cet engin a pour mission de traquer les pourvoyeurs de drogue à destination de l'Australie. Alors qu'un conseil de guerre débat de l'attitude à tenir en cas de conflit, le Dr. Mann rend visite à l'espionne emprisonnée, découverte durant sa mission, qui lui explique comment la drogue connaît une croissance exponentielle maintenant que  toutes les forces de police ont disparu et surtout que l'équipage de la Baleine  est fortement impliqué.
      A bord, l'ambiance se dégrade. Le sous-marin, à l'affût, décide d'expédier une torpille vers le navire. Alors que Yorick se trovue encore sous le charme de la femme-pirate, Rose, avec l'aide de 355 et du Dr. Mann réussit à se libérer. Le bateau, frappé de plein fouet, se couche sur la mer. A bord, c'est le sauve-qui-peut général, sauf la capitaine qui, selon la tradition, coulera à son poste. Le sous-marin faisant surface, récupère les naufragés,  et il faudra peu de temps à 355 pour convaincre la commandante du submersible, de sa bonne foi. Celle-ci, après un escale en Australie, se dit prête à rapatrier le petit groupe  jusque sur les côtes japonaises.
      En un autre lieu, à Tel-Aviv, Alter passe en jugement devant Saddie. Mais là encore, cela ne se passe pas comme prévu. Les geôlières, de mèche avec la criminelle, libèrent l'inculpée et tuent la juge. Enfin Beth , de son côté, vit un rêve qui la plonge au plus profond d'elle-même, au moment des jours heureux de sa rencontre avec Yorick et sa soeur Hero. Reprenant conscience, elle se voit au centre d'un cercle magique, attachée, nue et peinturlurée, prête à subir les incantations d'une sorcière aborigène.




    2. Type: livre Thème: guerres futures 1, menaces et guerres nucléaires Auteur: Guy BEART Parution: 1977
      «Alphabet» ou l’analyse minutieuse de l’automaticité des événements qui enchaînent la Grande Catastrophe. Tout est déclenché par le doigt appuyant sur le bouton «A». Mécaniquement, se joue la valse des protons, de lettres en lettres, de points en points, d’Etats en Etats, de vengeances en vengeances, d’irresponsabilités en irresponsabilités : bombardements, «sanglants hachis» en «I» où «la Chaleur fut elle
      Qu’elle gagna le point L »,
      Virus et microbes que dissémine la guerre bactériologique :
      « Toute la faute est en T
      Dont les virus disparus
      S’étaient égarés sur U »,
      Jeu mortel des alliances :
      « La panique a émigré
      Dans l’Etat qu’on nomme Y
      Qui chétif cherche des aides
      Pour assommer le grand Z »,
      qui rythme le cycle d’une violence éternellement recommencée,  lorsque le point
      « Z, à son tour ne rata
      ne rata pas le point A ».
      Une chanson douce-amère susurrée par une voix sucrée en un leitmotiv ou complainte du désespoir. Guy Béart – contrairement à l’opinion qu’en a Pierre Versins- s’adonne au grand art.


    3. Type: livre Thème: après la Bombe... Auteur: Fritz LEIBER Parution: 1957
      Sur fond de guerre atomique, Ellenby, le physicien atomiste, et Madson, le poète, sont chassés du collège d’Ozona pour crimes de science et de littérature. Accusés de tous les maux, les scientifiques sont devenus les boucs émissaires d’une société où domine la méfiance entre les hommes , la guerre froide devant se terminer sous peu.
      Soutenus par Véra-Ellen, la propre fille de leur persécuteur, l‘Art et la Science, après s’être fait arroser au pesticide répandu par un hélicoptère dans le champ de blé qu’ils traversèrent, se dirigent vers New Angeles pour y trouver un emploi. Ils croisent la route de Vicki, une vieille vedette alcoolique des média en 3D, dans son automobile à turbine, puissante mais démodée. L’entrevue est courte car au moment où la bande de Harvey, rassemblement hétéroclite d’individus au QI proche du zéro surgie on ne sait comment, s’apprête à leur faire passer le goût pour la science, un tremblement de terre salvateur leur permet de prendre la fuite en direction de la ville qui attend toujours son bombardement nucléaire.
      Une nouvelle à l’ambiance cataclysmique, au discours obscur à force d’ellipses, plus proche de la thèse à la problématique aujourd’hui dépassée, que de l’écrit littéraire.

    4. Type: livre Thème: pollution généralisée Auteur: Pierre PELOT Parution: 1977
      La pollution atmosphérique a recouvert la terre, rendant l’air radicalement irrespirable pour les hommes. Un nouvel agencement de la société prévaut. Les uns s’établissent sous des dômes où l’air est filtré. Le métabolisme des autres a réussi à s’adapter à la pollution, qui vivent à l’air libre, à l’extérieur des dômes dans des cités anciennes en ruines et désertées. L’antinomie est complète entre les deux groupes humains.  
      L’ennui se répandant dans les dômes,  une nouvelle activité touristique se développe: sortir des abris sous la conduite d’un "extérieur" pour escalader les grands buildings.
      Rom est l’un de ces guides qui pilotent un groupe de touristes, jeunes gens et jeunes filles issus d’un dôme proche. Engoncés dans des scaphandres, tout contact direct leur est impossible avec leur guide. Rom a cependant l’habitude de flirter et de faire l’amour avec les jeunes filles des dômes qui, éblouies par ses capacités physiques, ne gardent que leur  filtre à air pour tout vêtement.
      Cette fois-ci, il tombe réellement amoureux de Liottie, jeune fille du "dedans". Son sentiment est partagé. Ils vivront une brève mais intense liaison au sommet d’un building, au-dessus des nuages rouges et méphitiques, dans la contemplation du soleil levant. Cet amour sera sans suite, chacun des deux amants rejoignant sa propre "niche écologique" pour ne se revoir jamais.
      Une nouvelle brève et bien menée à partir du thème célèbre  de Tristan et Yseut.

    5. Type: livre Thème: disette d’éléments Auteur: René ZUBER Parution: 1950
      Le narrateur travaille à la « Vie de St Louis », à la Bibliothèque Nationale, ouvrage sur lequel il trouve une tache suspecte. Il s’adresse à son ami d’enfance Blanowski de l’Institut Pasteur, spécialisé en géologie et médecine, compétent dans l’histoire et la conservation des momies. Après analyse, celui-ci découvre que le papier – surtout de bonne qualité - est attaqué par un amylobacter, une bactérie papyrophage :
      « Nous nous trouvons, me dit-il, devant une maladie nouvelle du papier. – Une maladie ? – Une maladie que je crois contagieuse et dont j’ai déjà isolé le microbe. C’est une bactérie de la famille des amylobacter. Un amylobacterpapyrophage d’une extraordinaire virulence que je vais te montrer (…) Il (..) transforme (..)  le papier en un résidu poudreux, impalpable, sans aucune résistance, analogue à de la cendre. ».
      Les dégâts s’étendent obligeant à toutes les précautions de conservation, aux déplacement des œuvres imprimées anciennes en des pays au climat désertique. Cela n’empêche pas l’épidémie de s’étendre. La presse s’empare de l’événement tandis que le conseil des ministres entérine le drame, impuissant à y porter remède. D’après Blanowski, l’origine de la maladie du papier serrait due à un déséquilibre vital, à l’entassement inconsidéré de masses de documents :
      « les mille moyens que la nature tient en réserve pour rétablir l’équilibre s’appellent quelquefois des guerres, des épidémies. La lèpre, mon cher. Le choléra. Et si la pomme de terre prend trop d’importance, le doryphore. Et si le papier s’accumule trop dans le monde, ce peut être l’amylobacter papyrophage. »
      Dans un Paris que le printemps égaye, les structures sociales s’effondrent les unes après les autres, minées par l’absence de papier. Les fumeurs furent les premiers à s’en rendre compte, suivi de près par les banquiers horrifiés par la destruction de la monnaie-papier. Tout l’état-civil reposant sur des formulaires s’autodétruisit ce qui eut comme conséquences un regain dans l’anarchie et dans le gangstérisme. Les militaires refusèrent d’obéir, prétextant qu’ils étaient en permission, les attestations illégales d’actes de naissance ou d’identité, le manque d’actes de décès accentuant le marasme social et économique. Combien d’objets, d’aliments, de médicaments manquèrent, suite à la destruction de leur emballage ! Même la construction immobilière ralentit, le ciment étant livré dans des sacs en papier :
      « Le mécontentement grandissait. Aux postiers, aux instituteurs, aux cheminots, et en général à tous les fonctionnaires, aux gendarmes, aux notaires et clercs de notaires, aux employés du livre, de l’édition, de la librairie, s’ajoutait maintenant le poids des ouvriers du bâtiment. Tous, menacés, demandaient au gouvernement de leur garantir du travail et du papier. »
      Les déplacements devinrent hasardeux, tous les guides, horaires, tickets, bordereaux disparurent en perturbant gravement les communications. Le téléphone, l’activité électrique en général s’effondra à cause de la disparition du papier dans certains composants électriques. Parallèlement, le mécontentement fut en augmentation, surtout parmi les fonctionnaires. On rendit la Bibliothèque nationale responsable de l’épidémie, qui dut faire front à des attaques réitérées. Puis, la régression devint générale : faute de courant, l’on en revint aux lampes à pétrole. L’Etat se fissura, des communes firent sécession pour battre monnaie à l’effigie de leur maire.
      L’Amylobacter a dissous, avec le papier, tous les liens sociaux. La seule arme possible serait pire que le mal, soit la destruction préventive de tous les stocks de papier existants :
      « Ils ont fait cette folie. Ce sont les explosions qui m’ont réveillé. Du second étage, nous assistons à un magnifique feu d’artifice. Nous cherchons à identifier les foyers : les fabriques de carton d’Aubervilliers, les stocks des Magasins généraux, les Messageries Hachette, quai de Javel. On entend dans la nuit des moteurs d’avion : les usines à papier de Nanterre doivent être visées… »
      C’est lorsque le gouvernement (ou ce qu’il en reste) décide de faire bombarder par l’armée les dépôts encore connus, que le narrateur émerge d’un cauchemar où les associations d’idées se sont faites à la rapidité de l’éclair.
      Cette nouvelle est quasiment identique à celle de Tolvannen avec sa « Maladie du papier » présentant cependant l’originalité de doubler le texte par la suite graphique de Jean Effel, ce qui instaure une lecture à deux niveaux différents.

    6. Type: livre Thème: menaces telluriques Auteur: Claude FARRERE Parution: 1927
      Le 6 juin 1937 se produisit un événement singulier: l’exhaussement du sol, par un expansion de lave, entre la France et l’Angleterre:
      " Car, fatalement, le premier résultat, et le plus considérable du tremblement de terre de l’an 1937 fut la disparition de cette ancienne mer que les Anglais nommaient Channel, et les Français, la Manche. Asséchée quant aux sept dixièmes de sa précédente étendue, il n’en reste, à l’ouest, que les deux golfes de Normandie et de Bretagne, séparés l’un de l’autre par la presqu’île anglo-normande que dominent les trois sommets de Jersey, de Guernesey, et d’Aurigny; et rien du tout à l’est, le nouveau delta de la Somme s’avançant en mer du Nord jusqu’à soixante bons kilomètres au-delà de ce qui fut jadis le Pas de Calais. "
      Ce pont conjonctif, tout en détruisant une vingtaine de villes côtières, permit à la Somme de jouer le rôle de frontière naturelle entre les deux pays. La catastrophe fut vécue douloureusement et avec inquiétude par les Anglais, dont la bourse s’effondra en deux jours avec leur concept de "supériorité nationale ". Voilà pourquoi, le premier choc passé, l’alliance entre la France et l’Angleterre  devint inévitable à l’encontre de toutes les envies prussiennes.
      Et surtout, le Secrétaire de l’ambassade de France, Jacques Thorigny,  put enfin obtenir la main tant désirée de miss Graham de la part de son futur beau-père , l’homme du tunnel sous la Manche, que le krach , en le ruinant, avait rendu civilisé. Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres!...
      Une nouvelle toute en souplesse et ironie, sous forme de bijou ciselé. Rien de commun avec la lourdeur du roman de Maurice Leblanc " le Formidable Evénement " qui s’inspire (de très près! ) du même thème, tout en l’affadissant.

    7. Type: livre Thème: sociétés post-cataclysmiques 1 Auteur: Robert ABERNATHY Parution: 2000
      Joseph Bloak se réveille au premier matin de l’an 2000 en un univers de cocagne, technologique et hypersophistiqué, où sa jolie femme et ses brillants enfants remplissent tous ses vœux.
      Cependant,  la réalité est toute autre. Grattant des poux sur sa tête, étendu au fond d’une grotte, se réveillant aux paroles d’une femme revêche, il sera encore obligé de relever les collets dans la lourde neige du dehors s’ils veulent subsister en ce premier jour de l’an 2000 d’après la catastrophe.
      Une très courte nouvelle à l’impact accentué  par ce parallèle rigoureux.

    8. Type: livre Thème: guerres futures 1, péril jaune et guerres des races Auteur: Maurice SPRONCK Parution: 1894
      En 2105 de l’Ere chrétienne, la commune d’Orléans fêta «l’Ere de la Raison et du Socialisme». Les réjouissances publiques servirent de témoignages à l’entrée de l’Europe au sein de l’âge d’or. On honora la science et la culture. Grâce au savant Claude Mouillaud, le père de l’alimentation artificielle, plus personne ne meurt plus de faim. Les femmes ont accédé à un haut niveau de responsabilité.  La citoyenne Paule Bonnin, première magistrate de la ville, préside aux jeux dont le thème est la reconstitution réaliste des siècles barbares. Grâce à l’électricité, chacun peut se déplacer à sa guise en tricycle, car seule compte en ces temps merveilleux le culte de l’esprit. C’est pourquoi Paule Bonnin est une femme énorme, obèse, incapable de de marcher sur ses propres pieds :
      «Comme la plupart des ses contemporains ou contemporaines, la fâcheuse obésité l’avait frappée fort jeune, et elle n’avait pas tardé à atteindre une amplitude qui, dans une civilisation moins parfaite, lui eût rendu l’existence impossible. Un système de corsetage savant la cuirassait des genoux jusqu’aux épaules, comprimant les cuisses, refoulant le ventre, étayant la taille, ramenant la poitrine, soutenant les bras (…) Les yeux et le front seuls avaient une beauté puissante, pour ainsi dire spirituelle. »
      Déshabitués de l’exercice physique, tous les citoyens ont une grosse tête sur un corps débile ou contrefait. L’Etat, disparu au profit des Communes  grâce aux avancées difficiles vers un progrès que ponctuent la Révolution française et la République, a répandu l’instruction obligatoire et rendu la guerre hors-la-loi.  Pourtant, quelques soubresauts historiques, comme le règlement du problème de «l’Alsace-Lorraine», ont quand même provoqué quatre millions de morts. Le « Mécanisme » appuyé sur l’énergie électrique produit donc une surabondance de richesses qui amène, après l’instauration de la journée de deux heures, la fin du travail :
      « Devant l’abondance et la surabondance des richesses, la journée de huit heures, par la force seule des choses, ne tarda pas à se réduire à six, à quatre, puis à deux heures ; bientôt même la moindre assiduité quotidienne devint superflue (…) A la fin, on jugea plus simple pour ces corvées, d’entretenir collectivement un certain nombre d’ouvriers chinois ; et, comme il était à craindre que la présence de ces étrangers constituât un péril, chaque commune se composa par prudence une milice de mercenaires musulmans ».
      Le sentiment de la Patrie avait disparu. En ces temps idylliques subsistaient encore quelques ombres au tableau. Le suicide sera considéré comme une forme normale de mort. Les femmes refusent de subir des grossesses. Les campagnes se dépeuplent au profit des villes, les faibles survivent en fragilisant la société. L’emploi des excitants artificiels (opium, alcool) est légitime. Bien que les criminels gardent toujours une propension au crime, la société les fait vivre dans le confort dans le but de les rééduquer.
      C’est alors que l’Islam bouge et s’étend à toute l’Afrique, l’Asie et l’Inde. Un Islam ignorant, pauvre, fanatique et barbare. En face d’une Europe pacifiste, les prêches en faveur du Jihad se multiplient,  ainsi que les actes de piraterie en Méditerranée. En 2092, les Maures entreprennent, pour un prétexte futile, la reconquista de l’Andalousie. Les Espagnols terrifiés entament des pourparlers, tout en appelant le reste de l’Europe à leur secours. Mais, les citoyens étant libres, l’enrôlement des volontaires eut peu de succès. Ainsi, la prise de l’Espagne ne fut même pas une guerre, seulement une prise de possession. Cadix, qui tenta de résister, sera rayée de la carte par l’émir Ali-El-Hadji, et les survivants mis en esclavage. Les Arabes, dans un élan magnanime, épargneront  ceux qui embrasseront la religion musulmane. Comme la crise perdure, l’Europe inquiète, après bien des parlottes, créa les «Missions Modernes», sortes de délégués philanthropes censés venir en aides aux Communes menacées. Parade illusoire puisque le sultan les éradique en faisant décapiter les meneurs.
      En 302 de la nouvelle ère, le successeur Ibrahim-El-Kébir, reprend les projets d’invasion. Taciturne, d’une intelligence moyenne, mais ardemment mystique, il fédère les Musulmans du monde autour de lui, se proclamant le descendant du prophète. L’Europe croit encore au Droit alors que les Arabes ne connaissent que la violence. Ils débarquent en Italie puis dans le sud de la France. Conjointement, du côté asiatique, les Balkans et la Russie sont investis. L’Asie et l’Afrique déferlent sur l’Europe, faisant plier les Municipalités. Les anciennes milices musulmanes, chargées de défendre les Communes, fraternisent avec les envahisseurs. Une armée européenne, mise difficilement sur pieds, cède dès les premiers engagements , près de Lyon, hantée par la cruauté supposée des arabes. Mise en déroute, elle laissera la voie libre aux barbares dont les massacres provoquent de nouvelles épidémies :
      « Pour comble, des épidémies disparues depuis des siècles, le typhus, la variole, la peste, arrivèrent à la suite des hordes asiatiques. Brusquement tirées des réceptacles lointains où ils sommeillaient éternellement (…) Les horribles fléaux parcoururent en moins d’un mois l’étendue de l’immense champ de bataille. (…) Les cadavres pourrissaient en plein air, sur les routes ou dans les maisons abandonnées, créant ainsi sans cesse des foyers d’infection contagieuse. Mais, tandis que, chez les envahisseurs, les vides se comblaient continuellement par de afflux d’immigrants nouveaux, certaines régions envahies, ou près de l’être, se dépeuplèrent en quelques jours, sans que nul, dans le désarroi universel, songeât à secourir les sinistrés. »
      Les Communes cèdent les unes après les autres, le suicide  en commun d’Européens devient la norme et le cannibalisme se répand. Lorsque les Arabes atteignent la Commune d’Orléans, celle-ci n’est plus qu’un monceau de décombres fumants. Finalement, Ibrahim touche les rivages de la mer du Nord :
      « Dieu est au-dessus de nous ; et il m’a conduit pas la main, moi Ibrahim, jusqu’aux confins de l’espace, pour exterminer les Infidèles qui méprisent la parole sainte, et qui s’adonnent aux vaines sciences puisées dans les livres, à la mollesse et à l’oisiveté. Au nom de la foi unique et vénérable, j’abolirai les derniers vestiges de leur infamie et de leur corruption ; j’abaisserai dans la poussière cette race de chétifs et d’énervés, et je partagerai les riches royaumes qu’ils détenaient entre les forts et les braves ; je réduirai à l’oubli l’enseignement pervers dont ils se faisaient gloire ; je détruirai les monuments de leur luxe ; et je bâtirai à la place des milliers de sanctuaires éternels, d’où la prière montera vers les cieux. »
      L’Europe n’existe plus :
      «Heureux et fiers de leur force, inconscients de leur servitude, de leur ignorance et de leur misère , inaptes aux merveilleuses subtilités de l’esprit moderne qu’ils dédaignent faute de le comprendre, ils se vantent d’avoir anéanti l’Europe ; ils s’y installent, s’y organisent et s’y multiplient avec la fécondité des races inférieures. Et le plus intelligent d’entre eux serait incapable de citer les minéraux dont se compose Sirius… Les barbares ont reconquis le monde. La civilisation est morte. »
      « L’An 330 » se présente comme une nouvelle intelligente, terrible et cruelle de lucidité , relative au destin futur d’une hypothétique société européenne.  Avec le temps, nous pouvons estimer à quel point ce qui apparaissait comme pure spéculation de Spronck, devient d’une grande actualité aujourd’hui. La faillite des valeurs républicaines, le morcellement social, l’égoïsme individuel, l’écroulement des idéologies, la résurgence d’un Islam conquérant, conduisent naturellement à une vision guerrière où des Musulmans règnent en maîtres absolus sur une Europe dévastée, préoccupation reprise surtout par des écrivains d’extrême-droite tels que Philippe Randa (Poitiers Demain)  ou René Sédillot (La France de Babel-Welche)

    9. Type: livre Thème: archéologie du futur Auteur: Hippolyte METTAIS (Docteur) Parution: 1865
      Un chasseur rencontre l’étrange héros de l’histoire, abandonné, blessé sur un rocher au bord de mer. C’est l’illustre journaliste Daghestan qui lui demande de l’emmener à Caucasipol, la capitale, pour qu’il puisse remettre en mains propres son manuscrit au rédacteur en chef de la « Gazette de Caucasipol ». C’est ce manuscrit, reproduit sous forme de feuilleton qui forme le corps de l’ouvrage : « l’An 5865 »
      Daghestan y révèle que, pris de passion pour l’archéologie, il s’est mis en tête de retrouver le territoire de l’ancienne France, pays remplacé par l’actuelle Caucasie, et surtout sa capitale, Paris, situé d’après lui en un lieu sauvage et barbare nommé Figuig, hanté par des tribus moyenâgeuses. Citoyen célèbre de la Caucasie, Daghestan est soudain plongé au cœur de l’aventure par la lettre d’un défunt Père Franco l’avertissant qu’un livre très ancien l’attend à Lining, dans l’actuel royaume du Danemark, dont il serait l’héritier légitime.
      A l’enterrement du Père Franco, Daghestan fait la connaissance de Nhoëlle 1ère , la dernière de la dynastie des Blanquet, issue de l’ancienne France. Elle l’incite à garder ce livre écrit en français – donc illisible pour Daghestan - et à continuer sa quête de Paris. Nhoëlle, dont le journaliste tombe éperdument amoureux, est protégé par un homme sauvage et très fort, Schahpothink, qui deviendra l’ennemi juré de Daghestan. Il se renseigne aussi sur l’origine de la Caucasie qui remonte à  un ancien poème épique relatant les exploits d’un certain Caucasus devenu général en chef de l’armée française. Après avoir démantelé la Russie , Caucasus unifiera le Danemark, la Suède et la Turquie en une fédération d’Etats, préfiguration de l’actuelle Caucasie, avec Lining pour capitale.
      Nhoëlle le presse de la retrouver à Figuig. Mais le trajet sera long pour Daghestan qui visitera au préalable de nombreux pays. Tout d’abord le Soudan. Attiré par le roi philosophe Fittri comme jadis Voltaire par Frédéric II, Daghestan admire ce pays à la pointe du progrès social. Liberté de la justice, suppression de la peine de mort, nouvelles technologies dans le domaine des transmissions, mise en place de la sécurité sociale garantie par les corporations, développement de l’éducation et de la médecine, formation permanente, règlements des conflits du travail par une chambre prud’hommale, toutes ces innovations représentent une vision de l’utopie socialiste du XIXème siècle.
      Quittant le Soudan pour Tombouctou, il est accueilli par des gens simples et bienveillants. Dans ses promenades, il trouve des preuves de l’existence d’une ancienne civilisation française : fragments d’une statue immergée, temple englouti, découverte d’une plaque émaillée partiellement effacée. Il y fait aussi connaissance, dans un îlot volcanique des « Androgènes », êtres mystérieux, semi-aquatiques, qui lui fourniront le prétexte d’une discussion relative à l’origine des espèces.
      Poursuivant sa route en ballon, il survole un village entièrement bâti avec des matériaux antiques, ce qui l’incite à penser qu’il se trouve au-dessus de Figuig. En atterrissant, il est capturé et emprisonné par les autochtones qui le nourrissent avec un aliment prodigieux, la pomme de terre, laquelle, si elle était connue en Caucasie, éradiquerait toute famine.
      Il sera libéré par Ouchda, la fille du roi Rhaman X – qu’il retrouvera plus tard. Daghestan apprend de sa bouche que ce pays barbare est bien l’ancienne France, que Rhaman X est le frère du roi Belt de Trévig, qu’elle fait partie, comme son père, de l’ethnie dominante du pays, c’est-à-dire des Marocains. L’autre ethnie, celle des dominés dont Nhoëlle est la reine, est formée des descendants barbares des anciens Français de souche.
      Fuyant en aérostat, il aboutit à Bornéo où il se lie d’amitié avec Arach, le « Licencié  en Droit » qui lui offre l’hospitalité. En philosophe amer et cynique, Arach lui explique la structure sociale de ce royaume où les impôts pèsent sur le peuple, où la bureaucratie est toute-puissante, où la médisance et le mépris passent pour des vertus. Lui-même, ayant recueilli en toute innocence une jeune orpheline, Tarnawalis, a été accusé d’inceste à un point tel qu’aujourd’hui Tarnawalis se prostitue dans les bas-fonds de Bornéo.
      La famille d’Arach est décédée. Il l’a donc conservée, immortelle et embaumée, telle que l’exige la coutume, en un émouvant tableau vivant, lui consacrant une pièce entière de sa maison. Avant de repartir pour Lining au Séeland, Daghestan se fait offrir des bombes en cadeau, seule invention moderne de Bornéo.
      Planant au-dessus de Lining, il assiste à une révolte populaire où les méchants – les bureaucrates - s’apprêtent à exécuter le roi Belt et Falster son cousin. Grâce à ses bombes, il leur sauve la vie. Tous trois embarqués dans l’aérostat cherchent refuge auprès du frère de Belt, Rhaman X.  Donc, à nouveau, cap sur Figuig.
      Comme le trajet est long, le roi Belt explique à Daghestan le « Livre des Prophéties », un ouvrage sacré décrivant la chute de l’ancien Paris liée à la corruption des temps et la liberté des mœurs. A destination, Rhaman X les accueille, les cajole, les protège et met une demeure à leur disposition. Daghestan, fou de joie, peut enfin se livrer à ses explorations archéologiques et prouver la véracité de l’existence d’une ancienne capitale française de haute culture :
      « Il n’était point difficile de reconnaître les soins d’une femme en cet endroit, et je soupçonnai que ces ruines étaient probablement la solitude où venait rêver Ouchda, dont le palais était proche. Il y avait là, comme dans les dépendances de chaque palais qui servent à la promenade, des sièges luxueux, formés par des statues mutilées, couchées à terre et artistement revêtues de mousses et de gazons. ( …) Tout indiquait cependant que là avait dû exister un monument national, bien que la construction ne nous offrît point de luxe. Eh bien, là, comme partout ailleurs, nous fûmes obligés de baisser la tête en reconnaissant que nous ne découvrions rien. »
      Il est également confronté à des mœurs étranges pour lui. Mœurs alimentaires, d’abord. Avec des repas diététiques, sans vin, mais avec une liqueur divine, le café ! Mœurs sociales, où la chasse constitue le sport favori. Rhaman X est le représentant du conquérant rude qui opprime la tribu patriarcale aux mœurs douces des Français de souche,  dont la reine Nhoëlle – qui s’entend avec la jeune Ouchda - est la prêtresse honorée et écoutée. Nhoëlle Merlukhek (c’est son nom réel) montre à Daghestan la difficulté des siens en son pays, désirant par-dessus tout qu’il épouse leur juste cause de secouer le joug des Marocains. Afin de le convaincre, elle favorise ses explorations, le guidant dans les ruines malgré Schahpothink, toujours vigilant :
      « Une habitation plus belle et plus grandiose s’élevait au milieu des autres avec quelque prétention de luxe. Elle était entourée de cours et de jardins. Son aspect était bizarre, mais ne manquait pas d’élégance au milieu de l’âpre rusticité de cette sorte de village. Ses abords étaient protégés par une grille de fer, qui n’avait certes pas été fabriquée par les habitants du lieu. Elle devait venir de loin, si mes souvenirs ne me trompent pas, car elle ressemble de tout point à une grille unique que nous possédons au musée de Caucasipol, et que notre gouvernement a achetée à grand prix d’argent, comme un spécimen des travaux de la plus haute antiquité. (…) Au-dessus de la porte d’entrée de l’habitation était clouée une petite plaque de métal, sur laquelle je pus lire, à l’aide de la science que m’avait donnée le livre du père Franco, mais sans comprendre toutefois le français : Boulevard du Maine. »
      Daghestan a déjà pu visiter « le Palais de l’Intendance », appelé aussi « Palais de l’Ile », barricadé et situé au milieu d’un marais qui l’entoure des deux côtés. On y accède par un pont ouvragé où veillent des débris de statues équestres.
      Nhoëlle lui procure également un ensemble de documents écrits en français que Daghestan, fou de joie, n’aura cependant pas le temps de déchiffrer. Guidé par Schahpothink, aux ordres de la reine, il se retrouve au sein d’une conspiration, dans d’anciens souterrains où sont entassés une quantité impressionnante d’armes rouillées. Nhoëlle compte sur le journaliste pour l’aider à faire marcher ces armes, clefs d’une future victoire. Enfin, pour le persuader définitivement de la supériorité des Français, elle le met en transe hypnotique et lui fait visiter le passé de son peuple, de la gloire à la décadence :
      « La France ! son berceau historique… des forêts, des sauvages à demi-nus, des huttes encore ; mais des héros, des géants… Quels combats ! toujours des combats … Puis des envahissements de barbares, des envahissements d’hommes civilisés… Puis… puis des fleuves de sang pour secouer le joug de l’esclavage… Puis encore des fleuves de sang plus tard… Oh ! quelle histoire ! Pauvre France ! Pauvre peuple! Des grands hommes pourtant… Et puis… Oh ! mon Dieu ! des guerres civiles… l’abrutissement, la dégradation… Des tremblements de terre, des éruptions de volcans partout ; partout des inondations, des ravages : les envahissements de la mer jusqu’ici… des villes ruinées, englouties ; des montagnes qui s’affaissent, des vallées qui deviennent des montagnes… Puis, enfin, des sauvages qui font irruption de toutes part, qui achèvent de tout détruire. »
      Daghestan, toujours amoureux de la reine, est convaincu  par ses propos mais, en bon philosophe, hésite à s’engager plus avant. D’ailleurs, où trouver de la poudre ? Il suggère à Nhoëlle que son peuple n’a pas besoin de ces armes pour vaincre ; son dynamisme naturel , sa fierté, le rappel de son glorieux passé, devraient suffire.
      Ouchda complique la situation. Pour mieux sceller l’union entre les deux ethnies, son père l’a promise au détestable Schahpothink. Elle est prête à tout, même à suivre Daghestan, pour échapper à ce sort funeste. C’en est trop pour Schahpothink qui se livre à des tentatives d’assassinat sur la personne de Daghestan . Falster, méfiant, conjure le journaliste de fuir ce pays devant l’imminence d’une révolution.
      Entre-temps, Nhoëlle, en une ultime sortie, montre à Daghestan le « Petit Paris », aux environs de la ville où vivent les Français selon le modèle d’idéal utopique et communautaire  du Père Enfantin: gouvernement municipal dirigé par un Conseil des Sages, les femmes, nues, saines et hâlées qui se livrent aux travaux des champs, les enfants éduqués dans une crèche municipale, les maisons ouvertes parce que le vol y est inconnu, le mariage libre, les biens mis en commun. Au contraire, plus loin, aux limites extrêmes de la Nouvelle-Cosaquie, à Sebou, ville-frontière, vit un peuple misérable et sauvage, celui des Cosaques, Cosaques, complices des Marocains. La décision de Nhoëlle est donc sans appel : les Français sont les seuls et légitimes héritiers de cette terre par droit naturel. Rhaman X et sa caste doivent être éliminés. Une dernière méditation sur les tombes ruinées des anciens rois de France lui montre la qualité éphémère des choses :
      « Il y avait là une petite plate-forme qui n’avait point été souillée par l’ineptie des Cosaques ( …) Quelques débris de statues de marbre étaient entassés dans un coin où ils servaient de point d’appui à des poutres de bois, qui soutenaient quelques pierres en train de tomber. Ces débris étaient fort beaux encore, et surtout fort visibles. Auprès d’eux étaient de nombreux tombeaux évidemment, car les petits monuments qui étaient là en avaient la forme, telle que nous la raconte l’histoire ancienne.. Des portions d’inscriptions funéraires se voyaient encore sur la pierre. Comme ils étaient assez bien conservés, les Cosaques avaient trouvé très commode d’y encaisser des grains de leur récolte. »
      Sur le chemin du retour l’attendent de graves nouvelles. Rhaman X, ayant eu vent de ce qui se prépare, s’apprête à intervenir. Le départ en aérostat s’avère urgent au grand dépit de Daghestan qui avait encore tant de choses à voir. Juste avant de prendre l’air, il est blessé par Schahpothink, d’un coup de fusil. Et c’est ainsi que le retrouve notre chasseur , sur les rochers près de Caucasipol.
      La gazette nous apprend enfin la mort de Schahpothink, assassiné, la réussite d’une révolution en la Nouvelle-Cosaquie qui a repris le nom de France, la décision de la nouvelle reine du pays, Nhoëlle Merlukhek, de moderniser cette région à l’exemple du Soudan, et enfin la mort de Daghestan qui n’aura su survivre à sa blessure. Son corps, conservé avec le procédé d’embaumement du Licencié Arach, aurait disparu au moment même où l’on apprenait l’abdication de la nouvelle reine au profit d’un Conseil des Sages et la résurrection de la ville de Paris.
      Magie et métapsychique, critique de la justice et de la morale politique, innovations technologiques tels que le cheval mécanique, l’aérostat, la télégraphie sans fil, les câbles sous-marins, ethnologie, histoire fictive, archéologie futuriste, poésie des ruines, barbarie de l’Europe face à la prospérité du continent noir, « l’an 5865 » touche à tous les domaines. Difficile à se procurer, difficile à lire dans un texte redondant et désuet, l’ouvrage, en dépit de ses incohérences structurelles, contient pourtant de précieuses pépites à extraire lentement, en prenant tout son temps.

    10. Type: livre Thème: l’entropie progresse... Auteur: Henri LE HON Parution: 1860
      Le Docteur invite le narrateur à rendre visite en sa compagnie à la marquise de C…, frappée par une curieuse forme de catalepsie et capable, selon lui, par moments, d’être en contact métapsychique avec des vérités «magnétiques » qui évoqueraient le futur de l’humanité. Lors de leur arrivée, l’un des domestiques leur annonce que la marquise est en pleine crise. Tandis que le médecin essaye de pallier les atteintes du mal, le narrateur transcrit fidèlement les propos de la marquise.
      A travers une poignante vision de l’avenir s’ouvrent les destinées du genre humain : le globe a été remodelé par une immense subduction des océans. Le Danemark a disparu ainsi que la Hollande mais l’œuvre de l’homme n’en continue pas moins. L’Europe se déverse sur l’Afrique et comme les terres sont rares, de vastes radeaux, des cités flottantes accueillent des foules innombrables. L’Inde et la Chine dominent le monde asiatique. La Science a imposé une paix universelle, la médecine, le confort en tous domaines, la domestication de la géothermie, la navigation par aérostats, l’emploi généralisé de l’électricité. L’espèce humaine est encore la triomphatrice du monde. Mais plus loin dans le temps, d’autres menaces se profilent : des cités ont disparu (dont la ville de Paris), les eaux gagnent à nouveau, imposant une émigration des masses humaines vers le Sud ou vers les points élevés du globe, les guerres se rallument pour la possession de sites privilégiés :
      « Une clameur immense court sur les monts : la débâcle polaire !!!…Les dernières masses océaniques se précipitent sur l’Europe !… Aucun langage humain ne peut exprimer l’horrible majesté du cataclysme… Sur les versants méridionaux des Alpes, la violence des eaux est sans bornes… Lutte formidable entre l’océan et le géant de granit… les masses aqueuses, gonflées par la résistance, s’élancent dans les vallées avec une fureur nouvelle… Des quartiers de montagnes s’écroulent et leurs débris granitiques sont roulés et broyés par les eaux, avec le bruit effroyable que produiraient cent tonnerres souterrains !!… Depuis les temps bibliques, rien de pareil n’a frappé l’oreille humaine… »
      Nous sommes en 7860 de l’ère chrétienne.

    Sign in to follow this  
  • Categories

  • Livres

  • livres Filters


    • Thème de l'oeuvre