• bdd_livre.png.38ca27d0c9044ccbdbae2e058729c401.jpg

    Bienvenue dans la Base de Données des livres !

    Vous y trouverez des ouvrages post-apo que la communauté souhaite partager. Il vous est possible de rajouter des fiches de livres, alors partagez vos trouvailles avec la communauté FoGen ! Une grande partie des ouvrages que vous trouverez sont ici grâce au travail de Jacques Haesslé sur son site : http://destination-armageddon.fr/index.html. Un grand merci à lui pour son travail exceptionnel !

    Accédez au flux RSS :

  • Sign in to follow this  

    livres

    711 books

    1. Type: livre Thème: savants fous et maîtres du monde Auteur: le colonel ROYET Parution: 1928
      Le professeur Paul Lefort accompagne son ami le richissime et jeune savant  Roger Livry, dit « l’Homme de l’apocalypse», dans son odyssée infernale. En ami intime de ce dernier, le narrateur se demande comment empêcher Roger de sombrer dans la folie destructrice. Réel schizophrène, le savant oscille sans cesse entre l’amour et la destruction du monde. Il donne la première preuve de sa puissance à Paul en sa propriété de Fontenoy. Grâce à sa découverte de «l’acide Oméga» auquel il ajoute des particules de radium, la mixture, convenablement disposée à l’air libre, possède la propriété d’abaisser rapidement la température de l‘atmosphère terrestre vers le zéro absolu en quelques mois, vouant à la mort certaine toute forme de vie :
      « Etant donné les surfaces d’acide radifère que j’emploierai, six mois suffiront pour abaisser la température du globe à 150 degrés au-dessous de zéro. J’estime qu’aucun organisme vivant ne pourra résister à un pareil climat. D’autre part, la surprise aura été trop brusque pour qu’on arrive à s’organiser contre un froid semblable. Tout calorique, toute protection fournis par les habitations actuelle deviennent illusoires. D’ailleurs comment mangerait-on ? Plus d’animaux de boucherie, plus de végétaux comestibles, plus d’eaux courantes. Tout mouvement impossible ! »
      Roger, bien que n’étant pas foncièrement mauvais, est ce que l’on appellerait aujourd’hui un être « borderline ». Timide et amoureux transi, il attend un signe de la part de la jeune Hélène de Thiérard-Leroy, fille d’un astronome célèbre. Il suit les déplacement de son aimée à la trace, avec son ami sur ses talons, sans jamais oser se déclarer à elle.Bientôt il apprendra que son ancien employé, un dénommé Jobert, lui a dérobé de sa mixture et surtout du radium, exigeant d’utiliser l’invention de Roger pour son propre compte. Le voyou exerce un chantage odieux sur ce dernier et, pour prouver toute sa noirceur, provoque un tremblement de terre en Algérie, en utilisant une autre propriété de l’acide Oméga.
      L’astronome Thiérard-Leroy emmène sa fille à Biskra, en Algérie, pour faire profiter cette plante gracile d’un bon soleil, car la pauvrette est malade des poumons. Roger et Paul les suivent, feront enfin connaissance avec Hélène. Roger sera accepté par elle. Fou de joie, il ne pense plus à détruire le monde. De fait son génie se fait à nouveau sentir positivement puisqu’il donne un sérieux coup de main à l’intrépide aviateur Guy Mayrol pour l’aider à stabiliser son «alérion» (planeur).
      Le destin (et l’auteur) décide de couper court au bonheur du savant : Hélène meurt précocement, foudroyée par la tuberculose. Roger, tellement affecté qu’il en devient définitivement fou, bascule du côté obscur de la force. Non seulement il reprend contact avec Jobert pour en faire son associé, mais il s’acoquine aussi avec un sinistre milliardaire américain, à tête de mort, amoureux d’oiseaux exotiques détestant l’humanité, le sieur Barnett, alcoolique, qui le soutiendra de toute sa fortune. A eux trois, ils espèrent éradiquer toute vie sur terre, au grand désespoir de Paul, témoin muet et navré.
      Ils disparaissent dans la nature pour mettre leur projet à exécution. Tandis que la température fraîchit singulièrement en ces mois d’été, Paul, secondé par Etienne Tourte, un sympathique petit apprenti, alerté, par l’entremise de Thiérard-Leroy, le ministre de l’intérieur français, M. Luissant. Celui-ci, convaincu, fait donner la police et l’armée pour rechercher le savant fou. Les indices le signalent dans la région pyrénéenne, plus précisément dans la Tour de l’Osset, un château vertigineux, forteresse imprenable située au sommet d’une aiguille rocheuse :
      « Aux époques éruptives, ce jet granitique avait traversé les sédiments calcaires déjà formés, et crevé à l’extérieur pour constituer le sommet du mont. C’était sur cette aiguille de roche dure que les fransiscains avaient construit les bâtiments de leur monastère, prélévant les matériaux sur le granit lui-même, en gens pour lesquels le temps et la peine ne comptent pas. Le couvent avait donc été conçu comme une forteresse : il était destiné d‘ailleurs à briser l’assaut des Sarrasins. Il formait un ensemble de constructions massives, entourées d’un mur épais de quinze pieds. Des portes en chêne bordées de fer, des grilles énormes commandaient l’entrée des quartiers divers ménagés entre les cours intérieures. Pour être maître de l’ensemble, des assiégeants étaient donc tenus d’enlever successivement ces véritables réduits. »
      A l’aide de l’acide Oméga les criminels ont coupé toutes les voies d’accès à leur repaire et aplani le terrain autour du nid d’aigle.Toute action semble donc être vouée à l’échec, même le déplacement de troupes déployées par le général Hochtheim alentour. Les aéroplanes aussi, chargés de lancer des bombes sur l’objectif, explosent avant qu’ils ne puissent atteindre leur cible, ainsi que toutes les réserves de munition stockées au sol : encore un effet inattendu de l’acide Oméga!
      Pourtant le danger devient pressant, la température de plus en plus basse, a déjà provoqué quelques morts par le froid en France :
      «L’action de l’acide Oméga s’exerce de proche en proche sur les molécules de vapeur d’eau. Très vite, l’évaporation des océans sera annihilée. Chaque jour, s’élargira donc la faille par où s’échappera la vie du Monde ! D’abord les eaux se congèleront puis, les montagnes de glace formées par les mers se déverseront sur les continents. Mais bien avant, tout mouvement se trouvera suspendu ; les maisons, les stocks de combustibles seront très vite impuissants à défendre les hommes contre la morsure du gel. Les animaux périront les premiers, puis les plantes. Plus d’eau potable, plus de vivres ! le sol durci par la gelée se refusera même à recevoir les corps de ceux qui succomberont d’abord. Les autres suivront de très près ! »
      Paul a une dernière idée : pourquoi ne pas se servir de l’alérion piloté par Guy Mayrol pour le déposer, lui, dans la cour du château ? Il saurait bien faire plier son ancien ami Roger ! Un vol de reconnaissance de Mayrol, qui a accepté la dangereuse mission, montre que seul quelqu’un d’un poids minime pourra réussir à se laisser tomber dans la tanière des monstres :
      «Eclairé par la lumière blafarde des projecteurs électriques, le sommet de granit se découpe sur le ciel, immense tour noire au couronnement bizarre, formé par le roc qui avance en pointe et par la silhouette des toits, des clochetons et de tourelles du couvent des Franciscains. (…) En bas, tout autour, des lueurs glauques, inquiétantes, se montrent à fleur de sol, comme pour défendre l’approche de ce lieu d’épouvante et de mystère : ce sont les eaux gelées des bas-fonds dont la surface s’irise sous la caresse des rayons lunaires.»
      Aussitôt Etienne Tourte se présente se disant prêt à convaincre les bandits. Paul accepte mais le voit partir avec effroi. Lui et le général Hochtheim observent, effondrés, les conséquences de l’intervention : des coups de feu suivis par la chute de Paul Livry du haut de son château. Une lettre posthume du savant fou explique comment, secoué par la mort d’Etienne, abattu froidement par Jobert,  il s’est débarrassé de ses deux complices, neutralisant les cuves d’Acide pour se donner la mort en se jetant dans le vide.
      Le colonel Royet, dont nous connaissons la prédilection pour les ouvrages de guerre conjecturale  (voir la « Guerre est déclarée »), signe ici un authentique récit de savant fou où les personnages d’une pièce, représentatifs d’un récit à caractère populaire, manifestent des émotions paroxystiques. Les retournements de situation, les comportements immoraux ou cyniques dressent un tableau caricatural ou édifiant de la nature humaine, selon le cas. Enfin, la fin du monde par le froid scientifiquement provoquée est une trouvaille dans le cadre de la conjecture rationnelle du début de siècle.

    2. Type: livre Thème: menaces et guerres nucléaires Auteur: Alain DURET Parution: 1982
      Une famille mesquine, xénophobe, stupide, égoïste.  Le père, Edmond Pagliau, prévoit tout, y compris la guerre nucléaire. Il s’est fait construire un abri antiatomique dans son jardin. La mère est une femme qui obéit. Le fils, un fort en thème qui "bûche" ses maths pour réussir les concours d’entrée aux grandes écoles, " car les maths seront toujours utiles ". Or, pour Edmond, c’est le grand jour: les nouvelles internationales ne sont pas bonnes. Il prévoit la conflagration, entraîne sa famille - et avec beaucoup de réticences, sa nièce, car il hait les femmes - dans son abri.
      Coupés du monde, ils en ressortent prudemment après une semaine, le père supposant le danger passé. Autour d’eux c’est toujours le même décor. Nos gens, ravis et seuls survivants, pensent se servir abondamment de ce qui a été délaissé.  Les habitudes alimentaires habituelles se remettent en place mais de gros boutons noirs apparaissent sur la peau du fils: la guerre atomique s’était doublée d’une guerre bactériologique!
      Une nouvelle qui vaut  par le décalage d’ une vision de fin du monde à la prud’homme.

    3. Type: livre Thème: savants fous et maîtres du monde Auteur: Georges G. CHESBRO Parution: 1985
      L’enquête de « Mongo » Frederickson, le nain détective, et de son frère Garth, débute de manière curieuse au Nebraska, à Peru County, lors de l’enterrement d’un petit neveu, Tommy, et de son copain Rod. Assassinés tous deux, semble-t-il.
      Une première piste mène les détectives auprès de la Volsung Corporation, une mystérieuse entreprise de traitement du maïs, installée dans la région. Mongo sera poursuivi par Jack Bolesh, un ancien ennemi d’enfance, devenu shérif pour le compte de la Volsung,  qui ne supporte pas que le nain puisse se mêler de l’affaire du « double suicide ». Pourtant, les deux frères arrivent à faire la preuve que les jeunes ont bien été assassinés parce qu’ils s’étaient trop approchés du bâtiment mystérieux. La Volsung appartiendrait à Sigmund Loge, un savant charismatique, deux fois prix Nobel,  et fondateur, à ses moments perdus, d’une secte religieuse aux ramifications multiples.
      Pour en savoir plus,  ils font appel à  Lipitt, un agent extérieur et ancienne connaissance de Mongo, qui a travaillé pour Loge. Arrêtés à nouveau par Bolesh, celui-ci décide de les mettre définitivement sur la touche en leur injectant un mystérieux produit qui, insensiblement, provoquera leur régression physiologique. Garth se couvrira de poils et développera des réflexes foudroyants alors que  Mongo, parfaitement photophobe,  présentera des mains et des pieds palmés ! c’est Lipitt qui tuera Jack Bolesh, pour libérer les deux frères et qui leur dira la vérité au sujet des Loge : il y a Obbie, le plus jeune, un adolescent vaniteux et égoïste, Siegfrid, son père, un être malfaisant et savant de son état, enfin Siegmund, le grand-père, qui se fait passer pour Dieu aux yeux de ses adeptes. Il semble qu’ils procéderaient,  sous le couvert de la Volsung, à des expériences de manipulations génétiques dont Mongo et Garth ont déjà fait les frais :
      « Supposons que l’objectif du Projet Walhalla soit d’obtenir la capacité de provoquer une rapide dégénérescence chez les humains d’âge adulte et leur progéniture au sein de certaines populations bien précises. Il ne s’agit pas de tuer ; ça, les bombes et les balles savent le faire, et tout le monde est largement pourvu dans ce domaine. Et, bien évidemment, il ne sert à rien de simplement déformer les gens. Le processus de dégénérescence doit être contrôlé, discret et quasiment indétectable. Disons qu’il faut trouver une sorte de sérum qui déclenche une dégénérescence conduisant à la création d’êtres humains stupides et dociles qui ne seront plus véritablement des humains. Pour simplifier, imaginons des créatures d’apparence humaine, se situant quelque part sur l’échelle de l’évolution entre le néanderthalien et  cromagnon. »
      Mystérieux et protégé par une force spéciale appelée «les Gardiens», sans doute appuyé par des lobbies gouvernementaux d’extrême-droite, Siegmund est en passe de boucler le «Projet Walhalla». Il ne lui reste plus  qu’à mettre la main sur Garth et Mongo, cobayes précieux à ses yeux. Il est d’ailleurs le seul à pouvoir leur administrer l’antidote à leur mal. Pour connaître sa retraite, les deux détectives se feront passer pour des adeptes, en s’introduisant dans une des cellules religieuses du savant fou. C’est à Centralia, en Pennsylvanie que travaille Siegmund.
      Curieux mélange d’ambiance romantique à la Wagner et du «Seigneur des anneaux» de Tolkien, les bâtiments de Centralia sont situés sur un terrain volcanique et instable. D’emblée, Garth et Mongo se feront repérer par le gardien des lieux, un immense gorille (Golly) doué d’une certaine intelligence, qui les remet entre les mains d’Obbie et de Siegfrid. Ceux-ci se pourléchant à l’avance du plaisir qu’ils prendront à les torturer, leur montrent « la Chambre Noire»,  un puits aboutissant à des tunnels que hantent les échantillons ratés de la science génétique des Loge. Surveillés par Golly et Hugo, un géant ancien condisciple de cirque de Mongo, les deux frères seront soumis à des tests et prélèvements physiologiques complets. Ce délai permettra à Mongo de tenter de convaincre Hugo du danger que représente le projet Walhalla, auquel celui-ci refuse de croire. Pourtant Hugo, et même Golly, devront se rendre à l’évidence quand Mongo leur fera visiter la Chambre Noire. Surpris par les Loge, Hugo sera précipité dans le puit.
      C’en est trop pour Golly qui tue Obbie pendant que Mongo se débarrasse de Siegfried. C’est donc un groupe curieux constitué par un nain, un géant, un gorille parlant et une sorte de brute prognathe (Garth au bout de sa régression) qui s’enfuira de Centralia en direction du repaire secret de Siegmund, quelque part au Groenland. Garth et Mongo manqueront de périr de froid,  mais le choc thermique leur fera retrouver leur état normal. Finalement, parvenus jusqu’à l’antre du savant fou, ils seront amenés à écouter son discours délirant :
      « -Dieu est au courant.
      Les yeux de Loge s’emplirent de larmes ; des larmes de bonté et d’amour.
      -Hein ? Quoi ?
      -Je dois avouer que je n’ai pas été totalement franc avec vous, dit le vieil homme d’une voix vibrante d’extase tout à coup. J’ai dit qu’il n’existait pas de dieux, mais Dieu existe… le Dieu de l’univers, notre Dieu à tous. Il m’a parlé pour la première fois quand j’avais douze ans, il m’a dit de commencer à collecter les images et les extraits de films que vous avez vus. Depuis ce jour, il me parle régulièrement, il me guide dans mon travail. C’est Dieu qui m’a donné le système mathématique dont j’avais besoin pour appliquer la parabole de Triage à l’humanité, c’est Dieu qui m’a poussé à prendre la responsabilité de développer le Projet Walhalla. J’exécute la volonté de Dieu. Voyez-vous, messieurs, je suis réellement le messie. Sur ce, adieu. »
      Libérés par le gardien Leviticus enfin convaincu de la folie de Loge, laissant derrière eux des bâtiments en feu, ils seront ramenés par Lipitt à Peru Coutry où ils jouiront d’un repos mérité.
      « les Bêtes du Walhalla » concentre la thématique du grand guignol, du roman noir et du genre cataclysmique. Ses gentils monstres, à l’instar de ceux du film « Freaks », mettront en évidence la monstruosité psychologique du savant fou. Quant aux prouesses de Mongo et consort, elles se suivent sans désemparer obligeant le lecteur à s’accrocher au récit, quoiqu’il arrive.

    4. Type: livre Thème: guerres futures 1 Auteur: Gardner DOZOIS Parution: 1971
      Un vieux soldat au rebut raconte sa vie passée à un jeune homme. Il lui explique son vécu quotidien au sein des affrontements dans une guerre future. En l’occurrence, celle des « Questeurs » contre « le Combinat » sur « Monde » , guerre durant laquelle les armes les plus sophistiquées auront été employées. Le Combinat, couvrant la moitié de Monde, représente une forme de dictature qui réduit les hommes en esclavage, développe des usines à clones et cultive, pour donner de l’impulsion à ses centres-moteur, les « Nulls », des humains dégénérés réduits à une seule fonction. Les Questeurs, au sein desquels s’est engagé le narrateur, ont déclaré la guerre à mort au Combinat. Celle-ci se cristallise autour de la ville de D’Kotta, dans les monts Dominicain où, par l’utilisation d’une machine habituellement employée à terraformer les planètes, les ville, les collines environnantes, la plaine, les soldats seront réduits en un magma gluant.
      Notre observateur échappe à la mort par miracle. Mais c’est pour mieux participer à la suite de la guerre comme membre d’un commando. La sophistication extrême des armes, rayons ardents, boucliers magnétiques, détecteurs holographiques, etc. ont fait jusqu’à faire oublier la rustique mais bonne efficacité d’une balle de fusil. C’est pourquoi, pour réussir dans leur entreprise de détruire un « orbot », un immense vaisseau renfermant une armée de clones en devenir,  Heynith, Goth, Ren et lui-même, tous membres du même commando, se retrouvent en faction sur une hauteur avoisinante, guettant l’atterrissage de l’engin. Utilisant le couteau et le fusil pour tuer, la bicyclette pour se déplacer, ils sont indétectables de par leur archaïsme. Machines à faire mourir, sans état d’âme, ils trempent dans le sang. Cette nuit de veille est la plus longue de l’existence du narrateur. Il se demande comment il a pu en arriver là :
      « Je voyais l’araignée carbonisée qu’était D’kotta, couchée sur le dos et exposant l’obscénité de son ventre souilllé ; je la voyais lancer contre le ciel ses pattes de feu où s’ouvraient des cloques vénéneuses qui venaient empoisonner les nuages. Je voyais le jeune soldat ruisselant de sang, qui battait ses talons contre le sol. Je commençais à avoir des doutes sur les grandes idées et l’innocence du monde. »
      Lorsque Heynith lui ordonne d’éliminer au couteau un Null, un déchet de la bataille de D’Kotta arrivé là par hasard, une révolution incroyable s’accomplit dans son cerveau de soldat. Avec l’immédiateté de l’évidence, il découvre le sens du mot « humain » et, au lieu d’achever le pauvre être, il l’épargne, épargnant dans ce geste sa propre vie, puisqu’en retour celui-ci le protège de l’explosion de l’orbot arrivé enfin sur les lieux :
      « Si j’en ai réchappé, c’est parce que le null est resté debout à côté de moi tout le temps où le soleil était haut et brûlait les rochers, et son ombre m’a servi de bouclier contre les rayons mortels. Je ne dis pas qu’il ait consciemment agi de la sorte, qu’il m’ait délibérément protégé (quoique, va savoir) mais je lui avais donné la seule chaleur qu’il eût jamais connue dans un cauchemar interminable de souffrances et il est resté à mes côtés alors que rien ne le retenait de s’enfuir –Et le résultat est le même. Point n’est besoin d’intelligence et de mots pour répondre à l’empathie, le contact, les doigts suffisent à communiquer –tu le saurais si tu avais déjà eu un chat ou si tu avais été amoureux.(…) Quand l’équipe de secours est arrivée, ils ont tiré sur le null, croyant qu’il essayait de m’agresser. Comme disait l’autre : et les Justes seront récompensés. »
      Seul rescapé de cet enfer, le narrateur s’en tire avec une prothèse en guise de jambe, réduit à mendier pour survivre hors de l’armée.
      Une nouvelle qui fouille les états d’âme et les motivations du soldat, les conditions inhumaines sur un champ de bataille dont la modernité est un leurre. Sophistiquée ou non, la guerre passe par la mort de l’individu, seule et indépassable réalité.

    5. Type: livre Thème: péril jaune et guerre des races Auteur: Captain W.E. JOHNS Parution: 1949
      Biggles, Dikpa, Algy et le jeune Ginger seront impliqués dans une étrange aventure. Poursuivis par un "rayon bleu paralysant" et des "hommes invisibles" qui menacent de les tuer, ils retrouvent l’origine du péril au Tibet  où se dresse une "montagne de lumière." L’as de la R.A.F embarque aussitôt avec son équipe : direction l’Himalaya ! Arrivés sur place, après un atterrissage périlleux, ils constatent une activité technologique importante sur un haut plateau. De menaçantes tours crépitantes de lumière, desservies par de petits hommes jaunes, les "Chungs", sont à l’origine des rayons bleus :
      "Révolver en main, il s’avança lentement de ce côté-là et finit par tomber sur une scène qui le stupéfia, tant il était loin de la prévoir. A une quarantaine de pieds plus bas, sur une superficie d’un acre environ, s’étendait la station génératrice la plus grande qu’il ait jamais vue. Une sorte de dynamo était en marche et dans un réceptacle en forme de cloche au-dessus, un certain nombre de Chungs nus jetaient des petits morceaux de métal porté au rouge, semblait-il. Ils les cassaient avec un marteau d’une pile de rochers qui se trouvaient là et étaient apportés par d’autres Chungs. Ceux-ci travaillaient dans une galerie presque au même niveau que Biggles. Au-delà de la dynamo, dont ils étaient séparés par une grande grille métallique, se trouvaient des rangées d’énormes accumulateurs, de verre jaune. "
      Le rêve immémorial de ces Chinois est, d’après Mc. Allister un malheureux savant écossais délivré fort à propos, la conquête du monde occidental :
      " Oui ! déclara Mc Allister. Voici des années que je vis avec eux, aussi je le sais bien. S’ils ne détruisent pas complètement le monde civilisé, ils tueront des milliers de personnes en Chine et aux Indes, à essayer de le faire. Et ils provoqueront un tel bouleversement qu’il faudra un demi-siècle pour s’en remettre. Ils liquideront l’Inde pour commencer. Ils sont habitués aux hautes altitudes et l’Himalaya ne les arrêtera pas davantage qu’une barrière de deux pieds de haut n’arrêterait un cerf aux abois. "
      Au cours des temps, ils auraient accumulé une puissance formidable en ces vallées isolées, comme le rayon bleu, qui d’abord paralyse puis tue, sauf si l’on s’en protège avec un vernis spécial. Le pouvoir d’invisibilité ensuite, qui leur a déjà permis à plus d’une reprise de se glisser auprès de nos amis. Le matériau qui rend tout cela possible est le radium dont est constituée la montagne de lumière. Avec de nouvelles propriétés et pris à doses infinitésimales, ce radium serait aussi capable de guérir. C’est pourquoi Biggles désire en rapporter un échantillon en Angleterre afin de soulager les malades des hôpitaux. Mais devant la menace que représentent les Chungs, le petit groupe décide d’éliminer le péril qu’encoure l’humanité. D’ailleurs Les Chungs alimentent leur animosité en leur envoyant une armée de scolopendres géantes et carnivores ou en s’attaquant à leur avion-amphibie.
      Des combats furieux les opposeront aux Blancs et c’est grâce à Ginger de garde à ce moment-là,  que le groupe réussira à s’envoler pour évaluer de haut la situation. Biggles  se rend alors compte  du point   faible des Chungs , soit un immense rocher en déséquilibre au-dessus d’un lac, qu’il fera sauter. Les eaux brusquement libérées noieront la vallée, les Jaunes, et leurs inventions diaboliques. De retour en Inde, dernière escale avant l’Angleterre, Biggles convaincra ses chefs de sa bonne foi en leur remettant un précieux échantillon de radium arraché à la montagne de la lumière. Enfin, la protestation officielle du président chinois au sujet d’une incursion anglaise intolérable au Tibet  prouva au monde entier la culpabilité de la Chine dans son projet de domination mondiale.
      "Biggles au Tibet" est un livre d’aventure pour adolescents dont la série eut un succès prodigieux. Voguant sur la peur du péril jaune, il décrit une époque heureuse où l’on pouvait encore mettre en poche du radium sans précautions particulières. Le récit cependant, quasi-entièrement consacré aux scènes de combats, reste confus et dans son déroulement et dans la description des décors.

    6. Type: Livre Thème: Adam et Eve revisités, menaces cosmiques, sociétés post-cataclysmiques 1 Auteur: Pierre LHANDE Parution: 1926
      Le Père de Mourville, astronome euskarien (basque) distingué prédit avant tout le monde l’arrivée d’une étoile inopportune qui viendra balayer la terre :
      " Mais, là, sur ce point du ciel blessé, - comme sur une plaie apparue tout à coup sur une poitrine nue, - une lueur large et lente venait de se montrer… Elle demeura suspendue sur le firmament, mystérieuse larme de la nuit. Elle était d’un violet ardent… Alors un cri surhumain déchira l’espace :
      -La Nuova ! La Nuova ! clamait Jumillac. -La Nouvelle Etoile ! répondirent cent voix frissonnantes de terreur. "
      Les prémisses sont fragiles parce que l’étoile est encore loin; peu de gens ont foi dans le prêtre. Le lecteur en profite pour faire connaissance avec les principaux protagonistes du roman, soit Uranga, un pianiste basque, Monseigneur d’Urbieta qui s’est retiré là-haut sur la montagne en son monastère, Batichta Tokiana, concierge du Père de Mourville et guide de la grotte qui contient le site de Bilbilis, Urbain IX, un pape très catholique, et surtout Martin Amezaga, le richissime mécène basque,  sans qui rien n’aurait été possible.
      Pendant que l’étoile errante se rapproche de la terre, peu de personnes sont conscientes du danger mortel qu’elle représente. Les métèques, étrangers de couleur, rastaquouères de tout acabit ne pensent qu’à s’amuser en des jeux ineptes et décadents :
      " Blotti au fond de son compartiment de troisième classe, le Père de Mourville comparait cette paix souveraine des paysans basques à la fièvre des plaisirs qui, la veille, avait agité, là-bas, à Illiberri, tous ces jouisseurs et tous ces rastas. (…) Il comprenait surtout la stoïque fidélité de ce peuple dans son labeur quotidien avec l’affolement des fêtards d’hier sous la menace livide de la Nouvelle Etoile. "
      Le Père de Mourville conçoit un immense projet : convaincre Amezaga le bienfaiteur, de mettre sa fortune à sauver le peuple euskarien dans sa pureté en aménageant les grottes d’Oyarzun à l’intérieur desquelles un gigantesque lac naturel rendra possible la construction du site de Bilbilis, du nom de cette antique cité qui avait existé jadis sur les bords du lac :
      " Il savait aussi qu’au jugement de quelques historiens allemands, cette fabuleuse cité de la Bilbilis du Nord dont le nom revient dans les plus anciens documents de l’histoire d’Espagne et dont nul aujourd’hui ne retrouve la trace, cette  Bilbilis " reine du fer " pouvait bien être une cité souterraine maintenant rendue inaccessible par les mouvements du sol ou bien disparue sous la montée de l’Océan. "
      Amezaga, convaincu par Xavier, son fils, de la véracité des dires du Père de Mourville, entreprend de réaliser sa fortune en achetant les éléments d’infrastructure, la nourriture, les moyens de défense, les objets culturels qui permettront aux Euskariens de survivre à la catastrophe. Il est aussi soutenu par les religieux qui battent la campagne à fin de sensibiliser le peuple basque au grand projet pour qu’il se tienne prêt au moment décisif :
      " Mes chers Basques, s’écriait le Père Elizondo, demeurez prêts pour le grand appel qui ne tardera pas. Que toute haine tombe ! que toute rivalité s’éteigne ! Voici venir le moment où il n’y aura plus parmi vous, du moins pour longtemps, pauvres ni riches, propriétaires ni fermiers ! Cette égalité, qui fut la grande utopie de notre siècle, va régner un moment parmi vous, non comme le rêvait un socialisme creux ou un communisme criminel, mais comme l’avait réalisé l’Eglise dans les sociétés des premiers chrétiens. (…) Maintenant plus d’ " etxoko yaun " (propriétaire) ni d’ " emüts " (salarié) ; plus de mien et de tien ! Seulement le bien sacré de l’Eglise, c’est-à-dire le patrimoine de tous les pauvres que vous êtes ! La vie est à ce prix ! "
      Arrive l’heure du grand rassemblement. De tous côtés affluent, avec leurs caractéristiques particulières, toutes les peuplades basques de France et d’Espagne. Il était plus que temps. D’abord, parce que la terre commence à se dessécher et à flétrir, ensuite parce que les gens des villes, les communistes, s’apprêtent à envahir l’abri salvateur :
      " Sous la morsure, en effet, des premières flèches de feu, dans l’étouffement des premières ondes chaudes, tous ceux qui ricanaient, ou s’esbaudissaient ou blasphémaient la veille, se ruaient maintenant vers les grottes où un peu de fraîcheur demeure : les lits de torrents, les excavations, les abîmes, les cavernes. Des villes où la subtile chaleur avait bientôt envahi caves et souterrains, les habitants fuyaient vers les montagnes. Les grottes fameuses du monde, catacombes, cryptes, mines, carrières, stations préhistoriques avaient vu soudain leurs sombres retraites envahies par des foules hurlantes, sans outillage, sans aménagement, presque sans vivres. Déjà s’entassaient les premières victimes de ces piétinements, bientôt momifiées par la torride atmosphère. Et c’étaient des luttes sauvages pour défendre un précaire abri, élever une frêle muraille, emporter un accès, protéger une source, sauver une femme, des enfants… "
      Amezaga fit enlever Urbain IX pour l’emmener dans son abri malgré la volonté de celui-ci de mourir au-dehors. Dans l’action, son fils Xavier sera abattu. La mort dans l’âme, le bienfaiteur commanda de fermer l’abri dorénavant inaccessible, sous de tonnes de terre. Les Basques se trouvent isolés du monde :
      " A l’intérieur du mont Aya régnait un ordre rigoureux. Dès le premier jour, le " Biltzar " général avait imposé un règlement strict, depuis longtemps élaboré. Après les messes matinales, célébrées sur tous les points de la vaste catacombe, c’était la distribution du travail. Tandis que les cuisines et les fours électriques préparaient des repas sobres et sains pour toute la population, les hommes étaient répartis aux diverses besognes d’entretien, d’aménagement et de surveillance; au soin des bêtes parquées dans les sous-sols, à la voirie; les femmes, rassemblées par villages, préparaient les monceaux de légumes qu’emportaient bientôt les wagonnets des cuisines, entretenaient la lingerie; les enfants, réunis par les prêtres et les régents, apprenaient le catéchisme, l’arithmétique, l’art du ménage ou celui des métiers paysans ; les séminaires étaient ouverts où se préparait le sacerdoce de l’humanité future. "
      La vie s’organisait sous terre dans l’inquiétude pendant que la surface du globe était ravagé par le feu destructeur de l’étoile vagabonde. L’angoisse augmenta à un point tel,  que les Basques, se divisant en factions opposées, pensaient à en venir aux mains. Grâce à l’habileté d’Uranga et surtout de Maritchu, véritablement inspirée par Dieu, qui entonnèrent l’hymne euskarien, le pire put être évité. Un jour, le lac se vida montrant par là que le danger extérieur était en passe de disparaître. Amezaga fit desceller les entrées et le peuple survivant put apercevoir un spectacle hallucinant : sur le fond du lac mis à sec les tracés de l’ancienne ville de Bilbilis émergée des eaux et, au-delà des entrées du refuge, une étendue morne de terre brûlée, le vieux fond marin atlantique mis à jour. Plus rien ne subsistait au-dehors qui ne présentait un spectacle de mort et de désolation : les forêts grillées, le rocher pelé, les villes abattues et en ruine.
      Après une action de grâce durant laquelle Uranga et Maritchu furent liés par les liens du mariage, après que le pape eut désigné son successeur en la personne de Monseigneur d’Urbieto sous le nom de Pierre II, le Saint Père s’éteignit, la face tournée vers l’ancienne ville de Rome. L’œuvre de rénovation des Basques allait être immense puisqu’ils devaient à eux seuls, assurer le renouvellement d’une humanité disparue. Mais le fait  d’être réduit à une seule race (blanche), avec des valeurs communes et animé de la foi ardente d’un christianisme rénové allait leur faciliter les choses.
      " Bilbilis ", dont l’écriture est de type épique, énonce l’histoire d’un peuple en gestation, enfin rendu à sa pureté originale. L’inclination idéologique est sans équivoque : seule la pureté de la race celtique débarrassée des scories latines, le retour aux racines primitives de la foi et aux valeurs traditionnelles de la famille (selon les trois " K ", " Kinder " - enfant - , " Kirche " – Eglise - " Küche " – cuisine-) pourront sauver un monde voué aux actions mercantiles des rastaquouères latins et juifs. Un roman profondément réactionnaire mais formellement réussi, une angoisse annonciatrice du deuxième  conflit mondial.

    7. Type: livre Thème: sociétés post-cataclysmiques 1 Auteur: Thomas GEHA Parution: 2005
      Pépé est un « Alone » :
      « -Ben, tu vois, je suis un Alone, un mec qui ne se joint à aucun groupe, jamais ; un mec qui pense pouvoir se défendre tout seul en cas de besoin. Les Rasses, les Fanars, et les groupes militaires en particulier, n’apprécient guère les Alones, et c’est réciproque. »
      Il se fera surprendre par des « Fanars » (Fanatiques Religieux) qui l’entraînent dans leur repaire où ils adorent la « Vierge évanescente », un gadget vidéo qui les fait croire au surnaturel. Leur chef décide de mettre Pépé à mort comme la jeune fille déjà précédemment capturée. Le héros tue « Dents pourries » (c’est le nom du chef) à l’aide de ses armes de jet, délivre la jeune fille, échappe aux Fanars pour prendre la direction  de l’Ouest.  Comme c’est déjà le début de la saison froide, ils se décident pour la région de Rennes où Pépé se rappelle d’un refuge acceptable qui leur permettrait de passer l’hiver dans le confort.
      Le voyage est animé car il leur faut éviter les « Rasses » cannibales et, arrivés en vue du refuge, ils auront la désagréable surprise de le voir occupé par un autre Alone. Celui-ci, blessé, n’offre aucune résistance. Prénommé Gaby, il se rendait en la ville de Rennes lorsqu’il fut attaqué par une meute de renards, ce qui l’a obligé à se mettre en sûreté. Les deux solitaires fraternisent. Pépé décide d’accompagner Gaby dans sa quête malgré le danger représenté par les «Nadrones », robots programmés de la dernière guerre, qui ont exterminé les humains :
      « Les villes, c’est franchement le coin à éviter, si l’on tient un minimum à sa vie. Plein de trucs pourris, en ville. Des tonnes de squelettes, bien sûr, animaux et (…) humains, sans compter ces fichus Nadrones, invisibles et dévastateurs. Les Nadrones, ce sont les restes de la civilisation, le truc peut-être responsable de la destruction du monde. »
      En route, ils en profitent pour arracher une autre jeune fille, Flo, des griffes d’autres Rasses, avant qu’il ne soit trop tard pour elle :
      « Aucune pitié n’habite ces hommes. Chacun à leur tour, ils dégainent un long couteau incurvé et tranchent la gorge des femmes (…) moi, ça me donne envie de dégobiller. Surtout quand je vois les types découper la chair meurtrie d’une brune, comme de la simple viande de boucherie. Pour eux, ça va être le festin. »
      En ville, La végétation envahissante domine les bâtiments :
      « Yep. On y était, en effet. Les premiers immeubles effondrés sont apparus, certains déjà enrobés de plantes grimpantes, et les toits crevés par le faîte d’arbres anormalement grands. Mutations. Ca commençait bien. Déjà, sur le chemin, on avait parfois rencontré des plantes bizarres, comme un bulbe plutôt balèze aux branches terminées par des sortes de clochettes rouge sang, graisseuses… »
      Nulle trace visible de Nadrones, mais des carcasses de voitures qui semblent animées d’une vie propre. Ces «Voitortues » les obligent à se réfugier dans les tunnels du métro où les attendent les rats et les chauve-souris. Chacun décide de partir de son côté, pour se diriger vers le centre ville, place Hoche. En émergeant sur la place, Pépé a la surprise de sa vie : au bord d’un grand échiquier se tient un être immense, noir et télépathe. Capturant ses victimes par «induction spirituelle », il domine leur temps subjectif, leur faisant se confondre fantasmes et réalités. Il propose une partie d’échecs à Pépé, jeu qui ne peut aboutir qu’à la mort. Le jeune homme doit vaincre les fantômes de sa mémoire. Case après case, il se souvient de sa rencontre avec Grise, une jeune femme qui lui avait tout appris, dont il était tombé amoureux jadis et qui est morte par sa faute ; mais est-elle vraiment morte ? Cette question, il la résoudra ultérieurement, l’urgence consistant à éliminer le mutant noir. Ce qui fut fait car Pépé est un très bon lanceur de couteaux.
      Sans désemparer, ils ressortent de la ville. Pépé, s’apercevant que Flo et Gaby forment à présent un couple, prend la décision de  retourner dans le sud, dans la région de la Creuse, où avait disparu Grise. La quête vers son passé l’entraîne à Sète, près d’un village fortifié, repaire du «Seigneur Argento ». Par Nicolas le Géant, le portier qui deviendra ultérieurement son ami, Pépé est amené devant Argento et, ô surprise, devant Grise, une Grise vieillie, aux yeux vides, manifestement sous l’emprise psychologique du tyran.
      Pépé décide de reprendre son bien et d’abattre Argento. Une entreprise périlleuse, l’arme secrète d’Argento, avec laquelle il lave le cerveau de ses sujets, étant un couple de mutants semi-humains, semi-végétaux, à la puissance psy irrésistible. L’adjoint d’Argento, un autre  Alone, redoutable lui aussi,  perce à jour ses intentions et le livre aux mutants.Mais notre héros est d’une trempe supérieure : simulant la sujétion, il attend le moment favorable pour passer à l’action avec l’aide de Nicolas le Géant.  Argento se réveillera, la gorge tranchée par Pépé :
      « Cette femme m’a élevée. Cette femme m’a tout appris, et elle compte bien plus pour moi que la prunelle de mes yeux. Mourir pour elle est un acte insignifiant. Et toi, Argento, tu y as touché, tu me l’as enlevée, tu as fait d’elle un morceau de viande sans cervelle. Domaine sacré, mon pote. Ta propre Mère sacrée n’avait pas prévu ce scénario, hein?(…)
      Qui plus est, une vermine comme toi, ça me dégoûte. Profiter de pauvres hères comme tu oses le faire ici est un acte inqualifiable.
      J’ai craché par terre, j’ai raffermi ma prise sur le manche de mon couteau.
      -Bonne nuit, Argento. Bonne nuit éternelle. Elle est bien méritée. »
      En compagnie de Grise, toujours passive et absente, Pépé disparaîtra dans la nature. Deux mois plus tard, dégagée enfin de sa camisole psychique, Grise retrouve la mémoire et reconnaît Pépé avec une joie sans mélange.  Alors le couple rejoindra Gaby et Flo.
      « A comme Alone » est un roman d’action se situant dans le décor d’une France ravagée par le cataclysme. C’est aussi et surtout un hommage à Julia Verlanger du cycle de «l’Autoroute sauvage », hommage tellement puissant qu’il se démarque à peine du plagiat. Qu’importe ! faute avouée est à moitié pardonnée, et la lecture du roman, aidée par un style fluide, fait passer un agréable moment. Que demander de plus ?

    8. Type: livre Thème: le dernier homme Auteur: Jacques STERNBERG Parution: 2004
      C’est Jacques Sternberg qui doit avoir un blanc. Pressenti pour écrire à  propos du thème du « dernier  homme », il répond qu’il n’a rien à en dire puisque, n’est ce pas, chaque homme  est en somme…« le dernier ». Par une pirouette il traite le sujet… sans le traiter.
      Et zon sur le groin du lecteur.

    9. Type: livre Thème: menaces telluriques, guerres futures 1, savants fous et maîtres du monde Auteur: Vargo STATTEN Parution: 1954
      Les Martiens cachés sous la surface de Mars convoitent notre monde. Trop peureux pour affronter l’espèce humaine, ils espèrent la détruire en insufflant aux hommes la violence et l’agressivité. Deux tentatives en ce sens, les deux guerres mondiales dont ils étaient les inspirateurs, ont échoué. Cette fois-ci, ils tiennent le bon bout. Suggérant à un savant, Jonas Glebe, le principe de la bombe G, et à un opportuniste sans scrupules, Miles Rutter, les moyens de s’en servir, ils sont persuadés que l’humanité s’autodétruira.
      La Bombe G est une arme qui explose en différé après qu’elle se soit enfoncée subrepticement dans n’importe quel solide. Rutter, qui est le patron de la « Cause », une organisation internationale prête à détruire la Grande-Bretagne et à prendre le pouvoir sur terre, trouve ici l’arme qu’il lui faut. Avec l’ingénieur Standish , son mauvais génie, et Angorstine, le politicien véreux, il déclenche à travers le monde les hostilités car la fabrication en masse de la bombe G dont il a volé le brevet à Glebe avait été été rendue opérationnelle. Val Turner, l’ancien secrétaire de Miles Rutter s’oppose au chef-espion.
      Mais déjà, il est trop tard. Le potentiel de défense de la Grande-Bretagne sera entièrement anéanti, le pays bombardé et soumis :
      « En des douzaines de points-clefs, les centres industriels et défensifs de la Grande-Bretagne se fracassèrent de l’intérieur et devinrent des gouffres dans lesquels la fumée et les flammes faisaient rage. En d’autres lieux, des terrains d’entraînement de l’armée et des quartiers-généraux des Milices Nationales disparurent d’un seul coup dans les profondeurs de la terre. Il y avait aussi des endroits où des jets de lave venus de l’intérieur du globe, avaient tué et blessé beaucoup plus de gens que l’explosion de la bombe elle-même. »
      Rutter se proclamant dictateur mondial (les autres pays étant également dans une mauvaise passe), les camps de concentration fleurissent.
      Mais Rutter avait mal calculé son coup. Les bombes G se sont trop enfoncées dans l’écorce terrestre et ont fait exploser le magma sous-jacent. Dans le monde entier s’amorce une série de cataclysmes. Le volcanisme universel vitrifie les plaines européennes et américaines. Les océans se vident de leurs eaux, empêchant tout commerce et formant les prémisses d’un nouveau déluge.
      Val Turner et sa femme enfermés dans le camp anglais M.R., sous la surveillance de « Bœuf », un soldat de Rutter aussi droit que rigide, font la connaissance de Kang, un Tibétain. Appartenant à une confrérie spirituelle Kang connaît les désirs martiens. Par ses pouvoirs étendus, il les empêchera d’accéder à notre monde dans un coup de bluff télépathique où il les menace d’un arsenal imaginaire :
      « Je descends d’une race qui a déchiffré les secrets les plus profonds de l’Esprit. J’expliquerai, dans un moment de quelle race il s’agit exactement. Laissez-moi vous dire que, par la seule force de nos ondes mentales, nous avons découvert un complot tramé par les Martiens en vue de conquérir notre planète sans y poser les pieds. L’enchaînement des redoutables pensées martiennes fut mis à nu devant nous dans nos salles de contemplation ; nous avons vu comment ils ont décidé d’implanter un secret précieux dans l’esprit d’un certain Jonas Glebe qu’ils voulaient utiliser comme pion dans leur jeu d’échec cosmique. L’autre pion, c’était vous, Miles Rutter. »
      Cela n’empêchera pas l’eau des océans vaporisée autour du globe de se condenser et de retomber en un déluge effrayant qui noie la quasi-totalité des humains sauf ceux qui, sur l’instigation de Kang, auront su construire une arche :
      « Les hommes se ruèrent au dehors. A ciel ouvert, le hurlement sourd retentissait comme le bruit que ferait en se brisant contre de lointains récifs un océan fouetté par la tempête. Le déluge était là !… Il émergeait de la nuit pleine de gémissements, vague colossale et grondante d’eau vomie par le ciel croulant. Un titanesque Niagara déferlait sur le camp, faisant rouler les hommes, abattant les barrières, écrasant les cabanes comme si elles étaient faites de papier.»
      Val Turner sera du nombre des élus, ainsi que Rutter sauvé à la dernière minute par Bœuf. Ce dernier n’imposera plus son autorité très longtemps : la science spirituelle de Kang le rendra fou. Bœuf, qui n’a plus de chef, se suicide.  Les rescapés aboutissent au sommet de l’Everest, devenu une île dans les flots, où déjà se bâtit un nouveau Shangri-la.
      Vargo Statten, en vieux routier du cataclysme, a su adroitement mélanger les divers ingrédients du bon roman populaire : des Martiens envieux, un dictateur fou, une guerre future,  des Tibétains versés dans la science spirituelle, un bouleversement tellurique et un déluge purificateur. Il ne manque que le raton-laveur.

    10. Type: livre Thème: menaces et guerres nucléaires Auteur: Nicolas GUILLEN Parution: 1986
      " Voici la bombe. Regardez-là.
      Elle se repose, somnolant. S’il vous plaît
      Ne la provoquez pas
      Avec des bâtons, des perches, des poinçons,
      Des pierres. Il est interdit de lui jeter des aliments.
      Attention aux mains,
      Aux yeux !
      Personne ne tient compte
      Des avis et mises en garde
      De la Direction.
      Pas même le ministre.
      La présence ici de cet animal
      Est un énorme danger."
      Une comparaison lourde de sens dans sa banalité même.

    Sign in to follow this  
  • Categories

  • Livres

  • livres Filters


    • Thème de l'oeuvre